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Monday, March 26, 2012

GreenStars : un réseau français de 45 partenaires pour le développement des carburants algaux


MONTPELLIER - NARBONNE - NICE - PALAVAS (France) - 26/03/2012 - mer-veille-MRE -

Porté par le laboratoire de Biotechnologie de l'environnement de l'INRA dirigé par Jean-Philippe Steyer à Narbonne avec le soutien notamment du Pôle de compétitivité TRIMAREC, l'IEED* GreenStars (fiche Investissement d'Avenir) a été reconnu le 9 mars dernier lors du 2è tour de la validation des projets.
Il est labellisé par les pôles Mer PACA-Bretagne, TRIMATEC (co-porteur du projet au niveau des Pôles) et l'IAR et un ensemble de 45 collectivités territoriales, partenaires publics et privés y participe.

Francis Rousseau évoque l'intense activité développée ce mois-ci par le gouvernement français pour les EMR (énergie éolienne, houlomotrice, hydrolienne, ETM) et un domaine que l'actualité ne nous avez pas laissé le temps de publier : celui des énergies des micro-algues issues de la mer et des carburants algaux que l'on tente d'en tirer.

Le périmètre de l'IEED GreenStars porte sur l’ensemble de la chaîne de la valeur des microalgues (de la sélection de souches jusqu’à la bio raffinerie, sans oublier la culture et l’extraction). Le réseau GreenStars a l'ambition de se positionner, dans un temps très bref (5 à 10 ans) et vise des marchés mondiaux massifs (biocarburants 12MTEP de biodiesel, lipochimie 3,7G€, compléments alimentaires 45G€ etc..). Le seul secteur lié aux biocarburants par micro algue pourrait générer 7 000 emplois en 10 ans.

Un budget de 160 M€ sur 10 ans est initialement prévu dont près de 20% d’aide publique. GreenStars devrait accueillir 200 chercheurs, ingénieurs et techniciens. Le site principal est à MEZE (Hérault, bassin de Thau) et les deux autres sites où seront implantées les installations principales sont à Narbonne et Nice (plaine du Var). Une gouvernance avec création d’une société par actions simplifiées (SAS) réunira l’ensemble des partenaires.
Francis Rousseau rappelle, toutefois que la France ne part pas de zéro dans ce domaine et que des recherches étaient déjà menées depuis 2006 avec le projet SHAMASH (Inria-Ifremer Nantes...) dont les résultats pourront sans doute être profitables au nouveau programme GreenStars (cf. nos articles du 07/01/2009 et du 22 /01/2010 et la présentation faite par Jean-Paul Cadoret aux entretiens sur les énergies de la mer à Brest en 2007 (ICI archives WebTV des entretiens avec Canal C2)

Rappelons que les projets sont suivis par l'Agence Nationale de la recherche (ANR), chargée de la mise en oeuvre.

Les porteurs de GreenStars sont pour les Académiques : INRA, INRIA, Universités Montpellier 2, Pierre et Marie Curie, CNRS, les Pôles de compétitivité : Pôle mer PACA-Bretagne, Trimatec, IAR et pour les industriels : Veolia, Roquette, Nasqueo, Rhodia, GDF SUEZ (Cie du Vent) Aba, Envolure, Bioal Gostral, Green sea.
BB

Sources : communiqués de presse de l'INRA, du Pole Mer Bretagne, Trimarec et fiche à télécharger sur le www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/greenstars.pdf

Pour en savoir plus, merci de vous abonner (ICI) aux Daily News de mer-veille.com et de marine-renewable-energy.com.
To know more, please go to marine-renewable-energy.com

La reproduction partielle ou totale, par toute personne physique ou morale et sur tout support, des documents et informations mis en ligne sur ce blog-médias sans autorisation préalable de energiesdelamer.blogspot.com ou du portail géré par Marine Renewable Energy Ltd et mention de leur origine, leur date et leur(s) auteur(s) est strictement interdite et sera susceptible de faire l’objet de poursuites.


FLASH NEWS : Invest (in) blue 2012
Le Cluster Maritime Français a diffusé un communiqué pour signaler la manifestation organisée par le Marin, Oséo, et les Poles Mer Bretagne Paca destinée à convaincre les financeurs potentiels d'investir dans « l'économie bleue ».
C'est une convention de financement organisée pour 30 PME/ PMI sélectionnées qui pourront rencontrer ces investisseurs lors de rendez-vous pré-programmés.
Elle se tiendra le 13 juin à Paris au Palais Brogniart. Un document de présentation et d'adhésion est à télécharger www.investinblue.org.
La date limite de dépôt des candidatures étant fixée au 26 mars 2012

Monday, November 14, 2011

Biocar, la branche biocarburants de la Compagnie du Vent choisit Gruissan


photo du site Salin Ville de Gruisan

Montpellier (France-UE) 15/11/2011 3B Conseils-BB

Les deux premières étapes du projet Salinalgue pour cultiver la Dunaliella salina, une micro-algue, qui pourrait aussi être utilisé comme biocarburant de 2è génération, se déroulera en milieux ouverts au Salin de Gruissan. Le Premier objectif faire une étude approfondie en vue de maîtriser sa culture et sa récolte dans un espace réservé de 1 000 à 1 500 m2 puis de quelques hectares. Pour la troisième étape, les Salins du Midi seront utilisés sur 20 000 hectares. Le bioraffinage nécessite un traitement au CO2. Fos-sur-Mer étant à proximité, il sera plus aisé à ce stade, d'expérimenter l'extraction des composés contenus dans cette microalgue et valoriser toute la biomasse produite. L'industrialisation du projet Biocar pourrait intervenir à partir de 2015.


Salinalgue est labellisé par le Pôle Mer PACA, Cap Energies, Trimatec et Derbi et a été retenu dans le cadre du 9ème appels à projets du FUI résultats du 9è appel à projets 8 mars 2010. Il associe 13 partenaires privés et publics : le projet associe treize partenaires réunis dans un consortium privé-public :Biocar (La Compagnie du Vent) a réuni, Air Liquide, Naskeo, IDEE Aquaculture et GDF Suez, ainsi qu'Ifremer, l'Insa Toulouse, l'Inria-Comore, l'Inra, le CEA (Marcoule), Supagro, la Tour du Vallat et Someval. Budget : 7,45 M€, abondé à hauteur de 3,9 M€ par le Fonds unique interministériel (FUI).

Article : Brigitte Bornemann
Sources : La Dépêche.fr 14/11/2011, FUI, JP Cadoret Ifremer projet ANR/ voir vidéo Science et Ethique 2007 archivée par CanalC2, à relire la présentation du réseau régional de compétences microalgues présenté par Daniel Mathieu Pôle TRIMATEC du 16/10/2008.

En savoir + avec Robert Gandolfo, chef de projets de Pôle mer Paca

Thursday, August 18, 2011

Commande de MBD à OriginOil pour contrôler le processus de production d'énergie à partir des algues



Los Angelès (CA-USA) - 18/08/2011 - 3B Conseils - BB. 1/2

La course mondiale s'accentue pour la mise au point des systèmes de contrôle de la production d'agrocarburant ou biocarburant de 3è génération (micro algues).



Ceci est l'alerte. A partir du 1er septembre 2011, pour lire l'article dans sa totalité vous devrez être abonné au Daily News de Mer-Veille, du portail dédié aux énergies de la mer www.Mer-Veille.com. Abonnez-vous dès maintenant pour bénéficier du tarif préférentiel.



OriginOil, société américaine, qui développe des technologies pour extraire du pétrole à partir d'algues, a annoncé le 12 août, avoir reçu une commande de la société australienne MBD pour son système de contrôle en temps réel pour surveiller en continu les opérations de culture et de récolte d'algues sur de très grands sites de production d'algues et qui permettrait l'optimisation des coûts en réduisant le nombre d'interventions humaines....

C'est un important verrou technologique qui saute, puisque aujourd'hui les quantités produites sont limitées à 10 000 tonnes de matière sèche par an dans le monde*. Des milliers d'hectares de lieux de culture seront nécessaires pour une produire à grande échelle... et de nombreuses étapes sont encore en R&D, notamment l'obtention d'un meilleur rendement énergétique.


Ce nouveau système connu sous le nom de code "Green Sting" (pour voir schéma visitez notre portail Mer-Veille) utilise le système et d'acquisition de données (SCADA) et relie enfin la biologie et l'ingénierie avec le contrôle de processus de haut débit... La matrice de capteurs va gérer des centaines d'interactions critiques pour des sites de production d'algues à grande échelle et sera installé sur démonstrateur australien de production d'algues MBD Energy. Il sera connecté avec le système de contrôle de croissance d'OriginOil et permettra de traiter en une seule étape la concentration en aval et les procédés de séparation.


OriginOil a déposé un brevet qui simplifie la tâche complexe de l'informatisation d'un système de contrôle intelligent. Selon la compagnie, le processus de mesure et de contrôle des interactions critiques à grande échelle la production d'algues, notamment la croissance des algues, la déshydratation, la floculation, la lyse des cellules et la récupération du pétrole, qui était jusqu'ici accompli à l'aide d'automatisation des tâches mais demandait de nombreux contrôles humains ne serait plus nécessaire.


Paul Reep, président OriginOil Senior Vice of Technology a déclaré qu'«être capable de fournir en temps réel des informations sur la chimie de l'eau ... et les données quantifiables sur les caractéristiques des cellules des algues sont absolument essentiels pour optimiser les processus, et permettra à la compagnie de réaliser les objectifs de développement annoncés».



En France, les chercheurs du Laboratoire GEPEA travaillent également sur toute la chaîne de production, depuis l'ingénierie des lieux de culture, (bioréacteur ou photobioréacteurs) jusqu'aux procédés de séparation pour récupérer les composants. Au niveau international une trentaine de souches d'algues sur les 30 à 50 000 déjà décrites, concentre les attentions des chercheurs. Demain, vendredi la suite ...


Sources : Renewable Energy Focus Staff, MBD, Origin Oil, Valeurs Vertes n°111

voir aussi marinerenewableenergy.blogspot.com



Article : Brigitte Bornemann



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Tuesday, July 5, 2011

University of Western Ontario : importante étude sur la croissance des algues et les champs magnétiques


LONDON ONTARIO - (Canada) - 06/07/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau

La recherche sur la façon de produire des biocarburants (notamment pour l'industrie aéronautique) à partir des algues pourrait bien avoir franchi une nouvelle étape d'importance, si l'on en croit les résultats obtenus à l'University of Western Ontario (Canada), par une équipe de biochimistes dirigée par le professeur Wan Wankei.

Dans un premier temps, le Pr Wan Wankei et son équipe ont réussi à créer un étang d'algues de poche dans leur laboratoire et ont réussi à contrôler la croissance de la variété type d'algue Chlorella kessleri dans certaines conditions de température et de luminosité. Ensuite l'équipe a répliqué la configuration, mais cette fois-ci en exposant les algues de l'étang à un niveau bas de champs magnétiques statiques créés grâce à un électro-aimant (un aimant permanent plus puissant qu'un aimant de réfrigérateur selon Wan). L'équipe de chercheurs a observé alors que les algues semblaient croître plus rapidement sous certaines conditions de niveau et de durée d'exposition aux champs magnétiques. Ce niveau d'exposition idéal a été découvert par l'équipe de Wang qui a pu optimiser les performances au point de quadrupler la croissance de la biomasse, augmentant la quantité de la masse oléagineuse à l'intérieur des algues, ainsi que la présence d' antioxydants très recherchés tels que l'Astaxanthin dans les cellules. Le Pr. Wan Wankei en a conclu que cette approche pourrait être utilisée pour aider à stimuler la production d'algues à la fois pour la production plus efficace de biocarburants et la production de compléments alimentaires à partir des nutriments antioxydants. Wan Wankei et son équipe sont les tous premiers à observer ce phénomène liant la croissance de certaines catégories d'organismes unicellulaires, comme les algues, aux effets d'un champ magnétique.
Sa recherche devrait être publiée sous peu dans la revue scientifique Bioelectromagnetics Journal. Dans l'attente, les impatients peuvent consulter l'intégralité de l'étude ICI

Sources : Sites liés et cités. Photos 1 : Structure cellulaire de l'algue Chlorella. 2. Chlorella

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Monday, June 20, 2011

FERMENTALG : 14,6 M€ pour l’exploitation industrielle des microalgues



LIBOURNE - (France) - 21/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
La start-up française FERMENTALG, pionnier et leader de la recherche, du développement et de la production de microalgues vient de faire savoir qu'elle avait réuni, au début de ce mois, 14,6 M€ d’aides et d’investissements avec le soutien d’OSEO pour lancer le premier projet européen d’envergure autour de l’exploitation industrielle des microalgues (EIMA). Cet investissement intervient quelques mois seulement après une levée de fonds de 5,3 M€, réalisée en janvier 2011 auprès d'investisseurs d’envergure nationale comme la compagnie de capital risque Emertec, ACE Management, Demeter Partners, CEA Investissement (spécialisé dans l’amorçage d’entreprises technologiques), Aquitaine Création Investissement et le Groupe Picoty spécialisé dans le négoce et le stockage des produits pétroliers. Le projet, connu depuis quelques années maintenant, porte sur des souches et cultures de microalgues dites «hétérotrophes» ou «mixotrophes», nécessitant en l'occurrence pas ou peu de lumière pour leur croissance, ce qui permet d’obtenir des rendements de cinquante à cent fois supérieurs aux cultures traditionnelles «autotrophes».

A propos du programme européen EIMA (pas de site web et acronyme très répandu) d'exploitation industrielle des microalgues, Pierre Calléja, président et fondateur de FERMENTALG, biologiste qui a déjà travaillé sur les micro-organismes dans la branche aquacole pour Ceva Santé animale, précisait récemment dans un entretien avec le Journal Sud Ouest : "Avec EIMA nous entrons dans une réelle phase d'exploitation. Grâce à ce programme sur cinq ans, nous allons mettre en place une véritable usine et différentes productions. À commencer par les compléments alimentaires comme les omégas 3 dans l'année qui vient, les molécules destinées à l'industrie cosmétique dans les trois ans et, d'ici la fin du programme, la chimie verte pour les bioplastiques. La dernière carte à jouer sera celle des biocarburants. Il suffirait seulement de 1 000 mètres carrés de microalgues cultivées dans le noir pour produire autant de biodiésel que 500 hectares de colza. Un rendement 5 000 fois supérieur, assuré, qui plus est, sans produits chimiques, sans pesticides ni rejets polluants, et jouissant d'un bon bilan carbone".

C'est un discours que l'on a déjà entendu outre-Atlantique, où il a produit quelques résultats encourageants. En France, l'ambitieux projet EIMA rassemble un réseau de partenaires de premier plan structurant l’ensemble des filières en attente de matières premières issues des algues. C'est le cas de grands industriels dont Fermentalg a su faire des alliés de comme Lactalis, numéro 2 français de l'agroalimentaire, Pierre Guerin Technologies, spécialiste des cuves inoxydables, Sanders, nutrition animale, Rhodia, chimie et cosmétique et, selon le journal Sud Ouest, Diester (numéro 1 français des biocarburants). C'est aussi le cas d'institutions scientifiques comme le Commissariat à l'Energie Atomique et aux énergies alternatives (CEA), le CNRS, l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées de Lyon), l'ITERG (Institut National des Corps Gras) de Pessac. Ces associations entre privé et public pourraient finir par former un consortium de plus de 120 personnes. Le projet EIMA devrait entraîner une division par 10 des coûts de production de la biomasse issue des microalgues d’ici à 5 ans, permettant à terme son utilisation pour des applications telles que la production de biocarburants. "Cette phase d’industrialisation, qui est une première en Europe, permet de hisser Fermentalg au niveau des principaux compétiteurs mondiaux, basés aux Etats-Unis et en Chine, et nous ouvre de vastes perspectives de développement", se félicite Pierre Calléja.

Créé en 2009 à Libourne FERMENTALG emploie aujourd’hui 20 personnes et dispose d’un large portefeuille de propriété intellectuelle dans le domaine des microalgues et de leur exploitation.
Eu égard aux capitaux engagés et aux partenariats en cours, le projet FERMENTALG semble être pour l'heure l'un des projets français les plus sérieux dans le domaine de la production de biocarburants algaux sourcés.

Sources. Docs et sites liés. Photos ©Fermentalg

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Thursday, May 26, 2011

ATLANPOLE BLUE CLUSTER : focus sur les micro-algues


LA ROCHELLE - (France - U.E.) - 27/05/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - La structure de développement économique créée en 1987, Atlanpole, soutenue par Nantes Métropole, le Conseil régional des Pays de la Loire, le Conseil général de Loire-Atlantique, la communauté d'agglomérations CARENE, la CCI de Nantes St-Nazaire, La Roche-sur-Yon Agglomération, l’Université de Nantes et le CHU de Nantes, s’est, depuis quelques années, fortement investie dans l’émergence d’une nouvelle filière économique destinée à valoriser les bio-ressources marines. Répondant au nom d'Atlanpole Blue Cluster, cette nouvelle structure a fait sa première apparition en 2008 (lors de la Convention Biomarine) à la suite d'une initiative commune entre la CARENE et Atlanpole.

Trois années plus tard, Atlanpole Blue Cluster, positionné au niveau du bassin économique de La Rochelle, fédère une centaine d’acteurs dans le Grand Ouest et confirme son fort potentiel de développement international. Son ambition est de devenir un centre d'excellence européen d'innovation capable de mobiliser industriels et chercheurs autour de projets forts. D'ores et déjà parmi la centaine d’acteurs qui constituent aujourd'hui Atlanpole Blue Cluster, on peut compter 33 laboratoires de recherche regroupant 1 500 chercheurs, 48 PME (dont 13 équipementiers) représentant 500 emplois. 80% des entreprises sont des start-ups de moins de 15 salariés, 20% ont été créées depuis plus de 20 ans. A cela s'ajoutent 6 organismes de formations et 18 plateformes. Ces experts ont tous pour particularité d'identifier, de sélectionner, de produire et de transformer la biomasse pour élaborer des molécules à valeur ajoutée.
Atlanpole Blue Cluster vise à favoriser en particulier le développement économique des activités relatives à la valorisation des bio-ressources marines, avec un focus sur les micro-algues et les coproduits de la mer. Les pays de la Loire sont leaders sur ces secteurs, promis à un important développement. Les champs d'étude des micro-algues et des co-produits de la mer sont variés couvrant les champs de l'énergie, de l'agroalimentaire, de la santé, de l'environnement, de la cosmétique... Pour le sujet qui nous concerne, l'énergie, Atlantople Blue Cluster s'intéresse particulièrement aux possibilités d'extraire du biocarburant ou de produire de l’hydrogène à partir de culture de micro-algues mais aussi de produire de l’électricité à partir de graisses de poisson (cf. article d'hier) ou du biogaz par méthanisation de déchets… Le futur carburant étant destiné aussi bien à l'industrie aéronautique civile qu'à une utilisation domestique, Atlanpole Blue Cluster est supporté pour ce secteur spécifique d'activités par le géant aéronautique AIRBUS, le réseau d’industriels NEOPOLIA, le pôle de compétitivité Aerospace Valley, le pôle de compétitivité EMC2 et le géant pétrolier TOTAL.
Comme le précise le Laboratoire de Physiologie et Biotechnologie des Algues d'IFREMER : "Le potentiel de valorisation des micro-algues est l'objet d'une prise de conscience sans précédent au niveau mondial. Dans le domaine de l'énergie, IFREMER s'est attaché à participer à cette valorisation à travers des actions liées aux deux contrats financés par l'ANR (Agence Nationale de la Recherche). Dans un premier contrat, la production d'huile a été étudiée et la sélection de souches particulières a conduit à multiplier par deux cette expression. Dans un deuxième contrat, c'est le rapport carbone/azote qui a été influencé pour tenter de rendre la méthanisation des biomasses algales plus efficace."

Rappelons que tout reste à faire dans ces domaines et que, s’il existe dans le monde 30 000 espèces de micro-algues, une dizaine seulement est exploitée industriellement. Les co-produits, quant à eux, représentent la moitié des 300 000 tonnes de produits marins annuellement transformés en France. Parmi les structures agissant dans le domaine de l'énergie et membres d'Atlanpole Blue Cluster, citons : Algosources Technologies bureau d’ingénierie développant des plateformes de production de biocarburant à partir de micro-algues et partenaire du programme européen SUPRABIO et du projet de l'ANR, Algo Raffineries ; le GEPEA pour ses activités de transformation de micro-algues en biocarburant (cf. video ICI) ; STX France (Construction navale dont nous avons beaucoup parlé dans ce blog ); Bio-Littoral (Expertises et conseils en environnements marin et estuarien) et bien entendu IFREMER et son Laboratoire Physiologie et Biotechnologie des Algues dont la position est historique dans ce domaine.

Parmi les projets d'Atlanpole Blue Cluster en matière de biocarburant algal, trois grands axes se dégagent :

- La mise en place d’une Plateforme Régionale d’Innovation (PRI) sur les sites de Guérande, de Pen Bron et du Croisic. Ce projet est piloté par le Lycée professionnel de Guérande et vient renforcer la structuration de la filière dédiée à la valorisation des micro-algues portée par Atlanpole Blue Cluster. Il rassemble des professionnels du secteur des cultures marines, entreprises privées et laboratoires publics (GEPEA, laboratoire de physiologie et biotechnologie des algues de l’Ifremer, laboratoire MMS de l’Université de Nantes etc.) avec un
double objectif :
1. Identifier de nouvelles souches de micro-algues inhérentes aux marais, encore jamais exploitées, et tester différents modes optimaux de production de biomasse.
2. Former les techniciens et les ingénieurs à la culture de micro-algues et à la production par des équipements adaptés. Une licence pro sur la thématique des micro-algues sera d’ailleurs créée à l’Université de Nantes qui viendra renforcer le volet formation de cette PRI.
Atlanpole Blue Cluster aide au montage du projet en partenariat avec la SEM Régionale des Pays de la Loire. Le démarrage est prévu précisément en ce moment !

- La mise en place de la Plateforme micro-algues / Biocarburant pour relever le défi de la production de biocarburant algal à l’échelle industrielle (de préférence biokérosène),un travail est entamé depuis janvier 2009 au développement d’une plateforme de R&D.

- La mise en place d'un Institut des micro-algues qui agisse comme un outil performant, pour adapter, inventer des procédés, perfectionner des méthodes existantes et opérer une réduction drastique des coûts pour la production de micro-algues. Cet objectif de réduction passe par une valorisation des co-produits. L’IFREMER a lancé un audit des produits et savoir-faire propriétaires générés via le laboratoire de Jean-Paul Cadoret ainsi qu’une étude de faisabilité. Il a également inscrit le soutien du développement de cet institut dans son schéma quadriennal 2009 – 2010.

De telles structures peuvent permettre à la France et à l'U.E. de relever le défi d'une filière de production de biocarburant algal structurée et rentable, filière souvent tournée en dérision ces dernières années par les lobbyistes pétroliers... jusqu'à ce que les géants du pétrole eux-mêmes s'y investissent !

Sources : sites liés. Photos 1, 2, 3, 4 © Atlanpole Blue Cluster

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Monday, April 25, 2011

Un Butanol algal produit en recyclant les eaux usées


FAYETTEVILLE - (Arkansas - Etats-Unis) - 26/04/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Une équipe d'ingénieurs chimistes et d'étudiants chercheurs du Honours College dirigée par le professeur assistant et chef de projet, Jamie Hestekin, mène en ce moment même une étude à L'Université de l'Arkansas. Cette recherche explore une piste assez nouvelle qui met l'accent sur la conversion d'algues communes en algo-carburant pouvant être utilisé directement dans les automobiles possédant un moteur fonctionnant au combustible diesel. Ce type de carburant est connu sous le nom de Butanol fuel. La recherche est effectuée sur un type d'algues assez banales qui se nourrissent d'azote, de phosphore, de soleil et de dioxyde de carbone, et à partir desquelles il serait possible de produire facilement des acides organiques et des biocarburants. Dans un futur proche ces algues pourraient être cultivées dans de petits bassins creusés à même le sol d'environ 0,60 m de largeur et d'une longueur variable en fonction de la quantité souhaitée. Comme dans toute culture hydroponique classique, le semis sera posé sur une base de film ou de feutre qui laisse circuler l'eau à travers les bassins. L'azote et le phosphore de l'eau alliés à la photosynthèse permettent une croissance abondante d'algues boostée en l'occurrence par des apports réguliers et massifs de CO2 délivré via de longues fibres creuses. Après 5 à 8 jours de ce régime, les algues peuvent être récoltées. Transformer l'algue en Butanol est ensuite facilité par un processus de grattage et de séchage des algues permettant d'extraire les hydrates de carbone convertibles en sucres naturels. Par fermentation (cf. le processus intégral ICI), les sucres sont transformés en acide butanoïque (ou butyrique), acide lactique et acide acétique. Dans une dernière étape l'acide butanoïque est transformé en Butanol. Cette transformation s'opère grâce à la bactérie Clostridium acetobutylicum bien connue dans les procédés de fermentation du vinaigre et déjà testée par l'industrie des carburants dans les années 40. La dernière étape de tranformation est accélérée dans le nouveau procédé mis au point à l'Université de L'Arkansas par une technique spéciale développée par un membre de l'équipe et issue de l'électro-désionisation. Cette technique, gardée confidentielle, rendrait le processus de transformation de l'algue en combustible plus rapide et moins coûteuse.
Dans une optique d'exploitation future, il s'agirait aussi de ponctionner la source de CO2 nécessaire à la croissance des algues dans le réservoir d'eaux usées disponibles dans les municipalités et les services des Etats demandeurs ou d'exploiter les eaux polluées stagnantes dans des zones dites « mortes » et d'en extraire la surcharge d'azote et de phosphore issus des engrais agricoles, connue pour tuer la flore et la faune aquatiques. Cette double expérience de culture des algues grâce à l'aliment que représente le CO2 et le nettoyage des surplus phosphore azote fait déjà l'objet d'une expérience réussie à New York City où les équipes de la station d'épuration des eaux usées de Rockaway dans le Queens, Rockaway Wastewater Treatment Plant, travaillent en tandem avec les équipes municipales de la protection de l'environnement New York City Department of Environmental Protection.
En atteignant le double but jusqu'alors inédit de produire la matière première d'un carburant tout en dépolluant un environnement hautement pollué, le processus de conversion d'algues en carburants devient du même coup moins onéreux et surtout largement plus efficace d'un point de vue écologique. Cerise sur le gâteau : le Butanol serait de loin supérieur à l'éthanol en terme d'efficacité énergétique.
Dans un avenir plus ou moins proche, les Etats-Unis espèrent pouvoir remplacer 47 % du carburant fossile utilisé pour alimenter les moteurs de véhicules par un biocarburant.
Seul petit inconvénient : ce carburant a une odeur persistante de vomi !


Sources : Sites liés. Photo 1 : Clostridium acetobutylicum. photo 2 : Clostridium acetobutylicum (gros plan)

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Tuesday, March 8, 2011

Appel à propositions pour les biocarburants

France (U.E.) 08/03/2011 - 3B Conseils - article BB - Dans le cadre du programme d’investissements d’avenir, plusieurs ministres (DD, Transports, Industrie), et René Ricol Commissaire général à l’Investissement annoncent le lancement d’un appel à manifestations d’intérêt piloté par l’ADEME et dédié aux « Biocarburants avancés ».

Afin de ne pas mettre en concurrence la sécurité énergétique avec la sécurité alimentaire les biocarburants devront, pour épargner les cultures vivrières, pouvoir être produits à partir de ressources plus diversifiées.

Parmi les pistes de recherche, les microalgues permettraient d’envisager d'importants rendements. L'AMI vise à soutenir la fabrication de biocarburants avancés: valorisant des déchets organiques, résidus agricoles et produits connexes de l’industrie du bois, utilisant la capacité de certains micro-organismes à produire de la matière organique, ou possédant une plus forte valeur énergétique ou mieux adaptés à certaines utilisation pour le transport aérien par exemple.

Le montant définitif consacré à cet appel à manifestations d’intérêt dépendra de la qualité des projets retenus. Les dossiers doivent être déposés pour le 22 juillet 2011.

Consulter les archives les plus récentes sur la production bioalguale : 04/02/2011 MASDAR, Boeing, Honeywell, Etihad à Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis), 03/02/2011 BFS Bio Fuel Systems à Alicante (Espagne), 28/12/2011 Université de l'Illinois ....

sources : investissement-avenir.gouvernement.fr

Thursday, February 3, 2011

MASDAR, BOEING, HONEYWELL, ETIHAD évaluent un biocarburant issu de l'Agriculture à l'Eau de Mer

ABU DHABI - (Emirats Arabes Unis) - 04/02/2011- 3B Conseils - L'université Masdar Institute of Science and Technology, le géant américain The Boeing Company, la compagnie aérienne des Emirats Arabes Unis, Etihad Airways et
le géant de l'électronique Honeywell ont annoncé (ICI et ICI) avoir achevé le 18 janvier 2011 l'évaluation d'un Système Intégré d'Agriculture à l'eau de mer (ISAS) capable de mener à la production de biocarburants à destination du secteur de l'aviation. Ce type de processus conduisant à la production de biocarburants à partir de cultures en milieu salé avait fait l'objet d'une présentation très complète lors du Second Symposium international sur les Biocarburants le 31 mars 2010 à Delhi (PDF téléchargeable ICI). La présentation reprenait des expériences commencées dès 1967 en Inde et poursuivies aux Etats-Unis avec l'aide d'une filiale d'Honeywell.
La publication faite par Masdar le 18 janvier dernier a pour ambition de contribuer à faire avancer les connaissances actuelles sur la viabilité du procédé ISAS pour la production de carburant pour l'aviation, de biodiesel, d'électricité et de tous types de produits issus d'une aquaculture en étangs salés qui ne compromet ni les ressources en eau douce ni les terres arables utilisées dans l’agriculture conventionnelle. La recherche comporte aussi un volet agronomique qui étudie spécifiquement les plantes les mieux adaptées à la croissance en milieu salé et notamment l'halophyte Salicornia bigelovii, organisme sur lequel des travaux ont déjà été menés par le Sustainable Bioenergy Research Center (SBRC) du Masdar Institute. L'étude s'est penchée sur les besoins à combler pour parvenir à un déploiement commercial à grande échelle.


Mais que propose au juste le procédé ISAS ?
L'ISAS est un procédé d'aquaculture en milieu salin qui combine culture de la Salicornia et sylviculture de la mangrove de façon à produire un biocarburant entièrement d'origine végétale marine, dont la matière première croît entièrement grâce à l'irrigation de l'eau de mer, sans utiliser de terre arable. Il offre la possibilité de développer une source alternative de carburant sans laisser un impact environnemental négatif pour des pays qui n'ont a priori ni terre arable à leur disposition ni eau douce. La péninsule arabe est dans ce cas mais n'est, bien etendu, pas l'unique espace désertique du monde où une telle technologie pourrait êre développée. Dans le cadre du SBRC, un programme sera mené sur cinq ans avec pour objectif la démonstration de la viabilité commerciale de la bioénergie halophyte et "mangrovienne", forme étendue de l'énergie algale.
Pour les représentants de Boeing, cette initiative constitue une alternative pour toutes les parties du monde où le sable du désert et l'eau de mer sont les deux seuls supports de culture à disposition et qui étaient jusqu'alors plutôt connus pour l'exploitation des énergies fossiles : "Aucune région du monde n'était mieux indiquée que cette région du Golfe Persique pour mener ces recherches d'avenir" a déclaré Billy Glover, Vice-President de Boeing Commercial Airplanes.
Le Dr Sgouris Sgouridis, pour Masdar Institute, a souligné : "L'emplacement unique du Masdar Institute au milieu du désert en fait un pôle unique en matière d'innovation concernant la production de biocarburants sur des terres arides. La recherche que nous allons mener pendant les cinq années à venir, nous permettra de fournir des réponses et de prouver que notre projet est réalisable et commercialisable" .
Jim Rekoske, Vice-President et Directeur général des Energies renouvelables et de la Chimie chez Honeywell, a déclaré : " Ce qui est novateur dans le projet du Masdar Insitute c'est de permettre à des régions du monde qui ne possèdent pas de terres de produire des biocarburants, en l'occurrence d'origine marine ".
James Hogan, PDG de Etihad Airways, a dit : " Nous considérons que l'utilisation des biocarburants est un enjeu futur majeur pour l'industrie des transports aériens et nous sommes fiers d'être associés à ce projet dès son origine."
Tout aussi conscients que les questions d'économie et de développement durable seront les axes fondateurs de la future industrie des biocarburants et de son succès sur le marché de l'aviation, le SBRC et Masdar Institute ont choisi d'aborder cette ère sous l'angle de l'efficacité de production des matières premières, avec pour postulat de base que la terre est, si on peut dire, la première des matières premières.
Une manière pour les Pays du Golf et les Emirats Arabes Unis, qui doivent leurs colossales fortunes au pétrole, de ne pas perdre la main sur l'industrie des carburants futurs.

Article : Francis ROUSSEAU

Sources : Sites liés. Images 1 Schéma explicatif du système ISAS © Masdar Institute. 2. Ferme de type ISAS en Érythrée

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Wednesday, February 2, 2011

BFS produit du " biopétrole " et le fait savoir



ALICANTE - (Espagne - U.E.) - 03/02/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - A l'image des entreprises américaines agissant dans le domaine des algo carburants, l'entreprise européenne BFS a bien compris qu'aujourd'hui la médiatisation des recherches peut avoir un impact commercial aussi important que l'objet de la recherche lui-même. Même si dans le cas précis, il faut souligner que la dite recherche a été entourée du plus grand secret pendant plusieurs années. C'est pourquoi après le géant de l'information américain CNN, le français Canal Plus et la majorité des chaînes espagnoles, BFS entreprise espagnole (avec des parts de capitaux français et italien) s'est offert récemment le privilège d'un reportage assez spectaculaire dans le 20h de TF1. Le PDG de BFS y explique comment en 2006, à la suite d'un discours d'Al Gore sur le réchauffement climatique, il s'est senti interpellé par cette problématique et a décidé d'agir.

Le discours tenu aujourd'hui par BFS va en faire bondir plus d'un, mais il est sans ambiguité : " BFS produit déjà un biopétrole d'origine algale ". Non pas un biocarburant mais bien un " biopétrole". L'argumentaire de présentation est lui aussi simplifié au maximum pour être accessible : "La première usine mise en place à Alicante produit du biopétrole avec des processus naturels qui imitent ceux qui servent à fabriquer les hydrocarbures fossiles traditionnels dans la nature mais...au lieu de prendre des millions d'années pour aboutir, notre processus ne nécessite que quelques jours". Annoncée sous cette forme, l'information a quelque chose de miraculeux et, on le sait bien, ce qui plaît avant tout dans la science c'est son aspect miraculeux. D'ailleurs BSF ne craint pas l'analogie en précisant : "Le miracle naturel à la base de cette énergie c'est le soleil sans aucun additif. La matière première c'est le CO2 polluant que nous allons capturer dans une source industrielle située à proximité de l'usine (en l'occurrence une cimenterie) et qui accélère la croissance des algues." Ce nouveau "biopétrole" présenterait les mêmes caractéristiques et usages que le pétrole traditionnel. A partir de ce biopétrole brut, des carburants comme l'essence ou le kérosène auraient été déjà distillés, de même que des sous-produits (plastiques etc...) issus aujourd'hui du seul pétrole fossile.
BFS précise qu'il ne s'est pas contenté de découvrir la façon d'exploiter la biomasse marine naturelle pour en tirer éventuellement un biopétrole et des dérivés, mais qu'il s'est appliqué surtout à "mettre en place le premier processus industriel qui rend cette production efficace et rentable." BFS mène actuellement dans ses laboratoires des études sur de nouveaux modèles capables d'optimiser le résultat au mètre carré exploité.

Mais déjà les toutes premières études menées sur la structure installée à Alicante, ont démontré qu'une usine de biopétrole installée, par exemple, dans un lieu tel que le désert de Tabernas (sud de l'Espagne), qui est le principal centre européen de test d'énergies propres obtenues à partir du soleil, serait suffisante pour obtenir la même quantité par jour de barils de bio pétrole que la demande quotidienne de toute l'Espagne en pétrole fossile et générerait quelques 50.000 postes de travail directs de personnel hautement qualifié. Là aussi, la formulation a quelque chose de miraculeux ! BFS estime qu’en nourrissant les micro-algues avec 100.000 tonnes de CO2 par an dans ses cuves, il peut obtenir 40.000 tonnes de biocarburant par an. Cette production serait comparable à plus de 300.000 barils de pétrole par an.
La première usine, présentée récemment aux chaines de télévision du monde entier par le président de BFS, Bernard A.J. Stroiazzo-Mougin, installée près d'une cimenterie qui lui fournit son CO2, n'est qu'une préfiguration de ce que sera une grande installation qui va être construite sous peu au Portugal. BFS qui est une société à capitaux à 100% privés a déjà été approchée par de nombreuses grandes compagnies internationales comme EXXON Mobil qui, comme chacun sait, ne fabrique pas des téléphones portables (enfin pas encore !).


Sources. Sites liés. Photos :1 Baril de biopétrole © BFS 2. Usine d'Alicante vue d'avion © BFS 3. Interieur de l'usine d'Alicante © BFS

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Tuesday, December 28, 2010

Production biomasse marine : une algue rouge rentable ?





Urbana (Illinois - USA) - 28/12/2010 - 3B Conseils - Des chercheurs de l'université de l'Etat de l'Illinois viennent de découvrir le moyen d'accélérer la transformation des algues rouges en bio-fuel.
En se transformant, la biomasse marine produit du glucose et du galactose. Or la fermentation du galactose était jusqu'à présent difficile et lente, rendant la transformation en bio-fuel gourmande en temps et coûteuse. Yong-Su Jin, professeur à l'Institute for Genomic Biology et ses collègues de l'université de l'Illinois ont identifié trois gènes dans un microbe tout à fait commun, le Saccharomyces cerevistae, couramment utilisé pour la fermentation des sucres.
Ceux-ci peuvent augmenter la fermentation jusqu'à 250%. L'un de ces gênes en particulier accélère la fermentation des sucres de façon remarquable, en 8 heures contre 24 heures pour l'échantillon témoin. Yong-Su Jin précise "quand nous avons utilisé cette protéine, les enzymes métaboliques du galactose sont devenus très actifs. Nous pouvons conclure que ce gêne est un agent de régulation ou de contrôle du système".

Toujours selon Yong-Su Jin, le galactose est particulièrement abondant dans la biomasse marine : l'accélération de sa fermentation sera très utile pour la production industrielle de bio-fuel à partir d'algues.

Cette découverte conviendrait particulièrement dans les petites îles et les régions ayant une façade maritime, pour la production de bio-fuel sans empiéter sur les surfaces destinées aux cultures vivrières.

Les coauteurs sont Yong-Suk-Jin de l'Institute of Genomic Biology; Ki-Sung Lee, Min-Eui Hong, Suk-Chae Jung, and Dae-Hyuk Kweon of Sungkyunkwan University; Byoung Jo Yu, Hyun Min Koo, Sung-Min Park, and Jae Chan Park of the Samsung Advanced Institute of Technology; and Jin-Ho Seo of Seoul National University. Samsung Advanced Institute of Technology; the BioGreen 21 Program, Rural Development Administration, Republic of Korea; and the Korea Research Foundation sont les principaux sponsors.


Article : IdB - 3B Conseils

Sources : University of Illinois 15/12/2010,
Cleantech 20/12/2010

Tuesday, November 23, 2010

Sapphire Energy : un carburant algal dans 18 mois ?



SAN FRANCISCO - (Etats-Unis) - 24/11/2010- 3B Conseils - A en croire le vice-président de Sapphire Energy, Mike Mendez, dans une récente interview, l'heure du test grandeur nature approche pour Sapphire Energy. Je rappelle que cette compagnie, dont j'ai déjà longuement parlé dans ce blog, espère produire du carburant algal à partir d'algues génétiquement modifiées, cultivées en bassins ouverts, et ceci à un prix économiquement attrayant, contrairement à la plupart de ses concurrents. Cela devrait donc être bientôt prouvé, puisque la construction d'une installation de 100 acres (40 ha) au Nouveau-Mexique, devrait être achevée d'ici 18 mois (mi-2012 donc ! ). Ce sera l'occasion de vérifier si la technologie originale de Sapphire Energy, qui consiste à ajouter des micro-organismes cannibales à des algues génétiquement modifiées, accélère de façon significative le processus habituel de croissance et de transformation des algues en carburant. Ce premier étang-test prévu par Sapphire ne sera pas optimisé pour la production commerciale, mais permettra de tester les promesses et les limites de l'innovation. Le caractère novateur des produits proposés par Sapphire Energy et sa maîtrise des organismes génétiquement modifiés dans le processus de production ont toujours placé la compagnie en tête des entreprises américaines agissant dans le domaine des biocarburants algaux... avec une bonne longueur d'avance sur ses concurrents, Solazyme ou Solix Biofuels par exemple. On verra donc sous peu si tout cela est justifié ou si ça n'était que bluff et approximations, comme certains le prétendent.
Pour l'heure, les conditions du marché des carburants sont à nouveau favorables aux biocarburants, puisque les prix du pétrole sont à nouveau à la hausse et que le gouvernement américain maintient son objectif de produire 36 milliards de gallons de biocarburant d'ici 2022. La future ferme de Sapphire Energy au Nouveau-Mexique sera composée de trois sites de 100 acres (40 hectares) composés chacun de dix bassins de 10 acres (4 ha). Le premier servira de banc d'essai pour le second, et le second servira de banc d'essai pour le troisième. C'est sur le troisième site que Sapphire espère être en mesure d'améliorer ses processus de production commerciale à grande échelle. Ces superficies cumulées de 120 hectares de bassin au Nouveau-Mexique seront capables de générer un million de gallons (plus de 3,7 millions de litres) de carburant par an. La croissance des algues en bassins ouverts pourrait être assez semblable à celle du riz, mais cette culture en bassin ouvert d'algues comportant des modifications génétiques et un micro-organisme cannibale assez semblable à ceux à l'œuvre dans le processus du retraitement des eaux usées, pose de nombreux problèmes en termes de contaminations écologiques. Solix et Solazyme - qui cultivent leurs algues en containers fermés - ne manquent jamais de souligner ce point. Mais Sapphire Energy qui a commencé a joué les "apprentis sorciers" ne compte pas s'arrêter en chemin. Pour toutes ces raisons, contrairement aux autres compagnies, Sapphire Energy ne pourra pas revendre les produits dérivés des protéines ("modifiées") tirés du traitement habituel des algues sur le marché alimentaire ou sur celui des cosmétiques. Sapphire compte réutiliser ses protéines comme nutriments pour ses propres algues. On est cannibale ou on ne l'est pas ! En clair : Sapphire Energy n'a pas d'autres débouchés commerciaux que celui de se consacrer exclusivement à la production d'algo-carburant ! Et il se trouve que le Ministère de la Défense américain, avec ses besoins accrus en carburant "indépendant" de tous troubles ou fluctuations internationales pour les armées de l'air, de terre et navale, fournit l'argument de la nécessité stratégique à un producteur tout à fait décidé à en faire son client n°1... et peut-être même, selon certains - mais j'en doute - son client exclusif !

Article : Francis ROUSSEAU

Docs : Sites liés. Photos : © Sapphire Energy


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Tuesday, September 28, 2010

AURORA BIOFUELS devient AURORA ALGAE


ALAMEDA - (Calif. - Etats-Unis) - 29/09/2010- 3B Conseils - Aurora Biofuels a annoncé récemment la modification de son nom en AURORA ALGAE, dans l'espoir de s'ouvrir à d'autres débouchés commerciaux (notamment ceux des nutriments) que les biocarburants encore expérimentaux. Ce changement d'appellation, d'abord signalé en catimini par Greentech Media le mois dernier, paraît logique pour une entreprise qui a consacré l'essentiel de ses forces et de ses capitaux jusqu'à aujourd'hui à développer dans ses installations de Alameda une souche d'algues particulièrement riches en acide gras omega. Il ne paraît donc pas aberrant qu'avant de transformer ces algues en biocarburant l'entreprise cherche à faire des profits avec des nutriments pharmaceutiques mais aussi des aliments pour la pisciculture, voire même des matières premières pour les cosmétiques. Toutefois certains experts estiment que ce changement d'appellation n'est pas un signe positif envoyé aux entreprises qui tentent de mettre au point (un peu partout dans le monde mais surtout aux Etats-Unis) des biocarburants à base d'algues à des prix compétitifs avec ceux des combustibles fossiles qu'ils sont censés remplacer à terme sur le marché. En changeant d'appellation Aurora semble avouer sa perte de confiance dans la rentabilité à court terme du biocarburant algal, d'autant qu'à l'intérieur même de l'entreprise on ne cache plus que de nombreuses années seront nécessaires avant de mettre au point un algocarburant compétitif. Ce changement de nom a d'ailleurs été suivi d'un changement de tête au sein de l'exécutif d'Aurora. Le nouveau PDG, Gregory L. Bafalis, vétéran de l'industrie des énergies fossiles mais aussi au démarrage de Green Earth Fuels, avertit dans un discours clair : "Je connais bien la problématique des biocarburants pour l'avoir abordée hors de tout contexte de subventions gouvernementales." Aurora n'en espère pas moins mettre en place sa première usine démonstratrice en Australie. Elle qui utilisera le CO2 issu des centrales au gaz naturel et de la culture des engrais pour cultiver des algues dans huit étangs d'environ 4000 m2. L'exploitation devrait entrer en service d'ici la fin de l'année 2010 avec une commercialisation des produits prévue pour le premier trimestre de 2013. Mais il faut savoir lire entre les lignes car, d'après Gregory Balfalis, les algocarburants ne sont pas pour le moment inclus dans les produits commercialisables de la marque, même si "la société espère voir un biocarburant fabriqué à partir de ses algues commercialisé dans l'avenir".
Cette valse-hésitation et les informations contradictoires émanant sans cesse de ce secteur des énergies marines peuvent effectivement finir par donner le bourdon à n'importe qui !

Article : Francis ROUSSEAU

Docs Sites liés. Photos © Aurora Algae


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Sunday, September 19, 2010

BIO ARCHITECTURE LAB et l'algo-carburant financé par STATOIL




BERKELEY - (Etats -Unis) - 20/09/2010- 3B Conseils - Selon une nouvelle publiée par la compagnie américaine Bio Architecture Lab (BAL) le 15 septembre 2010, le géant norvégien de l'énergie Statoil va financer un projet de démonstration de production d'éthanol à partir d'algues au large des côtes de Norvège. C'est dans ce but que le géant pétrolier norvégien a conclu un accord de partenariat avec Bio Architecture Lab (BAL) fondé en 2007 et basé à Berkeley (Californie) et à Santiago (Chili). Cette entreprise privée est bien connue des spécialistes pour travailler discrètement mais avec des résultats constants sur la production d'algo-carburants à des prix présentés comme les "plus bas coûts du marché".
Ce n'est pas la première fois que Statoil s'intéresse à ce marché des carburants algaux puisqu'en décembre 2009 la firme norvégienne avait déjà passé un accord de financement de recherche dans ce domaine portant sur 580.000 dollars destinés conjointement à University of California, Berkeley et Norwegian University of Science and Technology (NTNU) (cf. communiqué du 02.12 2009). Selon les termes du dernier accord signé avec BAL, Statoil propose de financer l'ensemble de la R&D et des projets de démonstration, et en cas de succès, la commercialisation de la technologie BAL en Norvège et ailleurs en Europe. BAL aura un droit de participation au capital et recevra des redevances sur tout l'éthanol et les sous-produits fabriqués par la société. Dans une première phase de partenariat, BAL sera responsable du développement de la technologie et du processus de conversion d'algues cultivées en Norvège en carburant. Statoil sera chargé d'élaborer et de gérer les opérations d'aguaculture, sous la direction de BAL, qui a déjà mené un programme semblable, subventionné par le gouvernement Chilien, au large des côtes du Chili. Dans une deuxième phase de collaboration Statoil et BAL prévoient de développer une installation de démonstration en Norvège, qui pourrait conduire à la commercialisation de cet algocarburant par Statoil en Norvège et ailleurs. BAL a aussi conclut des accords avec Dupont pour le programme ARPA-E (Advanced Research Program Agency – Energy), programme de conversion d'algues en isobutanol.
Guntis Aboltins-Abolins, responsable de l'unité des carburants du futur chez le pétrolier Statoil, a expliqué :
"Statoil a un avantage concurrentiel unique dans la production d'énergies en milieu marin. Nous sommes très impressionnés par les connaissances de BAL, son expérience et les progrès déjà réalisés et nous pensons que leur approche à faible coût des solutions durables est parmi les plus prometteuses que nous ayons vues".
Bien que la teneur financière exacte de l'accord passé avec Statoil n'ait pas ét revélée, on sait que BAL a déjà reçu 34 millions de dollars pour mener à bien ses recherches sur les algo carburants. Ce que cette "annonce" permet de constater est, une fois de plus, l'intérêt marqué des géants pétroliers internationaux pour les algo-carburants présentés par beaucoup d'entre eux tour à tour, comme un complément et/ou comme une alternative aux éthanols végétaux et bien entendu aux carburants d'origine fossile.

Article : Francis ROUSSEAU

Docs : Sites liés.

A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :

- EXXONMOBIL et SYNTHETIC GENOMICS commencent leurs tests d'algo carburants (26 juillet 2010)
- Les énergies de la mer: SOLAZYME : accords spectaculaires avec CHEVRON et BUNGE (30 août 2010)
- SAFEOIL : où est passé ce projet d'algo carburant français ? (27 janvier 2010)


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Sunday, August 29, 2010

SOLAZYME : accords spectaculaires avec CHEVRON et BUNGE


SAN FRANCISCO - (Etats Unis) - 30/08/2010 - 3B Conseils - La compagnie Solazyme Inc, actuellement leader mondial de la production et du développement de biotechnologies algales (carburants et produits dérivés mais aussi ingrédients alimentaires et produits de santé) a annoncé dans le New York Times du 10 août 2010 un nouveau financement de 52 millions de dollars à la suite de son 4e tour de table (Round D). Ce financement est plus particulièrement destiné à lui permettre de continuer à développer la production du carburant algal renouvelable qui doit être utilisé comme carburant alternatif par l'armée américaine. Le New York Times fait remarquer qu'alors que la plupart des concurrents de Solazyme connaissent des difficultés importantes (quand ils n'ont pas mis tout simplement la clé sous la porte), Solazyme continue envers et contre tout de mener ses recherches. Cette assurance, l'industriel de San Francisco la puise notamment dans le soutien de la Marine américaine (The Navy) qui a permis de fonder la compagnie grâce à une commande pour ses bateaux de guerre de 20.000 gallons de biocarburant (évalué à 8, 5 millions dollars) dont 1500 auraient déjà été livrés (chiffres NYT).
Le récent financement de 52 millions de dollars a été levé par l'intermédiaire de Braemar Energy Ventures et réunit des investisseurs dits stratégiques comme la multinationale pétrolière Chevron Technology Ventures LLC et San-Ei Gen, un très important fabricant et distributeur japonais d'ingrédients alimentaires (à base d'algues bien entendu).
Jonathan Wolfson, directeur général de Solazyme a déclaré lors de cette première annonce : " Notre technologie et nos prévisions de commercialisation progressent rapidement. Forts de nos multiples partenariats avec les leaders de l'industrie aussi bien qu'avec le ministère américain de la Défense nous sommes maintenant engagés dans la voie d'une commercialisation rapide. Le soutien de nos investisseurs actuels, lors de notre 4e tour de table est révélateur de notre capacité à progresser rapidement vers la production de carburant renouvelable destiné à des applications multiples à grande échelle."
A peine deux semaines après cette importante annonce, Solazyme communiquait voici quelques jours (le 26/08/2010) dans le média spécialisé Biofuels Digest qu'un nouvel accord avait été passé cette fois-ci avec la multinationale brésilienne sucrière BUNGE sans toutefois révéler le détail financier de l'accord. L'association de Solazyme et de Bunge en dit assez long sur la nature désormais résolument hybride du futur biocarburant qui sera livré à l'armée américaine et dans lequel il se pourrait bien que le sucre de canne et d'autres composés oléagnineux ou/et cellulosiques entrent également pour une part importante. Le schéma de transformation (cf. en tête d'article) décrit assez clairement d'ailleurs la part de chacun des composants dans le processus d'obtention des huiles algales que Solazyme se propose de produire et qui fourniront divers biocarburants, des dérivés chimiques verts (polymères, lubrifiants), des huiles destinées à l'alimentation humaine et aux soins, et des nutriments pour les animaux. Ça peut faire peur a certains, surtout quand Solazyme se met étrangement à ressembler à Soylent Green (Soleil Vert pour les intimes!), chef d'oeuvre du cinéma d'anticipation des années 70 dont certains se souviennent peut être avec frayeur !
Jonathan Wolfson, le PDG et co-fondateur de Solazyme n'a pas failli, à l'occasion de ce récent accord aussi spectaculaire que le précédent, à son enthousiaste habituelle déclaration de circonstance : " La technologie développée par Solazyme se situe exactement à la croisée de celles développées par Bunge et pourra bénéficier de son inégalable expérience dans le domaine de l'exploitation de la canne à sucre et du raffinage d'huiles végétales. Nous sommes très confiants sur le potentiel de ce que nos capacités jointes pourront apporter dans l'avenir à l'industrie des biocarburants "
On veut bien le croire...

Article : Francis ROUSSEAU

Docs. Sites liés. Schéma © Solazyme Inc


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