Wednesday, April 27, 2011

ECO CINETIC : une première hydrolienne à Bordeaux



BORDEAUX - (France-U.E.) - 28/04/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Le jeudi 21 avril 2011, une livraison intermédiaire du chantier du futur ponton d’honneur de la ville de Bordeaux a permis de révéler l'installation de la première hydrolienne estuarienne au monde intégrée à un ponton nautique. Le ponton de 500 tonnes et de 160 mètres de long, voulu par la mairie de Bordeaux pour accueillir de nombreux bateaux en plein cœur de la capitale girondine, mettra désormais à profit les puissants courants de la Garonne maritime pour produire de l’électricité par l’intermédiaire d’une hydrolienne Eco Cinetic. Il sera inauguré le 21 mai 2011. La technologie hydrolienne Eco Cinetic à axe vertical, fixée sous l’une des cinq plates-formes du futur maxi-ponton, alimentera dès lors le ponton en électricité. La technologie hydrolienne Eco Cinetic n'est pas une inconnue pour les lecteurs de ce blog (cf. nos articles du 7 décembre 2009 et du 15 novembre 2010) mais cette installation et son raccordement constitue une première pierre expérimentale pour une filière «Energies Marines Renouvelables» encore très timide en France.
«Suivant la force des courants, elle produira jusqu’à 4 kW d’électricité afin d’éclairer la signalétique du ponton par une mise en lumière contemporaine» indique Marc Lafosse, président du bureau d’études Energie de la Lune ayant travaillé sur l’étude d’assistance à maîtrise d’ouvrage et environnementale, le raccordement de l’hydrolienne et sa scénographie.
L’hydrolienne est, quant à elle, le fruit d'une dizaine d'années de recherches et de travail menés en France. Comme le proclame fièrement (et il y a de quoi) le communiqué de presse : "C'est un pur produit du Grand Sud-Ouest". Elle a été conçue par la jeune société de la Rochelle Éco-Cinétic, dont elle porte désormais le nom. L'entreprise est composée de Frédéric Mourier (designer industriel), Clément Nattier et Laurent Piat (ingénieurs en management industriel). D'autres sociétés charentaises ont participé à sa fabrication parmi lesquelles le constructeur de bateaux JP3 pour la partie tournante ou CSI (Chaudronnerie Serrurerie Industrielle) pour le bâti.
De taille modeste, cette hydrolienne à axe vertical de 1,70 m de haut et 70 centimètres de diamètre sera reliée à la maison écocitoyenne de Bordeaux où le grand public retrouvera ses performances sur un tableau pédagogique. Les développeurs de l’hydrolienne ont mis l'accent sur le design de leur technologie. Une attention particulière a été portée aux pales. Le design aux formes arrondies de celles-ci est adapté pour «écarter» tout corps étranger (poissons, débris végétaux) en cas de contact. De plus, d’après la vitesse du courant relevée sur le site, l’hydrolienne aura une vitesse de rotation lente. Le fonctionnement général de l’hydrolienne (emplacement, taille, vitesse de rotation, épaisseur et forme des pales) n’engendrera donc pas d’impact sur la faune du site. Cette installation constitue une première étape expérimentale réalisée par la ville de Bordeaux et qui pourrait se poursuivre à échelle industrielle, puisqu’un projet de site d’essais d’hydroliennes à proximité du pont de Pierre est toujours à l’étude (projet SEENEOH® – Site Expérimental Estuarien pour l’Essai et l’Optimisation d’Hydroliennes). Ce projet, porté par le bureau d’études Energie de la Lune, est soutenu par de nombreux partenaires publics et privés au niveau local.
Pour l'heure, Bordeaux est la première ville française à utiliser une hydrolienne à axe vertical pour approvisionner une activité publique en électricité, même si la fourniture est modeste.

Sources. Sites Liés. Photo Hydrolienne Eco cinetic © Energies de la Lune

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Tuesday, April 26, 2011

WAVEBERG™ : la punaise houlomotrice qui résiste aux tempêtes !


NEW YORK - (Etats-Unis) - 27/04/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Cet article continue une série consacrée jusqu'à l'été aux récupérateurs houlomoteurs et aux hydroliennes peu médiatisés, dont l'efficacité a été ou est en cours de validation. Certains de ces engins ont des formes souvent très inspirées de modèles animaux ou végétaux.

Le premier des engins à ouvrir cette série d'articles est le Waveberg™. C'est un récupérateur d'énergie des vagues particulièrement original dont l'invention remonte à 1977 et la première maquette à 1979. On doit le Waveberg™ à l'ingénieur canadien John Berg qui porte ce projet imperturbablement, depuis maintenant depuis plus de 35 ans. La première maquette flottante (cf. photo dans la piscine de jardin ci-contre !) a été mise au point en 1985. Le premier exemplaire montrable a été exhibé à l'Energy Expo de 1986 d'Oakland (Californie). Un premier prototype à l'echelle 1/30 a été testé en Baie de San Fransico en 1988. Les choses sérieuses commencent en 1990 lorsque le Waveberg™, que son inventeur en fin connaisseur du milieu maritime a voulu particulièrement résistant aux tempêtes, est mis en test par le Conseil National de La Recherche de l'Institut canadien sur les technologies océaniques (National Research Council Canada Institute for Ocean Technology).

Après plusieurs mois de tests dans ses bassins, le " National Research Council " confirme en 1991 les niveaux de puissance générés, ainsi que la résistance de l'engin aux conditions de tempête extrême. Quelques années plus tard en 1997, ces premiers tests de résistance trouveront une nouvelle illustration rêvée puisqu'un prototype de Waveberg™ de grande taille survit à une tempête sur une côte de Floride, tempête pendant laquelle la plupart des maisons du bord de mer furent détruites !
Du point de vue de la forme, il n'échappera à personne que l'engin emprunte celle d'un d'insecte d'eau familier : la ranâtre ou Ranatra linearis, plus connue sous le nom peu flatteur de "punaise d'eau", dont la particularité est de se déplacer rapidement à la surface à l'eau sans couler ! Le cousinage du Waveberg™ et de la ranâtre s'arrête là, l'engin étant constitué de tubes en plastique et fibre de verre qui lui confèrent un résistance particulièrement remarquable. En 1992, un essai en continu sur 14 mois a lieu en mer à Lunnebourg en Nouvelle-Ecosse (vidéo de cet essai ICI en condition de mer calme et en conditions de tempêtes ICI). Cette année d'essais se solde par des succès sur toute la ligne et par une nouvelle validation de la capacité de résistance exceptionnelle du Waveberg™ en situation de tempête.

Du point de vue des capacités : le modèle de référence du Waveberg™ génère un peu plus de 100 kW de puissance dans des conditions normales. En configuration de mer agitée, cette puissance double. Le modèle final aura 50 mètres de longueur et coûtera $100.000. Le constructeur assure qu'il génèrera 24 h/24h, l'équivalent de deux barils de pétrole. Des plans ont été établis pour installer les Waveberg™ en batterie pour agréger la puissance.
Une étude indiquait que les coûts pour une installation de 1,2 MW de Waveberg™ en batterie seraient inférieurs à $400 par kW et diminueraient pour des installations plus importantes.
En 2004, le Waveberg™ était présenté à la Emerging Technologies Conference du M.I.T.
En 2006, un prototype de Waveberg à l'échelle 1/50 subissait à nouveau des tests en bassin en Irlande dans le centre d'essais de l'université de Cork Hydraulic and Maritime Research Centre (HMRC). Depuis ce moment la société Waveberg, dont le siège social est à New York City, s'applique à rechercher des capitaux pour passer au stade commercial. Les progrès sont discrets et les démarches peu médiatisées.

Sources. Sites liés. Photos : Waveberg history © Waveberg

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Monday, April 25, 2011

Un Butanol algal produit en recyclant les eaux usées


FAYETTEVILLE - (Arkansas - Etats-Unis) - 26/04/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Une équipe d'ingénieurs chimistes et d'étudiants chercheurs du Honours College dirigée par le professeur assistant et chef de projet, Jamie Hestekin, mène en ce moment même une étude à L'Université de l'Arkansas. Cette recherche explore une piste assez nouvelle qui met l'accent sur la conversion d'algues communes en algo-carburant pouvant être utilisé directement dans les automobiles possédant un moteur fonctionnant au combustible diesel. Ce type de carburant est connu sous le nom de Butanol fuel. La recherche est effectuée sur un type d'algues assez banales qui se nourrissent d'azote, de phosphore, de soleil et de dioxyde de carbone, et à partir desquelles il serait possible de produire facilement des acides organiques et des biocarburants. Dans un futur proche ces algues pourraient être cultivées dans de petits bassins creusés à même le sol d'environ 0,60 m de largeur et d'une longueur variable en fonction de la quantité souhaitée. Comme dans toute culture hydroponique classique, le semis sera posé sur une base de film ou de feutre qui laisse circuler l'eau à travers les bassins. L'azote et le phosphore de l'eau alliés à la photosynthèse permettent une croissance abondante d'algues boostée en l'occurrence par des apports réguliers et massifs de CO2 délivré via de longues fibres creuses. Après 5 à 8 jours de ce régime, les algues peuvent être récoltées. Transformer l'algue en Butanol est ensuite facilité par un processus de grattage et de séchage des algues permettant d'extraire les hydrates de carbone convertibles en sucres naturels. Par fermentation (cf. le processus intégral ICI), les sucres sont transformés en acide butanoïque (ou butyrique), acide lactique et acide acétique. Dans une dernière étape l'acide butanoïque est transformé en Butanol. Cette transformation s'opère grâce à la bactérie Clostridium acetobutylicum bien connue dans les procédés de fermentation du vinaigre et déjà testée par l'industrie des carburants dans les années 40. La dernière étape de tranformation est accélérée dans le nouveau procédé mis au point à l'Université de L'Arkansas par une technique spéciale développée par un membre de l'équipe et issue de l'électro-désionisation. Cette technique, gardée confidentielle, rendrait le processus de transformation de l'algue en combustible plus rapide et moins coûteuse.
Dans une optique d'exploitation future, il s'agirait aussi de ponctionner la source de CO2 nécessaire à la croissance des algues dans le réservoir d'eaux usées disponibles dans les municipalités et les services des Etats demandeurs ou d'exploiter les eaux polluées stagnantes dans des zones dites « mortes » et d'en extraire la surcharge d'azote et de phosphore issus des engrais agricoles, connue pour tuer la flore et la faune aquatiques. Cette double expérience de culture des algues grâce à l'aliment que représente le CO2 et le nettoyage des surplus phosphore azote fait déjà l'objet d'une expérience réussie à New York City où les équipes de la station d'épuration des eaux usées de Rockaway dans le Queens, Rockaway Wastewater Treatment Plant, travaillent en tandem avec les équipes municipales de la protection de l'environnement New York City Department of Environmental Protection.
En atteignant le double but jusqu'alors inédit de produire la matière première d'un carburant tout en dépolluant un environnement hautement pollué, le processus de conversion d'algues en carburants devient du même coup moins onéreux et surtout largement plus efficace d'un point de vue écologique. Cerise sur le gâteau : le Butanol serait de loin supérieur à l'éthanol en terme d'efficacité énergétique.
Dans un avenir plus ou moins proche, les Etats-Unis espèrent pouvoir remplacer 47 % du carburant fossile utilisé pour alimenter les moteurs de véhicules par un biocarburant.
Seul petit inconvénient : ce carburant a une odeur persistante de vomi !


Sources : Sites liés. Photo 1 : Clostridium acetobutylicum. photo 2 : Clostridium acetobutylicum (gros plan)

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Thursday, April 21, 2011

L'éolien offshore dans le monde : les chiffres




BRUXELLES - (Belgique - U.E.) - 22/04/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Faisant suite à la série d'articles que j'avais consacrés à l'état de l'art dans le monde en 2010, et avant que des mises à jour pays par pays soient disponibles dans le courant dès cette année, voici les derniers chiffres issus des statistiques de l'EWEA (European Wind Energy Assocation) , de Wind Powering America, de Wind Power Monthly dont certains on été relayés par Clean Technica.
Ce résumé permet de mieux cerner qui sont actuellement les principaux acteurs mondiaux dans le domaine et quels sont les chiffres en présence. Et pour commencer rien ne valant un bon petit classement, ne nous en privons pas !
Comme les lecteurs de ce blog le savent déjà, c'est l'Europe qui est le leader incontesté de l'éolien offshore dans le monde suivi par la Chine n°2, le Japon n°3 (car le Japon est un des rares pays à produire actuellement de l'énergie éolienne offshore) et les Etats-Unis n°4.


N° 1 UNION EUROPÉENNE


A la fin de 2010, l'Europe comptait un total de 1.136 éoliennes offshore installées et raccordées au réseau dans 45 parcs éoliens répartis dans 9 pays de l'Union et développant une capacité de 2.946 MW, soit de quoi alimenter 2,9 millions foyers selon l'EWEA.
Pour la seule année 2010, ce sont 308 éoliennes offshore qui ont été installées au large des côtes européennes développant une capacité de production totale de 883 MW, soit une augmentation de 51 % par rapport à 2009. La capacité d'énergie éolienne installée par année au large des côtes européennes tous pays confondus est donc passée de 4 MW en 2000 à 883 MW en 2010.
Les 9 pays de l'Union Européenne développant une capacité d'énergie éolienne offshore en 2010 étaient les suivants :
1. Royaume-Uni pour 1.341 MW
2. Danemark pour 854 MW
3. Pays-Bas pour 249 MW
4. Belgique pour 195 MW
5. Suède pour 164 MW
6. Allemagne pour 92 MW
7. Irlande pour 25 MW
8. Finlande pour 26 MW
9. Norvège pour 2,3 MW
Fin 2011, si les planifications sont respectées, la capacité d'énergie éolienne devrait s'accroître de 1.000 à 1.500 MW. Pour l'heure, 13 parcs d'éoliens sont en développement. Ils pourraient totaliser une capacité de près de 4.000 MW. Lorsqu'ils seront achevés, la capacité installée éolienne offshore sera proche de 7.000 MW.
19.000 MW de capacité éolienne offshore ont été approuvés jusqu'à présent en Europe soit de quoi alimenter 14 des plus grands capitales de l'Europe.
Pour plus d'informations se reporter au rapport "“The European offshore wind industry key trends and statistic" de l'EWEA téléchargeable en PDF
En 2011, la capacité européenne offshore doit continuer de croître.
Actuellement, sont en construction :
- 1860 MW au Royaume-Uni
- 1248 MW en Allemagne
- 412 MW au Danemark
- 165 MW en Belgique
- 90 MW en Italie.
La France qui n'est dans aucune des listes n'a aucun parc en fonction ou actuellement en construction mais a pris l'engagement de générer 6.000 MW de capacité éolienne offshore d'ici à 2020 et devrait ajouter, si l'on en croit les diverses déclarations faites ces mois derniers, 3000 MW au chiffre de l'U.E. d'ici 2015.

N° 2 CHINE

Le projet de Shanghai’s East Sea Bridge est le plus connu des projets offshore chinois. Sa mise en service a été voulue par les autorités simultanément à l'ouverture de l'Exposition Universelle de Shanghai 2010. (Cf . notre article Eolien offshore en Chine : bilan 2010). La première phase du parc développant 102 MW a donc été mise en service le 8 juin 2010. La construction de la deuxième phase du projet (100 MW) devrait commencer avant fin 2011, ce qui donnera à Shanghai East Sea la capacité de 202 MW. La capacité totale de la Chine à l'heure actuelle est de 103,5 MW. Mais tout ceci n'est qu'un timide début. En effet si l'on en réfère à l'agence de conseil en Energie pékinoise Azure International, la Chine devrait installer 514 MW d'éolienne offshore d'ici 2015 et prévoit d'ici 2020 d'investir 100 milliards de dollars dans ce secteur pour installer en 5 ans jusqu'à 30.000 MW ! "Il s'agit là de l'équivalent de l'ensemble des fermes éoliennes onshore actuellement installées en Chine, qui constituent à elles seules déjà le plus grand marché éolien de la planète" fait remarquer Technology review. Dans l'attente, le Bureau national de l'énergie aurait décidé de lancer dès cette année la construction de 1.000 MW de projets éoliens offshore.

N° 3 JAPON
Le Japon est le seul autre pays dans le monde dont la totalité de la production de l'énergie éolienne offshore soit raccordée au réseau. Le pays dispose de 17 turbines en activité réparties dans 3 parcs (Kamitsu, Sakata et Setana) produisant 28,5 MW (cf notre article du 23 mars 2011, actuellement le plus lu du blog d'après Google). Certains experts ont émis l'hypothèse qu'après la tragédie de la centrale nucléaire de Fukushima, qui est en passe de devenir le plus grave accident nucléaire jamais advenu à ce jour dans le monde, les efforts risquent de se concentrer beaucoup plus sur le développement des énergies renouvelables. Et ce d'autant plus qu'aucune des turbines éoliennes offshore en service au Japon n'a été endommagée par le tremblement de terre de magnitude 9 et le tsunami qui a suivi, et ceci malgré leur implantation sur des zones assez proches de l'épicentre du séisme ; c'est le cas de Kamitsu situé à 300 km de l'épicentre qui, étant un parc nearshore, n'a pas non plus souffert de l'impact du tsunami. Cela fait de la technologie éolienne offshore japonaise la plus sûre du moment en cas de catastrophe naturelle majeure.

N° 4 ÉTATS UNIS
Le département américain de l'Énergie a consacré quelques $ 50.500.000 pour faire avancer la technologie de l'énergie éolienne offshore aux Etats-Unis et l'administration Obama a déjà annoncé qu'elle aimerait voir le premier parc éolien offshore américain construit sous son mandat. Bien que les ressources soient considérables sur les côtes de ce pays et que 1/3 de la population puisse espérer être alimenté par l'éolien offshore, aucun parc n'est encore entré en phase de construction significative dans le pays et bien malin qui pourrait dire qui sera le premier construit ! Après des années de retard (plus de 10 ans tout de même !) le projet Cape Wind a été approuvé par l'administration Obama et a reçu un bail d'exploitation officiel en bonne et due forme. Il devrait être théoriquement le premier projet à voir le jour mais pour l'instant aucune pale ne s'est encore profilée à l'horizon ! Second sur la liste mais avec une chance de doubler le premier au poteau, le projet de parc sur les Grands Lacs dont les prémices de la construction ont commencé dans l'Ohio.
Les Américains n'étant pas velléitaires, si les projets traînent autant c'est qu'il y a des raisons de fond. Elles sont de deux ordres : les choix technologiques éoliens (flottant ? fondation ? quelle puissance ? ) et, surtout, le réseau électrique américain, vétuste et incapable de supporter en l'état un afflux de nouvelles sources d'énergie. Mais de grands projets sont en gestation comme celui d'une "autoroute de l'électricité en mer ", dans laquelle le géant Google, vient d'investir une considérable somme d'argent.

Il y a fort à parier que l'année prochaine à la même époque, le classement donné ci-dessus aura déjà considérablement changé. On peut s'amuser à deviner en faveur de qui...

Sources : sites liés. Photos : 1 Graphique de la capacité éolienne offshore installée en Europe © EWEA . 2 Carte de l'éolien offshore en Europe 3 Parc éolien en mer de Shanghai East Sea Bridge. 4. Parc éolien nearshore de Kamitsu (Japon). 5. Carte de la ressource éolienne américaine. © NERL

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Wednesday, April 20, 2011

Parc éolien offshore du Grand Léjon : une victoire de la concertation



SAINT-BRIEUC - (France - U.E.) - 21/04/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Alors que l'Etat s'apprête à lancer officiellement courant mai 2011 son appel d'offres de 1,75 milliard d'euros pour la construction d'une centaine d'éoliennes offshore en baie de Saint-Brieuc, au moins cinq sociétés pourraient être intéressées par le projet : les français Poweo, Nass & Wind, Neoen (filiale de Direct Energie), Vent d'Ouest Énergie et le portugais EDP Renoveis. S'il n'y a pas pour l'heure de favori officiel, la compagnie Nass et Wind, qui vient de prendre récemment une participation dans le grand groupe éolien français Vergnet, fait figure en tout cas de mieux placée pour remporter ce marché. Mais il pourra tout aussi bien s'agir d'un consortium formé de plusieurs compagnies, comme cela se fait au Royaume-Uni par exemple.
Concernant Nass & Wind, ce n'est un secret pour personne que cette compagnie s'intéresse et s'investit dans ce projet depuis plusieurs années déjà notamment avec son éolienne flottante Winflo labellisée en 2008 par le Pôle Mer Bretagne (cf. nos articles du 19 octobre 2008 et 8 décembre 2010). La priorité de Nass & Wind qui a toujours été de favoriser la concertation semble porter aujourd'hui ses fruits. Dès octobre 2009 l'industriel affirmait en effet que la concertation serait la priorité pour l'implantation d'un parc éolien offshore à Saint-Brieuc. Le 5 décembre 2010, Nass & Wind signait une convention de collaboration avec les pêcheurs du Croisic. Le 17 décembre 2010 un accord de même type était signé avec les pêcheurs de Bretagne Nord. Il se trouve que cette concertation avec les professionnels de la mer (pêcheurs, acteurs du tourisme..) sera placée au centre du cahier des charges en cours de finition que devront impérativement respecter les candidats retenus pour le parc éolien. A ce sujet, à l'issue d'une assemblée qui réunissait élus, parlementaires, professionnels de la pêche, décideurs économiques et services de l'État, Rémi Thuau, préfet des Côtes-d'Armor, a déclaré voici quelques jours dans un article du Télégramme : "Les discussions avancent bien. Si bien que nous constatons une évolution assez sensible de la position des pêcheurs. La faisabilité du projet est devenue envisageable pour eux. Tout n'est pas réglé pour autant mais c'est positif ". De son côté, Alain Coudray, président du Comité local des pêches de Saint-Brieuc, déclare dans le même article au Télégramme : " Nous ne sommes pas opposés à la construction d'un champ d'éoliennes. Nous ne l'avons d'ailleurs jamais été. Tout ce que nous voulons, c'est que la zone sud ne soit pas choisie par les opérateurs, afin que l'impact soit le plus faible possible sur l'activité pêche". La taxe spéciale levée sur l'éolien offshore (6 millions d'euros par an) qui profitera aux professionnels de la mer et aux 23 collectivités concernées devrait contribuer à améliorer encore le dialogue.
Rappel : le futur parc éolien composé d'une centaine de turbines développant 500 MW soit de quoi alimenter 240.000 foyers, sera implanté dans une zone de 200 km² située autour du Grand Léjon (tel que défini en septembre 2010 par la Région) et dont la concession est accordée pour 20 ans. Le ou les opérateurs retenus seront déclarés au printemps 2012. Les procédures administratives prendront ensuite entre 1 an et demi et 2 ans avant d'aboutir. Les travaux de construction proprement dits commenceront en 2014. Brest et Cherbourg se sont portés candidats pour accueillir le chantier de construction dans leur port respectif. Le parc devrait être opérationnel en 2016. Ce serait la première implantation éolienne offshore d'importance en France.

Sources. Sites liés dans l'article. Photos Eolienne flottante Winflo © Nass & Wind

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Tuesday, April 19, 2011

WAVEBOB et ABENGOA : accord de recherche signé



BELFAST - (Irlande-U.E.) - 20/04/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - La société irlandaise Wavebob, qui a mis au point le système de récupération d'énergie des vagues du même nom, a annoncé avoir passé un accord de coopération avec la société espagnole, Abengoa, spécialisée dans l'innovation technologique et notamment dans la production d'électricité par le soleil, dans la production de biocarburants, le dessalement de l'eau de mer et le recyclage. L'accord qui porte sur un travail conjoint dans le domaine de la recherche, du développement et de la commercialisation de technologies mutuelles a été annoncé lors de la visite officielle en Espagne, de la présidente irlandaise Mary McAleese.
Cet accord est prévu pour une période d'au moins six ans, période estimée nécessaire à l'achèvement d'un programme de R & D et à la mise en place d'une stratégie commerciale européenne pour le déploiement de la technologie Wavebob. Cette technologie américano-irlandaise, considérée par son fabricant comme leader mondial dans son domaine, est présentée comme, je cite, "l'unique convertisseur d'énergie des vagues capable de produire de l'électricité propre à faible coût". Le tableau est idyllique comme d'habitude. Certainement plus que la réalité si l'on songe qu'il faudra donc au moins 6 années avant que l'ensemble soit capable de produire " plus d'un mégawatt " comme annoncé. Ce n'est pas une critique c'est une constatation. Quant au parc houlomoteur de 100 unités capables d'alimenter 30.000 foyers, c'est pour l'instant du domaine de la prospective !

Le Wavebob, qui n'est pas un inconnu pour les lecteurs de ce blog
(j'en ai déjà fait état le 15 avril 2008 et le 13 Janvier 2009 lors de précédents accords déjà passés avec Chevron et Vatenfall), est une structure axi-symétrique de type bouées. Le prototype est à l'essai au large des côtes irlandaises depuis 2006 donc depuis déjà près de 6 ans et tente toujours de passer de la capacité initiale de 30kv du démonstrateur à celle de 1,5 KW, capacité idéale visée pour une exploitation commerciale rentable.
Ce qui est intéressant dans l'annonce faite par Wavebob c'est que la firme annonce en fait qu'il lui faudra au minimum 12 ans pour développer une version commerciale de sa technologie à partir de son prototype initial. C'est effectivement un délai qui ne surprendra pas les experts du domaine ! Pour la première fois dans l'histoire de Wavebob, on sait enfin à quoi s'en tenir exactement bien qu'aucune précision n'ait été apportée sur les bénéfices que les précédents accords passés avaient permis d'apporter à cette technologie.
Abengoa de son côté est une société internationale réputée dont l'expérience est incontestable et qui visiblement voit dans cet accord une façon de se positionner avantageusement sur le marché des énergies marines et du houlomoteur en particulier. C'est d'ailleurs exactement ce qu'a déclaré Jose B. Terceiro pour Abengoa à l'issue de la signature de l'accord : "L'énergie des vagues est tout-à-fait en phase avec la stratégie de développement de solutions technologiques innovatrices durables d'Abengoa. C'est pourquoi nous avons jugé utile de mener des efforts conjoints de R & D avec de bons partenaires et d'explorer le potentiel de ce nouveau champ d'activités".
Ne soyons pas pessimistes donc et considérons, contrairement à ce que pensent certains esprits chagrins, que Wavebob est effectivement le bon partenaire.

Sources. Sites liés. Photos 1 et 2 : Wavebob © Wavebob

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Monday, April 18, 2011

CREST ENERGY : 200 hydroliennes au large de la Nouvelle-Zélande


KAIPARA HARBOUR - (Nouvelle-Zélande) - 19/04/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Crest Energy Ltd a obtenu voici deux semaines du gouvernement néo-zélandais l'autorisation de construire un parc hydrolien à l'embouchure de Kaipara Harbour, au nord de la Nouvelle-Zélande. Cet important projet devrait permettre de déployer 200 hydroliennes, totalement submergées, précise le texte (ce qui exclut donc des modèles de type Seagen) d'une capacité de production maximale d'environ 200 MW. Crest Energy fait part, en tête de son site web, de cette décision que la ministre de l'environnement néo-zélandaise, l'Honorable Kate Wilkinson, a prise officiellement le 17 mars dernier dans le cadre du Resource Management Act de 1991.
Ce permis de construire a été entériné par le Conseil de l'Environnement (Conservation Council) après examen très attentif de tous les aspects du projet. La ministre a déclaré : " Il s'agira de la première implantation à l'échelle commerciale en Nouvelle-Zélande de production d'électricité à partir de l'énergie des courants, une énergie marine dont le potentiel est très important dans notre pays. Les possibles impacts environnementaux de ce projet ont été soigneusement examinés au travers d'un processus d'enquêtes très minutieux qui a pris quatre ans. Au cours de ces années, le Ministère de l'Environnement a toujours pu communiquer constamment avec toutes les parties concernées.Conscients des préoccupations des diverses parties, nous avons voulu que les conditions que nous avons posées protègent des éventuels impacts négatifs qui pourraient se produire sur l'environnement. Nous avons voulu tout prévoir pour une prise en compte efficace." De nombreux organismes et institutions ont été activement impliqués dans la gestion du projet de Kaipara Harbour parmi lesquels des ministères, des ONG, des associations communautaires et Tangata Whenua (termes maoris qui désignent le rassemblement des peuples natifs). A chaque étape de la future installation du parc hydrolien, un compte-rendu public sera communiqué à toutes les parties impliquées. Si, à un quelconque stade de l'installation ou de l'exploitation, des impacts environnementaux venaient à être constatés, l'engagement est pris par l'Etat que l'installation sera immédiatement stoppée et les hydroliennes démontées. L'exploitation commerciale des hydroliennes sera d'autre part strictement encadrée avec une approche privilégiant un suivi continu des effets sur l'environnement, illustrée par des rapports indépendants et fréquents. C'est ce que l'on appelle des conditions drastiques ! Mais pour les Autorités néo-zélandaises, la crédibilité environnementale de l'hydrolien doit passer par de telles conditions sans concessions. Le Conseil régional du Northland a été chargé de contrôler l'impact environnemental sur la faune marine et en particulier sur les requins, les raies, les mammifères marins, plusieurs variétés de poissons avec une attention particulière pour le Vivaneau (Lutjanus vivanus).
Lorsqu'il fonctionnera à plein rendement, ce parc hydrolien pourra générer assez d'électricité pour alimenter un territoire qui s'étend d'Albany à Cape Reinga. Kaipara Harbour où sera situé le futur premier parc hydrolien est l'un des plus grands ports du monde puisqu'il s'étend sur 60 km du Nord au Sud. C'est un site particulièrement adapté à l'installation d'un grand nombre de turbines hydroliennes puisque l'on estime que quelques 8.000 millions de mètres cubes d'eau entrent et sortent du port chaque jour et que l'amplitude des marées y est de 2,10m. Pour toutes ces raisons auxquelles il faut ajouter la présence de bancs de sable à son embouchure, ce grand port est rarement utilisé pour la navigation commerciale. Kaipara Harbour est situé dans une zone géographique au climat tempéré avec une moyenne de 16º C et est situé à proximité de deux grands centres urbains : Auckland (1,5 million habitants), et Whangarei. L'électricité produite par les hydroliennes de Kaipara Harbour pourrait être acheminée dans ces grandes villes par les lignes de transmission déjà existantes sans qu'il soit nécessaire de les modifier. Le coût total du projet hydrolien est estimé pour les dix premières années à environ 600 millions de dollars néo-zélandais (330 millions d'euros).
Je rappelle qu'actuellement plus de la moitié de l'électricité en Nouvelle-Zélande est déjà produite à partir des énergies renouvelables (hydroélectrique, géothermique, éolien, solaire).
D'après plusieurs experts de l'énergie hydrolienne et d'après les indications données par le cahier des charges (très précis) du gouvernement néo-zélandais concernant le projet de Kaipara Harbour, l'équipementier actuellement le mieux placé pour fournir les turbines paraît être le britannique Open Hydro. Son hydrolienne fait partie de celles qui correspondent le mieux aux critères aussi bien du point de vue technique (elle ne comporte aucune partie hors d'eau) que du point de vue environnemental (elle possède en son centre une passe à poisson). Le choix n'est cependant pas encore officiellement décidé.
Une première phase prévoit d'ici peu l'installation de 3 premières turbines sur les 200 du projet.

Sources : sites liés. Photos : Carte du site d'implantation des 200 hydroliennes © Crest Energy. 2 Carte de localisation de Kaipara Harbour © Wikipedia

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