Showing posts with label Déclarations officielles. Show all posts
Showing posts with label Déclarations officielles. Show all posts

Friday, May 13, 2011

Conseil européen : « Aucune politique de l'énergie sans ingénieurs ».


Bruxelles – (UE) – 13/05/2011 – 3B Conseils - Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen place l’énergie en tête des agendas politiques avec comme première préoccupation, la sécurisation de l'approvisionnement dans le cadre de la présidence hongroise de l’Union européenne qui prendra fin le 31 juin. Le World Energy Outlook 2010 de l'Agence internationale de l'énergie présente une hausse globale de 30% de la demande d'énergie d’ici à 2035, 93% de cette croissance proviendront de pays non membres de l'OCDE, 36% proviennent d'un pays, la Chine.

La deuxième préoccupation est les prix du pétrole et du gaz dont l’augmentation est dûe à leur raréfaction. Leurs cours sont devenus très volatils, avec des hausses importantes en 2008 et 2011, et devraient continuer à augmenter. En contrepartie, la hausse des prix peut conduire à une utilisation plus modérée de l'énergie. Depuis les premiers chocs pétroliers en 1973, l'intensité énergétique (la consommation d'énergie par unité de PIB produite) a diminué de 40% à 50% dans les pays industrialisés.

Le troisième défi est d’ordre environnemental. C’est le mérite de la Conférence de Copenhague fin 2009 d’avoir démontré qu’il fallait agir collectivement pour lutter contre le changement climatique.

Pour la première fois, en février 2011, un Conseil européen avait été consacré à fixer des priorités stratégiques dans le domaine de l'énergie, avec :

  • la mise en place d’un marché intérieur de l'énergie d'ici 2014,
  • davantage d’investissement dans les infrastructures énergétiques et le gaz
  • les interconnexions pour le gaz et l'électricité, l'adaptation des réseaux, sur le rivage et au large des côtes.
  • la croissance à faible intensité carbonique, avec des politiques climatiques très ambitieuses alors que nous sommes en pleine période de crise économique, et le démarrage d’une nouvelle croissance verte « pierre angulaire de la stratégie de UE pour 2020 ».
Le prochain Conseil européen du 24 juin permettra d'évaluer si les programmes de réforme nationaux des États membres ont fait les bons choix.

« Le chiffre d'affaires sur les marchés européens pour les produits à faible émission de carbone, en faveur de l'environnement et des technologies vertes s’élève à 300 milliards d'euros et ils fournissent de l'emploi à 3, 5 millions de personnes ».

La feuille de route pour 2050 en ce qui concerne la diminution des émissions carbones a été présentée par la Commissaire Connie Hedegaard le 8 mars 2011. Les dirigeants ont également décidé que les marchés publics pour les bâtiments publics et les services répondront à des normes d'efficacité énergétiques à partir de 2012 (cf. le plan d'efficacité énergétique (8 mars également) du Commissaire Günther Oettinger). Ces défis nécessitent des investissements majeurs. Les estimations de la Commission montrent que dans les 10 années à venir, 1 milliard d'euros seront nécessaires pour investir dans les infrastructures de production et de transport. Le secteur privé doit prendre les devants, mais les pouvoirs publics doivent encourager les investissements.

A travers le budget de l'Union, il y a un risque que la pression actuelle sur les budgets nationaux entraîne des réductions de croissance. Ce serait dramatique! Les investissements dans la sécurité énergétique et les technologies innovantes sont des moteurs de la croissance économique. C'est pourquoi les dirigeants européens ont convenu que dans la conduite de l'assainissement budgétaire, les dépenses favorisant la croissance durable dans les secteurs tels que l'énergie et l'innovation demeurent une priorité. "Je suis heureux de voir que certains États membres ont déjà choisi le maintient, voire l'augmentation des investissements publics dans ces domaines."

L'UE a investi près de 4 milliards d'euros dans les interconnexions, les projets off-shore éoliens et les projets de captage et de stockage. L'effet de levier est spectaculaire. Pour les 2,3 milliards d'euros investis dans les interconnexions, par exemple, la Commission européenne a calculé que cela engendrerai des investissements nationaux et privés, d’une valeur de quelques 22 milliards d'euros pour les 3-5 prochaines années. Une multiplication par 10! La Commission européenne présentera son rapport en Juin au Conseil sur les besoins d'investissement et des suggestions pour les couvrir.

Le Gaz et le charbon représentent actuellement une part importante de notre bouquet énergétique. Cela peut changer si nous sommes capables de faire preuve d'innovation. 12 projets pilotes ont été lancés en Europe sur le captage et le stockage de l’énergie.
Une question ouverte aujourd'hui dans l'UE porte sur les gaz non classiques. Nous savons que pour les États-Unis, le gaz de schiste a rapidement créé des opportunités de marché énormes. Des rapports récents montrent que le potentiel en Europe est prometteur. D’un autre côté, nous ne pouvons pas négliger les effets sur l'environnement. Nous devrons répondre à cette question très attentivement.(abrogation des permis exclusifs de recherches d'hydrocarbures non conventionnels et interdiction de leur exploration et leur exploitation sur le territoire national, Assemblée nationale)

Les événements récents au Japon ont à nouveau souligné l'importance de la sûreté nucléaire dans le monde entier et le Conseil européen de mars l’a longuement évoqué. Ce n'était pas un débat sur le choix de l'énergie nucléaire en lui-même, nous respectons l'autonomie des États membres. Nous avons tiré les leçons de ces événements.

"Nous avons souligné que seuls les plus hauts standards de sécurité sont acceptables dans l'UE et que nous attendons de nos pays voisins d'avoir une approche similaire. En décembre, le Conseil européen évaluera les premiers résultats sur la base du rapport de la Commission européenne. La sûreté nucléaire restera un sujet de préoccupation pour le Conseil européen…. (alors que l’accident de FUKUSHIMA est considéré comme accident maximal dans le réacteur N°1 ) Bien sûr, nous ne réussirons que si les esprits novateurs trouvent des solutions intelligentes. Aucune politique de l'énergie sans ingénieurs ».

Article BB, traduction MG, 3B Conseils

Sources :


La reproduction partielle ou totale, par toute personne physique ou morale et sur tout support, des documents et informations mis en ligne sur ce blog-médias sans autorisation préalable de 3B Conseils et mention de leur origine, leur date et leur auteur est strictement interdite et sera susceptible de faire l’objet de poursuites.




Monday, March 28, 2011

Grand emprunt : 100 Labex dont 1 pour la mer...


PARIS - (France-U.E.) - 29/03/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - La liste des 100 projets gagnants de l’appel à projets des Labex (laboratoires d’excellence) brique-clé du Grand Emprunt a été dévoilée par Valérie Pécresse et François Fillon qui s'est réjoui devant l'auditoire des lauréats en ces termes : "Tous les secteurs innovants de notre économie vont être irrigués par ce programme"...
Le journal Le Monde du 25 mars 2011 en a révélé la liste complète. Sur les 241 dossiers déposés pour ce premier tour, 100 projets ont donc été sélectionnés, laissant une majorité de perdants, bien que selon René Ricol, commissaire général à l'investissement : "La partie n’est perdue pour personne" .
Les catégories gagnantes se répartissent comme suit :
- 25 % : sciences humaines et sociales.
- 23 % : biologie-santé.
- 17 % : sciences de l’univers.
- 15 % : sciences du numérique.
- 10 % : énergie (principalement photoltaïque et géothermique)
- 9 % : nanotechnologies.
Le montant remporté par chacun des vainqueurs sera précisé dans les semaines à venir, pour cet appel à projets doté, je le rappelle, d'un total d’1 milliard d’euros. 
Géographiquement la réussite se concentre sur l’Ile-de-France (55 labex) et l’axe Lyon-Montpellier avec des extensions vers Strasbourg et Bordeaux. Le Premier ministre a d'ailleurs remarqué que le Grand Ouest faisait figure de grand absent et souligné le besoin de renforcer la présence de ce territoire.
Dans le domaine marin proprement dit un seul vainqueur : le Labex "PROJET MER" porté par l' Université Européenne de Bretagne (UEB).
Le projet est intitulé "Excellence en Recherche Marine: l'océan dans le changement".
Il vise à renforcer les connaissances et la compréhension du fonctionnement de
l'océan, en particulier pour ce qui concerne les échanges d'énergies. Il permettra de mieux
connaître les transferts de carbone depuis les zones de production, les interactions
géobiologiques en milieux extrêmes et les transferts de matière entre le continent et
l'océan, depuis les zônes côtières jusqu'aux abysses. Les travaux concerneront aussi
l'influence des sociétés humaines sur l'océan avec un focus sur la zone côtière.
D'un point de vue scientifique, les recherches seront structurées autour de trois thèmes :
- l'océan global (transferts d'énergie dans l'océan, influence de la qualité de la matière
organique et de la complexité des réseaux trophiques dans le transfert du carbone) ;
- l'océan profond (interactions géobiologiques en milieux extrêmes, exploitation raisonnée
des ressources, transferts de matière depuis les continents jusqu'aux abysses) ;
- l'océan côtier (évolution de l'interface continentale, analyse, modélisation et simulation de
l'évolution de la biodiversité marine, conservation et restauration des espaces côtiers,
modélisation des interactions entre l'océan et les structures en milieu côtier).
Pour le citoyen, le projet MER permettra de mieux comprendre le rôle essentiel que joue l'océan, qui couvre 72 % de la surface de la Terre, dans l'équilibre social, économique et environnemental des pays de la planète. Grâce à la présence des végétaux marins, l'océan libère plus d'oxygène dans l'atmosphère que toutes les forêts du monde. Il joue un rôle fondamental dans la régulation du climat mondial : il échange de la chaleur et des gaz avec l'atmosphère grâce aux courants et aux vents qui balaient la surface de la mer. Pour ce Labex MER, le Responsable scientifique est Yves-Marie Paulet. La coordination scientifique est assurée par l'Université de Bretagne Occidentale qui s’appuie sur l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM) avec comme partenaires : Cnrs, Ifremer, IRD, Université de Bretagne Sud, Université Rennes 2, Université de Nantes, Université de Caen, Ecole centrale de Nantes (partenaire du projet SEMREV, la plate-forme de démonstration et d'expérimentation en pleine mer des technologies de récupération de l'énergie des vagues installée au large du Croisic.)
Ce système de recherche est basé sur le renforcement du Pôle Mer Bretagne à Brest, partenaire de notre blog. Il repose aussi sur un réseau de relations à l'échelle européenne : National Oceanography Centre, Southampton(NOCS) au Royaume-Uni, IFM-Geomar et The Alfred Wegener Institute (AWI) en Allemagne, Institute of Marine Research (IMR) de Bergen en Norvège ; et à l' échelle internationale : Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), Massachusets Institute of Technology (MIT) et The Scripps Research Institute aux Etats Unis et la Japan Agency for Marine-earth Science and TEChnology (JAMSTEC) au Japon.
Le projet MER a pour ambition de devenir un acteur incontournable au plan mondial en ce qui concerne l'enseignement des sciences marines. Il bénéficie pour ce faire de l'incubateur d'innovation que constitue le "Pôle Mer Bretagne" à vocation mondiale. La localisation de ce projet est à Plouzané en Bretagne.
D'autres détails sur ce labex sur le site de l'UEB ICI et réactions sur le blog Science et éthique.
Le second tour devra sélectionner les Initiatives d’excellence (IDEX, 7,7 milliards d’euros),

Sources . Sites liés. Photos essais du récupérateur d'énergie des vagues Searev © SEMREV © Ecole Centrale de Nantes

Lecteurs abonnés à la lettre quotidienne, vous qui recevez chaque jour l'article à domicile, ne manquez pas de vous rendre d'un clic sur le blog lui-même où des CORRECTIONS sont apportées en temps réel par l'auteur dans les articles, où une colonne DERNIÈRES NOUVELLES (à droite) et une colonne CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS (à gauche) sont réactualisées en permanence.

Monday, March 7, 2011

Nucléaire ou énergies renouvelables ?

France (U.E) 07/03/2011 - 3B Conseils - BB - Une hausse de 5% du prix du gaz est prévue le 1er avril. Avec les événements du Moyen Orient et alors que les prix des matières premières étaient stables la France reste protégée malgré son manque de production par des énergies renouvelables. Eric Besson avait réagi mercredi dernier à l'augmentation du prix de l'énergie et tout particulièrement concernant l'essence dont le prix à la pompe n'a cessé de grimper depuis ces derniers mois. Après avoir rappelé que l'augmentation des prix du carburant en France est liée à celle des cours mondiaux soit une augmentation depuis le 1er janvier, de 6,5% pour le gazole et de 4% pour le super, Eric Besson, pense que "la France doit investir dans des véhicules plus économes et dans des énergies alternatives au pétrole."

Pour y arriver, il indique avoir prorogé d'une part le bonus-malus automobile, et compte vouloir investir "1 milliard d'€ pour le véhicule du futur". Les énergies renouvelables devraient apporter leur contribution, puisqu'il précise que la capacité photovoltaïque français "aura triplé en deux ans", qu'un appel d'offres pour la construction d'un premier parc éolien offshore aura été lancé, et que les concessions hydroélectriques seront renouvelées.

 Toujours selon le Ministre de l'énergie, "l'énergie nucléaire permet aujourd'hui aux Français de bénéficier d'une électricité 40% moins chères que dans les autres pays européens. "En euros constant le prix facturé aux ménages a baissé de 20% en vingt ans. Je souhaite maintenir cet avantage compétitif du nucléaire, au bénéfice des Français. Notre électricité nucléaire doit être un atout majeur face à la montée du prix des hydrocarbures" a t'il ajouté. Parallèlement, la Guyane a obtenu jeudi dernier, par arrêté préfectoral, l'autorisation de réaliser le forage pétrolier (en offshore) le plus profond jamais réalisé sur notre territoire. Situé au large de Cayenne, le forage sera réalisé par la compagnie britannique Tullow Oil à une profondeur record de 6000 mètres (2000 m de colonne d'eau et 4000 m de sous-sol océanique).

Cette opération doit durer entre 2 et 3 mois, nécessitera entre 100 et 150 millions d'€ d'investissements. Shell France et Total sont les principaux contributeurs (respectivement 45% et 25%, le solde revenant au britannique, Northern Petroleum). Grâce à la plate-forme ENSCO 8503, Tullow Oil espère ainsi extraire du puits entre 40 millions et 1 milliard de barils.

Ces annonces interviennent alors que le Gouvernement va publier dans les prochaines semaines le nouveau cadre réglementaire de fonctionnement du marché de l'électricité (loi NOME), que les développeurs souhaitent que les discussions sur le prix de rachat pour l'énergie photovoltaïque soient relancées et que l'appel d'offres sur les énergies renouvelables de la mer est toujours en gestation.

Sources : Enerzine - ministère des Finances.

Tuesday, February 1, 2011

L'éolien offshore français en Conseil des ministres

PARIS (France -U.E.) - 02/02/2011- 3B Conseils - De nombreux lecteurs ont réclamé le texte du communiqué officiel concernant l'énergie éolienne offshore en France émanant du Conseil des ministres du 26 janvier 2010. Comme il n'est pas disponible par simple activation de lien, le voici donc ci-dessous. Cela permet de préciser certains points concernant notamment la puissance maximale autorisée par l'Etat sur les 5 zones propices désignées.

TEXTE DU COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU 26 JANVIER 2010 :
La ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement a présenté une communication relative au lancement du programme de développement de l’énergie éolienne en mer.
La politique de la France en matière d’énergies renouvelables s’inscrit dans le cadre du Grenelle de l’environnement et des engagements pris par l’ensemble des pays européens lors de la présidence française de l’Union européenne. Il s’agit pour la France d’atteindre l’objectif de 23 % d’énergies renouvelables en 2020 dans la consommation d’électricité.
Avec un objectif de 6 000 MW installés à l’horizon 2020, l’installation d’un millier d’éoliennes représente un investissement d’environ 20 milliards d’euros. Il permettra à la France d’améliorer sa position dans l’industrie des énergies marines et de créer de nombreux emplois. Soutenu pendant 20 ans au travers du rachat de l’électricité produite par les éoliennes, cet investissement aura un impact progressif à partir de 2015 sur la contribution au service public de l’électricité, estimé à un peu moins de 4% de la facture d’électricité en 2020.
A la suite de la concertation menée depuis début 2009 sur chaque façade maritime par les préfets, le Gouvernement confirme le potentiel maximal de 3 000 MW de ce premier appel d’offres qui portera sur cinq zones :
- Le Tréport (Seine-Maritime, Somme) - 110 km2, pour une puissance maximale de 750MW, la définition de cette zone tient compte des avis exprimés lors du débat public organisé en 2010 ;
- Fécamp (Seine-Maritime) - 88 km2, pour une puissance maximale de 500MW ;
- Courseulles-sur-Mer (Calvados) - 77 km2, pour une puissance maximale de 500MW ;
- Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) - 180 km2, pour une puissance maximale de 500MW ;
- Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) - 78 km2, pour une puissance maximale de 750MW.
L’appel d’offres sera lancé en mai 2011, en vue d’une remise des offres en novembre 2011.
La décision d’attribution, qui interviendra au premier semestre 2012, se fondera sur le prix
d’achat de l’électricité, la qualité du projet industriel et l’insertion des projets dans leur environnement maritime, en tenant notamment compte des activités de pêche. Les installations pourront alors être mises en service progressivement à partir de 2015.
Ce programme complète le soutien annoncé en décembre dernier dans le cadre des investissements d’avenir à des projets innovants de démonstrateurs exploitant les énergies marines, notamment l’éolien flottant, l’énergie hydrolienne ou l’énergie des vagues.

D'autre part, concernant les procédures administratives d'attribution, je rappelle qu'à dater de juillet 2010, elles ont été simplifiées dans le cadre de la loi Grenelle 2. Les notions de zones de développement éolien, ainsi que l'application à ces parcs du droit de l'urbanisme et du permis de construire ont été supprimées. Les parcs éoliens sont, désormais, soumis à une procédure unique d'autorisation domaniale (autorisation d'occupation du domaine public maritime), qui prévoit une étude d'impact et une enquête publique. Le législateur a aussi codifié la mutualisation du raccordement électrique. C'est à partir de ce nouveau cadre légal que les préfets de région, le préfet maritime de l'Atlantique, le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, ont défini les cinq premiers sites à ouvrir aux projets des industriels.

Article : F.R.

Source : Communiqué Conseil des ministres du 26 janvier 2010

Lecteurs abonnés à la lettre quotidienne, vous qui recevez chaque jour l'article à domicile, ne manquez pas de vous rendre d'un clic sur le blog lui-même où des CORRECTIONS sont apportées en temps réel par l'auteur dans les articles, où une colonne DERNIÈRES NOUVELLES (à droite) et une colonne CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS (à gauche) sont réactualisées en permanence. Vous en apprendrez de belles... et dans toutes les langues !

Monday, January 24, 2011

Les 5 sites éoliens offshore français exploitables d'ici 2015


SAINT-NAZAIRE (France - U.E.) - 25/01/2011- 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Comme annoncé hier dans Le Figaro (et dans la colonne dernières nouvelles de ce blog), la divulgation tant attendue des 5 sites propices à l'implantation de l'éolien offshore en France, l'appel à projets correspondant et l'investissement de 10 milliards d'euros y affairant sont annoncés aujourd'hui à Saint-Nazaire ! L'annonce est faite par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, en personne lors de son déplacement à Saint-Nazaire pour la signature de la construction de deux navires de guerre Mistral (cf. article Défense et Environnement). Les cinq sites retenus pour l'implantation de l'éolien offshore en France sont donc : Dieppe-le Tréport, Fécamp, Courseulles-sur-mer, tous trois formant un pôle Le Havre-Développement réunissant 40 entreprises, Saint -Brieuc fédérant les 60 entreprises de Bretagne Pole Naval et enfin Saint-Nazaire avec son pôle industriel Atlantique Neopolia de 90 entreprises. Cette liste de sites propices à l'implantation des parcs éoliens s'accompagne en effet d'un important appel d'offre visant à développer 3000 MW d'éolien offshore d'ici 2015, appel lancé auprès des industriels français et étrangers dont plusieurs se sont déjà révélés depuis longtemps. Précision : l' appel d'offres pour la construction sera ouvert au 2e trimestre 2011 et les candidats retenus pour cette première tranche seront sélectionnés en 2012. Pour l'anecdote, Le Figaro rapportait que la Ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, aurait obtenu l'arbitrage du Président de la République pour conserver cette capacité de 3000 MW (sur les 6000 MW promis par Le Grenelle de l'Environnement d'ici 2020), alors que le Ministre de l'Energie, Eric Besson, aurait souhaité la limiter à 2000 MW. Politiquement c'est donc un signal plutôt globalement positif qui est donné aujourd'hui aux engagements du Grenelle de l'Environnement. Ce que certains experts déduisent de façon certaine c'est que la France ne construira pas avant longtemps plus de 6000 MW d'éolien offshore ; cela a le mérite d'éviter les spéculations de tous ordres. Est-ce un mal, est-ce un bien ? L'avenir le dira. J'ajoute que les industriels devront relever le défi de construire 3000 MW en mer entre 2012 et 2015.

Lors du tour du monde de l'éolien offshore que j'ai entamé en fin d'année dernière sur ce blog, on a pu avoir une idée des ambitions éoliennes offshore et des réalités de chacun des pays ayant accès à cette ressource. Avec 3000 MW installés d'ici 2015, grâce aux 600 éoliennes installées au large de ses côtes et 3000 autres MW d'ici 2020, la France s'inscrira dans la moyenne des pays entrant dans cette ère technologique renouvelable marine ; certains qualifient déjà ce chiffre de "piètre performance" eu égard au fait que le pays possède la seconde façade maritime mondiale. Mais il y a des esprits chagrins partout et, pour remettre les choses en perspective, je rappellerai qu'en Europe, l'éolien offshore déjà installé, produit à ce jour 1218,80 MW au Royaume-Uni, 866,48 MW au Danemark, 246,80 MW aux Pays-Bas. (chiffres EWEA 2011). Avec 0 MW produit à ce jour, le retard est donc difficile à nier pour la France, mais ce n'est rien de dire que l'éolien offshore français n'a pas eu le vent en poupe et qu'il a dû (et doit) faire face à l'opposition de nombreux lobbies hostiles à son développement.
Pour ce que l'on sait de ces 3000 MW futurs, ils auront été décidés en concertation avec les élus, les riverains, les usagers de la mer (pêcheurs et plaisanciers) et les associations environnementales. Comme exemple le plus remarquable, je citerai celui de Fécamp, où le consensus a été obtenu après une démarche de longue haleine entamée à partir de l'été 2007, grâce à une large concertation auprès des habitants, des élus locaux, des associations, des acteurs touristiques et économiques, des plaisanciers et des pêcheurs. Au terme de ce long travail mené en collaboration étroite avec l'industriel WPD Offshore, la zone propice de Fécamp a pu être définie sur une zone de moindre impact avec les acteurs de la mer. Les lecteurs de ce blog ont pu en suivre les divers épisodes tout au long de l'année dernière. Pour Patrick Jeanne, maire de Fécamp qui a déjà réagi à l'annonce présidentielle, l'appel d'offre qui suit cette annonce , va "également permettre de mobiliser les entreprises locales dans le cadre de la construction de ce parc." Pour Estelle Grelier, Présidente de la Communauté de communes de Fécamp et Députée européenne, qui avait sollicité et obtenu l'aval de la Commission européenne d'implanter, après étude, ce type de parc au sein d'un zonage Natura 2000 : " Ce parc marque enfin un virage dans les choix français de politique énergétique qui ne peut qu'aller dans le sens des objectifs européens de 2020. L’annonce présidentielle faite aujourd'hui devrait éclairer les conditions de réalisation économique du projet." Il faut aussi compter dans la région de Dieppe-Fécamp avec le projet Enertrag du Parc de la Côte d'Albâtre, le plus ancien des projets offshore français qui a reçu son permis de construire en septembre 2008 et dont les travaux pourraient commencer selon le constructeur "aux beaux jours 2011" pour poser en mer 21 éoliennes M5000 de 5MW d'une capacité de 105 MW exploitables dès 2012.
Sur l'ensemble de ces sites, les grands opérateurs européens, comme le suédois Vattenfall ou l'allemand E.ON, sont déjà sur les rangs. Du côté de la France, EDF ENR et Alstom Hydro & Wind ont annoncé avoir passé "un accord exclusif "(cf. article du 21 janvier 2011) pour répondre ensemble à l'appel à projets. GDF Suez entend également entrer dans ce jeu très compétitif et sa filiale La Compagnie du Vent mène d'ailleurs depuis cinq ans un projet de parc très avancé en France, le parc des Deux Côtes au large du Tréport, lequel devra être remis en concurrence. Dans sa dernière version, le projet prévoyait d'installer 141 éoliennes de 5 MW à 14 km des côtes pour une mise en service en 2014. Là encore, le débat public de quatre mois, qui s'est achevé au Tréport et à Dieppe en septembre 2010 et dont on a pu suivre le déroulement sur ce blog, a permis de trouver, si ce n'est un accord parfait du moins des compromis acceptables entre la Compagnie du Vent et les pêcheurs, les élus locaux (même si certains continuent de réserver un accueil très défavorable au projet) et les associations de défenseurs du paysage.

Du côté du chantier nazairien STX France, on espère aussi se diversifier sur le segment des énergies marines renouvelables en se positionnant sur la réalisation de navires de pose d'éoliennes en mer, et sur la fabrication de structures métalliques. Un rapport "Energies marines renouvelables" remis à la Ministre de l'Ecologie le 18 janvier 2010 par Gisèle Gautier, sénatrice de Loire-Atlantique, fait état pour le seul éolien offshore " d'un gisement de 150 000 emplois possibles à créer dans l’Union Européenne d’ici 2025. Les énergies marines constituent aujourd’hui un important gisement d’emplois en exploitation et en maintenance. Le secteur maritime est directement concerné à travers la construction navale, les ports et les services à la mer." Le rapport souligne aussi que "des questions importantes de gouvernance, de choix de priorité, les concurrences entre les ports et les régions françaises, le problème des rivalités inter régionales, face à une concurrence européenne et mondiale déjà forte, sont des difficultés qui sont à traiter. Il s’agit d’une priorité si nous voulons voir l’essor de filières industrielles nationales des énergies marines, en faveur du développement économique et l’emploi."

Concernant les conditions économiques de réalisation de ces projets l'Etat a d'ores et déjà fait savoir qu'il ne
fixera pas de tarif de rachat comme il l'a fait pour le photovoltaïque. Ce sont les opérateurs eux-mêmes qui devront proposer un juste montant du kilowatt/heure, compromis entre un seuil de rentabilité et un prix de rachat acceptable par EDF. Des experts européens estiment que le prix du kilowatt/heure devrait osciller non pas autour de 13cts comme il a été dit mais plutôt autour de 17 à 18 centimes, soit à commencer à devenir rentable après 10 années d'exploitation. Car quoi qu'il en soit et malgré toutes les interventions de l'Etat, il faut rappeler que ce ne sont pas les contribuables qui paieront l'éolien offshore mais les consommateurs d'électricité.

Le discours de Saint-Nazaire du Président de la République est consultable ICI

Docs : sites liés.Photos : 1. Carte des 5 sites Propices. 2. Eolienne offshore ©wpd offhore 3. Navire construit par STX

Lecteurs abonnés à la lettre quotidienne, vous qui recevez chaque jour l'article à domicile, ne manquez pas de vous rendre d'un clic sur le blog lui-même où des CORRECTIONS sont apportées en temps réel par l'auteur dans les articles, où une colonne DERNIÈRES NOUVELLES (à droite) et une colonne CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS (à gauche) sont réactualisées en permanence. Vous en apprendrez de belles... et dans toutes les langues !

Tuesday, December 7, 2010

Investissements d'Avenir : le Premier Ministre annonce les premiers lauréats



PARIS - (France - U.E.) - 08/12/2010 - 3B Conseils - Lors de son passage à Mortain dans la Manche le lundi 6 décembre, le Premier Ministre François Fillon a annoncé les premières décisions de financement issues d’appels à projets du programme d’investissements d’avenir représentant un montant total de 53,1 millions d’euros d’aides et un volume d’investissement de 137,5 millions d’euros. Ces décisions concernent les domaines des énergies marines (5 projets), des réseaux électriques intelligents (1 projet), du déploiement des réseaux à très haut débit (7 projets), et de l’économie sociale et solidaire (1 projet).
Dans le domaine des énergies renouvelables marines qui nous intéressent en priorité dans ce blog, les projets soutenus dans le cadre de l'AMI concernent les nouvelles générations d’éoliennes flottantes, des hydroliennes ainsi qu’un démonstrateur exploitant l’énergie des vagues. Dans le détail, ces cinq projets sont (les noms et lieux cités sont ceux du document mis en lien de références sur le site du Premier Ministre) :

- L'hydrolienne SABELLA D10
, portée par Sabella, Ifremer et Veritas à Ouessant. Interrogé sur cette décision, Jean-François Daviau PDG de Sabella SAS s'est félicité de cette décision et reste dans l’attente de la notification formelle de ce soutien qui serait de 3,5 M€, répartis en 3,1 M€ d'avance remboursable et 0,4 M€ de subventions. Concernant le projet Sabella, sur lequel j'ai beaucoup écrit sur ce blog depuis le début de son expérimentation et dont la maquette (D3) a souvent été présentée dans les manifestations organisées par l'éditeur de ce blog 3B Conseils, veuillez consulter notamment les derniers articles du 11 décembre 2009 et du 19 avril 2010.


- L'éolienne flottante WINFLO. Ce projet est porté par NASS & WIND, notre partenaire DCNS, SAIPEM, In Vivo Environnement, Ifremer, ENSTA Group (ex ENSIETA) et Winacelles (pas de lien) à Brest. Je rappelle que Winflo est une éolienne flottante offshore de puissance moyenne - plus de 3MW – destinée à être implantée sur des zones dont la profondeur dépasse 50 mètres. Dotée d’un moyeu situé à 75 m au-dessus de l’eau et d’un rotor de 100 m de diamètre, elle repose sur une plateforme semi-submersible métallique, lestée et ballastée. La nacelle et le flotteur sont développés conjointement et optimisés pour la production d’électricité, avec des garanties maximales en matière de fiabilité et de longévité. La légèreté de la nacelle, la flottabilité, l’ancrage souple et l’adaptabilité à tous types de fonds permettent une éolienne avec un impact environnemental minimisé. Un démonstrateur de taille réelle sera testé en 2012 et 2013. Les premières pré-séries pourraient être fabriquées et installées en 2015. Plusieurs centrales-pilotes de grande taille seront construites entre 2015 et 2020, avec à la clé la création d’une filière génératrice d’emplois.
Pour plus d'informations sur Winflo veuillez consulter l'article du 21 mai 2010.

- L'éolienne flottante à axe vertical VERTIWIND portée par Technip, la société lilloise Nénuphar, Converteam et le Pôle mer PACA à Douai.
Je rappelle brièvement les principales caractéristiques techniques de cette éolienne flottante française déjà décrite dans de précédents articles : 90 m de haut, une flottaison ne nécessitant qu'un faible tirant d'eau, ce qui rend son remorquage depuis la terre où elle entièrement montée et équipée, d'autant moins complexe, des pales verticales qui tournent autour d'un axe lui-même vertical, une vitesse de rotation de l'éolienne qui varie en fonction du vent, grâce à un système électronique d'asservissement supprimant tout risque de vibration des pales. Il faut noter, car cela n'est pas si fréquent, que ce projet situe les entreprises françaises à la pointe des recherches pour le futur de l'éolien offshore.
Concernant ce projet d'éolienne, veuillez consulter notamment l'article du 6 août 2010 et du 6 novembre 2009.

- Le projet ORCA
Alstom Power Hydro, École Centrale de Nantes et CETIM (Centre techniques des industrie mécaniques), à Paimpol-Bréhat. Je rappelle que selon les termes employés par l'ADEME dans sa fiche, le projet ORCA vise à fédérer des acteurs-clés de la filière hydrolienne française pour créer une offre nationale et internationale et développer les éléments indispensables à l’émergence de cette filière. ORCA va s’appuyer sur la création d’une hydrolienne de grande taille, et l’analyse de ses performances, pour réaliser les économies d’échelle nécessaires à une diminution du coût de l’électricité produite. Ce projet bénéficie aussi d’un réseau de compétences, rassemblant des industriels et des organismes publics de recherche, indispensables au succès de l’opération. La conception et les études techniques, sociétales et environnementales seront réalisées jusqu’en 2012. Les phases de fabrication de l’hydrolienne et les tests interviendront en 2011 et 2012. L’installation est prévue à la fin de l’année 2012. Après l’exploitation, le démontage, l’inspection et le rapport final sont prévus pour la fin 2013.

- Le projet S3 porté par SBM offshore (Single Buoy Moorings) et École Centrale de Nantes. Ce qu'il convient de préciser d'emblée c'est que ce projet S3 de Single Buoy Moorings et ECN n'a rien à voir avec le projet de récupérateur d'énergie des vagues SEAREV, dont j'ai souvent parlé dans ce blog et qui est toujours en stand-by et en recherche d'un accompagnateur industriel. Quant à SBM offshore, c'est une société spécialisée dans les systèmes d'amarrage, connue du milieu maritime pour avoir été pionnière dans l'industrie pétrolière et gazière en mer. Présente dans 15 pays à travers le globe, SBM offshore, la très discrète branche "Energies renouvelables" de SBM, se trouve basée à Monaco et comprend 1200 collaborateurs. Sur son site SBM offshore annonce plus que discrètement (ICI) qu'elle "commencera à tester l'année prochaine (en 2011 donc) l'efficacité d'un nouveau système de production d'énergie renouvelable." D'après nos dernières informations, S3 serait une machine houlomotrice. Confidentialité, confidentialité ! J'espère que ce très mystérieux système dont on devrait avoir plus de nouvelles l'an prochain sera à la hauteur d'un " secret " aussi jalousement gardé !

Avec cette annonce de Mortain, si l'on en croit le Premier Ministre, la France entend favoriser le développement d’une filière technologique innovante qui permettra d’atteindre les objectifs ambitieux fixés en matière de place des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique européen d’ici 2020. Au total, les investissements d’avenir consacreront 1,35 milliards d’euros à des démonstrateurs en matière d’énergies renouvelables et de chimie verte.
Pour consulter l'intégralité du discours de François Fillon à Mortain : PDF ICI


Article : Francis ROUSSEAU

Docs : Sites lié. Photos : 1 François Fillon : photo officielle. 2. Sabella D10 posée dans le fleuve St Laurent (Canada) ©Sabella. 2 : Préfiguration des éoliennes flottante WINFLO © DCNS. 3. Préfiguration de l'éolienne à axe verticale VERTIWIND ©

Thursday, December 2, 2010

Nathalie Kosciusko-Morizet s'affirme comme Ministre de la Mer

TOULON - ( France-U.E.) - 03/12/2010 - 3B Conseils - La nouvelle ministre du Développement durable, des Transports et du Logement, Nathalie Kosciusko-Morizet, s'est exprimée pour la première fois publiquement sur la politique maritime, mardi 1er décembre à Toulon, lors des sixième Assises de l'Economie maritime. Elle a tenu, dès l'ouverture de son discours, qui a résonné comme un véritable discours-programme, à réaffirmer que la mer faisait bien partie de ses attributions :
"Permettez-moi d'emblée de dissiper, si besoin était, un malentendu : la mer fait bien pleinement partie des responsabilités ministérielles qui m'ont été confiées par le Président de la République et le Premier ministre. Il y a l'intitulé du ministère et puis il y a la réalité des attributions. Celles-ci viennent d'être précisées par le décret du 25 novembre 2010. Le ministère de l'écologie et du développement durable est bien le ministère de la mer, il est aussi le ministère des transports et le ministère des énergies renouvelables, deux thèmes que je sais chers à beaucoup d'entre vous. En accord avec le Premier ministre, je souhaite que cette politique soit forte et ambitieuse. Qu'elle soit enfin à la hauteur des atouts maritimes de notre pays."
Nathalie Kosciusko-Morizet a rappelé ensuite, à l'instar de ce qu'avait déjà fait le Président de la République à Brest voici un couple d'années, la position de la France en matière maritime :
"Notre pays, dont les territoires émergent dans tous les Océans, dispose du deuxième espace maritime du monde. Un espace gigantesque, qui abrite une biodiversité d'une extraordinaire richesse, qui mène notre pays à la rencontre de tous les continents et de tous les peuples. Un espace sur lequel nous voyageons, sur lequel nous menons des recherches, sur lequel nous travaillons et commerçons. La puissance maritime française est bien une puissance économique. Nous possédons aujourd'hui certains des plus beaux fleurons de l'industrie maritime mondiale : dans le transport, le nautisme, la construction navale, l'assurance, le courtage ou encore les énergies marines renouvelables."
On ne peut manquer de relever dans ce discours programme, le nombre important de passages où la ministre cite les énergies renouvelables marines comme "étant intégrées à la vie économique maritime du pays". Intégration future certes puisque pour l'instant, ce n'est toujours pas une réalité, mais il n'empêche... c'est une nouveauté dans le discours politique dont on a souvent pu avoir l'impression qu'il considérait les énergies renouvelables marines comme une diversion exotique. En se prononçant pour une "économie maritime renforcée et créatrice d'emplois" qui intègre pleinement les énergies renouvelables marines, la ministre a donc franchi, oralement en tout cas, un pas important qui pourrait susciter un espoir considérable pour ceux qui savent à quel point ce secteur peut se révéler créateur d'emplois. Dans ce sens, LE grand moment, en ce qui nous concerne, de ce discours fut, le moment où la ministre a déclaré :
" Les énergies marines renouvelables sont une autre priorité de cette politique maritime. Il y a par exemple urgence à lancer l'appel à projets sur l'éolien en mer posé et à rendre opérationnels les sites d'essai, à l'horizon 2012, en cohérence avec nos objectifs sur les énergies marines renouvelables. De même, le projet de plate-forme dédiée aux Energies Marines Renouvelables (EMR) doit permettre à la France de disposer, à l'horizon 2020, d'une puissance installée de 6 GW en énergies marines, et de contribuer, grâce à la recherche, à la création d'une filière industrielle génératrice d'emplois et compétitive. Ce projet a pris du retard, je veillerai, en liaison avec l'Ifremer, à ce qu'il aboutisse rapidement. "
Même si d'aucuns considèrent que le mot "priorité" est un peu trop employé par chacun des ministres de ce nouveau gouvernement, on ne peut en tout cas qu'être sensible au fait que les EMR soient enfin devenues, pour le politique, une priorité. Plus loin dans son important discours, la ministre a aussi évoqué, la question de l'enseignement et de la formation liée au développement de l'emploi maritime :
"Nous avons engagé une réforme profonde de l'enseignement supérieur maritime, qui a abouti à la création de l'école nationale supérieure maritime (ENSM). Le 6 décembre prochain se tiendra son premier conseil d'administration. Cette « grande école » est née de la volonté du Président de la République et du Premier ministre de préserver la spécificité de l'enseignement maritime, placé sous la seule autorité du ministre chargé de la mer, et de lui donner un souffle nouveau et un rayonnement international. C'est un projet ambitieux qui vise à attirer plus de jeunes vers les métiers de la mer, afin d'accompagner les évolutions du monde maritime et de notre flotte de commerce. "
Enfin Nathalie Kosciusko-Morizet n'a pas éludé la question attendue de la gouvernance maritime à travers une administration totalement rénovée, indispensable, selon elle, pour construire cette politique maritime : "La nouvelle gouvernance, c'est aussi la création d'un nouvel échelon territorial, adapté à la conduite d'une politique maritime intégrée : la façade maritime. Toute l'administration maritime de l'Etat, votre administration, est en cours de réorganisation à cette échelle. Avec une conviction : on ne gère pas la mer comme on gère la terre, il faut prendre du recul et avoir une vision globale et stratégique. Et la gouvernance, c'est enfin la mise en place de nouveaux outils de planification : pour le développement de nos ports, la définition des zones propices pour la pêche ou l'aquaculture, les énergies marines, l'identification des aires marines protégées, ou encore la gestion du trait de côte."
Vous pouvez retrouver l'intégralité de ce discours sur le site meretmarine.com ou le télécharger en PDF sur le site du Ministère du Développement Durable


Article : Francis ROUSSEAU

Docs : Sites liés. Photo Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie et du Développement Durable, des Transports et du Logement © 6eme assises de la mer

Lecteurs abonnés à la lettre quotidienne, vous qui recevez chaque jour l'article à domicile, ne manquez pas de vous rendre d'un clic sur le blog lui-même où des CORRECTIONS sont apportées en temps réel par l'auteur dans les articles, où une colonne DERNIÈRES NOUVELLES (à droite) et une colonne CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS (à gauche) sont réactualisées en permanence. Vous en apprendrez de belles... et dans toutes les langues !