Sunday, April 17, 2011

Le nouveau pari hydrolien des Etats-Unis




NEW YORK CITY - (Etats-Unis) - 18/04/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau -
Un intéressant article paru dans Tidal Today sous la plume de John R. Johnson met l'accent sur les choix qui pourraient être faits en faveur d'une solution hydrolienne marine pour permettre à une partie des Etats-Unis d'atteindre l'indépendance énergétique si recherchée et se débarrasser de la coûteuse et encombrante (en termes de CO2) option pétrole et charbon.
Alors que le solaire et l'éolien terrestre semblent remplir pleinement ce rôle pour tout le reste du pays, la solution marine renouvelable pourrait bien faire figure de solution idéale pour le Nord-Ouest aussi bien que pour le Nord-Est des Etats-Unis. C'est la constance et l'importance de la ressource (cf. cartes) qui pourraient faire pencher la balance des décideurs en faveur des énergies marines et en particulier de l'énergie des courants marins. C'est en tout cas ce qu'à déclaré Paul Jacobson, spécialiste des énergies marines pour Electric Power Research Institute (EPRI), en ajoutant que les deux autres facteurs en faveur du recours à ces énergies étaient la proximité des grands centres de consommation d'électricité et le fait que les projets d'énergie hydrolienne sont situés sous la mer, c'est-à-dire invisibles contrairement aux projets terrestres ou à d'autres projets en mer (à peine sous-entendu : les éoliennes offshore). "L'exploitation de ces énergies est encore en phase pré-commerciale", a-t-il pris soin de préciser "mais nous sommes très proches du moment où elles vont faire leur entrée sur le marché commercial."
Et en effet, bien qu'il s'agisse de petites structures, deux ou trois projets hydroliens devraient être connectés au réseau électrique américain avant la fin 2011 et dans le courant de 2012. Ainsi Verdant Power, basé à New-York City, prévoit de raccorder au réseau ses turbines sous-marines immergées dans l'East River d'ici la fin de cette année (cf. nos articles du 17 mars 2008 et du 12 janvier 2011). Dans le Maine, Ocean Renewable Power Co. (cf. nos articles du 17 mars 2009 et du 11 avril 2011) affirme qu'une de ses hydroliennes de 150 kW pourrait produire de l'électricité au large des côtes d'Eastport et être raccordée au réseau d'ici la fin de l'année 2011 alimentant 60 foyers. Quatre autres turbines de même puissance seront ajoutées en 2012 dans une passe de la Baie de Fundy, considérée comme l'un des endroits de la planète où la ressource en courants marins est la meilleure. D'ici 2014, le parc hydrolien pourrait ainsi produire jusqu'à 3,2 MW, soit assez d'énergie pour alimenter plus de 1.000 foyers. "La prévisibilité et la constance de l'énergie des courants marins constituent leur avantage majeur", précise Chris Sauer, D. G. d'Ocean Renewable Power. "Nous sommes maintenant en mesure de prévoir l'énergie qui va être produite par tranches de six minutes, c'est donc pour nous une énergie très prévisible. "
Si, aussi bien Jacobsen que Sauer se trouvent d'accord pour dire que les États-Unis sont en retard sur d'autres parties du monde en matière d'exploitation d'énergie des courants marins, ils pensent aussi, de concert, que cela risque de changer rapidement. " En adoptant l'énergie d'origine hydrolienne bien avant nous, le Royaume-Uni et l'Europe ont pris une longueur d'avance sur les États-Unis ", renchérit Sauer dans l'entretien publié par Tidal Today : "Il y a deux ou trois entreprises en Europe qui sont un peu plus avancées que nous, même si nous avons fait pas mal de chemin de notre côté. Ils ont su rationaliser les processus des permissions de construire et agir de telle façon que l'industrie avance". Une vision pour le moins optimiste, voire même tout à fait idéale, qui vaut peut-être pour le Royaume-Uni et le Portugal mais difficilement pour le reste de l'Europe ! Cette vision est d'ailleurs immédiatement tempérée par une constatation sans appel : "Toutefois, note-t-il, aucune de leurs hydroliennes n'est encore disponible commercialement, alors que dans moins de deux ans, on pourra les acheter chez Ocean Renewable Power et éventuellement chez un ou deux autres équipementiers. Nous sommes en effet sur le point de passer du stade du démonstrateur à celui du projet connecté au réseau et capable de vendre de l'électricité."
Voilà une belle assurance américaine qui devrait faire réfléchir une Europe toujours prompte à s'endormir sur ses acquis. Jacobson avoue cependant que "des progrès restent à faire dans la conception des turbines appelées à évoluer surtout en matière d'impacts environnementaux".
Les autres avantages soudainement trouvés par les américains pour les faire aimer les hydroliennes ne sont pas très originaux :
1. économiques : à capacité égale, les hydroliennes sont plus petites que les éoliennes et donc moins onéreuses à fabriquer (en terme de matière première en tout cas).
2. environnementaux : pour ne pas dire esthétiques, les hydroliennes situées pour la plupart sous la mer ne sont pas visibles.
"La meilleure illustration est fournie par le projet de Roosevelt Island dans l'East River à NYC", dit Jacobson. "Environ 1 million de personnes passent par ici chaque jour et n'ont aucune idée de ce qui passe là-dessous."
Les deux seuls points d'interrogation (de taille!) concernent la rapidité avec laquelle l'industrie hydrolienne va être en capacité d'innover aux États-Unis et la quantité d'énergie totale qui pourra être produite. Il faut dire, à ce sujet, que les estimations varient considérablement. Ocean Power Renewable, par exemple, estime pouvoir exploiter jusqu'à 100 MW d'énergie issue des courants marins sur le seul site d'Eastport. Des chercheurs de Georgia Tech mènent des études plus globales pour déterminer combien d'énergie pourrait être récoltée sous la mer aux États-Unis. Un rapport récent de l'EPRI avançait le chiffre de "115 TWh d'énergie par an", la plus grande partie de cette ressource étant située au large de l'Alaska (cf. notre article du 2 septembre 2010)
Les estimations à l'échelle mondiale varient de 100 TWh par an à plus de 3.500 TWh ! C'est une variation énorme, mais chacun est au moins d'accord pour dire que les estimations sont difficiles à établir dans un domaine où l'on ne connaît pas encore complètement le comportement des machines en situation de production.
Quoi qu'il en soit, les acteurs américains, même très enthousiastes du domaine hydrolien, savent bien que c'est l'appel à l'ensemble des ressources renouvelables marines qui, éventuellement, pourra permettre à leur pays d'atteindre plus d'indépendance énergétique tout en respectant l'environnement.
Visiblement la dynamique est lancée. Comme d'habitude la hausse du prix du carburants conjuguée aux questions nouvelles posées par la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima n'y est pas étrangère.

Sources. Sites liés. Carte 1 : Sites de ressource en énergie des courants marins exploitables aux USA. 2. Carte des ressources en énergie des courants dans le monde (en rouge les zones les plus denses)

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Thursday, April 14, 2011

MARINE CURRENT TURBINES : 8 MW raccordés au réseau en 2014



INVERNESS - (Royaume Uni - U. E.) - 15/04/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - MCT (Marine Current Turbines), qui exploite au large de l'Irlande du Nord (Strangford Lough) depuis 2008 une hydrolienne SeaGen à double turbine développant 1,2 MW, la toute première hydrolienne mise en service dans le monde (cf. notre article du 22 mai 2008), a obtenu le 1er avril dernier du Crown Estate les baux en mer nécessaires pour doter l'Ecosse de 8MW d'énergie d'origine marine obtenus grâce à l'implantation de 4 de ses SeaGen au large des côtes écossaises qui alimenteront quelques 8000 foyers.
MCT a révélé sur son site ICI que pour préciser cette implantation Martin Wright, D.G. de MCT, avait rencontré le 12 avril 2011 le Dr Michael Foxley, du Conseil des Highlands (Ecosse) ainsi que d'autres membres du Conseil pour discuter du projet. L'implantation de 4 SeaGen est prévue d'ici 2014 sur le site de à Kyle Rhea, un détroit situé entre l'île de Skye et le continent écossais. Cette opération, dont le coût s'élèvera à £ 40 millions, devrait être financée partiellement par le Gouvernement britannique via le Low Carbon Innovation Fund et par des fonds privés.
Le calendrier de déploiement de cette nouvelle implantation prévoit une communication au début 2012 du planning précis des travaux à Marine Scotland, l'antenne maritime du Gouvernement écossais.

Un travail en amont a déjà été réalisé dans l'année qui vient de s'écouler, pendant laquelle Marine Current Turbine a entrepris avec le consultant en environnement Royal Haskoning une série d'études environnementales et techniques et consulté des organisations locales et nationales, y compris le Conseil des Highlands, Marine Scotland, MCA - Maritime & Coastguard Agency (les garde-côtes), The Northern Lighthouse Board (Le bureau des phares), the RSPB, association à but non lucratif chargée de la protection des oiseaux, The Glenelg and Arnisdale Development Trust et RNLI basé à Kyle of Lochalsh et chargé de la protection de la faune et de la flore marine.

A la suite de la réunion du 12 avril le Dr Michael Foxley a déclaré pour le Conseil des Highlands : "J'ai été rassuré de l'engagement pris par MCT de travailler en étroite collaboration avec le Conseil des Highlands dans l'intérêt des communautés locales pour ce projet sensible qui devrait apporter des avantages économiques tangibles à l'île de Skye et à la région entière. Le Conseil des Highlands reconnaît les avantages économiques potentiels que l'exploitation de l'énergie des courants peut revêtir pour la région. Nous prenons très au sérieux les perspectives ouvertes par ce projet de Kyle Rhea vers une future industrie des énergies marines plus importante et qui pourra créer une nouvelle économie dans les HighLands ".
Martin Wright a déclaré pour MCT : " Nous sommes entièrement dévoués au travail avec le Conseil des Highlands et aux membres de la communauté qui souhaitent porter le projet à terme. Nous appliquerons pour les Highlands les mêmes méthodes que celles que nous avons employées lors de notre première expérience en Irlande du Nord à Strangford Lough. Tous les aspects, environnementaux, sociaux et économiques, ont été soigneusement examinés et c'est cela qui a pu garantir le succès de la première opération ".
Concernant le projet écossais Kyle Rhea, de nouvelles réunions, des présentations publiques et des expositions seront organisées d'ici la fin de l'année 2011 pour faire en sorte que la communauté soit pleinement informée de son impact avant même qu'il ne soit soumis à Marine Scotland début 2012.
Johanna Yates, au nom de Scottish Renewables Offshore, a appuyé ce concert de déclarations en disant : " Avec ce nouveau projet, l'Écosse est bien entrée dans une nouvelle phase de développement et d'intensification des prototypes à taille réelle de récupérateurs d'énergie des vagues et des courants. Le projet de Kyle Rhea illustre la croissance de notre secteur maritime. C'est ce genre de projet dans les eaux écossaises qui va non seulement maintenir mais aussi renforcer notre leadership mondial dans ces technologies. "

Sources : Sites liés dans le texte. Photos © MCT

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Wednesday, April 13, 2011

Vers des coûts d'installation plus bas pour les E.M.R.



LONDRES - (Royaume-Uni - U. E.) - 14/04/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - La compagnie britannique d'ingénierie marine, Sustainable Marine Technologies (SMT), n'a pas froid aux yeux. Elle ambitionne à elle seule de devenir le porte-drapeau d'une restructuration très importante et extrêmement ambitieuse dans le monde des énergies marines renouvelables outre-Manche. Cette restructuration est menée dans le but d'affronter, je cite, "ce grand défi d'aujourd'hui que représente le coût élevé de l'installation et de l'entretien des appareils servant à extraire les énergies renouvelables marines". Cette jeune entreprise, qui a reçu en 2010 le "Prix du meilleur nouveau venu" aux International Tidal Awards, s'est fixé l'objectif - dont c'est peu de dire qu'il est audacieux - de développer une nouvelle génération de solutions d'installation et d'entretien des machines en mer susceptible d'entraîner une réduction radicale des coûts, "condition indispensable pour permettre aux énergies marines de devenir commercialement viables". Pour atteindre ce but, SMT situé en plein coeur de la City a remodelé ses activités, investi dans les nouvelles technologies et renforcé son équipe en cadres supérieurs spécialisés dans le déploiement des énergies marines. D'ores et déjà SMT annonce avoir commencé à travailler sur la baisse des coûts d'installation et d'entretien des éoliennes à axe horizontal.

Jason Hayman, le directeur général, et David Stoddart-Scott, le directeur des projets, se sont engagés à dévoiler sous peu d'autres engagements mirobolants concernant des développements novateurs dans le domaine de l'énergie des courants (coûts d'installation et d'entretien des hydroliennes). A ce sujet Jason Hayman a laissé entendre que les solutions envisagées par SMT devraient permettre de rendre le déploiement des technologies hydroliennes et houlomotrices beaucoup plus viables que ce n'est le cas jusqu'ici. Ils n'hésitent pas à avancer le nom du site de Pentland Firth comme terrain d'expérimentation de leur théorie. Jason Hayman a ainsi affirmé : "SMT a l'intention de proposer des solutions d'entretien viables économiquement pour que les énergies marines renouvelables deviennent enfin une réalité économique."

Bien que cela sente son appel à lever des fonds pour mettre en oeuvre ladite politique audacieuse, il n'en reste pas moins que SMT n'a rien d'une société écervelée ou farfelue. Son expérience est déjà importante et internationale. Il suffit pour s'en convaincre d'examiner de près ses états de service à travers la planète. A l'EMEC (European Marine Energy Center) basé aux Iles Orcades, SMT supervise l'installation intégrée des systèmes d'accès-entretien du prototype pilote à taille réelle d'une hydrolienne de 1 MW conçu par Voith Hydro en collaboration avec le coréen Renetec en préparation d'un futur parc hydrolien coréen dont les 3 premières machines ont été testées en... 2007. SMT travaille également sur le site coréen de Jindo où il apporte à Voith Hydro Ocean son expertise dans le génie système d'intégration, la fourniture et la sélection des navires d'installation, la modification des navires, les équipements d'approvisionnement, la supervision de la fabrication et le soutien des opérations maritimes sur site.
En mer Baltique, au large de l'Allemagne, SMT travaille avec Baltic Taucher sur des projets de développement de navires spécifiques et de technologies à même d'accroître la rapidité de l'installation du parc éolien en mer de Rostock.
A Zagreb (Croatie), SMT fourni une évaluation tierce-partie d'un projet d'énergie renouvelable pour un groupe de conseils en investissements. Ceci inclus une fonction consultative dans les domaines des technologies de pointe, l'évaluation du site et la vérification des coûts.
Aux Bahamas, SMT exécute une mission d'évaluation du potentiel technologique des énergies renouvelables pour les services publics locaux de distribution d'électricité avec des applications hors réseau à travers toutes les îles. SMT mène une évaluation technico-économique pour déterminer la pertinence technique et les coûts associés à une gamme de technologies d'énergies renouvelables sur des aires marines et terrestres.
Enfin à Bornéo (East Kalimantan), SMT a travaillé avec succès au renflouement et au sauvetage d'un grand vraquier échoué dans une zone écologique sensible. L'opération a été menée avec zéro pollution et aucun impact visible sur la faune et la flore.
C'est de cette multiplicité d'expériences que cette audacieuse compagnie entend se prévaloir désormais pour tenter de bouleverser les habitudes industrielles du monde des énergies marines. A croire que, bien que jeune, ce monde des EMR aurait déjà de mauvaises habitudes...

Sources : Sites liés dans le texte. Photos d'installation d'hydrolienne en mer © Voith Hydro

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Tuesday, April 12, 2011

CARNEGIE vise le marché houlomoteur insulaire


HAMILTON - (Bermudes - Royaume-Uni) - 13/04/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - La compagnie australienne Carnegie Wave Energy Ltd, dont l'activité médiatique est toujours très intense, vient de faire savoir qu'elle avait mis en place une bouée-test au large des côtes sud de l'archipel des Bermudes, territoire d'outre-mer du Royaume-Uni. Cette opération a été rendue possible grâce à l'association de Carnegie avec le développeur d'énergies marines basée aux Bermudes Triton Renewable Energy Ltd (Triton).
Carnegie et Triton ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre ; ils ont en effet déjà signé en 2009 un protocole d'accord en vue de développer une version commerciale du récupérateur d'énergie des vagues CETO que les lecteurs du blog connaissent bien (cf. entre autres articles du 6 février 2008 et du 28 juillet 2010). Les études de pré-faisabilité et les études environnementales sont à présent achevées. Ce projet a par ailleurs été sélectionné par le fournisseur d'électricité BELCO (Bermuda Electric Light Company Ltd) comme un de ses projets d'énergie renouvelable préférés en février 2009 date à laquelle Carnegie et Triton avaient soumis leur candidature à un projet de démonstrateur de 2 MW avec, pour optique, une extension à 20 MW. BELCO est le fournisseur exclusif d'électricité pour tout l'archipel des Bermudes qui compte un peu plus de 65000 habitants. Le déploiement de la bouée qui a eu lieu ces jours derniers est une étape parmi d'autres dans la stratégie d'implantation de Carnegie Wave Energy aux Bermudes, et d'une façon générale sur le marché de la fourniture d'électricité aux territoires insulaires. Pour l'instant, le but précis de ce déploiement est de recueillir des données pour permettre de quantifier la ressource houlomotrice dans le secteur des Bermudes en vue de l'implantation commerciale de la technologie CETO.

Je rappelle que cette technologie houlomotrice de type nearshore fournit, à partir de l'eau de mer, à la fois de l'électricité et de l'eau dessalée, ce qui peut, dans un contexte insulaire, revêtir une importance capitale. La bouée sera amarrée au large des Bermudes pendant une période minimale d'1 an. Les données recueillies grâce à un partenariat exclusif avec le service de données météorologiques locale BAS-Serco seront rendues publiques et accessibles à tous les citoyens des Bermudes.
A l'occasion de la signature du lancement de ce projet Tim Hasselbrin, le D.G. de Triton, a déclaré : "C'est une étape intéressante pour un projet qui se trouve être d'une grande utilité pour les Bermudes. L'obtention de ces données est d'autant plus essentielle qu'il n'y a jamais eu jusqu'à ce jour de mesure directe de la ressource houlomotrice aux Bermudes." Triton Renewable Energy Ltd est une compagnie implantée localement aux Bermudes qui s'est spécialisée dans le développement de projets d'énergies renouvelables. Elle se compose d'experts de l'environnement et d'hommes d'affaires, basés aux Bermudes, dont le but est ouvertement de promouvoir l'émergence d'une nouvelle génération d'énergies propres et renouvelables aux Bermudes, principalement à partir des ressources océaniques.

Sources : Sites liés. Photos © Carnegie Wave Ltd

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Monday, April 11, 2011

Projet MERIFIC : de quoi s'agit-il ?























BREST - (France - U.E.) - 12/04/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Le projet MERIFIC «Energies marines dans les territoires insulaires et périphériques» a été retenu dans le programme européen INTERREG IV A France (Manche)-Angleterre. Il vise à développer les énergies marines dans le Finistère et en Cornouaille Britannique.
INTERREG IV est un programme mastodonte à multiples volets imaginé par la Communauté Européenne avec l’objectif de renforcer la compétitivité des régions, de réduire les effets dits "négatifs" des frontières et de mettre en réseau les acteurs et les citoyens de part et d’autre des frontières des Etats membres. Ainsi par exemple dans le volet Interreg IV A "Grande Région" qui a pour objet la coopération transfrontalière et le développement harmonieux des régions frontalières, pas moins de onze autorités partenaires participent : le Grand-Duché de Luxembourg, la Région wallonne, la Communauté française de Belgique et la Communauté germanophone de Belgique, la Préfecture de la Région Lorraine, le Conseil régional de Lorraine, et les Conseils généraux de Meurthe-et-Moselle, de la Moselle et de la Meuse, les Länder de Rhénanie-Palatinat et le Land de Sarre. Le volet INTERREG qui nous occupe est "INTRERREG IV A Manche" qui prévoit donc une coopération franco-britannique entre les deux territoires du Finistère et de la Cornouaille Britannique.
On trouvera plus de détails sur le programme INTERREG IV sur le portail Europa. Je rappelle juste que la Cornouaille Britannique est le lieu d'implantation du Wave Hub, parc de production houlomotrice multi-technologies (Pelamis, OPT, Oceanlynx) en cours d’installation à 16 km de la ville de Hayle, parc qui a aussi donné son nom au plus gros connecteur sous-marin jamais installé, le Wave Hub donc d'un poids de 12 tonnes. La Cornouaille Britannique est, au même titre que le Finistère, une région déjà fortement impliquée dans le développement des énergies marines renouvelables.

Le projet MERIFIC, dont le Pôle Mer Bretagne vient d'annoncer ICI qu'il serait partenaire, devrait démarrer dans les semaines à venir. Avec le soutien financier du programme INTERREG IV, le projet MERIFIC a pour but principal de développer les énergies marines sur les deux territoires déjà cités avec l'appui des communautés insulaires du Parc Marin d’Iroise et des Iles Scilly. Les partenaires du projet sont en l'occurrence Cornwall Council, Conseil Général du Finistère, Parc Marin d’Iroise, Ifremer, Pôle Mer Bretagne, Technopôle Brest Iroise, University of Exeter, University of Plymouth, Regen SW, Bretagne Développement Innovation.

L'ensemble de ces partenaires se proposent de développer des outils d’aide à la décision pour "minimiser les risques et améliorer la confiance du secteur des énergies marines" c'est à dire évaluation/zonage des ressources en énergie marine, politiques publiques et barrières potentielles au développement de ces énergies, opportunités commerciales et industrielles, implication des populations et partenaires avec des groupes-clés : pêcheurs, investisseurs …
Le Pôle Mer Bretagne facilitera notamment les échanges entre industriels et chercheurs bretons travaillant autour des énergies marines et les partenaires de MERIFIC.
Avec un intitulé pareil, il ne peut s'agir que d'un beau projet même si de nombreux experts des énergies marines restent sceptiques sur les performances réelles de ces vastes programmes européens. L'avenir dira s'ils avaient tort ou raison...

Sources : sites liés. Carte Finistère © Région Finistère.

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Sunday, April 10, 2011

ORPC s'associe à HEA pour installer TidGen™



NIKISKI - (Alaska - Etats-Unis) - 11/04/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Le développeur américain d'énergie marine Ocean Renewable Power (ORPC) a fait savoir qu'il avait signé le 24 mars 2011 un accord avec le distributeur d'électricité opérant en Alaska Homer Electric Association (HEA) dans le but de tirer parti de l'énergie des courants présente dans la région de Cook Inlet et de doter la région de Kenai Peninsula d'une source d'électricité renouvelable marine fiable, économique. Ils pensent également créer des emplois régionaux (mécaniciens, soudeurs, ingénieurs et autres travailleurs qualifiés). Cette installation comportera une, voire plusieurs turbine(s) pilote(s) TidGen™ Power System pouvant atteindre jusqu'à 5 MW, immergée(s) sous 18 à 45 mètres d'eau et facilement raccordable(s) au réseau de Kenai que gère HEA. Le calendrier prévoit des études de terrain en 2011 et 2012 afin de recueillir des données environnementales et de valider un endroit précis d'implantation du TidGen™ à Cook Inlet. Une fois ces études et consultations menées avec les communautés locales, ORPC demandera une licence spécifique à la FERC pour une exploitation du projet pilote à l'automne 2012. Lorsque la licence sera accordée, ORPC installera une première TidGen Power System ™ dans la région de Cook Inlet dès 2013. ORPC et HEA évalueront alors la performance de ce système et décideront d'élargir la capacité de production.
Concernant le système hydrolien TidGen™ Power System construit par ORPC, autant dire qu'il a beaucoup évolué depuis les premières descriptions que j'en faisais dans ce blog le 15 janvier 2008, le 17 mars 2009 , le 31 août 2010. Seule constante : il ne ressemble toujours ni aux classiques turbines hydroliennes à hélice ni aux turbines à entraînement par la jante (type Open Hydro). La technologie TidGen™ Power System qui ne peut être confondue avec aucune autre et aurait pu faire penser à ses débuts à une technologie houlomotrice (vagues) plutôt qu'hydrolienne (courant, utilise la rotation lente de lamelles disposées horizontalement qui alimentent en tournant un générateur à aimant permanent.
ORPC a mené avec succès les test de la "version bêta" lors de son exploitation à Cobscook Bay, près de Eastport (Maine), en 2010. Ce système était alors le plus grand dispositif d'énergie marine jamais déployé aux États-Unis. Le système qui continue à être testé sera définitivement fonctionnel à Cobscook Bay et relié au réseau dès l'automne 2011. En 2012, ORPC prévoit également d'installer un dispositif hydrolien TidGen ™ à Petit Passage dans la baie de Fundy (Nouvelle-Écosse-Canada) en partenariat avec l'exploitant d'énergies marines canadien Fundy Tidal Inc,
Le périmètre de Cook Inlet est bien connu pour l'importance de sa ressource en énergie des courants marins, (cf article du 2 septembre 2010) censé représenter "90% du potentiel total des Etats-Unis" si l'on en croit les déclarations de Brad Janorschke et Chris Sauer, respectivement président et directeur général d'ORPC. Ce site a commencé à faire l'objet d'études préliminaires de la part d'ORPC dès l'année dernière, mais il y a quelques semaines seulement qu'ORPC a eu l'idée d'approcher HEA désireux de réduire sa dépendance à l'électricité produite par l'énergie fossile, en lui proposant de réfléchir à la meilleure façon de produire une énergie qui s'appuie sur les puissantes ressources locales marines de Cook Inlet. Cette réflexion a porté ses fruits puisque les deux partenaires ont décidé de relever ensemble ce défi et se disent ravis de le faire. La presse locale avec The Peninsula Clarion se fait volontiers l'écho du réel enthousiasme et des larges sourire de satisfaction affichés par les ingénieurs de HEA dès que l'on aborde ce projet.

Sources. Docs Liés. Photos © ORPC

Friday, April 8, 2011

AQUASUN : Nouveaux territoires pour l’énergie solaire



FRANCE-ISRAËL – 08/04/2011 – 3B Conseils – Par IdB - Comment augmenter la production d’énergie tirée du soleil sans empiéter plus sur la terre ? Tout simplement en installant des panneaux voltaïques sur l’eau. C’est ce que la start-up israélienne Solaris Synergy va tester sur un site EDF dans le sud de la France. Partant du constat que les panneaux solaires ont besoin d’une importante surface pour atteindre une puissance suffisante et qu’une grande partie de l’énergie solaire arrive sur l’eau plutôt que sur la terre, cette entreprise israélienne a conçu un récupérateur d’énergie solaire, Aquasun, qui peut flotter aussi bien sur les eaux douces que sur l’eau salée.

Aquasun se présente sous la forme d’un radeau circulaire de 40 mètres de diamètre, composé de modules construits en plastique léger et fibre de verre pour assurer la flottabilité, et comportant des miroirs qui concentrent la lumière sur des modules photovoltaïques. Tout a été prévu : un échangeur de chaleur assure le refroidissement de l’ensemble et un petit moteur permet au radeau de suivre le mouvement du soleil pour optimiser à tout instant la concentration de la lumière sur les miroirs. Ainsi Aquasun peut être efficace tout au long de la journée.

Les amoureux de la nature qui pourraient être inquiets de cette nouvelle intrusion technologique sur les plans d’eau seront rassurés : selon Solaris Synergy la plate-forme laisse passer l’oxygène donc assure la bonne santé de la flore et de la faune aquatiques. De surcroît si Aquasun est posé sur un plan d’eau, il en recouvre en partie la surface et limite ainsi l’évaporation et la prolifération des micro-organismes.

Les premiers essais doivent avoir lieu sur le site d’EDF à Cadarache dès le début de l’année prochaine. Ils permettront de tester différents paramètres en particulier l’évolution au cours de l’année et selon les niveaux de l’eau. D’autres tests sont également en cours sur un site-pilote en Israël. Selon Elyakim Cassel, responsable commercial de Solaris Synergy, « EDF attend de voir le système fonctionner avant de s’engager plus avant ».

Enfin pour ne pas abîmer les paysages naturels Aquasun sera d’abord installé sur des plans d’eau industriels et agricoles.

Sources :
Solaris Synergy
Journal de l’environnement
Econostrum
et Europe-Israël

Photo Solaris Synergy

Solaire offshore