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Sunday, July 10, 2011

Appel d'offre éolien offshore français : c'est le Jour J !



PARIS - (France) - 11/07/2011 - 3B Conseils
Par Francis Rousseau
Alors que le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, de l'Environnement et du Développement durable annonçait ICI la présentation par la Direction générale de l’énergie et du climat, le mardi 12 juillet de 9h à 12h30, de la première tranche de l’appel d’offre pour le développement de l’éolien en mer français à l'attention des professionnels, le ministre de l'Industrie chargé de l'Energie Eric Besson, lui coupait l'herbe sous le pied en quelque sorte, en annonçant sur Europe 1, repris par l'AFP, le Point ... la publication de ce même appel d'offre pour le lundi 11 juillet (aujourd'hui donc) sur le site de la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) (Prodédure d'élaboration du cahier des charges, avis de parution au Journal officiel de l'U.E ; cahier des charges ; formulaire de candidature téléchargeable).

LES DEUX TRANCHES DE L'APPEL D'OFFRE
Comme nul ne l'ignore plus désormais, l'appel d’offre offshore européen lancé aujourd'hui et demain par le gouvernement français concerne la première tranche de 3000 MW (3 GW) sur les 6000 MW (6 GW) à installer d'ici 2020.
L'intégralité du programme représente un investissement d’environ 20 milliards d’euros. Le surcoût de l’électricité produite par les éoliennes sera compensé par la contribution au service public de l’électricité.

Pour financer ce programme, cette contribution sera relevée entre 2015 et 2020 pour un montant représentant 4 % de la facture des ménages en 2020, soit environ 25 € par ménage et par an. Ce montant diminuera progressivement après 2020, en fonction des prix de marché de l’électricité.
La seconde tranche, elle aussi de 3000 MW (3GW), devrait être lancée début 2012.

Aujourd'hui donc il s'agit du lancement de la première tranche de 3GW. Pour rendre un peu plus concret ce chiffre, je préciserai qu'il s'agit de mettre en place 600 machines d'une puissance de 5 MW (AREVA par exemple) ou 500 machines de 6 MW (ALSTOM par exemple).
Le nombre de mégawatts-heure produits seraient alors de 9 millions, soit 1,7 % de la production électrique de la France.

Selon l'ADEME, la filière éolienne française employait fin 2010, 11 000 personnes et devrait en 2012, représenter 17 000 emplois. Les deux tranches cumulées représenteront la mise en place de 1200 machines de 5 MW ou de 1000 machines de 6MW soit 3,5 % de la production électrique de la France. Le cahier des charges, qui a été mis en consultation auprès des parties prenantes, va être arrêté par le ministre chargé de l’énergie.


LES 5 LOTS DE L'APPEL D'OFFRE
Les 5 zones ou "lots " concernés par l'appel d'offres d'aujourd'hui ne constituent plus une surprise tant ils ont été l'objet de discussions, de présentations, et d'accords préliminaires (cf article du 25 Janvier 2011 et la carte publiée ci-contre), mais c'est aujourd'hui l'opportunité de le fixer de façon officielle.
Il s'agit donc définitivement de :
- Le Tréport (Seine-Maritime, Somme) sur 110 km2, pour une puissance maximale de 750 MW.
- Fécamp (Seine-Maritime) sur 88 km2, pour une puissance maximale de 500 MW.
- Courseulles-sur-Mer (Calvados) sur 77 km2, pour une puissance maximale de 500 MW.
- Baie de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) sur 180 km2, pour une puissance maximale de 500 MW.
- Estuaire de la Loire à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) sur 78 km2, pour une puissance maximale de 750 MW.
Le tout représentant une surface totale de 533 km2 en mer.
La date limite du dépôt des offres est fixée au mercredi 11 janvier 2012 à 14 heures.


LES TERRITOIRES PORTUAIRES CONCERNÉS
Les territoires portuaires prêts à accueillir les futurs parcs éoliens offshores et les infrastructures nécessaires à leur construction sont :

1. ZONE MANCHE MER DU NORD :

Dunkerque (cf. article du 17 mai 2011).
Le site du Port de Dunkerque est un territoire qui concentre des compétences historiques fortes en énergie, métallurgie, mécanique et logistique. C'est un des premiers ports européens pour le trafic maritime. Il dispose de vastes capacités de stockage et de transport de pièces d’éoliennes. Sa position géographique tout à fait stratégique lui offre une place de choix pour le développement de l’éolien offshore sur la côte Atlantique, la façade Manche/mer du Nord englobant éventuellement les côtes anglaises, néerlandaises, allemandes et danoises.
Rappelons que c'est sur le site portuaire de Dunkerque qu’ont été assemblées les éoliennes du plus grand parc éolien offshore du monde, le Parc de Thanet situé au large des côtes du Royaume-Uni.

Le Havre (cf. article du 21 décembre 2010 et article du 26 janvier 2011)
Le territoire du Département de Seine-Maritime possède d’ores et déjà des infrastructures portuaires et énergétiques adaptées à la logistique et à l’acheminement de pièces lourdes, telles que celles utilisées par l’industrie éolienne offshore.
Le Port de Rouen/ Le Havre (Port 2000) représente le premier port maritime français. De nombreux secteurs sont présents sur ce territoire dans les secteurs de la pétrochimie, l’automobile, l’aéronautique, la chimie, l’électronique etc. Le territoire compte également de nombreux sous-traitants dans les domaines de la fonderie et le travail des métaux, la plasturgie, les matériaux, la chaudronnerie, l’électricité, la construction navale ou la maintenance industrielle. C'est aussi le port du futur Grand Paris.

Cherbourg (cf. article du 26 novembre 2010)
La Basse-Normandie s'est engagée dans un processus collaboratif associant le Conseil Régional, le Département de la Manche et l’agglomération de Cherbourg. Avec les Ports Normands Associés (PNA) , la Miriade (Mission pour l’innovation et le développement économique régional), le territoire dispose des capacités nécessaires au développement de la filière industrielle éolienne offshore et de l’ensemble des énergies marines.
Les Ports Normands Associés (PNA) ont décidé d’accroître la capacité du port avec l’extension du quai des Flamands de 220 mètres, ce qui représente un investissement de 50 millions d’euros. Cette opération permettra d’accroître les avantages de ce site.

2. ZONE BRETAGNE :

Brest (cf. article du 9 Mai 2009, article du 29 octobre 2010 et article du 1er mars 2010)
La Région Bretagne regroupe toutes les compétences et les savoir-faire dans les métiers de cette filière avec une centaine d’entreprises, filiales ou établissements de grands groupes industriels ou PME performantes et innovantes.
Bretagne Innovation, le Pôle mer Bretagne-Paca (partenaires du blog), et le cluster d’entreprises Bretagne Pôle Naval pilotent le développement d’une filière industrielle dans le secteur des énergies marines renouvelables. Ces entreprises, au nombre de 70, avec près de 800 salariés sont présentes sur le secteur naval et celui de l’énergie notamment éolienne.
Ce sont principalement des chantiers navals, des sociétés d’ingénierie, des réalisateurs de travaux par spécialité (mécanique, tôlerie, électricité, électronique), des fournisseurs d’équipements (mâts, structures composites, mesures physiques) et des prestataires de services associés (logistique, transport et manutention). Il faut y ajouter les grandes écoles implantées localement à savoir : ENSTA, ENIB, Ecole navale, Institut Universitaire Européen de la Mer - UBO. Il faut aussi compter avec les compétences d'IFREMER Bretagne, l'activité cablière de France Telecom marine, l'Agence des aires marines Protégées, le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM).

Les principaux ports bretons, propriété du Conseil Régional de Bretagne ont un positionnement géographique optimal pour les projets en Manche et en Atlantique. Le Port de Brest et le Port de Lorient sont particulièrement bien adaptés pour la réalisation des fondations et des structures et pour l’assemblage des turbines bord à quai avec des espaces disponibles respectifs de 36 et de 5 hectares. Les actions en cours devraient permettre aux entreprises de se positionner en fournisseurs, prestataires ou sous-traitants des développeurs de projet et de leurs partenaires pour la logistique, les fondations, les structures métalliques, la fourniture d’équipements, l’assemblage des éoliennes, les infrastructures électriques, l’exploitation et la maintenance.
Plusieurs pistes sont étudiées pour proposer des sites d’expérimentation avec IFREMER (France Energies Marines), des sites de fabrication de pièces ou d’assemblage d’éoliennes. Ainsi, le polder de Brest projet porté par le syndicat mixte de Brest métropole océane (partenaire des entretiens Science et Ethique 2011) pourrait se prêter à la construction de fondations, l’assemblage des différentes pièces et à la maintenance, en raison notamment de ses facilités d’accès et de l’espace disponible. Le Port de Lorient et le Port de Saint-Malo pourraient servir de sites pour l’assemblage de sous-ensembles et la maintenance.

3. ZONE ATLANTIQUE :

Nantes - Saint Nazaire (cf. article du 1 mars 2010)
La Région des Pays de la Loire rassemble une forte concentration de savoir-faire, de compétences et de capacités dans le domaine de la construction navale, qui représente une activité économique et industrielle majeure. Dans la perspective du développement de l’éolien offshore en France, plusieurs groupements d’entreprises se sont formés au cours des derniers mois, autour de la Chambre de commerce et de l’industrie de Nantes Saint-Nazaire, sur les différents types de fondations, la fabrication des câbles, l’assemblage à terre, la logistique, la maintenance, la fabrication de composants mécaniques et électromécaniques.

Au sein de ce regroupement, le cluster Néopolia regroupe plus de 130 entreprises, possédant des compétences dans les secteurs naval, aéronautique, offshore et ferroviaire. Il a constitué une filière marine d’une soixantaine d’entreprises, qui prépare aujourd’hui sous forme de partenariat entre entreprises une diversification de ses activités vers l’éolien offshore, notamment pour la fabrication de mâts, la logistique, le déchargement, l’entreposage des composants d’éoliennes. Les infrastructures portuaires sont en cours d’évolution afin de proposer une offre adaptée à l’éolien offshore. En effet, le Grand Port Atlantique Nantes-Saint-Nazaire qui a reçu en début d'année les Certification ISO 9001 et ISO 14001 (ICI) est spécialisé dans la manutention de charges lourdes, avec la présence de plusieurs acteurs importants qui réceptionnent déjà les éoliennes destinées aux installations à terre, avant de les stocker à Montoir. Le territoire possède une longue expérience de la fabrication d’ensembles métalliques complexes pour la construction navale et aéronautique. Le port de Saint Nazaire et le site du Carnet sont des sites pouvant servir à l’assemblage d’éoliennes destinées à des parcs offshore.
Un accord avec le Port du Havre a été réalisé. L'Ecole Centrale de Nantes, Ifremer Centre Atlantique, et DCNS Nantes Les Indrets sont aussi concernés par les énergies renouvelables de la mer.

Bordeaux (cf. article du 22 Juin 2011)
La Région Aquitaine compte aujourd’hui plusieurs industriels éoliens dont EADS Astrium qui fabrique des pales d’éoliennes et Plastinov qui réalise des pièces en matériaux composites. Plusieurs sous-traitants de l’aéronautique, de l’automobile et de la construction navale, représentant 400 entreprises, soit plus de 20 000 emplois, souhaitent se positionner sur le marché de l’éolien offshore comme sous-traitants des constructeurs d’éoliennes, avec des compétences en mécanique, logistique, électricité, usinage… Bordeaux bénéficie de sa position au cœur de l’Océan Atlantique et possède les infrastructures portuaires et fluviales adaptées à l’acheminement des grandes pièces dont les composants destinés à l’installation des parcs éoliens en mer.
Le Grand Port Maritime de Bordeaux (GMPB) pourrait dédier la zone du terminal du Verdon à l'éolien offshore (stockage et transport de mâts, de turbines et de pales). Une zone de test de 100 ha dont 14 immédiatement utilisables pourrait également être mise à disposition pour l'installation de prototypes. Un appel à proposition doit être rendu le 15 novembre prochain. Des synergies industrielles sont possibles avec l'Eco-parc de Bordeaux Blanquefort, et le site portuaire de Grattequina (article ICI), où 20 millions d'euros sont investis pour la création d'un nouveau terminal portuaire, permettant notamment le chargement de pièces de grandes dimensions. Le Grand Port Maritime de Bordeaux peut disposer aussi de l'appui potentiel du puissant réseau industriel et scientifique du Cluster Eolien Aquitain.

LES PREMIÈRES RÉACTIONS INDUSTRIELLES

Avant même la publication officielle aujourd'hui de l'appel d'offres et avant même d'en connaitre les modalités financières exactes, dès la semaine dernière, des regroupements industriels et une certaine agitation commençaient à peupler le paysage en devenir de l'éolien français !
Dès le 29 juin AREVA et IBERDROLA annonçait un accord de partenariat stratégique "en vue de l’appel d'offres français" (cf. notre article du 1 juillet 2011) ; le 4 juillet EDF Energies Nouvelles et DONG Energy annonçaient leur association "pour répondre à l'appel d’offres français" avec en ligne de mire l'utilisation de la turbine 6MW d'ALSTOM (cf. notre article du 5 juillet 2011).
Le 7 juillet enfin, un responsable d' EDP Renovaveis, filiale énergies renouvelables du portugais EDP, confiait à l'AFP que la compagnie envisageait de " répondre à l'appel d'offres du gouvernement pour environ 1.200 éoliennes au large des côtes françaises ". Le groupe portugais s'intéresserait depuis " quelques mois à plusieurs sites sur les cinq proposés ", sans en spécifier le nombre exact. Il réfléchirait par ailleurs à des alliances, mais n' a pas précisé lesquelles.

Les réponses à ce premier appel d'offres de la part des industriels et développeurs sont attendues début janvier 2012, pour une désignation des lauréats début avril 2012, selon le calendrier fixé par le ministre de l'Industrie chargé de l'Energie.


Sources : Sites liés et cités. Syndicat des énergies renouvelables, BB 3B Conseils - entretiens Science et Ethique, Photos 1 : Eolienne flottante ©Winflo. 2 et 3 : Eolienne Alstom 6GW © Alstom. 4 : Carte des 5 zones éoliennes de la premier tranche d'appel d'offres ©Blog énergies de la mer. 5 : Vue panoramique du Port de Dunkerque © Port de Dunkerque. 6 : Port 2000 ©Port du Havre. 7 : Vue panoramique du Port de Cherbourg ©Port de Cherbourg. 8 : Projet d'aménagement du polder de Brest ©Port de Brest. 10 Vue panoramique du Port de St Malo ©Port de St Malo. 10 : Vue panoramique du Port de Nantes-St Nazaire © Port de Nantes-St Nazaire 11 Aménagement de la zone du Verdon © Grand Port Maritime de Bordeaux. 12 : Turbine éolienne Areva M5000.


La reproduction partielle ou totale, par toute personne physique ou morale et sur tout support, des documents et informations mis en ligne sur ce blog-médias sans autorisation préalable de 3B Conseils et mention de leur origine, leur date et leur(s) auteur(s) est strictement interdite et sera susceptible de faire l’objet de poursuites.

Wednesday, June 22, 2011

Eolien offshore aux Etats-Unis : une journée cruciale




WASHINGTON - (Etats-Unis) - 23/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
Il n'y a pas de doute : l'onde de choc de la tragique catastrophe de Fukushima et ses répercussions mondiales atteignent lentement mais sûrement les mentalités américaines. Le 14 juin 2011, une série de projets de lois destinées à accroître la production d'énergies renouvelables (une première dans le genre !) et à créer des emplois a été présentée pour être débattue en audience législative au Congrès, aujourd'hui, jeudi 23 juin 2011.

Ces projets de lois ont été présentés et défendus par Doc Hastings, président du Natural Resources Committee (Comité permanent des ressources naturelles), agissant en tant que membre du House Republicans’ American Energy Initiative, par Doug Lamborn, président du Energy and Minerals Subcommittee et par les représentants du parti Républicain Raúl Labrador, Kristi Noem et Rob Wittmans (communiqué ICI). Quatre projets de lois ont été élaborés qui devraient permettre de rationaliser les obstacles bureaucratiques au développement efficace de l'énergie solaire, éolienne, géothermique et des autres technologies d'énergies renouvelables aussi bien sur terre que dans les eaux fédérales.

L'un de ces projets de lois nous intéresse plus particulièrement ; il s'agit du " The Advancing Offshore Wind Production Act - (H.R. 2173) " (Loi sur la Promotion de la production d'énergie éolienne offshore) porté par le représentant de Virginie, Mr Wittman, par Mr. Hastings de Washington, par Mr. Lamborn et Mr. Broun de Georgie, et par Mr. Duncan du Tennessee (détail du projet de loi HR 2173). Cette loi HR 2173 pointe du doigt les principaux obstacles au bon déploiement de l'énergie éolienne offshore à grande échelle et à faible coût et des énergies marines en général et se propose d'y remédier.
Sont notamment désignés comme responsables :
- Les procédures et délais administratifs encore trop longs qui retardent considérablement la mise en place effective des parcs éoliens en mer,
- L'insuffisance du financement de la recherche et du développement et le déficit important qui existe et se creuse entre les sommes investies aux Etats-Unis et les sommes investies en Europe et en Chine. Ainsi, des 127 milliards de dollars investis dans les énergies renouvelables dans le monde en 2010, une minuscule part revient aux Etats-Unis,
- L'accès à des capitaux pour les démonstrateurs des nouvelles technologies renouvelables,
- L'accès à des financements pour faire passer les projets du stade de démonstrateur au stade de l'exploitation commerciale et les faire sortir de ce que les américains appellent la "Vallée de la Mort" des projets énergétiques,
- La compétitivité des coûts.

Dans un exposé volontairement alarmiste Dan Reicher du Steve Taylor Center for Energy Policy & Finance at Stanford University qui fut un temps pressenti pour devenir le Secrétaire d'Etat à l'Energie de l'administration Obama, très célèbre outre Atlantique pour son engagement dans le domaine des énergies renouvelables depuis plus de 25 ans, a mis en garde de façon on ne peut plus claire : "Si nous n'obtenons pas une action concertée entre notre gouvernement et le secteur privé, d'autres pays, comme la Chine et l'Allemagne, qui ont une vision énergétique à long terme quand il s'agit de technologies propres, seront les grands gagnants de ce marathon. Ce ne sont rien de moins que des milliards de dollars et des millions d'emplois qui sont en jeu sans parler de notre sécurité nationale et de l'avenir de la planète".

La loi Advancing Offshore Wind Production Act - HR 2173 permettrait de rationaliser le processus d'approbation d'infrastructures temporaires comme des tours ou des bouées de test, par le Bureau of Ocean Energy Management, Regulation and Enforcement (BOEMRE), et de développer les tests d'énergie éolienne offshore dans la zone externe du plateau continental.
Pour appuyer le projet de loi HR 2173, le représentant de Virginie, Mr Wittman, a ajouté : "La Virginie a la possibilité d'être un véritable chef de file dans le développement de l'éolien offshore. Forts de ressources offshore éoliennes exceptionnelles et d'une puissante industrie manufacturière maritime, les habitants de l'Etat de Virginie sont prêts à se mettre au travail pour produire de l'énergie de fabrication américaine".
Les élus des Etats-Unis votent ou non cette loi aujourd'hui même.

Sources : Sites liés et cités. Photos : Carte des sites propices à l'implantation de l'éolien offshore sur les cotes Est des Etats-Unis © BOEMRE

Tuesday, June 7, 2011

Energies Marines en France : rendez-vous mi-juillet !



PARIS - (France - U.E) - 08/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
- Le lancement par le gouvernement français de l'appel d'offre qui devait avoir lieu en mai 2011 a pris du retard et devrait être maintenant lancé au mois de juillet 2011. Je rappelle que ce premier appel d'offre, dont nous avons souvent fait état dans ce blog, porte sur la mise en service de 3000 MW (soit 600 éoliennes) sur les 6000 MW d'éolien offshore que le gouvernement français s'est engagé à construire d'ici 2020. Ce programme nécessite un investissement de 10 milliards d'euros et porte sur cinq zones précises du territoire : Courseulles-sur-Mer, Fécamp, Dieppe-Le Tréport, Saint-Brieuc et Guérande-Saint-Nazaire.

Le retard pris dans l'annonce du lancement de ce premier appel a permis au gouvernement de communiquer son souhait d'en lancer un second avant l'élection présidentielle de 2012. Le lancement de ce second appel pourrait fournir l'opportunité de revenir sur la décision prise à propos du projet de Parc éolien offshore de Deux Iles (cf nos articles du 16 septembre 2008 et du 13 décembre 2010), projet porté par WPD Offshore entre l'Ile d'Yeu et Noirmoutier et qui avait été écarté, l'an dernier, par le Président de la République devant la très vive opposition de l'ancien président du Conseil général de Vendée, Philippe de Villiers. Le président de la République et Nathalie Kosciusko-Morizet avaient indiqué qu'ils «seraient disposés à réétudier cette position, dans le cas où un "consensus large" serait réuni ».
Depuis lors, comme le fait savoir le député écologiste de Loire-Atlantique François de Rugy sur son blog (ICI), un consensus autour de la construction de ce parc éolien offshore s'est affirmé au sein du Conseil général de Vendée, qui a voté en sa faveur. Le député écologiste a donc demandé au gouvernement de passer des paroles aux actes, et de «prendre en compte la situation nouvelle créée par le vote de l’assemblée départementale vendéenne (…). Il faut intégrer sans délai supplémentaire le projet aux appels d’offre dont le gouvernement a annoncé la publication ...».
L'intégration du projet des Deux Iles dans le premier appel d'offre pourrait expliquer son retard... mais en tout cas, si le projet des Deux Iles n'est pas inclus dans ce premier appel d'offre, rien ne s'oppose plus, a priori, à ce qu'il le soit dans le second que le gouvernement lancera avant le printemps 2012.
Selon François de Rugy ce "projet des deux îles est même l’un des plus consensuels des projets offshore en France".

Autre décision attendue à la mi juillet : celle du jury international présidé par Christian Streiff, ancien président de PSA-Peugeot Citroën, concernant l'IEED France Energie Marine, dont nous parlions voici peu ICI, et qui fait désormais partie des 6 projets présélectionnés pour lesquels "le jury réserve sa décision à la lumière d'un examen complémentaire".
Deux projets sur les 19 présentés ont d'ores et déjà été retenus, 11 ont été définitivement écartés et sur les 6 présélectionnés pour un réexamen, chacun espère désormais que l'IEED France Energie Marine aura une place.
Dans un communiqué du 1 juin (ICI), les ministères de l'Ecologie, de l'Industrie, de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, ainsi que le Commissariat général à l'investissement, ont fait savoir que : «Ces six projets devront être réaménagés en tenant compte de l'avis du jury. Les porteurs auront jusqu'au 15 juillet pour faire connaître les évolutions de leur dossier, qui sera soumis également à un réexamen du jury en vue d'une décision définitive».

Les porteurs du projet France Energie Marine se montrent confiants. «Ce projet est le seul des sélectionnés et présélectionnés à traiter des Energies Marines Renouvelables. Il peut et doit aboutir au regard des enjeux considérables que les EMR représentent pour notre pays», affirme Christophe Clergeau, premier vice-président de la Région Pays-de-la-Loire, en charge de l'économie et de l'innovation dans une interview à meretmarine.com

France Energies Marines, dont le site principal est prévu à Brest, avec des sites secondaires à Nantes et Toulon, et des sites d'essais à Bordeaux et à La Réunion, ambitionne de mutualiser les efforts des centres de recherche publics et des entreprises privées pour travailler sur les principaux défis technologiques et non technologiques auxquels la nouvelle filière des énergies renouvelables marines doit faire face. De nombreux emplois potentiels sont à la clef.

Sources : Sites liés et cités. Photos1 : ©WPD offshore. 2 Recupérateur d'énergie des vagues SEAREV © Ecole Centrale de Nantes

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Sunday, June 5, 2011

Parcs éoliens offshore : évaluation des accidents du travail


WASHINGTON / BRUXELLES - 06/06/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Les problèmes de sécurité au travail et des accidents de travail liés aux grands sites industriels font l'objet aux Etats-Unis d'une attention toute particulière depuis quelques années déjà. Une administration dépendant du Department of Labour (DOL) appelée The Occupations Safety and Health Administration (OSHA) leurs est même spécialement dédiée. Récemment, lors de la grande messe de l'AWEA (American Wind Energy Association), Windpower 2011, l'OSHA a fait savoir qu'elle allait s'intéresser à l'industrie éolienne nord-américaine et que, dès 2012, s'appliquerait à l'industrie éolienne onshore et offshore son programme National Emphasis Program qui vise d'une façon générale à "évaluer avec exactitude les accidents et les maladies contractées par les employés dans l'exercice de leur métier". Les propriétaires, développeurs et opérateurs de parcs éoliens, de même que les fabricants et les entrepreneurs, sont donc prévenus qu'ils devront appliquer ces règlements de sécurité concernant l'emploi de leur personnel. Selon certains experts, l'application de ces règlements pourrait avoir un impact non seulement sur la conception future des éoliennes mais aussi sur l'exploitation et la maintenance des parcs éoliens onshore comme offshore. Le National Emphasis Program, appliqué par l'US Department of Labour (DOL) à de nombreux secteurs de l'industrie, fera donc ainsi son entrée dans le domaine de l'industrie des énergies renouvelables par la grande porte de l'énergie éolienne !

C'est précisément sur ce thème de la sécurité que les deux grands fabricants de turbines GE et Siemens ont choisi de se rencontrer aujourd'hui même à Londres. Avec une puissance estimée de 40 GW d'éolien offshore à installer d'ici 2020 en Europe, si la culture de la sécurité, de la prévention des accidents et de la gestion a été ignorée ou insuffisamment élaborée en amont de la construction d'un parc éolien offshore, le risque est grand de voir un projet éolien dans son ensemble mis en danger. Comme aux Etats-Unis, la question se pose aujourd'hui de savoir si les risques ont été évalués avec précision et avec quelle méthode ? et si des mesures concrètes ont été prises par les principaux développeurs, entrepreneurs et équipementiers de l'industrie éolienne ? Pour de nombreux spécialistes, il ressort que ces problèmes de sécurité au travail apparaissent comme l'une des cinq principales préoccupations des gestionnaires de projets de l'éolien offshore européen.

Les défis posés par les parcs farshore ou les fermes éoliennes offshore multiturbines demandent une adaptation inédite du personnel au moment de la construction et de l'installation. On ne répètera jamais assez que l'environnement maritime est un environnement instable et extrême. Bien qu'il s'agisse généralement de personnels hautement qualifiés et compétents, ayant déjà travaillé dans le domaine de l'éolien terrestre par exemple, on sait que l'on n'installe pas un parc offshore comme un parc à terre (déjà complexe à installer d'ailleurs !). Personne n'a, d'autre part, le recul des 30 années d'expérience que l'on peut trouver, par exemple, dans le domaine de l'industrie pétrolière et gazière offshore où les règles de sécurité ont eu le temps d'être éprouvées.

L'Union Européenne n'est pas restée inactive face à ces questions. Elle s'est préoccupée, dès la fin des années 1990, d'une meilleure protection de la santé et de la sécurité au travail. Elle a déjà agi dans ce domaine et fixé des normes minimales pour améliorer la sécurité et la santé des travailleurs. Plusieurs directives ont vu le jour qui ont réussi à renforcer les dispositions proposées, au bénéfice des travailleurs. Mais, de l'aveu général, même si les accidents du travail ont diminué de près de 10 % entre 1994 et 1998, les chiffres restent élevés : tous secteurs professionnels confondus, près de 5.500 morts par année et 4,8 millions d’accidents ayant entraîné une incapacité supérieure à trois jours. Plusieurs directives nouvelles renforcent la législation communautaire déjà en vigueur. Dans une résolution votée en octobre 2002, le Parlement Européen a approuvé l'idée d'une stratégie communautaire d'ensemble pour s'adapter aux changements du travail et de la société et a fait valoir ses priorités. Les députés ont notamment demandé de nouvelles propositions législatives sur l'ergonomie des postes de travail, sur la manutention, sur les risques chimiques et biologiques. Les députés ont demandé également que des efforts soient faits pour transposer et appliquer l'acquis communautaire dans les pays adhérents où la situation dans le domaine de la sécurité et de la santé des travailleurs n'est pas satisfaisante. La résolution fixe des normes minimales, les Etats membres restant libres d'imposer des mesures plus strictes. Ces normes minimales ne sont pas forcément adaptées au domaine spécifique de la construction de parcs éoliens offshore. C'est pourquoi chaque pays, chaque industriel même réfléchit au sujet.

Concernant l'éolien offshore et ses risques spécifiques il faut citer, entre autres, le risque de chutes. L'Union Européenne a répertorié que près de 10 % du total des accidents de travail sont imputables à des chutes. Pour l’Union Européenne, on estime à près de 500.000 le nombre annuel de chutes sur le lieu de travail, dues à des lacunes dans l’utilisation des échafaudages ou des échelles. Il en résulte chaque année quelque 40.000 blessures graves et 1.000 décès. C’est la raison pour laquelle le Parlement a approuvé en 2001 une directive sur les équipements qui spécifie la manière dont ils peuvent être utilisés par les travailleurs dans les conditions les plus sûres. Cette directive du Parlement Européen qui renforce l’évaluation des risques, la formation des travailleurs et le niveau de sécurité de certains équipements a été transposée en droit national en juillet 2004. Elle s'applique donc théoriquement sur tous les sites éoliens européens construits ou en construction depuis lors.

Autre risque spécifique aux parcs éoliens offshore : les vibrations. L'U.E. a relevé que 24% des travailleurs dans l'Union étaient soumis à des vibrations. Dans les entreprises d'extraction, dans le secteur de la construction, des transports ou de l'agriculture, les vibrations mécaniques des outils ou engins utilisés peuvent provoquer des lésions articulaires, des troubles neurologiques ou des traumatismes de la colonne vertébrale. La directive adoptée en 2002 a été transposée dans les législations nationales en juillet 2005. Elle fixe des valeurs limites pour les vibrations transmises aux mains, aux bras ainsi que celles transmises à l’ensemble du corps. Le Parlement Européen a pu réduire les seuils autorisés et a également introduit de nouvelles obligations pour l'information des travailleurs et la surveillance de leur état de santé.

Je ne citerai pas ici tous les risques liés à l'éolien offshore, mais il faut savoir qu'une législation globale existe donc déjà, qui protège les travailleurs de ce secteur industriel, même s'il faut sans doute songer, répétons-le, à l'adapter avec plus de précision aux domaines spécifiques de l'industrie éolienne offshore comme de toutes les nouvelles énergies marines renouvelables en général, symboles d'une nouvelle ère industrielle.

Docs sites et articles de lois liés. Photos : construction du parc éolien offshore de BARD 1 ©BARD 1

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