Monday, March 28, 2011

Grand emprunt : 100 Labex dont 1 pour la mer...


PARIS - (France-U.E.) - 29/03/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - La liste des 100 projets gagnants de l’appel à projets des Labex (laboratoires d’excellence) brique-clé du Grand Emprunt a été dévoilée par Valérie Pécresse et François Fillon qui s'est réjoui devant l'auditoire des lauréats en ces termes : "Tous les secteurs innovants de notre économie vont être irrigués par ce programme"...
Le journal Le Monde du 25 mars 2011 en a révélé la liste complète. Sur les 241 dossiers déposés pour ce premier tour, 100 projets ont donc été sélectionnés, laissant une majorité de perdants, bien que selon René Ricol, commissaire général à l'investissement : "La partie n’est perdue pour personne" .
Les catégories gagnantes se répartissent comme suit :
- 25 % : sciences humaines et sociales.
- 23 % : biologie-santé.
- 17 % : sciences de l’univers.
- 15 % : sciences du numérique.
- 10 % : énergie (principalement photoltaïque et géothermique)
- 9 % : nanotechnologies.
Le montant remporté par chacun des vainqueurs sera précisé dans les semaines à venir, pour cet appel à projets doté, je le rappelle, d'un total d’1 milliard d’euros. 
Géographiquement la réussite se concentre sur l’Ile-de-France (55 labex) et l’axe Lyon-Montpellier avec des extensions vers Strasbourg et Bordeaux. Le Premier ministre a d'ailleurs remarqué que le Grand Ouest faisait figure de grand absent et souligné le besoin de renforcer la présence de ce territoire.
Dans le domaine marin proprement dit un seul vainqueur : le Labex "PROJET MER" porté par l' Université Européenne de Bretagne (UEB).
Le projet est intitulé "Excellence en Recherche Marine: l'océan dans le changement".
Il vise à renforcer les connaissances et la compréhension du fonctionnement de
l'océan, en particulier pour ce qui concerne les échanges d'énergies. Il permettra de mieux
connaître les transferts de carbone depuis les zones de production, les interactions
géobiologiques en milieux extrêmes et les transferts de matière entre le continent et
l'océan, depuis les zônes côtières jusqu'aux abysses. Les travaux concerneront aussi
l'influence des sociétés humaines sur l'océan avec un focus sur la zone côtière.
D'un point de vue scientifique, les recherches seront structurées autour de trois thèmes :
- l'océan global (transferts d'énergie dans l'océan, influence de la qualité de la matière
organique et de la complexité des réseaux trophiques dans le transfert du carbone) ;
- l'océan profond (interactions géobiologiques en milieux extrêmes, exploitation raisonnée
des ressources, transferts de matière depuis les continents jusqu'aux abysses) ;
- l'océan côtier (évolution de l'interface continentale, analyse, modélisation et simulation de
l'évolution de la biodiversité marine, conservation et restauration des espaces côtiers,
modélisation des interactions entre l'océan et les structures en milieu côtier).
Pour le citoyen, le projet MER permettra de mieux comprendre le rôle essentiel que joue l'océan, qui couvre 72 % de la surface de la Terre, dans l'équilibre social, économique et environnemental des pays de la planète. Grâce à la présence des végétaux marins, l'océan libère plus d'oxygène dans l'atmosphère que toutes les forêts du monde. Il joue un rôle fondamental dans la régulation du climat mondial : il échange de la chaleur et des gaz avec l'atmosphère grâce aux courants et aux vents qui balaient la surface de la mer. Pour ce Labex MER, le Responsable scientifique est Yves-Marie Paulet. La coordination scientifique est assurée par l'Université de Bretagne Occidentale qui s’appuie sur l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM) avec comme partenaires : Cnrs, Ifremer, IRD, Université de Bretagne Sud, Université Rennes 2, Université de Nantes, Université de Caen, Ecole centrale de Nantes (partenaire du projet SEMREV, la plate-forme de démonstration et d'expérimentation en pleine mer des technologies de récupération de l'énergie des vagues installée au large du Croisic.)
Ce système de recherche est basé sur le renforcement du Pôle Mer Bretagne à Brest, partenaire de notre blog. Il repose aussi sur un réseau de relations à l'échelle européenne : National Oceanography Centre, Southampton(NOCS) au Royaume-Uni, IFM-Geomar et The Alfred Wegener Institute (AWI) en Allemagne, Institute of Marine Research (IMR) de Bergen en Norvège ; et à l' échelle internationale : Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), Massachusets Institute of Technology (MIT) et The Scripps Research Institute aux Etats Unis et la Japan Agency for Marine-earth Science and TEChnology (JAMSTEC) au Japon.
Le projet MER a pour ambition de devenir un acteur incontournable au plan mondial en ce qui concerne l'enseignement des sciences marines. Il bénéficie pour ce faire de l'incubateur d'innovation que constitue le "Pôle Mer Bretagne" à vocation mondiale. La localisation de ce projet est à Plouzané en Bretagne.
D'autres détails sur ce labex sur le site de l'UEB ICI et réactions sur le blog Science et éthique.
Le second tour devra sélectionner les Initiatives d’excellence (IDEX, 7,7 milliards d’euros),

Sources . Sites liés. Photos essais du récupérateur d'énergie des vagues Searev © SEMREV © Ecole Centrale de Nantes

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Sunday, March 27, 2011

MARINE CURRENT TURBINES : vers un premier parc hydrolien de 10 MW


BRISTOL - (Royaume-Uni - U.E.) -- 28/03/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Marine Current Turbines Ltd (MCT) a annoncé ICI avoir présenté le 25 mars 2011, en partenariat avec le distributeur d'électricité RWE npower,(filiale de RWE) une demande d'autorisation concernant l'installation d'un parc d'hydroliennes en réseau d'une capacité de 10 MW. Le parc sera situé entre les îles Skerries et Carmel Head, à environ 1 km au large des côtes d'Anglesey. La date d'installation prévue est 2015. Ce parc hydrolien utilisant l'énergie des courants marins pour la transformer en électricité sera composé de sept doubles turbines rotor SEAGEN réparties sur une superficie de 0,56 km². Elles produiront suffisamment d'énergie pour alimenter plus de 10.000 foyers et constitueront le premier parc d'hydroliennes en réseau déployé au Pays de Galles.
Les hydroliennes SEAGEN à double rotor disposé de part et d'autre d'un mât fixé au fond marin ont la particularité de ressembler plus à des éoliennes qu'à des hydroliennes. Avec une partie de la structure dépassant de la surface, beaucoup de spécialistes les jugent encombrantes et déjà obsolètes. Elles sont néanmoins les toutes premières structures hydroliennes à avoir été testées en mer dès avril 2008, et à avoir passé avec succès tous les tests, grâce au prototype SeaGen de 1,2 MW déployé à Strangford Lough (Irlande du Nord) qui a la capacité de produire de l'électricité pour alimenter environ 1500 foyers. C'est donc une technologie éprouvée depuis maintenant 3 ans et officiellement accréditée par l'OFGEM, la structure britannique de régulation des marchés du gaz et de l'électricité, que MCT propose d'installer. Consultez la vidéo de cette installation et nos archives du 22 mai 2008 et du 27 juillet 2009.

Si le permis de construire est accordé à SeaGeneration Ltd (structure rassemblant MCT et RWE), ce projet sera bel et bien le premier parc hydrolien en réseau à démontrer la viabilité commerciale de cette technologie et sa capacité à assurer la production de suffisamment d'énergie à partir de sources marines renouvelables pour être pris définitivement au sérieux. Et oui car ce n'est, hélas, pas encore tout à fait le cas aujourd'hui pour les projets hydroliens d'où qu'ils viennent ! Je redirige le lecteur anglophone vers un excellent article de notre confrère britannique Tidal Today qui se posait, entre autres questions, celle-ci précisément.
Ce projet de parc hydrolien qui sera géré par SeaGeneration Ltd (pas encore de lien web ! ) coûtera environ £ 70 millions (€ 79,71 millions) et souhaite autant que possible associer à son développement les entreprises locales avec lesquelles SeaGeneration veut signer des contrats concernant l'assemblage, l'installation, l'exploitation et la maintenance des hydroliennes en réseau. Le projet devrait générer un grand nombre d'emplois dans la région en utilisant des compétences de pointe allant des métiers de la forge à ceux du contrôle de systèmes sophistiqués. Il devrait permettre également de stimuler la chaîne d'approvisionnement pour soutenir l'émergence du secteur des énergies renouvelables marines au Royaume-Uni et au Pays de Galles.
Martin Wright, PDG et fondateur de MCT, a tenu un discours un peu plus consistant que les habituelles congratulations de circonstance : " Notre technologie peut jouer un rôle important en aidant le Pays de Galles à réaliser ses objectifs en matière d'énergie renouvelable recommandés par le Gouvernement de l'Assemblée Galloise (Llywodraeth Cynulliad Cymru) dans sa déclaration de politique énergétique. Il vise à produire d'ici 2025, 10% de l'énergie consommée au Pays de Galles à partir de l'énergie des courants marins et de l'énergie des vagues, faisant du Pays de Galles une des toutes premières zones économiques sobres en carbone du Royaume-Uni. Ce projet devrait créer de nombreux nouveaux emplois verts. Dans le but de mener à bien la réalisation de ce parc, MCT a entrepris une série d'études environnementales et techniques et consulté un panel de résidents locaux ainsi que des organisations locales et nationales dont RSPB, Centre for Environment Fisheries & Aquaculture Sciences (CEFAS), Countryside Council for Wales et Maritime & Coastguard Agency (MCA) afin d'examiner l'impact du projet pendant sa durée de vie opérationnelle, soit environ 25 ans."
Joseph Kidd, chargé du Développement du projet chez MCT a précisé : " Nous souhaitons aussi nous engager à préserver les intérêts locaux en matière de loisirs et de plaisance notamment. Les groupes locaux de loisirs nautiques avec lesquels nous sommes en contacts ont tous réagi positivement à ce jour. Notre retour d'expérience sur l'implantation à Strangford Lough est extrêmement précieux pour faire progresser notre installation à Anglesey."
En septembre 2010, la société avait annoncé qu'elle s'associerait à ESB International pour envisager la possibilité de développer un mega-parc d'énergie hydrolienne d'une capacité de 100 MW au large de Antrim Cost (Irlande du Nord). MCT développe également un projet en Ecosse à Kyle Rhea dans les Western Isles pour juin 2013. L'an dernier en mars 2010, MCT a obtenu un bail du Crown Estate pour déployer des hydroliennes SeaGen au large de Brough Ness, sur la pointe la plus méridionale des îles Orcades (South Ronaldsay) et nord-est de John O'Groats. La société prévoit de déployer sa première phase de turbines SeaGen dans le courant de 2017 et de rendre l'ensemble pleinement opérationnel avant 2020. Rappelons aussi que MCT travaille avec le canadien Minas Basin Pulp & Power pour déployer un système unique SeaGen dans la baie de Fundy au Canada.

Sources ; Sites liés. Photos © MCT

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Friday, March 25, 2011

TESHMONT et sa technologie HVDC au centre du super réseau offshore nord-américain





WASHINGTON - (Etats-Unis ) - CALGARY (Canada) - 25/03/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Le spécialiste canadien des infrastructures de transmission électrique Teshmont a fait savoir voici quelque temps déjà (Offshore HVDC ICI) que l'entreprise avait été sélectionnée par Atlantic Grid Development (AGD) pour réaliser la connexion entre eux et le réseau des futurs parcs éoliens offshore de la façade atlantique, partie du mega-projet Atlantic Wind Connection (AWC). Le projet AWC consiste à mettre en place offshore, une liaison haute tension à courant continu (HVDC) qui aurait la forme, si on peut dire, d'une gigantesque épine dorsale sous-marine (cf. carte) destinée à faciliter la connexion au réseau des 6000 MW d'énergie éolienne en mer prévus par le gouvernement américain tout le long de la côte est des États-Unis. Je rappelle que le gouvernement des Etats-Unis a évalué le potentiel total de sa façade atlantique en matière d'éolien offshore à 60.000 MW ! Ce mega-projet de connexion et de transport, sur de longues distances, de puissances électriques très importantes avait été annoncé à Washington en octobre 2010. Il réunit d'ores et déjà des partenaires de poids comme Trans-Elect Development Company, DC Interconnect, Dewey & LeBoeuf et des parrainages prestigieux comme ceux de Good Energies, Google, que l'on ne présente plus, et la multinationale japonaise Marubeni.

Dans ce projet, c'est un rôle très important que Teshmont a commencé à jouer en appuyant Atlantic Grid Development dans de nombreux domaines d'actions. Il ne s'agira pas simplement pour Teshmont d'élaborer de grosses infrastructures de transmission mais de réaliser des études d'intégration de systèmes, de développer des modèles conceptuels inédits, d'élaborer de nouvelles spécifications techniques et aussi... de piloter des études environnementales et de plancher sur la rédaction de règlements inédits jusqu'alors. Enfin Teshmont devra assurer le suivi de la fabrication et l'installation des structures et participer à leur mise en test puis à leur mise en service.
Ce projet a déjà bénéficié d'un appui gouvernemental concret avec la présentation d'une demande d'ajustement tarifaire auprès de l'autorité qui régule le prix de l'énergie aux Etats-Unis, la FERC (Federal Energy Regulatory Commission). La demande, appuyée par de nombreux rapports scientifiques, s'attache à démontrer comment la technologie flexible HVDC peut être utilisée pour relier efficacement la production d'énergie éolienne offshore au réseau PJM existant (déjà très congestionné), le but étant d'améliorer la capacité de PJM à faire fonctionner son réseau d'une manière qui en accroisse la fiabilité et l'efficacité en matière de répartition. Dans cette demande, certains témoignages scientifiques ont insisté à nouveau sur le rôle du projet pour favoriser le développement d'une industrie éolienne offshore américaine qui créera des emplois et favorisera la croissance économique dans ses Etats côtiers de la façade atlantique. "C'est un projet sans précédent qui nous permet de repousser les limites technologiques en matière de transmissions CCHT" a déclaré Ralph Kurth, Président de Teshmont. "Nous sommes très heureux de jouer un rôle majeur dans ce projet novateur" . La construction de la première des cinq phases du projet a d'ores et déjà été planifiée pour 2013.

Sources. Sites liés . Carte ©AWC © Google

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Thursday, March 24, 2011

COLUMBIA POWER TECHNOLOGIES et le prototype SEA RAY


CORVALLIS - (Oregon - Etats-Unis) - 24/03/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Les grands centres mondiaux d'exploitation des énergies renouvelables marines ont commencé à se mettre en place un peu partout dans le monde. En Europe le plus actif est sans doute l'EMEC installé en Ecosse. Aux Etats-Unis, c'est l'Etat de l'Oregon qui se place en pointe de l'industrie naissante de l'exploitation de l'énergie des vagues. La compagnie Columbia Power Technologies Inc, située dans l'Etat de l'Oregon, vient ainsi d'annoncer le déploiement avec succès sur le site de Puget Sound de son prototype SEA RAY, exploitant la technologie de conversion de l'énergie des vagues (offshore) en électricité. Ces premiers essais en mer représentent, comme pour tous les prototypes portés à l'échelon commercial, un jalon important vers la viabilité du projet. Le récent bouclage avec succès d'un tour de table financier visant à recueillir des capitaux (dont le montant n'a pas été divulgué) a réuni deux bailleurs de fonds publics et privés, ce qui valide l'excellente impression donnée aux investisseurs par Columbia Power Technologies. Fondée en 2005 avec une technologie sous licence de l'Oregon State University, la société Columbia Power Technologies est une filiale de Greenlight Energy Resources Inc, holding qui regroupe plusieurs activités dans le domaine des énergies renouvelables (solaire, éolien, houlomoteur et biocarburants). Columbia Power Technologies apparaît d'ores et déjà aux yeux de nombreux spécialistes comme un leader dans le secteur émergent de l'énergie des vagues aux Etats-Unis.
La technologie, qui pour l'instant porte le nom de code SEA RAY, est un dispositif de troisième génération qui utilise un nouveau système de récupération d'énergie des vagues reposant sur une technique à entraînement direct et un générateur à aimant permanent. Cela lui permet de récupérer jusqu'à deux fois plus d'énergie à partir des vagues par rapport à d'autres technologies en cours de développement. La conception unique du SEA RAY lui permettrait de produire de l'électricité même dans des conditions de mer défavorables, ce qui assure un taux de conversion d'énergie plus élevé et plus constant. Les autres qualités technologiques mises en avant par la compagnie sont : la robustesse du dispositif, sa simplicité et sa capacité à fournir de l'énergie à un coût compétitif. L'ambition de Columbia Power Technologies est de fournir des appareils capables de fonctionner dans le monde entier en tenant compte des conditions de mer difficiles dans certaines parties du globe.
Selon Reenst Lesemann, un des responsables de Columbia Power Technologies : "Le SeaRay se comporte pour l'instant au-delà de nos attentes. Notre tâche est de démontrer aux services publics et aux producteurs d'électricité indépendants que nous pouvons les aider à fournir une puissance prévisible, fiable et à un coût concurrentiel. Nous mettons tout en oeuvre pour pouvoir prouver cela dans un délai très rapide. "
Vidéo de démo du Sea Ray

Sources. Sites et vidéos liés. Photos : Sea Reay © Columbia Power Technologies

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Wednesday, March 23, 2011

Japon : les éoliennes offshore ont résisté et fonctionnent



TOKYO - (Japon) - 23/03/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Contrairement à ce que disaient les détracteurs de l'éolien qui prédisaient l'écroulement des mâts et turbines au moindre séisme et leur manque de résistance au tsunami, les éoliennes (onshore et offshore) installées au Japon ont non seulement résisté au plus fort séisme jamais enregistré dans l'histoire du pays mais aussi au tsunami de l'ampleur que l'on sait. Dans un très intéressant article que Kelly Rigg, directrice de GCCA (Global Campaign for Climate Action), a signé dans The Hufftington Post du 22 mars 2011, elle fait état des correspondances qu'elle a échangées avec les responsables de l'éolien japonais sur la stabilité du réseau électrique éolien pendant la crise. Il ressort de ces correspondances que toutes les éoliennes japonaises actuellement en fonction ont survécu au tremblement de terre, y compris les turbines semi-offshore situées à proximité de l'épicentre du séisme comme celle de Kamisu (photo) située à 300 km de l'épicentre. Ce dernier parc a aussi résisté au tsunami, validant du même coup les normes anti-sismiques qui ont présidé à son élaboration, comme sans doute les plus fiables du monde ! Plus : ce sont les parcs éoliens japonais qui pendant la défection de la centrale nucléaire de Fukishima assurent l'alimentation en électricité de la région de Tokyo.

Kelly Rigg fait notamment état des informations que lui a communiquées Yoshinori Ueda, responsable de la JWPA (Japan Wind Power Association). Mr Ueda a confirmé que quasiment toutes les turbines éoliennes du pays étaient opérationnelles après avoir subi séisme et tsunami et que la minorité qui ne l'est pas nécessite des réparations infimes qui vont être rapidement effectuées. Le développeur de parc éolien Eurus Energy Japan a fait savoir de son côté que 174,9 MW de capacité étaient disponibles grâce aux 8 parcs éoliens en fonctionnement, soit 64 % de la capacité totale des 11 parcs existants dans la partie est du Japon. Les trois parcs onshore manquants (Kamaishi 42,9 MW, Takinekoshirai 46 MW, Satomi 10,02 MW) ont été arrêtés à cause de problèmes de connexion dûs principalement à des ruptures de câbles entre les générateurs et le réseau consécutives au séisme.

Selon l'EWEA, trois parcs éoliens offshore (il serait plus juste de dire nearshore) sont actuellement en fonctionnement au Japon ; il s'agit de :
1. Parc éolien nearshore de Kamitsu 14 MW (latitude 38,967°; longitude 139,822°), développé par Komatsuzaki entré en fonction en mars 2010 qui fait tourner 7 turbines Subaru 80/3.0 de 2 MW (filiale de Fuji Heavy Industries et de Hitachi).
2. Parc éolien nearshore de Sakata 10 MW (latitude 35,881°; longitude 140,736°), développé par Summit Wind Power entré en fonction le 31 janvier 2004 qui fait tourner 5 turbines Vestas V80.2.9 de 2 MW.
3. Parc éolien offshore de Setana 1 MW (latitude 42,443°; longitude 139,839°) développé par la Municipalité de Setana installé en juin 2003 et entré en fonction en avril 2004, qui fait tourner 2 (antiques) turbines Vestas V47 de 0,66 MW. C'est le tout premier système éolien offshore mis en place au Japon et les premiers essais de fondations anti-sismiques et de mâts anti-tsunami (apparemment très résistants donc) construits par Penta Ocean Construction et Kawasaki Heavy Industries ... dont on ne peut qu'admirer le savoir-faire industriel.
Un autre parc est en projet qui doit entrer en fonction en juin 2012. Il est développé par l'opérateur électrique japonais TEPCO avec l'aide technique de NEDO.
Alors que de nombreuses actions de la Bourse de Tokyo ont chuté depuis le début de la crise de Fukushima, le prix de l'action du JWD (Japon Wind Development) est passé de ¥ 31.500 le 11 Mars à ¥ 47.800 le 16 mars.
C'est un signe qui ne trompe pas d'un virage que tous voudraient durable (dans tous les sens du terme !) .

Sources. Sites liés. Photos 1. La centrale éolienne nearshore de Kamisu (Japon). 2. Turbine Vestas ©Vestas 3. Turbine Subaru ©Subaru Wind.


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Tuesday, March 22, 2011

ALSTOM et CONVERTEAM : une étape supplémentaire vers une 6 MW française



PARIS - (France- U.E.) - 22/03/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Au début de l'année (cf notre article du 21 janvier 2011), Alstom et EDF Energies Nouvelles (EDF-EN) annonçaient qu'ils s'associaient pour répondre à l'appel d'offres lancé en France sur les projets de sites éoliens offshore de 3 GW, sans doute avec une turbine d'une puissance supérieure à 5 MW. La faisabilité d'une turbine française de 6 MW devenait dès lors une forte probabilité. Moins d'un mois plus tard (cf. notre article du 11 février 2011), Alstom et LM Power signaient un accord pour développer la plus longue pale éolienne du monde, destinée à une éolienne offshore d'une capacité de génération électrique de 6 MW. Le projet d'une éolienne offshore Alstom de 6 MW, bien qu'encore très loin d'être réalisé, devenait un projet concret. Dans un communiqué de presse diffusé le 15 mars 2011, le géant mondial de la conversion électrique Converteam annonçait qu'il venait de signer un accord de partenariat avec Alstom en vue de créer "le plus grand générateur à aimant permanent et entraînement direct au monde, destiné à équiper une éolienne". Ce sont deux prototypes d'éolienne offshore de 6 MW d'Alstom basés sur la technologie ALSTOM PURE TORQUE™ que Converteam équipera. Ils seront installés en mer (mais aussi sur terre) quelque part en Europe à la fin de l'année 2011 et au début de 2012. Le système PURE TORQUE™ d'Alstom dont j'ai déjà longuement parler dans les articles précédents, améliore les performances du générateur ; le faible nombre de pièces rotatives impliquées augmente la fiabilité et réduit les frais d'entretien de la turbine. Cette nouvelle génération de turbine 6 MW d'Alstom est donc créée avec l'ambition clairement affichée de réduire le coût de l'énergie produite par l'éolien offshore, ce qui est, on le sait, un défi qui préoccupe tous les fabricants mondiaux, chinois y compris.
Mais Alfonso Faubel, Vice Président d'Alstom Power Wind, a tenu à préciser qu'il développait effectivement "une turbine solide, simple et efficace qui ferait baisser le prix l'éolien offshore. Alstom place la qualité de sa production en exergue de cette démarche industrielle. C'est pourquoi un partenariat a été choisi avec le meilleur spécialiste mondial du domaine, Converteam en l'occurrence. Il ne peut pas y avoir de compromis sur la qualité quand il s'agit d'un produit destiné à être utilisé dans un des environnements industriels et environnementaux les plus exigeants du moment".
Baisse de prix certes, mais sans compromis sur la qualité donc... Une pierre dans le jardin des fabricants chinois et indiens.
Dans l'accord de partenariat signé le 15 mars, Converteam s'engage à fournir de son côté à Alstom un élément complémentaire important : le générateur à aimant permanent et entraînement direct « Advanced High Density » (AHD), qui passe pour être le plus performant. Converteam a dans ce domaine une expérience indubitable depuis le premier générateur livré en 2004 et se place largement en tête du marché mondial des équipementiers indépendants avec 22 GW équipés.

Sources.Sites liés.Photos©Alstom

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Monday, March 21, 2011

Hammerfest Strøm : feu vert pour un parc hydrolien de 10 MW


EDIMBOURG - (Ecosse- Royaume Uni- U.E.) - 21/03/2011 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Le Gouvernement écossais a fait savoir le 17 mars 2011 qu'il venait d'approuver le projet en cours de ScottishPower Renewables (SPR) de développer 10 MW d'énergie des courants dans le détroit d'Islay. Ces 10 MW seront obtenus grâce à l'installation de 10 turbines hydroliennes HS 1000 Hammerfest Strøm de 1 MW chacune développées par AS, une société en partie détenue par Iberdrola dont SPR est, elle-même, une filiale.
La technologie hydrolienne Hammerfest Strøm qui produit de l'électricité en Norvège depuis plus de 6 ans est plutôt considérée comme l'une des plus avancées au monde dans le domaine. La compagnie est en ce moment même en train de construire sa première HS 1000 qui doit entrer en fonction avant l'été 2011 à l'EMEC, au large des Iles Orcades.

En 2005, Hammerfest Strøm avait construit sa première HS 300, un prototype de 300 kV qui avait été déployé à 50 mètres de profondeur à Kvalsund dans le nord de la Norvège. En 6 années, la turbine a eu le temps de subir tous les tests possibles de développement, de mise en opération dans des conditions extrêmes et dans toutes les phases d'entretien. La HS 300 a largement donné satisfaction au constructeur.
La HS 1000 est une adaptation à des puissances supérieures de la HS 300. Quelques changements structurels ont été apportés. Au-delà des plus immédiatement visibles (ceux qui concernent sa taille), les autres sont assez jalousement préservés par le constructeur. Les deux types de turbines peuvent être installés sur des fonds variant de 40 à 100 mètres de profondeur où transitent des courants marins supérieurs à 2,5 m/s (détroits, passes, estuaires, bras de mer). Les pales sont orientables et pilotables à distance en fonction du sens du courant. Les hydroliennes reposent en zone stable sur une base tripode posée directement sur le plancher océanique par l'attraction gravitationnelle et par un système de ballast. Elles ne nécessitent pas de fondations. Une fois installées (ou plutôt coulées) les turbines sont parfaitement invisibles et insonores en surface, ne gênant en rien la circulation des navires.

L'endroit où Hammerfest Strøm prévoit de les installer, le détroit d'Islay, fait partie de la cinquantaine de détroits reliant entre elles les îles cartographiées en Ecosse. Ces détroits vont du petit chenal d'une vingtaine de mètres de largeur au véritable bras de mer . Ils se répartissent dans les archipels des Iles Shetland, des Iles Orcades (Orkney), des Iles Hébrides Intérieures et Hébrides Exterieures. Le détroit d'Islay se trouve dans l'archipel des Hébrides Intérieures et sépare l'île d'Islay de l'île de Jura. La force des courants circulant dans ces détroits a fait considérer cette région d'Ecosse comme une des meilleures ressources mondiales d'énergie des courants marins. Ce n'est pas un hasard si l'incubateur des technologies marines EMEC a été installé dans les îles Orcades qui comptent, à elle seules, une quinzaine de ces tumultueux détroits. Le projet d'implantation à Islay d'un parc hydrolien de 10 MW est appelé à jouer un rôle-clé dans le déploiement à grande échelle de la technologie. Il s'agira notamment de développer une meilleure compréhension des aspects techniques liés à la problématique de l'exploitation d'hydroliennes en batterie (entretien, rotation, impacts environnementaux, etc...) et de proposer de nouveaux systèmes pour surveiller et analyser leurs performances. Le site du détroit d'Islay a été choisi par SPR après une recherche menée sur l'ensemble des sites hydroliens potentiels du Royaume-Uni. Le détroit d'Islay a été jugé le plus apte à héberger le parc démonstrateur pour trois raisons : la constance et la force de sa ressource en courants ; sa situation géographique qui le met à l' abri des tempêtes ; la proximité d'un réseau électrique existant auquel se raccorder.

Pour ScottishPower, Keith Anderson a dit dans une longue déclaration : "L'énergie des courants est considérée depuis longtemps comme l'une des plus précieuses ressources d'énergie renouvelable d'Ecosse. Son potentiel est discuté et analysé depuis déjà de très nombreuses années. L'annonce qui est faite aujourd'hui se place en amont de ce qui se tente en matière d'industrie marine des énergies renouvelables en Ecosse et au Royaume-Uni. L'approbation d'un projet d'une telle ampleur est une première en Ecosse, mais c'est aussi une première mondiale en matière d'exploitation d'hydroliennes en batterie. Le retour d'expérience que nous allons acquérir d' Islay sera essentiel dans la réalisation des grands projets prévus à Pentland Firth. Les premiers essais de la turbine HS 1000, qui vont être menés dans les Orcades cette année, nous aideront à finaliser notre calendrier pour le projet de démonstrateur à Islay et à planifier l'installation de machines entre 2013 et 2015. Nous soutenons pleinement le gouvernement écossais dans son désir de développer une importante industrie des énergies renouvelables marines en Ecosse avec ce que cela implique en terme d'emploi et de potentiel économique. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour continuer à le soutenir au travers de nos projets."
Il a cependant fini par décocher une flèche en direction de l'énergie des vagues, en relevant que le gouvernement écossais semblait plus volontariste dans sa politique de soutien à la filière marine houlomotrice qu'à la filière marine hydrolienne. Il faut signaler que de leur côté les industriels de la filière houlomotrice disent exactement la même chose de la filière hydrolienne ! Chacun y retrouvera sans doute ses petits, mais bon sens voudrait que l'on ne se tire pas dans les pales avant même d'avoir commencé !
John Swinney, du Cabinet du Secrétaire des Finances et du Développement durable, a déclaré : " ScottishPower Renewables va travailler en harmonie avec l'environnement et l'utilisation de la puissance des courants marins dans le détroit d'Islay pour générer assez d'énergie verte pour parvenir à doubler le nombre de maisons sur Islay. Il n'y a tout simplement aucun effort comparable consenti où que ce soit, ailleurs dans le monde. "

Durant les 2 années qui viennent de s'écouler, SPR a déjà travaillé en étroite collaboration avec Islay Energy Trust (IET)
pour mettre en place l'implantation du projet sur l'île d'Islay en injectant les financements nécessaires et en impliquant au maximum la population locale. Et elle joue le jeu ! Une majorité de résidents s'impliquent désormais dans le projet et £ 160.000 sur les £ 500.000 prévues pour l'achèvement de la phase de développement du projet ont déjà été investies. Philip Maxwell, président de IET, a salué la coopération fructueuse avec SPR en ces termes : "Ce que nous avons réalisé ensemble à ce jour avec ce projet constitue une nouvelle référence pour les entreprises : la coopération communautaire. IET attend avec impatience de bâtir sur ce modèle avec SPR et d'autres développeurs pour une exploitation future de l'énergie marine et éolienne offshore autour d'Islay."
Un accord commercial a été signé avec Diageo, un des plus grands distillateurs d'Islay, pour fournir de l'électricité d'origine hydrolienne à huit de ses distilleries et malteries.

A consulter : Vidéo d'installation (préfiguration) de l'hydrolienne HS 1000

Sources. Sites lié. Photos : Hydrolienne HS 1000 ©Hammerfest Strøm


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