Thursday, April 7, 2011

Développement de l’éolien sur le plateau continental américain





Washington (Etats-Unis) – 07/04/2011 – 3B Conseils – par IdB et MG - Le DOI, (Department Of the Interior), ministère de l’intérieur des États-Unis, lance les Offshore Wind Initiatives (promotion de l’éolien offshore) et prépare une évaluation environnementale sur le secteur OCS (Outer Continental Shelf) de l’Atlantique. La zone concernée par le secteur OCS est comprise entre les limites de la gouvernance des Etats et la gouvernance fédérale des Etats-Unis. En clair, chaque Etat exerce sa juridiction sur une bande d’environ 3 miles nautiques de large le long de ses côtes. La zone OCS s’étend depuis cette limite jusqu’à environ 200 miles au large. Ce plateau continental d’une profondeur de 150 à 200 mètres est une zone d’une grande importance économique : non seulement elle abrite une quantité importante de poissons et fruits de mer mais elle est aussi riche en ressources fossiles, pétrole et gaz, et renouvelables, en particulier éolien offshore. 4 zones ont été définies : du Golf du Mexique, de la côte Atlantique, de la côte Pacifique et de l’Alaska. C’est le Bureau of Ocean Energy Management, Regulation and Enforcement (BOEMRE, qui en assure la gestion et le développement.
À cette occasion, Ken Salazar, ministre de l’intérieur, et Steven Chu, secrétaire à l’énergie, dévoilent leur plan pour accélérer le développement de la production d’énergie éolienne offshore. Ils ont annoncé en février une série de mesures comprenant le financement, à hauteur de 50,5 millions de dollars, de projets visant à développer le déploiement de l’énergie éolienne offshore et à valoriser les zones favorables à l’exploitation de l’énergie éolienne du plateau océanique OCS. Ce plan conjoint, la National Wind Strategy (stratégie nationale de l’éolien), se concentre sur les défis à relever : le coût relativement élevé de l’éolien offshore, les difficultés techniques liées à son installation, l’exploitation et la connexion au réseau électrique, ainsi que le manque de données fiables sur le site et d’expérience antérieure qui permettraient de préparer l’avenir. Peu après, le BOEMRE a annoncé des évaluations environnementales régionales des zones d’exploitation potentielle de l’éolien pour mesurer les effets de ces activités sur l’environnement. Si aucun impact significatif n’est identifié, le BOEMRE songe à investir ces zones dès fin 2011 ou début 2012.

Sources : Seatechnology, mars 2011 et sites liés
Photos : Office of Naval Research et Wikipedia

Tuesday, April 5, 2011

SSE envisage un nouveau site d'essais éolien en mer


PERTH - (Royaume-Uni - U.E.) - 06/04/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Le distributeur d'énergie britannique SSE (Scottish and Southern Energy) a fait savoir ICI qu'il envisageait de développer en Écosse un premier centre offshore d'essais d'éoliennes sur le site de Hunterston à Clydeport dans le North Ayrshire. Cette future installation sera une extension du Centre SSE d'excellence en génie de l'énergie renouvelable (CEERE), basé à Glasgow. Il agira en partenariat avec les fournisseurs de turbines éoliennes offshore les plus performantes du moment et sera utilisé pour développer et tester jusqu'à trois prototypes de turbines éoliennes offshore de nouvelle génération. Eolienne de 7MW ? éoliennes flottantes ? éoliennes à axe vertical ? Rien n'est précisé pour l'heure mais l'intention est bien de développer tout ce qui pourra technologiquement permettre aux parcs éoliens offshore d'atteindre plus d'efficacité et de fiabilité avec un objectif de coûts moindres que les coûts actuels.
Fort du soutien de Scottish Enterprise, SSE a commencé à élaborer une proposition en vue d'un accord de planification sur 5 ans qui sera soumis aux autorités régionales du North Ayrshire Council. Si le North Ayrshire Council donne son accord, la construction de l'installation pourrait débuter en 2012 sur le site de Hunterston à Clydeport.

La décision d'implanter un centre d'essais en mer d'éoliennes offshore est le résultat d'une stratégie entamée par SSE dès avril 2010 lorsque la société avait pris une participation de 15 % chez le fabricant de structures offshore, Burntisland Fabrications (BIFAB). SSE a poursuivi sa stratégie en signant en juillet 2010, un accord de coopération avec Mitsubishi pour "développer des énergies renouvelables". Puis en février 2011, SSE formait avec plusieurs compagnies, dont Siemens numéro 1 européen de l'installation de turbines offshore, un consortium pour collaborer à un programme d'énergie éolienne offshore, dont l'objectif principal était la réduction substantielle du coût de la puissance délivrée. Enfin le mois dernier, le 11 mars précisément, SSE formait une joint-venture avec Marsh Wind Technology de façon à assurer la fabrication de mâts éoliens par le britannique Skykon dans l'usine de montage de Machrihanish (Campbeltown).
Jim Smith, responsable des énergies renouvelables offshore chez SSE, a insisté sur l'aspect économique des axes de recherche du futur centre en disant notamment que : "Le développement continu des technologies éoliennes en mer est essentiel si l'on veut réduire les coûts de production des parcs éoliens offshore".
SSE se voit bien à la tête du futur déploiement à grande échelle de la nouvelle génération d'éoliennes offshore au Royaume-Uni et au-delà.


Sources : Sites Liés. Photos : 1 et 2. extraites de la brochure de presse Siemens éolien offshore © Siemens

Lecteurs abonnés à la lettre quotidienne, vous qui recevez chaque jour l'article à domicile, ne manquez pas de vous rendre d'un clic sur le blog lui-même où des CORRECTIONS sont apportées en temps réel par l'auteur dans les articles, où une colonne DERNIÈRES NOUVELLES (à droite) et une colonne CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS (à gauche) sont réactualisées en permanence. Vous en apprendrez de belles... et dans toutes les langues !

Monday, April 4, 2011

Eolien et hydrolien : ni inépuisables ni infinis


IENA - (Allemagne-U.E.) - 05/04/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - C'est une communication fort intéressante qu'a publiée The New Scientist dans son édition du 30 mars 2011. Elle concerne la permanence des ressources d'énergies dites "renouvelables" - en particulier celles du vent et des vagues - dont il est de bon ton de dire toujours ici et là, qu'elles sont inépuisables ou infinies. L'affirmation posée par The New Scientist ("Les énergies du vent et des vagues ne sont pas si renouvelables que cela !") reprend la théorie d'Axel Kleidon, un scientifique de l'Institut de biogéochimie Max Planck de Iena (Allemagne), élaborée dans "How does the earth system generate and maintain thermodynamic disequilibrium and what does it imply for the future of the planet ?" (Comment le système terrestre génère et maintient un déséquilibre thermodynamique et qu'est ce que cela implique pour l'avenir de la planète ?). Ce travail d'Axel Kleidon est archivé et téléchargeable en PDF sur le site de Cornell University Library.

Pour résumer : Axel Kleidon part d'abord de la constatation que seule une infime quantité de l'énergie du soleil parvient jusqu'à la Terre où elle est mise en œuvre dans les processus d'évaporation et de création de turbulences atmosphériques qui sont à l'origine des ressources éoliennes et des ressources en vagues disponibles sur Terre. Selon lui, s'il fallait que les volumes d'énergie que nous consommons aujourd'hui soient exclusivement pourvus par des ressources éoliennes et houlomotrices, le processus naturel de conversion solaire en vents et vagues ne suffirait pas à créer les ressources consommées. Autrement dit, il faudrait plusieurs terres et plusieurs soleils pour pouvoir fournir l'énergie que nous consommons si nous voulions qu'elles soient uniquement d'origine éolienne ou houlomotrice. Ça jette un froid ! Même si ce scénario ne risque pas de s'appliquer à nos générations, Axel Kleidon projette dans le futur en prévoyant que la question se posera sérieusement pour nos petits enfants et pour leurs descendants... à condition toutefois qu'ils fassent le choix d'un tout éolien et d'un tout houlomoteur. La menace serait d'autant plus sévère qu'elle suppose que les dits descendants continueraient à consommer de l'énergie comme nous le faisons.
Dans ce scénario maximaliste, il y a plus encore : la ponction faite aux capacités de la ressource éolienne et houlomotrice pour satisfaire nos besoins serait telle qu'elle interfèrerait alors immanquablement avec la gestion naturelle des écosystèmes dans lesquels le vent et les vagues sont impliqués, ce qui ne manquerait pas d'avoir des conséquences incalculables sur l'ensemble de la gestion naturelle de la planète. Avant d'en arriver là, Axel Kleidon accumule les chiffres qui donne le tournis : 47 terrawatts seraient consommés par l'humanité et 70 terrawatts seraient nécessaires dans l'avenir (ces chiffres seront publiés sous peu dans Philosophical Transactions of the Royal Society).
Axel Kleidon charge aussi pas mal la mule, si l'expression a encore un sens, en soulignant en particulier l'imperfection des technologies éoliennes et houlomotrices qui ne savent que tirer une toute petite partie de la ressource. Et en effet, les lecteurs de ce blog le savent bien : seule une petite partie du vent disponible est saisie par les pales d'une éolienne avant d'être convertie en énergie électrique et il en va de même pour l'énergie des vagues, celles des courants marins et bien d'autres encore où la déperdition est plus importante que la quantité récupérée. Et quand bien même nous la convertirions en entier qu'elle ne suffirait pas à nos besoins, ce qui fait dire à The New Scientist : " En d'autres termes, nous avons sur l'équilibre énergétique de la terre un effet plus important que tous les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, et les mouvements tectoniques mis ensemble ".

Mais au fait où veut en venir Axel Kleidon en démontrant ainsi l'impuissance de l'éolien à résoudre le problème énergétique du futur et les graves dangers auxquels il expose l'équilibre général de la planète ? Et bien il veut en venir à dire que "seule l'exploitation des panneaux solaires lui paraît une solution viable pour le futur "! ... tout en reconnaissant que leur exploitation à grande échelle contribuerait de façon sensible au réchauffement continu. Qu'à cela ne tienne : il apporte une solution (là où il n'y en aurait aucune pour l'éolien et houlomoteur soit dit en passant ! ) : concevoir des cellules solaires qui capturent la part inutilisée de la lumière, et lui évite ainsi de se transformer en chaleur. Bon dieu mais c'est bien sûr ! Ah oui j'oubliais : fin de la démonstration, seule l'énergie solaire est une ressource d'énergie quasi illimitée.
C'est une théorie. Il faut la prendre comme telle. Ce qui en fait l'intérêt est de démontrer qu'aucune source d'énergie naturelle n'est inépuisable et illimitée... puisque, de l'aveu même de l'auteur, même celle du soleil, ne l'est que "quasi " !

Sources. Sites liés. Photos : 1. Carte des bosses et creux des vagues© CLS Toulouse / Exposition " Les énergies de la mer ". 3. La formation des vagues © Exposition " Les énergies de la mer "2 Carte des Vents © Exposition " Les énergies de la mer " 4. Photo satellite du Soleil ©Soho / Exposition " Les énergies de la mer "

Sunday, April 3, 2011

IRENav s'intéresse à la technologie hydrolienne " RIM Driven "


BREST / BOULOGNE-SUR-MER - (France - U.E.) - 04/04/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Entre le 21 et le 25 mars 2011 ont eu lieu au Centre IFREMER de Boulogne-sur-mer les essais en bassin de la maquette d'une turbine de type "RIM-Driven" (entraînement par la jante). Dans cette maquette académique d'hydrolienne de faible puissance, la génératrice est disposée dans la carène entourant l'hélice, comme dans la technologie commercialisée par Open Hydro, par exemple. Il faut d'ailleurs préciser que les principes de systèmes de cette technologie sont dans le domaine public et brevetés depuis le début du XXe siècle. Ces systèmes ont de nombreux points de similitude avec certains systèmes de propulsion bien connus. L'hélice porte des aimants en périphérie et les bobinages du stator sont situés dans la carène. Les essais menés au centre de Boulogne-sur-mer ont conduit à une caractérisation des performances de la maquette permettant de conforter les modèles développés au cours des travaux de thèse sur la conception couplée des ensembles machines électriques hélices menés par Laurent Drouen au sein du groupe M2EN de l'IRENav- Ecole Navale, thèse que l’intéressé a soutenue en décembre 2010. Pour les lecteurs que cela intéresse cette thèse est disponible au téléchargement avec l'accord de l'intéressé, sur le site de l'archive ouverte pluridisciplinaire HAL destinée à la publication de certains travaux de recherches.
La maquette réalisée parallèlement à l'étude relève d'une action collaborative entre l'Ecole Navale, Jeumont-Electric et DCNS. Il faut rappeler à nouveau qu'il s'agit ici d'une démarche d'étude académique, dont l'objectif immédiat n'est pas l'industrialisation mais la validation de travaux de recherche qui accompagnent des démarches industrielles en amont sur ce type de système.
Il n'y a pas grand-chose à dire de plus de ces essais théoriques, si ce n'est que cela démontre que la R&D française n'est pas totalement inactive dans le domaine de l'hydrolien et qu'elle ne se contente pas des résultats déjà obtenus dans le domaine des hydroliennes à hélice. Mais, on le sait bien, ce n'est pas d'un manque d'idées que souffre la recherche dans le domaine des énergies marines, mais d'un manque de capitaux pour les mettre en oeuvre commercialement. Ceci vaut pour l'ensemble de la planète mais avec une nette préférence pour la France...

Si vous possédez un compte Google Gmail vous pouvez devenir membre du Blog Les énergies de la mer. Pour que le mur s'anime l'idée c'est aussi de mettre votre photo ! Il vous suffit pour cela de vous rendre sur le blog et de suivre la procédure (simple) dans la colonne de gauche du blog

Friday, April 1, 2011

TATA POWER et SUNENGY : une ferme solaire flottante en Inde


NEW DELHI - (Inde) - 01/04/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Les lecteurs de ce blog ont pu lire les premiers articles que j'écrivais sur le "solaire flottant en mer"(le 23 avril 2010 et le 22 septembre 2010), une technologie encore expérimentale avec un certain nombre de projets qui, pour l'instant, n'ont pas encore vu le jour. Il en va tout autrement du projet signé le 22 mars 2011 par le géant indien de l'énergie Tata Power et la compagnie australienne Sunengy Pty Ltd.
L'accord de partenariat qu'ils ont annoncé avoir conclu porte sur la construction d'une centrale solaire flottante dont les travaux débuteront dès le mois d'août 2011 pour s'achever avant la fin de l'année. Cette centrale-pilote signera l'entrée en fanfare de l'Inde dans le monde de l'énergie solaire avec une expérience très audacieuse de "solaire flottant". Sunengy, inventeur de la technologie Liquid Solar Array (LSA) qui permet d'exploiter des panneaux solaires sur support aquatique, a tenu à préciser, d'entrée de jeu, que sa technologie permettait d'obtenir une électricité à un coût moindre que celle obtenue par le solaire fixé au sol. Il n'est pas clairement précisé de quel support aquatique il s'agit (eau douce ou eau salée) mais les références constantes aux expériences menées sur des lacs de barrage laissent à penser qu'il s'agit dans un premier temps d'eau douce. Dans une déclaration faite sur son site web, Phil Connor, président de Sunengy et inventeur de la technologie LSA, a précisé que "combinée aux ressources d'un barrage hydroélectrique, sa technologie assure la production d'énergie 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7".

LSA utilise la technologie photovoltaïque traditionnelle de type CPV (Concentrated Photovoltaic) qui associe une lentille et une cellule photovoltaïque pour suivre la course du soleil tout au long de la journée, comme un tournesol. Faire flotter le LSA sur un support liquide réduirait le besoin de construire les coûteuses infrastructures nécessaires au sol destinées à les protéger des vents violents. Selon Phil Connor, les lentilles auraient la faculté de flotter même par très mauvais temps et l'eau aurait l'avantage de servir de liquide de refroidissement naturel, ce qui aurait pour effet d' augmenter leur efficacité et leur durée de vie. Il reste cependant très mutique sur la corrosion provoquée sur les lentilles lors d'une utilisation en milieu marin.
Phil Connor a ajouté que "le système LSA transformait en réalité tout barrage hydroélectrique en une sorte de gigantesque batterie, offrant un stockage solaire gratuit et la possibilité de mieux gérer les caprices de la ressource aquatique". Selon les modélisations menées par sa compagnie à partir de la centrale hydroélectrique portugaise d'Aquelva, l'implantation d'un système solaire flottant LSA de 240 MW pourrait accroître la production de la centrale de 230 % par an ! "LSA n'a pas besoin de matériaux lourds ou de grandes surfaces terrestres et est effectivement à l'épreuve des cyclones. Dans un pays comme l'Inde, si seulement 1% des eaux de barrage étaient disponibles pour LSA système, nous pourrions produire autant d'électricité que 15 grandes centrales au charbon. "
Pour Tata Power, Mr Banmali Agrawala a précisé que les tests de cette technologie commenceront dans la NSW Hunter Valley au milieu de 2012, avant de passer en pleine production et qu'il était très important de pouvoir dégager certaines communautés, villages et sites miniers de leur entière dépendance actuelle aux ressources fossiles grâce à la technologie LSA. "C'est la raison pour laquelle nous avons établi ce partenariat avec Sunengy, pour le montage de cette usine-pilote en Inde. Cette technologie naissante va démontrer ici en condition réelle sa faisabilité et permettra de dégager des terres consacrées au solaire à d'autres fins. "
Les lecteurs de ce blog savent que, bien qu'ayant le pied marin, je ne suis pas un adepte des poissons d'avril et donc, au cas où certains se poseraient encore la question, je confirme, avec les sites liés, que cet article n'en est pas un.

Sources : Sites liés. Photos ©Sunnengy


Lecteurs abonnés à la lettre quotidienne, vous qui recevez chaque jour l'article à domicile, ne manquez pas de vous rendre d'un clic sur le blog lui-même où des CORRECTIONS sont apportées en temps réel par l'auteur dans les articles, où une colonne DERNIÈRES NOUVELLES (à droite) et une colonne CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS (à gauche) sont réactualisées en permanence. Vous en apprendrez de belles... et dans toutes les langues !

Wednesday, March 30, 2011

IDEOL : un flotteur éolien qui limite l'effet de sillage aérodynamique


LA CIOTAT - ( France- U.E.) - 31/03/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - C'est un équipement innovant extrêmement intéressant que la société IDEOL, basée à La Ciotat, propose au marché international de l'éolien offshore. Créée en août 2010, la société a développé et breveté deux concepts originaux indissociables l'un de l'autre à savoir : une plate-forme éolienne flottante (c'est-à-dire la partie qui supporte mâts et turbines), dont les coûts de fabrication sont deux fois inférieurs aux autres solutions existantes, dotée d'une "solution de mobilité" en mer permettant de limiter les pertes dues à l'effet de "sillage aérodynamique" bien connu dans les parcs éoliens. Le but étant, au final, d’augmenter la production d’énergie de plus de 10% par an.
La question des coûts de l'éolien offshore étant au centre de tous les enjeux industriels du moment, on peut considérer que l' innovation présentée par IDEOL est de celles qui vont passionner le marché international très concurrentiel. Au-delà de ses qualités technologiques, ce qui différencie le flotteur IDEOL des existants, et qui le rend si attrayant, c'est qu'il permet de diviser le coût de fabrication par deux, que ses dimensions sont compatibles avec de nombreux chantiers navals à travers la planète, que son faible tirant d’eau permet une implantation sur toutes les côtes quelle que soit la profondeur, et que son contenu carbone est divisé par 7.

En fait de plate-forme flottante, il serait presque plus juste de parler de plate-forme mouvante tant sa conception tranche avec les concepts développés jusque-là. Pour bien comprendre de quoi il s'agit, il faut avoir pris en compte un inconvénient spécifique aux turbines éoliennes installées en batterie dans un parc aussi bien terrestre qu’offshore. Cet inconvénient réside dans le fait que le sillage aérodynamique de chaque turbine peut affecter négativement la production d’énergie des turbines voisines en fonction du sens des vents (cf. photo 2). Dans les parcs actuellement en service et en construction, on a pensé à remédier partiellement à cet inconvénient en positionnant les turbines de façon à minimiser les effets de sillage entre turbines en fonction de la rose des vents. Mais il existe de nombreux sites où les directions des vents sont dispersées et où le positionnement utilisé actuellement ne permet pas une optimisation parfaite, sauf à augmenter considérablement l’espacement entre les turbines. D'une façon ou d'une autre, cela induit des pertes de production d’énergie, directement dues aux effets de sillage qui peuvent dépasser 15% dans les grands parcs éoliens offshore de la Mer du Nord, par exemple.

On sait que l’utilisation de structures flottantes permet de rendre mobiles les turbines et cela à moindre coût (cf. photo 3). C'est dans ce créneau précis qu'IDEOL a choisi d'agir en brevetant une solution mécanique (photo ci-contre) capable de déplacer la turbine éolienne flottante, ainsi qu’une solution logicielle calculant en temps réel l’implantation optimale en fonction d’un ensemble de paramètres, afin de minimiser les effets de sillage aérodynamique et ainsi maximiser la production d’énergie du parc.
Visionner la vidéo de démonstration sur YOU TUBE

Les solutions IDEOL devraient donc permettre une transformation majeure du potentiel de marché de l’éolien en mer :
- Grâce aux coûts d’installation réduits de moitié, le prix de l’électricité produite deviendrait économiquement compétitif et proche de la parité réseau à court terme.
- La taille compacte du flotteur le rend constructible dans de nombreux chantiers navals, y compris dans le cas des mega-turbines de 7-10 MW en cours de développement.
- La pose de la turbine et les opérations de maintenance lourde peuvent se faire à quai, dans la plupart des chantiers, sans les aléas liés aux conditions de mer et sans nécessiter de bateaux spécifiques tels que ceux utilisés pour l’éolien en mer sur fondations.
- La solution flottante IDEOL est compétitive par rapport à l’éolien posé dès 40 m de fond, ce qui se révèle être la profondeur de nombreux parcs éoliens prévus entre 2015-2020 en Allemagne et au RoyaumeUni.
- Des parcs éoliens peuvent être développés en mers profondes, ouvrant de nouveaux marchés comme les États-Unis, le Japon, la Méditerranée.
- La solution de mobilité permet d’augmenter la production d’un parc éolien de 10% par an à investissement quasi-constant.

IDEOL travaille actuellement à l’implantation, dès 2013, d’un premier prototype d’éolienne flottante en Europe, avec des options en France et en Espagne. Lorsque l'on demande à Paul de La Guérivière, PDG de cette start-up française, comment il envisage la confrontation avec les géants qui dominent actuellement le marché de l'éolien offshore, la réponse est toute trouvée : "La nouvelle économie numérique est née de start-up de la Silicon Valley, devenues en peu d’années des géants incontournables comme Google, Apple et bien d’autres. La nouvelle économie énergétique sera elle aussi dessinée par des start-up, innovant aujourd’hui un peu partout dans le monde. Etant une société d'ingénierie, nous sommes actuellement en discussions avec certains de ces grands partenaires auxquels vous faites allusion."
Ce blog ne manquera pas de vous tenir informé de l'avenir de ces deux brevets et de la société où ils ont vu le jour.

Sources. Sites liés. Photos 1.Effet de sillage aérodynamique atténué dans un parc éolien offshore montant sur plate forme Ideol © Ideol 2. Effet de sillage aérodynamique dans un parc éolien offshore © Ideol 3. Equipement de mobilité de la plate-forme Ideol © Ideol

La reproduction partielle ou totale, par toute personne physique ou morale et sur tout support, des documents et informations mis en ligne sur ce blog-médias sans autorisation préalable de 3B Conseils et mention de leur origine, leur date et leur(s) auteur(s) est strictement interdite et sera susceptible de faire l’objet de poursuites

Tuesday, March 29, 2011

WÄRTSILÄ et AKER : nouveau concept de navire installateur d'éolien en mer



HELSINKI - (Finlande - U.E.) - 30/03/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Le finlandais Wärtsilä, leader des solutions d'installations pour l'industrie maritime dans le monde, et Aker Solutions, société internationale de services agissant dans les domaines pétrolier et gazier, ont convenu de regrouper leurs expertises pour développer un concept totalement nouveau et écologiquement rationnel de navires d'installation de parcs éoliens offshore. D'après le contrat qui a été signé, Wärtsilä prendra en charge l'intégralité de la conception du navire, du design à l'installation, l'essentiel de la production d'énergie électrique à bord, la fabrication des machines de propulsion et d'automatisation de pointe, tandis que Aker Solutions prendra en charge le système de levage. Wärtsilä et Aker Solutions offriront aussi un service dit "24/7" (c'est-à-dire permanent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7) de maintenance globale, de réparations et de fourniture de composants pour les vaisseaux.

Les deux sociétés disent avoir sélectionné les technologies les plus abouties du moment pour concevoir sur mesure ce vaisseau d'installation de mâts et turbines éoliennes offshore. A côté du design ultra profilé et très réussi de ce vaisseau d'installation, il faut noter des performances écologiques inédites que ses concepteurs ont voulues. Les trois moteurs Wärtsilä 6L34DF et deux moteurs Wärtsilä 9L20DF qui fournissent la puissance principale et auxiliaire du navire sont bi-combustibles, c'est-à-dire qu'ils fonctionnent au gaz naturel liquéfié (GNL) émettant de faibles émissions carbonées. De même, le système de refroidissement des moteurs sera utilisé pour fournir l'eau chaude pour toutes utilisations par l'équipage. Le chauffage des quartiers du personnel à bord proviendra également de cette même source de chaleur. Sur le même principe, en été, les unités de refroidissement par absorption équiperont la climatisation des quartiers du personnel.

Dans le domaine du levage des mâts, pales, turbines et autres colis lourds impliqués dans le montage d'un parc éolien en mer, Aker Solutions a appliqué sa connaissance approfondie du marché de forage offshore pour développer un système de levage hydraulique continu sur jambage fixe, adapté aux hautes performances de l'installation d'éoliennes en mer. Ce système "Jack" possède de grands avantages notamment en matière de redondance. En ingénierie, on appelle redondance la multiplication de systèmes identiques au sein d'une même machine de façon à améliorer la fiabilité de cette dernière en cas de défaillance ; ainsi sur la navette spatiale certains systèmes étaient triplés. La redondance soit s'accompagner d'une dispersion physique de façon à ce que les systèmes redondants ne soient pas détruits en même temps que le système principal en cas de problèmes majeurs. La conception robuste du système "Jack" mis au point par Aker Solutions pour les opérations en environnements difficiles évite donc la redondance.
Ce nouveau concept-navire satisfera aux exigences de l'industrie avec un immense espace terrasse pour accueillir les matériaux (cf. photos) et une capacité de grue suffisante, toute l'année et par tous temps, pour être exploitée de façon rentable. Il est conçu pour fonctionner dans les zones soumises à contrôle d'émissions carbonées par l'Organisation maritime internationale.
A l'issue de l'annonce Pekka Riku Hägg, vice-président de Wärtsilä Ship Design, a déclaré en substance : "Il y a une importante demande de haute technologie pleinement intégrée à la conception des navires d'installation et une même demande de caractéristiques respectueuses de l'environnement. Nous nous attendons à obtenir les premières commandes cette année "

Sources. Sites liés. Photos © Wärtsilä

Lecteurs abonnés à la lettre quotidienne, vous qui recevez chaque jour l'article à domicile, ne manquez pas de vous rendre d'un clic sur le blog lui-même où des CORRECTIONS sont apportées en temps réel par l'auteur dans les articles, où une colonne DERNIÈRES NOUVELLES (à droite) et une colonne CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS (à gauche) sont réactualisées en permanence. Vous en apprendrez de belles... et dans toutes les langues !