Thursday, June 9, 2011

SINOVEL, GOLDWIND, XEMC et GUODIAN : l'obsession des 6 MW !


BEIJING - (Chine) - 10/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau - Selon l'agence de presse officielle chinoise Xinhua (Chine Nouvelle) plusieurs industriels chinois (ils sont 80 sur le marché des turbines éoliennes !) s'apprêteraient à développer des versions commerciales de turbines éoliennes de grande puissance avant la fin de l'année 2011. Il s'agirait même pour les 4 plus grands d'entre eux d'une véritable "obsession", le but étant principalement d' "aiguiser la compétition dans le domaine " !

Le plus grand d'entre eux et le plus connu aussi à l'international Sinovel Wind Group annonçait le 31 mai 2011 (ICI) qu'il avait produit un prototype de 6 MW, la SL 6000 qui a la particularité de pouvoir être utilisée aussi bien dans les parcs à terre que dans les parcs offshore, la Chine tendant à gommer au maximum les différences qui peuvent exister entre les deux technologies. Fier à juste titre de ce produit dont le diamètre de rotor atteint 128 mètres, Sinovel, par la voix de Tao Gang vice président du groupe, a annoncé récemment son ambition et son impatience à construire des turbines de 10MW, sans d'ailleurs donner aucun détail sur le projet. Il s'est contenté de déclarer que le gigantisme en matière d'éolien était devenu "une tendance inévitable en raison de la plus grande efficacité de ses turbines et des coûts de maintenance plus faibles". La SL 6000 ne serait donc qu'une étape, même si, pour l'instant, elle est la plus puissante de la gamme, qui compte surtout des 1,5 MW et des 3 MW.

Autres grands fabricants chinois à s'attaquer au marché des 6 MW: Xiangtan Electrical Machine Co. Lt (XEMC), une des firmes les plus communicantes à l'international qui a sorti en octobre 2010 son propre prototype de 5 MW et tente aussi de mettre au point une 6 MW, sans donner non plus beaucoup de détails. En plus de Sinovel et XEMC, au moins 2 autres fabricants chinois d'éoliennes parmi les 80 listés sur le marché chinois veulent produire des turbines de 6 MW ; il s'agit de Goldwind et de Guodian United Power (pas de site) un consortium formé par le puissant distributeur China Guodian et United Power qui annonce la capacité de fabriquer dans son usine de Baoding (Mongolie Intérieure) jusqu'à 800 éoliennes par an (non je ne me suis pas trompé !). Même s'il s'agit dans le cas précis surtout de turbines de faible puissance (1,5 MW), il n'en reste pas moins que la capacité est là et qu'il faut prendre très au sérieux le défi du consortium de s'attaquer au marché des 6MW.

Quand à Goldwind : après avoir investi CNY 550 millions (€57, 97 millions) en novembre 2010, dans le but de mettre au point une turbine de 6MW, une de ses usines de la province orientale du Jiangsu a commencé à la développer avec la technologie entraînement direct /aimant permanent, "le nec plus ultra" en la matière. (cf. ICI). Ce prototype Goldwind de 6 MW devrait être prêt au début de l'année 2012. Bizarrement l'autre grand fabricant chinois de turbines éoliennes, Dongfang Electric dont les activités recouvrent tous les secteurs de l'énergie, des énergies fossiles aux énergies renouvelables en passant par le nucléaire, ne semble pas être encore entré dans la compétition et continue de fabriquer son lot (impressionnant aussi !) de turbines de 1,5 et 2MW.

Par contre, des compagnies plus modestes au regard des tailles des géants cités, semblent, selon Xinhua, lorgner sur ce marché porteur des éoliennes de grande capacité. Huayi Electric, (dont le contenu du site est particulièrement minimaliste !) fait partie de ceux-ci. Huayi Electric a annoncé que CNY 45 millions (€4,7 millions) ont déjà été consacrés au développement de sa turbine de 5 MW (produit non consultable en ligne). Il aurait même décidé de consacrer environ un quart de ses CNY 190 millions (€20 millions) de fonds recueillis récemment au développement de turbines éoliennes de 6 MW (produit non consultable en ligne). Cette volonté de Huayi à développer les éoliennes de grande capacité prendrait appui sur un accord signé en mai 2011 10e avec MECAL BV, un célèbre designer hollandais d'éoliennes (entre autres), dont le site est heureusement moins zen que celui de son associé chinois. En vertu de cet accord, Huayi et MECAL BV se seraient engagés à mettre au point un prototype de turbine 6 MW pour une utilisation commerciale dans des fermes éoliennes offshore avant mars 2013. Huayi aura la propriété exclusive et l'utilisation des turbines.


 Il faut rappeler que la Chine a lancé en octobre 2010 un appel d'offres public pour la construction de quatre parcs éoliens offshore dans la province du Jiangsu, pour un total de 1 GW de capacité installée. La construction des parcs éoliens va commencer avant la fin de l'année 2011, cette année, l'objectif officiel étant que la Chine ait 5 GW de capacité installée en éolien offshore en 2015 et 30 GW d'ici 2020.

Sources : Sites liés et cités. Photos : 1. © Goldwing. 2 © Sinovel. 3 © United Power . 4 et 5 Usine d'éoliennes de Guodan © Baoding

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Wednesday, June 8, 2011

AXYS : une compagnie de services pour les E.R.M



SIDNEY - (CANADA) - 09/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau - La compagnie canadienne AXYS Technologies Inc, une compagnie de services pour l'éolien offshore et la Marine parmi beaucoup d 'autres, n'en finit pas de communiquer depuis le lancement en mai dernier de sa branche Axys Ocean Renewables qui lui a permis d'étendre ses capacités à presque tous les domaines des énergies marines renouvelables ( EMR). Jusque là en effet, Axys était surtout connu pour offrir à l'industrie éolienne offshore la bouée de surveillance WindSentinel ™, qui recueille divers types de données en mer, utilisables d'ailleurs à toutes les phases d'un projet, de la phase d'évaluation initiale, à la phase de construction en finissant par la phase de surveillance continue du site achevé. A l'origine WindSentinel ™ mesurait principalement la ressource éolienne grâce à un laser.

Aujourd'hui Axys veut aller plus loin et fournir le même type de service de veille et de recueil de données à la future industrie de l'énergie des vagues et des courants. D'où la création d'Axys Ocean Renewables qui offre à ce petit système connu depuis 30 ans une lisibilité plus grande et une possibilité de déclinaison importante pour les technologies marines citées. A partir de produits existants comme TRIAXYS™, une bouée directionnelle créée il y a une dizaine d'années pour l'industrie pétrolière offshore et pour l'armée, Axys a donc imaginé plusieurs déclinaisons spécifiquement dédiées aux EMR, à commencer par "TRIAXYS with current Buoy" alimentée par des panneaux solaires. Cette bouée peut être installée sur des fonds allant de quelques mètres à 300 mètres et sert notamment à quantifier la force et la direction des courant marins et des vagues. Le superlatif en matière de TRIAXYS™ étant le dernier modèle de capteur, TRIAXYS™Sensor, récemment mis à jour pour satisfaire aux exigences des instruments de mesure les plus précis du marché.
Encore plus sophistiqué pour le domaine des ERM : AXYS HydroLevel™, bouée de précision qui mesure l'élévation du niveau de l'eau sur tout type de surface liquide où une bouée peut être posée. AXYS HydroLevel™ est un instrument de très haute précision, qui intègre les dernières technologies GPS RTK et de détection des mouvements. Un logiciel AXYS WaveView™ permet de lire, de décoder et d'archiver les données transmises par l'ensemble des bouées. L'ensemble du dispositif risque bien de devenir le kit du parfait développeur de parcs hydroliens et houlomoteurs !
Optimiste, Axys prévoit un fort développement de ce secteur dans un proche avenir.
Que Neptune les entende !

Sources. Sites liés et cités. Photos bouées © Axys

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Tuesday, June 7, 2011

Energies Marines en France : rendez-vous mi-juillet !



PARIS - (France - U.E) - 08/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
- Le lancement par le gouvernement français de l'appel d'offre qui devait avoir lieu en mai 2011 a pris du retard et devrait être maintenant lancé au mois de juillet 2011. Je rappelle que ce premier appel d'offre, dont nous avons souvent fait état dans ce blog, porte sur la mise en service de 3000 MW (soit 600 éoliennes) sur les 6000 MW d'éolien offshore que le gouvernement français s'est engagé à construire d'ici 2020. Ce programme nécessite un investissement de 10 milliards d'euros et porte sur cinq zones précises du territoire : Courseulles-sur-Mer, Fécamp, Dieppe-Le Tréport, Saint-Brieuc et Guérande-Saint-Nazaire.

Le retard pris dans l'annonce du lancement de ce premier appel a permis au gouvernement de communiquer son souhait d'en lancer un second avant l'élection présidentielle de 2012. Le lancement de ce second appel pourrait fournir l'opportunité de revenir sur la décision prise à propos du projet de Parc éolien offshore de Deux Iles (cf nos articles du 16 septembre 2008 et du 13 décembre 2010), projet porté par WPD Offshore entre l'Ile d'Yeu et Noirmoutier et qui avait été écarté, l'an dernier, par le Président de la République devant la très vive opposition de l'ancien président du Conseil général de Vendée, Philippe de Villiers. Le président de la République et Nathalie Kosciusko-Morizet avaient indiqué qu'ils «seraient disposés à réétudier cette position, dans le cas où un "consensus large" serait réuni ».
Depuis lors, comme le fait savoir le député écologiste de Loire-Atlantique François de Rugy sur son blog (ICI), un consensus autour de la construction de ce parc éolien offshore s'est affirmé au sein du Conseil général de Vendée, qui a voté en sa faveur. Le député écologiste a donc demandé au gouvernement de passer des paroles aux actes, et de «prendre en compte la situation nouvelle créée par le vote de l’assemblée départementale vendéenne (…). Il faut intégrer sans délai supplémentaire le projet aux appels d’offre dont le gouvernement a annoncé la publication ...».
L'intégration du projet des Deux Iles dans le premier appel d'offre pourrait expliquer son retard... mais en tout cas, si le projet des Deux Iles n'est pas inclus dans ce premier appel d'offre, rien ne s'oppose plus, a priori, à ce qu'il le soit dans le second que le gouvernement lancera avant le printemps 2012.
Selon François de Rugy ce "projet des deux îles est même l’un des plus consensuels des projets offshore en France".

Autre décision attendue à la mi juillet : celle du jury international présidé par Christian Streiff, ancien président de PSA-Peugeot Citroën, concernant l'IEED France Energie Marine, dont nous parlions voici peu ICI, et qui fait désormais partie des 6 projets présélectionnés pour lesquels "le jury réserve sa décision à la lumière d'un examen complémentaire".
Deux projets sur les 19 présentés ont d'ores et déjà été retenus, 11 ont été définitivement écartés et sur les 6 présélectionnés pour un réexamen, chacun espère désormais que l'IEED France Energie Marine aura une place.
Dans un communiqué du 1 juin (ICI), les ministères de l'Ecologie, de l'Industrie, de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, ainsi que le Commissariat général à l'investissement, ont fait savoir que : «Ces six projets devront être réaménagés en tenant compte de l'avis du jury. Les porteurs auront jusqu'au 15 juillet pour faire connaître les évolutions de leur dossier, qui sera soumis également à un réexamen du jury en vue d'une décision définitive».

Les porteurs du projet France Energie Marine se montrent confiants. «Ce projet est le seul des sélectionnés et présélectionnés à traiter des Energies Marines Renouvelables. Il peut et doit aboutir au regard des enjeux considérables que les EMR représentent pour notre pays», affirme Christophe Clergeau, premier vice-président de la Région Pays-de-la-Loire, en charge de l'économie et de l'innovation dans une interview à meretmarine.com

France Energies Marines, dont le site principal est prévu à Brest, avec des sites secondaires à Nantes et Toulon, et des sites d'essais à Bordeaux et à La Réunion, ambitionne de mutualiser les efforts des centres de recherche publics et des entreprises privées pour travailler sur les principaux défis technologiques et non technologiques auxquels la nouvelle filière des énergies renouvelables marines doit faire face. De nombreux emplois potentiels sont à la clef.

Sources : Sites liés et cités. Photos1 : ©WPD offshore. 2 Recupérateur d'énergie des vagues SEAREV © Ecole Centrale de Nantes

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Monday, June 6, 2011

Le SNMERC va propulser la Floride sur la scène des E.M.R



FORT LAUDERDALE - (Etats Unis) - 07/06/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau -Le SNMREC (Southeast National Marine Renewable Energy Center) à la Florida Atlantic University (FAU) a concrétisé voici peu, la fonction de centre d'essais en mer de premier plan qu'il brigue pour les années à venir, avec l'installation d'une bouée pilote de télémétrie en vue d'installer une petite turbine dans le Gulf Stream, au large de Fort Pierce. Cette bouée pilote de 6,4 mètres de long et de 3 mètres de large qui a été conçue pour résister à de forts courants, mêle plusieurs technologies renouvelables (mix énergétique) telles que des panneaux solaires, des éoliennes de petite puissance et des mini turbines à eau destinés à fournir la puissance nécessaire pour faire fonctionner les instruments de mesure océanographiques embarqués, les systèmes de sécurité, de navigation, et de communication sans fil. Selon les dernières informations, "la bouée se comporte comme prévu "(!). (video de demo)

Comme c'est le cas pour l'EMEC en Europe ou le SEMREV en France, le SNMREC se propose de devenir un lieu incontournable de R&D des énergies marines aux USA. Pour ce faire les recherches sont réparties en 6 groupes de travail :
- Le groupe de travail 1 "Prévention et santé" est chargé de mesurer l'impact environnemental de l'implantation d'une future centrale fonctionnant aux énergies marines renouvelables de même que d'étudier les modes d'intégration de mesures environnementales concernant sa sécurité et sa fiabilité.
- Le groupe de travail 2 : "Rotor / Hélice et Instrumentation" est particulièrement dirigé vers la recherche concernant l'emploi des turbines et des hélices dans les dispositifs d'énergies marines.
- Le groupe de travail 3 "Dynamique des fluides et simulation" analyse les possibilités de construire des modèles de simulations océaniques et des bassins d'essais, capables de relever le défi de tester plusieurs systèmes d'énergies marines qui seront installés, après les dits essais, dans l'océan.
- Le groupe de travail 4 "Matériaux, Corrosion, et Bio-fouling" s'applique à la recherche de nouveaux matériaux et de revêtements capables d'augmenter les temps d'immersion sans corrosion des systèmes d'énergies marines, d'allonger leur durée de vie commerciale et de réduire les coûts.
- Le groupe de travail 5 : "Dynamique et stabilité des systèmes" développe des simulations du comportement des dispositifs d'énergies marines en mer de façon à réduire le temps de développement et les coûts des dispositifs commerciaux.
Le groupe de travail 6 "Interactions des écosystèmes" s'intéresse comme son nom l'indique, à l'impact direct sur l'environnement de l'utilisation des diverses technologies d'énergies marines renouvelables, une question par laquelle le SNMERC semble particulièrement préoccupé.

Pour l'instant le SNMREC est surtout connu pour les travaux qu'il a mené et mène sur la corrosion en mer des structures renouvelables offshore (une éolienne offshore est testée dans les conditions réelles d'utilisation). Il est aussi impliqué dans le développement de normes internationales de caractérisation des ressources, et participe à l'élaboration de la législation qui va permettre de bâtir un cadre légal à l'implantation des futures systèmes d'exploitation d'énergies marines au États-Unis.
Pour avoir une idée des ambitions de la FAU et du SNMERC en matière d'EMR cf une video de présentation résumant leurs missions futures qui couvrent l'énergie des vagues, l'énergie des courants, l'énergie marémotrice, l'ETM, mais aussi la capture marine d'hydrogène (Ocean Hydrogen Plant)... le tout se terminant sur un ton particulièrement conquérant !

Quoiqu'il en soit, le Bureau of Ocean Energy Management, Regulation and Enforcement (BOEMRE) avait confirmé le 23 mai 2011 cette volonté de faire du plateau continental au large de Floride un lieu d'expérimentation des Energies marines renouvelables.

Sources : Sites liés. Photos: la bouée pilote de télémetrie du SNMERC © FAU

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Sunday, June 5, 2011

Parcs éoliens offshore : évaluation des accidents du travail


WASHINGTON / BRUXELLES - 06/06/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Les problèmes de sécurité au travail et des accidents de travail liés aux grands sites industriels font l'objet aux Etats-Unis d'une attention toute particulière depuis quelques années déjà. Une administration dépendant du Department of Labour (DOL) appelée The Occupations Safety and Health Administration (OSHA) leurs est même spécialement dédiée. Récemment, lors de la grande messe de l'AWEA (American Wind Energy Association), Windpower 2011, l'OSHA a fait savoir qu'elle allait s'intéresser à l'industrie éolienne nord-américaine et que, dès 2012, s'appliquerait à l'industrie éolienne onshore et offshore son programme National Emphasis Program qui vise d'une façon générale à "évaluer avec exactitude les accidents et les maladies contractées par les employés dans l'exercice de leur métier". Les propriétaires, développeurs et opérateurs de parcs éoliens, de même que les fabricants et les entrepreneurs, sont donc prévenus qu'ils devront appliquer ces règlements de sécurité concernant l'emploi de leur personnel. Selon certains experts, l'application de ces règlements pourrait avoir un impact non seulement sur la conception future des éoliennes mais aussi sur l'exploitation et la maintenance des parcs éoliens onshore comme offshore. Le National Emphasis Program, appliqué par l'US Department of Labour (DOL) à de nombreux secteurs de l'industrie, fera donc ainsi son entrée dans le domaine de l'industrie des énergies renouvelables par la grande porte de l'énergie éolienne !

C'est précisément sur ce thème de la sécurité que les deux grands fabricants de turbines GE et Siemens ont choisi de se rencontrer aujourd'hui même à Londres. Avec une puissance estimée de 40 GW d'éolien offshore à installer d'ici 2020 en Europe, si la culture de la sécurité, de la prévention des accidents et de la gestion a été ignorée ou insuffisamment élaborée en amont de la construction d'un parc éolien offshore, le risque est grand de voir un projet éolien dans son ensemble mis en danger. Comme aux Etats-Unis, la question se pose aujourd'hui de savoir si les risques ont été évalués avec précision et avec quelle méthode ? et si des mesures concrètes ont été prises par les principaux développeurs, entrepreneurs et équipementiers de l'industrie éolienne ? Pour de nombreux spécialistes, il ressort que ces problèmes de sécurité au travail apparaissent comme l'une des cinq principales préoccupations des gestionnaires de projets de l'éolien offshore européen.

Les défis posés par les parcs farshore ou les fermes éoliennes offshore multiturbines demandent une adaptation inédite du personnel au moment de la construction et de l'installation. On ne répètera jamais assez que l'environnement maritime est un environnement instable et extrême. Bien qu'il s'agisse généralement de personnels hautement qualifiés et compétents, ayant déjà travaillé dans le domaine de l'éolien terrestre par exemple, on sait que l'on n'installe pas un parc offshore comme un parc à terre (déjà complexe à installer d'ailleurs !). Personne n'a, d'autre part, le recul des 30 années d'expérience que l'on peut trouver, par exemple, dans le domaine de l'industrie pétrolière et gazière offshore où les règles de sécurité ont eu le temps d'être éprouvées.

L'Union Européenne n'est pas restée inactive face à ces questions. Elle s'est préoccupée, dès la fin des années 1990, d'une meilleure protection de la santé et de la sécurité au travail. Elle a déjà agi dans ce domaine et fixé des normes minimales pour améliorer la sécurité et la santé des travailleurs. Plusieurs directives ont vu le jour qui ont réussi à renforcer les dispositions proposées, au bénéfice des travailleurs. Mais, de l'aveu général, même si les accidents du travail ont diminué de près de 10 % entre 1994 et 1998, les chiffres restent élevés : tous secteurs professionnels confondus, près de 5.500 morts par année et 4,8 millions d’accidents ayant entraîné une incapacité supérieure à trois jours. Plusieurs directives nouvelles renforcent la législation communautaire déjà en vigueur. Dans une résolution votée en octobre 2002, le Parlement Européen a approuvé l'idée d'une stratégie communautaire d'ensemble pour s'adapter aux changements du travail et de la société et a fait valoir ses priorités. Les députés ont notamment demandé de nouvelles propositions législatives sur l'ergonomie des postes de travail, sur la manutention, sur les risques chimiques et biologiques. Les députés ont demandé également que des efforts soient faits pour transposer et appliquer l'acquis communautaire dans les pays adhérents où la situation dans le domaine de la sécurité et de la santé des travailleurs n'est pas satisfaisante. La résolution fixe des normes minimales, les Etats membres restant libres d'imposer des mesures plus strictes. Ces normes minimales ne sont pas forcément adaptées au domaine spécifique de la construction de parcs éoliens offshore. C'est pourquoi chaque pays, chaque industriel même réfléchit au sujet.

Concernant l'éolien offshore et ses risques spécifiques il faut citer, entre autres, le risque de chutes. L'Union Européenne a répertorié que près de 10 % du total des accidents de travail sont imputables à des chutes. Pour l’Union Européenne, on estime à près de 500.000 le nombre annuel de chutes sur le lieu de travail, dues à des lacunes dans l’utilisation des échafaudages ou des échelles. Il en résulte chaque année quelque 40.000 blessures graves et 1.000 décès. C’est la raison pour laquelle le Parlement a approuvé en 2001 une directive sur les équipements qui spécifie la manière dont ils peuvent être utilisés par les travailleurs dans les conditions les plus sûres. Cette directive du Parlement Européen qui renforce l’évaluation des risques, la formation des travailleurs et le niveau de sécurité de certains équipements a été transposée en droit national en juillet 2004. Elle s'applique donc théoriquement sur tous les sites éoliens européens construits ou en construction depuis lors.

Autre risque spécifique aux parcs éoliens offshore : les vibrations. L'U.E. a relevé que 24% des travailleurs dans l'Union étaient soumis à des vibrations. Dans les entreprises d'extraction, dans le secteur de la construction, des transports ou de l'agriculture, les vibrations mécaniques des outils ou engins utilisés peuvent provoquer des lésions articulaires, des troubles neurologiques ou des traumatismes de la colonne vertébrale. La directive adoptée en 2002 a été transposée dans les législations nationales en juillet 2005. Elle fixe des valeurs limites pour les vibrations transmises aux mains, aux bras ainsi que celles transmises à l’ensemble du corps. Le Parlement Européen a pu réduire les seuils autorisés et a également introduit de nouvelles obligations pour l'information des travailleurs et la surveillance de leur état de santé.

Je ne citerai pas ici tous les risques liés à l'éolien offshore, mais il faut savoir qu'une législation globale existe donc déjà, qui protège les travailleurs de ce secteur industriel, même s'il faut sans doute songer, répétons-le, à l'adapter avec plus de précision aux domaines spécifiques de l'industrie éolienne offshore comme de toutes les nouvelles énergies marines renouvelables en général, symboles d'une nouvelle ère industrielle.

Docs sites et articles de lois liés. Photos : construction du parc éolien offshore de BARD 1 ©BARD 1

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Friday, June 3, 2011

AEGIR obtient le bail au large des Shetland


ILES SHETLAND - (Royaume-Uni) - 03/06/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Aegir Wave Power, joint-venture formée entre le distributeur d'électricité suédois Vattenfall AB et le fabricant du système houlomoteur britannique Pelamis Wave Power, a annoncé avoir passé, il y a une quinzaine de jours, un accord concernant un bail de location d'un emplacement en mer auprès de The Crown Estate (propriétaire de tous les fonds marins britanniques jusqu'au 12 miles nautiques des côtes) pour réaliser leur projet commun de ferme houlomotrice au large des îles Shetland.

Aegir Wave Power cherche à réaliser ce projet dans les eaux des îles Shetland depuis 2009. Pour ce faire, Aegir avait répondu à l'appel d'offre global lancé en septembre 2010 par The Crown Estate qui vient donc d'y répondre favorablement en même temps d'ailleurs qu'au projet d'Aquamarine à North West Lewis dont nous avons déjà parlé. Aucun obstacle ne s'oppose plus à ce qu'Aegir aille de l'avant dans son projet et en commence la construction une fois les dernières permissions et autorisations nécessaires obtenues auprès de Marine Scotland, les autorités maritimes du gouvernement écossais.
Le parc houlomoteur au nord ouest des Iles Shetland devrait être inauguré avec une puissance 10 MW fournis par des récupérateurs de vagues de Pelamis P 2 de 180 m. de long, 4 m. de diamètre, 1300 tonnes et d'une puissance unitaire de 750Kw. Ces machines de seconde génération sont sensiblement plus grandes que les 3 machines P1 testées dans le parc houlomoteur d'Aguçadoura au large du Portugal mais qui, victimes de plusieurs problèmes, gisent depuis 2008 au fond du port de Porto. Andrew Scott, chef de projet chez Pelamis pour l'implantation aux Iles Shetland, a déclaré : "A ce jour, le montant investi par Aegir dans ce projet est d'ores et déjà important et nous sommes donc ravis que cette nouvelle étape positive de développement vienne le conforter. Il reste beaucoup de travail à réaliser au cours des deux années à venir, et nous sommes impatients de nous y mettre en collaboration étroite avec les communautés locales des Iles Shetland. Nous sommes pleinement conscients que cette aventure technique doit impérativement faire sens pour eux aussi."
Pour l'heure, Aegir a commencé à planifier le déploiement de bouées de mesure des vagues afin de déterminer très précisément la richesse de la ressource au large de la côte sud-ouest des Shetland, ressource dont on sait déjà qu'elle est très importante. Aegir va aussi commencer à lancer les premières études d'un vaste programme d'enquêtes environnementales, qui devrait permettre d'analyser les avantages et les implications d'une éventuelle installation de ce parc houlomoteur à partir de 2015.

Le portfolio des emplacements que The Crown Estate peut offrir à l'exploitation des vagues au large des côtes du Royaume-Uni concerne 12 autres systèmes dont les capacités atteignent quelques dizaines, voire quelques centaines, de mégawatts, et quelques démonstrateurs pouvant aller jusqu'à 10 MW.
Rappel : les projets houlomoteurs actuellement sous contrat avec The Crown Estate sont : Aquamarine Power Limited & SSE Renewables Holdings pour 200 MW à Brough Head ; SSE Renewables Developments pour 200 MW à Costa Head ; Pelamis Wave Power pour 50MW à Farr Point ; ScottishPower Renewables UK pour 50 MW à Marwick Head ; E.ON Climate & Renewables pour 50 MW à West Orkney Middle South et pour 50 MW à West Orkney South.
Dans une catégorie plus modeste, le projet dont nous parlons aujourd'hui Pelamis Wave Power and Vattenfall pour 10 MW aux îles Shetland ; le projet nearshore Aquamarine Power pour 10 MW à Galson et le projet Ocean Power Technologies à Moray Firth pour une capacité indéterminée à ce jour.

De façon à élargir son portefeuille de locataires, le Crown Estate a récemment invité (avril 2011) les développeurs à exprimer leurs souhaits de sites exploitables dans le cadre d'une seconde fenêtre de baux. Les entreprises candidates ont dû ou doivent remplir des questionnaires de pré-qualification, dont les critères comportent, entre autres, des engagements concernant leur sécurité, leur solidité financière et leurs capacités techniques précises. Les soumissionnaires pré-qualifiés seront invités à présenter une offre. A l'issue de l'évaluation des offres, des entretiens pourront alors être menés et des négociations commerciales entamées. Les baux pourront être accordés dès septembre 2011 de façon à ce qu'une troisième fenêtre de propositions puisse être ouverte dès octobre 2011. La volonté britannique, au cas où on ne l'aurait pas déjà compris, est d' attirer d'importants investissements et d'encourager les principaux acteurs à s'engager le plus rapidement possible pour le développement.

Sources : Sites liés. Photos ©Pelamis Wave Power.

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Thursday, June 2, 2011

France Energies Marines : toujours sur la vague

France – (U.E.)- 2/06/2011 – BB/3B Conseils - Jean Yves Le Drian, Pierre Maille et François Cuillandre, respectivement président de la Région Bretagne, président du conseil général du Finistère, et président de Brest Métropole Océane et Maire de Brest, se sont félicités hier de la reconnaissance du projet France Energies Marines dans le cadre de l’appel à projets du Gouvernement au titre des investissements d’avenir pour la constitution d’un Institut d’Excellence des Energies Décarbonées (IEED).

Le projet France Energies Marines, porté par l'Ifremer, réunit à ce jour 54 structures dont 32 privées, 55 chercheurs, ingénieurs et techniciens, et un budget total de 142M€ sur 10 ans : 99M€ apportés par les membres dont 38M€ par les collectivités territoriales, et 43M€ attendus de soutien des Investissements d'avenir (30%).

Il reste 6 concurrents dans la course après, l’annonce des deux premiers lauréats à l’appel d’offres « IEED » qui montre la volonté, en cette année internationale de la chimie, de développer notre compétitivité déjà dans ce secteur de poids et d’emplois :
- INDEED, Institut National pour le Développement des Écotechnologies et des Énergies Décarbonées, à Lyon (Vallée de la Chimie-Solaize) propose le développement de procédés bas carbone au service de l’usine du futur,
- PIVERT, Picardie Innovations Végétales, Enseignements et Recherches Technologiques à Venette (Oise) est orienté sur la chimie du végétal, dans les technologies et l’économie des bioraffineries de troisième génération et dans le domaine de la biomasse oléagineuse et forestière, afin de produire de multiples produits chimiques, des biomatériaux et des biocarburants.


Si le projet France Energies Marines, qui s’inscrit dans la dynamique nationale pour les démonstrateurs en énergies marines renouvelables annoncée par François Fillon à Brest en décembre 2009, est définitivement retenu, (voir la présentation de Yann-Hervé de Roeck responsable du projet aux entretiens Science et Ethique à Brest le 18 octobre 2010) le siège sera à Brest, avec des sites d’essais à Nantes, au Croisic, à Paimpol Bréhat, à Bordeaux, à la Réunion et à Toulon.

Après les résultats des labex du 25 mars dernier, l'Ouest de la France deviendrait une véritable capitale européenne de la mer avec le Labex MER, (Océan dans le changement) dont la coordination scientifique est assurée par l'Université de Bretagne Occidentale et Yves-Marie Paulet directeur de l’IUEM Institut Universitaire Européen de la Mer -IUEM-UBO, (voir article de Francis Rousseau 29 mars ici ) et le Labex « Comin Labs » et l’IRT B-Com, Institut de Recherche Technologique porté par Orange, qui ambitionne de se positionner comme un leader mondial de l’«avenir du numérique» en se consacrant aux technologies d’immersion et d’hyperconnexion, des réseaux fixes et mobiles ultra haut-débit aux images du futur (ultra-haute définition, réalité augmentée et virtuelle).

Les énergies renouvelables de la mer et la gestion énergétique par les réseaux intelligents pourraient trouver leur place dans le futur mix énergétique français comme l'avait prévu le Grenelle de la mer et feraient entrer dans la compétition industrielle européenne, voire mondiale, tout un nouveau secteur industriel, de prestations de services et de nouveaux métiers.

Article : Brigitte Bornemann
Sources : Ifremer, Ministère de la recherche, Conseil régional de Bretagne, Pôle mer Bretagne-Paca