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Thursday, March 15, 2012

Osmose inverse - énergie marémotrice : TIBURON AGUAY ELECTRICIDAD PROJEST : un titanesque projet mexicain au triple objectif

vue de satellite du Canal maritime du Estrecho Infiernillo données cartographiques de Google Terra Metrics (ICI)

BAHIA KINO
- (Mexique) -15/03/2012 - mer-veille.com / MRE Ltd

Le Tiburón Agua y Electricidad Project (Hermosillo Desalination and Tidal Electric Generation Project ou projet de dessalement d'eau et de production d'électricité par énergie marémotrice de Hermosillo), envisage de concevoir, construire, financer, exploiter et entretenir une gigantesque unité de dessalement, une centrale marémotrice de production d'électricité et un repeuplement du récif corallien.

Un triple objectif poursuivi par le Tiburón Agua y Electricidad Project en réponse à la demande croissante en eau potable nécessitant le dessalement de l'eau de mer par osmose inverse actuellement employé dans cette région du Mexique.

Francis Rousseau détaille
ce projet au triple objectif très original, très ambitieux et …très gigantesque ! révélé par notre confrère Tidal Today voir (ICI).



Flash
Le 15 mars 2012 le blog des énergies de la mer (energiesdelamer.blogspot.com) a
. dépassé les 2400 lecteurs qui reçoivent gratuitement l'alerte
quotidienne du Daily News,
. dépassé le million de pages vues avec 1.002.515 à 12h.
Google comptabilise les pages depuis mai 2009. La veille sur le blog des énergies de la mer a été créée à l'occasion des entretiens scientifiques de Brest et des Journées découvertes dédiées aux énergies renouvelables de la mer en 2007.
Ce sont 5 ans d'archives et d'histoires d'une filière industrielle qui s'est créée sous les yeux de nos lecteurs.


En septembre 2011, avec Francis Rousseau, Isabelle de Broglie, Paul Gass nous sommes passés à une autre dimension. Christopher Longmore et les équipes ont lancé les deux portails français mer-veille.com (ICI) et anglais marine-renewable-energy.com (ICI), ainsi que les Daily News de veille publiées sur abonnement.... Notre public et notre vision se sont élargis.
Avoir un pied de chaque côté de la Manche est un avantage !

Merci aux soutiens qui ont eu confiance dans la création des publications exclusivement dédiées aux énergies renouvelables de la mer : Bretagne Développement Innovation (BDI) - Conseil régional de Bretagne, DCNS, SDI, Brest métropole océane, l'université de Bretagne Occidentale, le Conseil général du Finistère, le cluster Maritime français dont nous sommes membre, à notre tout premier soutien Federal Finance,au réseau de scientifiques qui nous alerte et à nos fidèles abonnés.

Avec l'apport et le soutien de nouveaux partenaires, le développement croissant des abonnés (ICI) notre ambition est de continuer à élargir notre veille, à répondre à vos besoins et à proposer de nouveaux services .... Avec le blog, nous sommes le leader francophone de la veille avec les portails nous devons devenir les leaders européens. Brigitte Bornemann.



J'en profite, avez-vous la synthèse des informations parues sur l'appel d'offre éolien en France ?
Francis Rousseau, rédacteur en chef et l'équipe de rédaction ont réuni de nombreux éléments. Avec ce dossier interactif, vous avez les cartes et les données des emplacements, les détails de l'appel d'offre du gouvernement, les projets portuaires pour accueillir les équipementiers, les compétences sous-traitants, les formations .... et vous pouvez également l'imprimer en PDF.
Pour vous faire gagner du temps, des liens avec les différents sites des acteurs sont préparés... vous n'avez plus qu'à
cliquer... pour commander votre dossier spécial (ICI).


La reproduction partielle ou totale, par toute personne physique ou morale et sur tout support, des documents et informations mis en ligne sur ce blog-médias sans autorisation préalable de energiesdelamer.blogspot.com ou du portail géré par Marine Renewable Energy Ltd et mention de leur origine, leur date et leur(s) auteur(s) est strictement interdite et sera susceptible de faire l’objet de poursuites.

Tuesday, February 21, 2012

Westminster, Aquamarine, Gigan, Michael Page, SER ... tous sur la vague des énergies de la mer

Photo pour le rapport au Parlement présenté par Tim Yeo

LONDRES (Royaume-Uni - U.E) 21/02/2012 pour MRE
Brigitte Bornemann energiesdelamer.blogspot.com

L'intérêt affiché pour l'énergie marine renouvelable qui est en construction au Royaume-Uni est révélateur du rôle joué par la ou le politique.
Tim Yeo (conservateur, membre du Parlement pour le South Suffolk), président du Comité Energie et changement climatique, a présenté vendredi dernier un Rapport sur l'intérêt pour le Royaume-Uni de devenir le leader mondial de l'industrie de l'énergie des vagues et des courants de marée.

A cette occasion, Tim Yeo appelle le ministère de l'Energie et du Climat "à avoir une approche plus visionnaire qui pourrait contribuer au développement de la filière, bénéfique pour l'emploi et l'exportation" et les industriels demandent que le DECC donne d'ici 2013 des indications claires sur le régime de subvention et le tarif.

C'est l'occasion pour signaler qu'en France trois autres études et rapport sur le monde des ingénieurs et de l'énergie des mers ont appelé notre attention :

. celle du Comité énergie de la mer du GICAN réalisée avec Indicta : des éléments de l'étude présentés lors de clic&sea établissent que plus de 150 entreprises sur les 356 entreprises répertoriées de la filière navale seraient concernées
. celle de Michaël Page sur les fonctions et rémunérations Ingénieur 2011 - 2013 parue le 18 février (cliquez sur mer-veille.com ICI)
. Le livre blanc des énergies renouvelables du SER qui avait été présenté par son président Jean-Louis Bal le 19 janvier et qui consacre 2 propositions parmi les 12 pour "Stimuler la dynamique industrielle française face aux défis de la transition énergétique mondiale" : L'une est sur l'éolien offshore et les énergies marines, l'autre traite de la possibilité d'atteindre l'autonomie énergétique dans les régions ultramarines où les énergies marines sont une véritable composante (prix 16€TTC hors frais de port).

Sources : UK Parlement, Aquamarine.

A lire également le flash News du blog (colonne de droite) sur le rattachement du Ministère de l'environnement au Premier Ministre à la suite de la nomination de NKM porte-parole de Nicolas Sarkozy candidat à sa réélection comme président de la République
Source : Actu-environnement

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Thursday, September 8, 2011

SHIWHA LAKE : la nouvelle centrale marémotrice coréenne détrône l'usine de la Rance


SEOUL - (Corée du Sud) - 08/09/2011 - 3B Conseils-MRE -
Par Francis Rousseau

Selon l'agence coréenne de presse Yonhap, c'est à l'issue de sept années de travaux que cette centrale marémotrice a été inaugurée le 29 août dernier par le Président de la République de Corée, LeeMyung-bak. Légèrement plus puissante que l'usine marémotrice de la Rance (Bretagne - France) la première du genre dans le monde à être entrée en service en 1967 avec 240 MW, l'usine du Lake Shiwha avec ses 254MW enlève à l'usine de la Rance la première place qu'elle a occupée pendant 45 ans !

Ceci est l'alerte gratuite.
Depuis le 2 septembre 2011, pour lire l'article de veille dans sa totalité et en savoir encore plus, merci de vous abonner au Daily News de Mer-Veille.com, portail dédié aux énergies renouvelables de la mer
.

Tuesday, August 30, 2011

Installation offshore montage à terre ou en mer : le débat est ouvert.



Union Européenne. 30/08/2011 - 3B Conseils. IDB

Les avis sont partagés. Une éolienne offshore comprend de nombreux éléments en plus des fondations : le mat, le générateur, les pales...

Leur assemblage peut se faire soit à terre, soit en mer. Le choix n’est pas facile à faire, chaque option présente des avantages et des inconvénients qui tous peuvent faire pencher la balance des coûts.



Ceci est l'alerte
. A partir du 1er septembre 2011, pour lire l'article dans sa totalité vous devrez être abonné au Daily News de Mer-Veille.com, portail dédié aux énergies de la mer. J-2 pour bénéficier du tarif préférentiel



Pour un pré-assemblage à quai, Bigum Nielson, Directeur du projet offshore chez Vattenfall, développe les arguments suivants :

- bien que le chargement, le transport et l’installation d’une éolienne pré-assemblée sur les fondations soient des opérations très complexes qui nécessitent des grues et des navires importants, elles sont encore plus économiques. Le travail offshore est très coûteux, et par
mauvaises conditions atmosphériques on peut perdre jusqu’à 60 % du temps et même en été les pertes de temps peuvent atteindre 30 %.


- le coût des navires spécialisés est également très élevé, de l’ordre de £ 150000 par jour. Donc toute réduction du temps d’utilisation doit être encouragée.

Adrian Botwright, ingénieur chez Vestas Offshore, rappelle « Dans les premiers projets de Vestas, chaque nacelle quittait le quai avec seulement 2 pales attachées, selon un procédé dit « Bunny ears» (oreilles de lapin), la 3ème pale étant transportée par bateau et

fixée sur place. Mais ce procédé réclamait beaucoup de place à quai et le transport de la 3ème pale posait des problèmes. » Aujourd’hui le mat et la cellule sont assemblés dans le bateau et le travail des équipes sur place est réduit pour que les équipages n’aient pas besoin de rester sur place plus qu’un jour et éviter ainsi la nécessité d’un bateau « hôtel », « ce qui est présente des difficultés logistiques et un coût important » rajoute Bigum Nielsun.
Enfin, Paul Reynolds, directeur du développement offshore à Renewable UK, avertit : « Vous avez besoin d’un grand espace pour assembler à quai et les caractéristiques des ports varient. Il se peut qu’il n’y ait pas près du site offshore un port adéquat pour l’assemblage des différents éléments. »

Bigum Nielsun reconnaît en effet que pour le projet du parc du Thanet, l’assemblage s’est fait sur les quais du port de Dunkerque (France) qui dispose de 7000 hectares de terrain, de puissantes grues et , surtout, d’un accès 24 heures sur 24. Les éoliennes étaient

ensuite transportées de l’autre côté de la Manche.

Quoiqu’il en soit les différentes stratégies se mettent en place et Knud Just Andersen, directeur de Vestas offshore, évoque son expérience à Belwind Windfarm au large des côtes belges en 2009/2010 : « Nous avons installé 12 turbines par jour parce que nous avions pu faire des tests à terre et remplacer les pièces défectueuses avant le départ des turbines par la mer ».



Source : WindEnergy Update - Photo : JP Delpouve


Article : Isabelle de Broglie



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Sunday, August 28, 2011

Le Massachusetts continue son déploiement sur les énergies de la mer marémotrice

Edgartown (Massachusetts-USA) -29/08/2011-3B Conseils-BB.



La Nouvelle-Angleterre, a proposé à Marine Renewable Energy Centre (MREC) un espace de 300 Mi2 soit environ 77 700 hectares .



Ceci est l'alerte... plus que 4 jours pour vous abonner et bénéficier du tarif spécial ... cliquez sur Mer-Veille.com



NORIEZ est inclus dans le Plan de gestion des océans du Massachusetts et sera régi par un conseil de représentants du gouvernement d'État et l'UMass Dartmouth. MREC utilisera le NOREIZ comme une zone d''étude de l'environnement marin et la création de sites d'essais permanents. Ce site est unique car il offre une variété de caractéristiques océaniques dans une zone "relativement réduite".



L'objectif de MREC (Voir la présentation de MREC - FR 6/07/2009) est d'exploiter une quantité d’énergie en mer dont le potentiel est estimé à plus de 500 GW au large de la Nouvelle-Angleterre. Le Massachusetts est bien positionné dans ce secteur en raison de ports en eau profonde et des professionnels du monde de la mer qualifiés dans les villes côtières du Comté de Bristol à environ 80 km de Boston, telles New Bedford et de Fall River.



Jean F. MacCormack, président de l’UMass Dartmouth a déclaré que "MREC est un exemple de la collaboration public / privé qui est nécessaire pour lancer de nouvelles industries et créer de nouveaux emplois.

«L'Université du Massachusetts s'est établie comme un centre de recherche d'énergie renouvelable et leader de l'innovation avec des points forts dans les domaines de l'énergie éolienne et solaire. Maintenant l’UMass Dartmouth, déjà connue pour l'excellence de ses programmes de sciences de la mer, se positionne dorénavant comme un leader dans les énergies marines " a déclaré le président de l'Université du Massachusetts, Robert Caret.


Tous très politiques, Therese Murray, première femme à devenir Présidente du Sénat du Massachusetts en mars 2007, estime que «ce projet de démonstrateur souligne les points forts des organisations de Dartmouth et de l’UMass Woods Hole Oceanographic Institute et met en évidence l'expertise des différentes institutions et à travers les frontières et créé des opportunités pour renforcer la pérennité et l'avenir économique de l’Etat»,
Pour le sénateur John F. Kerry (Démocrate, ancien candidat à l'élection présidentielle de 2004, battu par Georges W. Bush), «le plus important encore, est de réduire notre dépendance au pétrole étranger … » Pour Barney Frank, qui a soutenu le projet, cette première démonstration d'un dispositif d'énergie marémotrice dans Muskeget Channel (Ici, site de prédiction des marées et du vent) est une avancée importante... "





Le prototype de turbine sous-marine " Free Flow Power", conçu pour une utilisation dans les rivières, transporté par la barge Mass Maritime a été posé près de Muskeget Channel le 10 août et a produit de l'énergie au cours des derniers jours. Les caractéristiques acoustiques de la turbine et de ses impacts sur les micro-organismes sont en cours d'études par les scientifiques de l'UMass Dartmouth. Le système FastCap "technologie de stockage d'énergie est fixée à la barge pour capter l'énergie générée par la turbine". Rappelons qu'un appel à manifestation d'intérêt (ADEME - France), est en cours (brève du 25 août Ici)



Le Centre de Dartmouth UMass for Policy Analysis a entrepris une analyse de la chaîne d'approvisionnement afin de déterminer l'infrastructure nécessaire pour appuyer le développement des énergies marines. Devrait être publié cet automne, l'étude sur les impacts de fabrication, le port et la main-d'œuvre et de décrire les emplois liés à la construction, l'assemblage et la maintenance de ces systèmes.



L'océan attire une attention accrue comme une source potentielle d'énergie pour la Nouvelle-Angleterre. Edgartown a présenté une demande de licence de pilote avec Federal Energy Regulatory Commission pour un projet de 5 MW, avec l'intention d'étendre à une licence complète pour un développement de 20 MW. La ville a déjà reçu un permis provisoire de la FERC pour le développement d'un projet de marée dans Muskeget Channel.





* Port de pêche très important où débute Moby Dick le roman d'Herman Melville

Rappelons que l'administration Obama a donné son accord pour la construction du premier parc éolien offshore "Cape Wind" le 28 avril 2010 sur le site de Horseshoe Shoal près des îles de Martha's Vineyard et Nantucket (Massachusetts). (Ici. FR 30 avril 2010)



Sources : UMassd, New England Post, Cape Wind,

Article : Brigitte Bornemann



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Friday, June 17, 2011

Journée du Patrimoine de pays : Journée des Moulins



BRETAGNE - (France) - 18/06/2011 - 3B Conseils/BB
Par Francis Rousseau
C'est bien connu les moulins à vent sont les ancêtres des éoliennes terrestres ! ce que l'on sait moins c'est que les moulins à marées sont les ancêtres des usines marémotrices et dans une certaine mesure des hydroliennes !
La Journée du Patrimoine de pays du dimanche 19 juin 2011 qui est aussi pour sa 14e édition la " Journée des Moulins " me fournit l'opportunité de consacrer un article à ces vénérables ancêtres des énergies renouvelables marines que sont notamment les moulins à marées car selon la définition " Un moulin à marée utilise la force des marées comme énergie motrice ". Quelques joyaux sont visibles ouverts au publics ce week-end et souvent pendant tout l'été.

Petit rappel : les premiers moulins de ce type ont été construits au 12e siècle dans la région de Londres et en Bretagne notamment dans les régions du Golfe du Morbihan et en Bretagne Normandie aux confins de l'estuaire de la Rance, pour faire tourner des moulins à grain. C'est une batterie d'une trentaine de moulins qui ceinturent aujourd'hui encore le Golfe du Morbihan. Plus aucun n'est véritablement en fonction, mais beaucoup sont tout à fait en état de jouer les démonstrateurs ! La plupart des moulins à marées se sont arrêtés de fonctionner avec l'avènement du chemin de fer et des minoteries à vapeur puis électriques au début du 20e siècle ; en 1936, la loi limitant la production de farine de chaque moulin a donné le coup de grâce à la profession de minotiers de la mer. Une exception toutefois : le Moulin des Loges à Saint-Just-Luzac (Charente maritime) qui produit encore de la farine régulièrement alors que le moulin de Birlot ou le moulin de Berno, par exemple, fonctionnent plutôt à titre de démonstration pédagogique et/ou touristique.

Quand aux autres moulins à marées du territoire européen, quand ils ne sont pas complètement tombés en ruine, ils ont d'abord reconvertis en restaurant, en brocante ou en maisons particulières. Depuis le début des années 1980 cependant, des associations de bénévoles passionnés et de généreux donateurs ont commencé à racheter et à restaurer les moulins à marées, suivies en cela par certaines municipalités et quelques Conseils généraux, de plus en plus conscients qu'il s'agissait là d'un patrimoine maritime et industriel à préserver pour les générations futures ou qui pouvait générer un réel intérêt touristique.

Les moulins à marées sont toujours situés dans des sites aux caractéristiques particulières : généralement des petites anses qui creusent les bords des estuaires. Etablis à même l'estran, sur un emplacement abrité des vents et des vagues, les moulins tiraient profit d'un relief très particulier. Les meuniers érigeaient, entre deux rives rapprochées, une digue de granit sur laquelle ils accrochaient le moulin et créait un bassin de retenue conséquent. A marée haute, la mer pénétrait par une vanne et remplissait un bassin. Au jusant, c'est à dire à marée descendante, toute l'eau retournait à la mer, entraînant au passage la roue et la meule à moudre le grain. Calqués sur le rythme des marées, ces moulins pouvaient fonctionner dans la meilleure des configurations, 6 heures sur 12.
D'après l'ouvrage de W. E Minchinton " Early tide Mills, Some Problems " publié en 1979 , il y aurait eu jusqu'à 600 moulins à marée en fonctionnement sur les côtes atlantiques dont 100 en France (Bretagne), 200 au Royaume-Uni et 300 aux États-Unis. J'en ajouterai un au Portugal, le moulin à marée Moinho de Maré de Corroios à Seixal construit en 1403 et réhabilité par la municipalité dans les années 1980. La Maison du Littoral à Ploumanach (Perros-Guirec) a participé à l'inventaire des moulins à marées, disponible sur cd-rom et réalisé dans le cadre d'un projet européen.

En France, les plus remarquables sont :


Le Moulin de Pen-Castel, sur l'Ile d'Arz (commune d'Arzon). Au contraire des autres moulins, plutôt modestes et d'architecture rurale, celui ci présente des lucarnes ouvragées, une corniche à consoles, un appareillage soigné, des masques (Heloïse et Abelard selon la légende) sculptés sur les cheminées des pignons... autant de détails qui témoignent d'un raffinement inhabituel. Construit en 1190 pour le duc de Bretagne il devient en 1380 la propriété des moines de Saint-Gildas-de-Rhuys, puis fest transformé en restaurant pour devenir depuis 1995, la propriété du Conseil Général du Morbihan. Le bâtiment actuel date en réalité XVIIe siècle reconstruit sur les fondations du moulins du XIIe.

Le Moulin du Birlot sur l'Ile de Bréhat. C'est un moulin du XVIIe siècle construit entre 1633 et 1638 par le Duc de Penthièvre, seigneur de Bréhat. Il a produit de la farine jusqu'en 1920. Très abimé par la tempête de 1987, la Mairie de l'Ile de Bréhat rachète le moulin en 1990 et procède aux premiers travaux de sauvegarde des murs. L'Association du moulin du Birlot est créée en 1994 pour gérer la restauration. Le toit, les portes, fenêtres et planchers sont réalisés grâce au mécénat d'entreprise. Depuis lors le mécanisme a été reconstruit et mis en place de façon à ce que le moulin puisse moudre du blé noir régulièrement pour démonstration.



Moulin de Trégastel* : le 29 août 1375, le Roi Charles V accorda au seigneur Bryan de Lannion, le droit de faire édifier (le plus ancien droit dédifier) un moulin sur le bras de mer qui vient de Trov-Meur entre le lieu que l'on dit Toul Ar Carhent et Ploumanac'h. Le bâtiment actuel date de 1764 si l'on en croit la date gravée au-dessus de la porte. Il s'agit d'un moulin à blé connue sous le nom de le Moulin Bleu (Milin Glaz) à cause de son toit qui est maintenant en ardoise. Il est aussi connu sous le nom de " moulin à mer du Grand Traouiëro ". Construit au 14e siècle ce moulin fonctionnera jusqu'en 1932 à la mort de son dernier meunier Toussaint Le Brozec dont la maison est au coin de la chaussée. Il fut de nombreuses fois arrêté, mais à partir du 18e siècle, son importance va croissante. Il possédait deux roues latérales à aubes dont les vannes sont encore visibles aujourd´hui. En 1810, il produisait, à peu près 10 quintaux par jour. Pendant des siècles sa chaussée fut la seule route qui reliait Trégastel à Ploumanac'h.

Le Moulin de Ploumanac'h* se trouve au bas de la vallée du Petit Traouïero entre Trégastel et Perros- Guirec. D'après les textes, un premier moulin à marée aurait fonctionné à cet emplacement dès le 14 e siècle, bien qu'aucune trace n'en soit trouvée sur les cartes de Cassini. Selon les archives de l'Inventaire général des monuments-Côtes d'Armor, en 1839 un moulin neuf à deux roues le remplacesera utilisé pour moudre du grain jusqu'en 1898. En 1888, le bâtiment est agrandi et couvert d’un toit. A partir de 1892, le moulin est utilisé pour fabriquer de la glace selon le procédé de réfrigération à anhydride sulfurique du physicien suisse Raoul-Pierre Pictet. 450kg de glace à l´heure pouvait être ainsi produite pour la conservation du poisson ! En 1919-20, le moulin s'arrête de fonctionner. En 1986, après qu'il ait été question de le transformer en habitation privée, il est remis en état et offert par un généreux donateur à la commune de Perros-Guirec. Les premiers travaux de rénovation sont conduits par l'architecte des bâtiments de France, Bideau, avec un projet de musée, tout en conservant la toponymie originale. Cependant, les travaux ne furent pas poursuivis. La couverture, en chaume à l'origine, puis en tuiles rouges aux 19e et 20e siècle, est en ardoise depuis 1965. La Maison du Littoral accueille toute l'année des scolaire (Ici).

Le Moulin du Prat, dont les bâtiments et le mécanisme ont été restaurés en 2006 est situé sur le territoire de la commune de La Vicomté-sur-Rance (Côtes d'Armor) qui en a fait l'acquisition. C'est un des plus anciens moulins à marée de Bretagne puisque son existence est attestée dès 1181. Il a bien failli disparaître complètement à la fin du 20e siècle lorsqu'il n'en subsistait que quelques ruines dont la commune s'est portée acquéreur. C'est une association de passionnés qui a mené les travaux de réhabilitation in extremis. Désormais transformé en musée, le moulin tente d'apprendre au visiteur ce qu'il fut dans un passé lointain. Cette journée du patrimoine des moulins est une bonne occasion de refaire aussi une petite visite à celui-ci !

Le Moulin du Berno (XVIe siècle ) sur l' Ile d'Arz se visite chaque été. Abandonné au début du 20e siècle et tombé presque totalement en ruines, il est restauré à partir de 1994 par Jean Bulot, ancien patron de l'Abeille Flandres, aidé d'un groupe de bénévoles. La restauration dure 6 ans pendant lesquels ils construisent une imposante digue de 308 m, un étang de 13 hectares…Aujourd'hui il est en parfait état de marche et peut donc fabriquer de la farine ! C'est un lieu exceptionnel et très émouvant qui mérite largement la visite.





Le Moulin de Sainte Anne d'Indret à Indre dont l'histoire est pour le moins singulière. Elle commence lorsque Louis XVI décide en 1777 de construire une usine de canons : la " Manufacture royale de bouches à feu ". Dotée d’un moulin à marées pour l’alésage, elle devient le premier établissement industriel de la région. Situé à 40 km de l’océan, ce moulin est un des exemples les plus spectaculaires de l’utilisation de la force marémotrice en fond d’estuaire. Sa construction fut une prouesse technique, utilisant l’énergie des marées grâce à un moulin hydraulique et à deux digues formant une retenue d’eau de 34 hectares. Désaffectée à partir de 1828, il devient un atelier de forge et de serrurerie, et, en 1844... l'église paroissiale (jusqu’en 1976). Depuis 2001, l’édifice est propriété de la ville d’Indre qui l’ouvre souvent au public et qui avec l'aide de de l’Association Indre Histoire d’îles s’efforce de le faire connaître et de mobiliser un grand nombre d’acteurs pour sa sauvegarde.


La Journée du Patrimoine de Pays et Journée des Moulins est coordonnée par un comité de pilotage national réuni au sein d’une association, l’Association pour la Journée du Patrimoine de Pays. Elle est composée de cinq membres organisateurs que sont : la Fédération Patrimoine-Environnement, Maisons Paysannes de France, la Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins (FFAM), la Confédération de l’Artisanat des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) et les Architectes du Patrimoine.

A noter sur vos agendas :
Pour la 5è année, les 10 et 11 octobre, les entretiens Science et Ethique fondés par 3B Conseils avec le soutien du Conseil régional de Bretagne, les communes de Perros-Guirec, Pleumeur-Bodou et de l'Association APESTDD organisent deux journées découvertes qui font découvrir les Moulins à marées de Trégastel et de Ploumanac'h aux scolaires.Pour en savoir plus sur les moulins à marées, télécharger sur le site des entretiens Science et Ethique (science-ethique.org année 2009) le dossier documentaire réalisé avec La Maison du Littoral.
Jusqu'à demain vous pouvez également vous rendre à Saint-Quay-Portrieux pour voir l'exposition sur les énergies de la mer : L'Or bleu au centre des congrès qui se tient avec l'exposition de Yann-Arthus Bertrand "Home".


Sources : Docs et sites liés. Photos 1 : moulin du Berno ©Mairie de l'ile d'Arz. 2 : Moulin de Pen Castel. 3: Moulin de Birlot © Mairie de l'ile de Bréhat. 3 Moulin de Trégastel © Mairie de Tregastel 4. Moulin de Ploumanac'h © Mairie de Perros Guirec5. 5. Moulin du Prat© La Vicomté-sur-Rance 6. Moulin du Berno ©Mairie de l'ile d'Arz. 7. Moulin de Sainte anne D'Indret © Carte postale DP.

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Wednesday, June 15, 2011

RUSHYDRO signe avec ENERGIA ARGENTINA pour développer l'énergie hydrolienne



MOSCOU - (Russie) - 15/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
- La plus grande société russe de production d'énergie en termes de capacité installée, JSC RUSHYDRO, a annoncé le 27 mai 2011 (ICI) avoir signé un protocole d'accord de collaboration avec l'argentin Energia Argentina (ENARSA). Cet accord, signé lors de la visite d'une mission argentine à Moscou à la fin du mois de mai s'est assorti de nombreux autres accords signés avec les deux géants russes des énergies fossiles Lukoil et Gazprom. L'accord signé avec JSC RUSHYDRO concerne en particulier "la recherche d'opportunités de mise en œuvre de projets conjoints dans l'énergie hydroélectrique mais aussi dans d'autres sources d'énergies renouvelables, comme l'énergie des courants marins et l'énergie marémotrice" précise le communiqué qui rend compte de l'accord.

Les deux parties mettront en commun leur expertise dans la construction des centrales hydroélectriques et dans la gestion de leur efficacité énergétique pour concevoir, construire et entretenir des installations plus modernes et plus rentables. Pour JSC RusHydro, qui s'est déjà engagé dans la production d'électricité utilisant les énergies renouvelables issues notamment de l'hydro électricité fluviale, de l'énergie marémotrice, de l'énergie éolienne et de l'énergie géothermique, cet accord fournit une possibilité de déploiement à l'étranger et une sérieuse implantation sur le continent sud-américain. La capacité installée de JSC RUSHYDRO est actuellement de 26,1 GW.

Energia Argentina (ENARSA) a été créé en 2004 comme une entreprise d'État. La compagnie s'est clairement engagée dans la production et la distribution d'électricité produite par des sources d'énergies renouvelables et alternatives en Argentine. ENARSA met l'accent sur l'environnement et développe l'énergie solaire, les bio-carburants et la bio-masse, ainsi que d'autres domaines comme l'éolien (en Patagonie) ou l'énergie des courants marins.

Sources : Sites liés et cités. Photo : Centrale marémotrice Russe © RusHydro

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Sunday, November 14, 2010

ECO CINETIC construit la première hydrolienne estuarienne à Bordeaux




BORDEAUX - (France - U.E.) - 15/11/2010 - 3B Conseils - Selon Bordeaux magazine (le mensuel gratuit de la collectivité), le bureau d’études Énergie de la Lune, dont j'ai déjà parlé dans ce blog, travaille activement sur le projet de l'installation d'une hydrolienne estuarienne, la première du genre, qui sera posée sous le futur ponton Richelieu à Bordeaux. Première de ce type en Europe, cette hydrolienne, qui produira de l'électricité à la fois à partir des puissants courants fluviaux de la Garonne et des mouvements de marée dans son estuaire, aura essentiellement un but pédagogique. Selon Jérôme Cougoul, directeur général du bureau d’études : "Le système sera simple, robuste et facile d’accès. De plus, l’hydrolienne sera dotée d’un système de protection contre les embâcles (objets ­flottants)". Elle sera acheminée à la maison éco-citoyenne afin d’alimenter un panneau pédagogique accessible à tous, permettant de visualiser la production électrique en fonction de la vitesse des courants. "Le principal objectif de cette opération est de promouvoir la production d’une énergie renouvelable inépuisable : l’énergie des courants marins et ­fluviaux ", conclut Jérôme Cougoul.
Cette étude a été commandée par la mairie de Bordeaux au mois de juin 2009. L’étude d’assistance à la maîtrise d’ouvrage pour la réalisation d’un équipement fluvial structurant, quai Richelieu, à Bordeaux, intégrait une partie intitulée « Opportunité de doter l’équipement d'un moyen de production d'énergie marine par hydrolienne ». Au terme de l'étude qui a confirmé la faisabilité d’une production électrique par le biais d’une turbine à axe vertical, le conseil municipal de Bordeaux a voté les budgets de la construction du ponton en intégrant l’option hydrolienne en juin 2010. Après une enquête publique de 6 semaines, relative à la loi sur l’eau et loi Bouchardeau (menée fin août 2010), l’appel d’offre s’est conclu le 10 septembre 2010 et a vu l’attribution de la construction de l’hydrolienne à une PME rochelaise Eco cinetic.
Bordeaux devient donc la première ville française à investir dans une hydrolienne. Cet investissement, dont je rappelle qu'il est fait à des fins pédagogiques et qu'il est modeste, représente tout de même une étape très concrète pour la filière hydrolienne française. D'autre part, et en complément de ce projet, le bureau d’études Energie de la Lune porte toujours son projet de site d’essais d’hydroliennes en estuaire à Bordeaux, partie intégrante des objectifs de sites d’essais du projet de GIP France Energie Marine (...) dont j'avais fait état en décembre 2009 dans ce blog ICI.

Article : Francis ROUSSEAU

Docs: Sites liés. Photo ©Ecocinetic

Friday, November 12, 2010

Stratégie de croissance : La Corée du Sud et la fièvre verte

Séoul (Corée du Sud) - 12.11.2010 – 3B Conseils – Le G20 de Séoul voit les Etats membres poursuivre leur quête d’une gouvernance et d’une stabilité financière internationale. La Corée du Sud a souhaité inscrire quatre points à l’agenda de la réunion : les conflits monétaires, la création d’un filet financier international, la réforme des droits de vote au sein du FMI et le développement durable des pays pauvres. Quatrième pays investisseur dans la R&D dans le monde au regard de son PIB, elle prévoit également d’investir 38 milliards d’euros, soit 4% de son PIB entre 2009 et 2012 pour la réduction de la dépendance énergétique, les technologies propres et les projets environnementaux. « Nous devons passer au développement rapide au développement durable » affirme Lee Maanee, ministre de l’environnement, appuyé par Kim Sang-hyup, secrétaire du président Lee Myung-bak (élu en 2007), pour la croissance verte et l’environnement. Dépendante à 97% de ses importations de pétrole, gaz et charbon, pour ses besoins énergiques, elle est le 5ème importateur mondial de pétrole et le second de gaz liquéfié. Au risque de se voir imposer des obligations en matière de réduction de ses émissions de GES, la Corée du Sud a lancé son « Green New Deal » en 2009. Elle prévoit d’atteindre une réduction de 30% d’ici 2020 grâce à une utilisation accrue des énergies renouvelables et du nucléaire.
La mise en service de la centrale de Siwha d'Ansan à la fin de l'année, centrale la plus puissance du monde qui aura une capacité de 254 MW, participe à cet objectif aux côtés du recyclage de 87% des déchets dès 2011, du développement des turbines des éoliennes aux piles à combustible, des panneaux solaires et des réseaux électriques intelligents.
La coentreprise créée entre Lunar Energy et le coréen Midland Power Company, dans le Wando Hoenggan devrait pouvoir alimenter 200 000 foyers d'ici à 2015.

article de BB
Sources : 12 nov. Le Monde – Philippe Pons, le Figaro – Christian de Boissieu et Philippe Li présidents du Conseil d’analyse économique et de la Chambre de commerce franco-coréenne à Séoul, reportage RFI 16.10.10, 3B Conseils article paru le 29 mai 2009 - Francis Rousseau.

Wednesday, September 1, 2010

L'Alaska : nouvel eldorado des EMR


ANCHORAGE - (Alaska- Etats-Unis) - 02/09/2010- 3B Conseils - Dans plusieurs de ses notes et rapports consultables dans sa banque de données en ligne, le World Energy Council (Conseil Mondial de l'Energie) a publié ces dernières années de nombreuses statistiques concernant les extraordinaires ressources énergétiques non-fossiles de l'Alaska. Plus récemment une estimation a été avancée selon laquelle l'Alaska recèlerait à lui tout seul plus de 90% du potentiel des énergies marines des Etats-Unis. C'est un chiffre intéressant mais comme plusieurs Etats des Etats-Unis prétendent au même pourcentage, ce genre de comparatif commence à en laisser songeur plus d'un (dont moi ! ). Pour l'heure, l'Alaska, 49e État de l'Union, fournit aux Etats-Unis 17% de son pétrole brut et tire 90% de ses ressources financières de cette exploitation. On comprend pourquoi dès lors, on songeait ces dernières années, et malgré le coup de semonce de la marée noire provoquée par l'Exxon Waldez, à y amplifier l'extraction des ressources pétrolières. En novembre 2005, la Chambre des représentants des Etats-Unis a du renoncer au projet d'exploitation pétrolière dans le territoire protégé de l’Arctic National Wildlife Refuge et cela bien que le président Bill Clinton ait ouvert l'exploitation vers l’ouest de la zone offshore dite National Petroleum Reserve aujourd'hui partiellement exploitée par Exxon, BP et Arco. Depuis lors, 51 % des américains se seraient révélés opposés à tout nouveau forage dans cette zone de l‘Alaska. Une autre catastrophe, plus récente bien que plus lointaine géographiquement, celle du Golfe du Mexique, mais mettant en scène BP, un protagoniste bien connu des forages offshore en Alaska, semble avoir fait reculer toutes velléités d'exploitation de la National Petroleum Reserve. Pour combien de temps ? Nul ne le sait et mieux vaut se garder de tout angélisme dès lors qu'il s'agit du domaine pétrolier ! Ce que l'on sait, c'est que si cette exploitation cesse (ou plutôt quand elle cessera) en Alaska, elle va devoir être remplacée par une autre.
L'estimation concernant le potentiel d'énergies marines en Alaska (en particulier l'énergie des courants) avancée par certains membres du Conseil Mondial de l'Energie tombe donc à point nommé, même si elle ne vaut pas seulement pour cet Etat mais plus généralement pour les Etats de l'ensemble du Grand nord américain et aussi pour le Grand nord Canadien. Il reste donc que l'Alaska avec ses 44 000 miles (plus de 64 000 Km) de régions côtières éligibles à l'exploitation de la seule énergie des courants marins est une zone riche de promesses et ce, même si, sur le terrain, les financements tardent à suivre. On remarquera d'ailleurs que c'est ce moment d'intérêt marqué pour l'Alaska que la société américaine ORPC (cf. article du 31/08/2010) a choisi pour annoncer son intention d'installer une ferme hydrolienne TideGen en Alaska, sans doute en 2012, sur le site de Cook Inlet qui semble être l'objet de toutes les convoitises. Je rappelle au passage que le pétrolier Chevron exploite sur le site de Cook Inlet pas moins de 16 plates-formes pétrolières et gazières offshore. Mais ORPC n'est pas la seule compagnie exploitant les énergies renouvelables à avoir pensé tirer parti de la ressource des courants marins. D'autres sociétés comme Marine Current Turbines (MCT), Lunar Energy et Underwater Electric Kit ont également prospecté des emplacements dans cette région de Cook Inlet qui s'étend sur 180 miles (290 km) du Golfe de l'Alaska à Anchorage et concentre la plupart des 698.000 habitants de cet Etat vaste comme trois fois la France.
La ressource à Cook Inlet est la seconde plus importante au monde juste après celle de la Baie de Fundy (Canada). Le bras de Turnagain Arm's en particulier fait partie des 60 sites mondiaux à présenter un mascaret. L'alésage peut y atteindre plus de six pieds (1,83m) de hauteur et le courant progresser à 15 miles par heure (24 km/h) au moment des grandes marées de printemps. Turnagain Arm's est le site où l'on trouve la plus grande amplitude de marées de tout le territoire des États-Unis, avec une moyenne de 30 pieds (9,2 m) et le quatrième plus élevé dans le monde, juste derrière la baie de Fundy (11,7 m), la baie d'Ungava (9.75m) et le canal de Bristol (9,6 m). Sur le site de Turnagain Arm's, le cycle naturel du courant océanique (de 12 heures 25 minutes) rend le phénomène des marées similaire au ballottement de l'eau dans une baignoire. Bien que moins importante qu'à Turnagain Arm's l'amplitude des marées sur l'ensemble du site de Cook Inlet atteint régulièrement 25 pieds (7,6 m) avec des courants de plus de 5 noeuds (9,3 km/h) au plus fort de la marée. On comprend mieux pourquoi dès lors ce site de Cook Inlet et son bras de Turnagain Arm's ont été proposés par le gouvernement américain comme un site potentiellement intéressant pour la production d'énergie des courants. On comprend mieux aussi pourquoi, selon des propos rapportés par notre confrère TidalToday, beaucoup de décideurs aux Etats-Unis propagent l'idée selon laquelle : "L'Alaska est l'Etat de l'énergie des océans".
Un organisme fédéral, la Commission Denali, planche sur le soutien financier que l'Etat pourra apporter au développement des infrastructures énergétiques marines de l'Alaska et a d'ores et déjà soutenu ORPC dans sa démarche d'implantation locale. Pour Lunar Energy et des dispositifs de Marine Currents Turbines, c'est le site de Cairn Point qui parait le plus approprié selon une étude de faisabilité de l'Electric Power Research Institute datant de 2006. Reste que pour les promoteurs de tous ces projets, il faudra encore passer le stade des tests de l'impact environnemental et des contraintes, qui en Alaska concernent aussi bien les tourbières que les glaces flottant à la surface de la mer, les bélugas, les grandes rivières glaciaires, la pêche au gros, les transports de personnes et de marchandises par mer, le tourisme de croisière et... l'industrie de l'extraction des combustibles fossiles qu'il s'agit de gêner le moins possible, même si elle n'a pas la faveur du public et des politiques en ce moment...

Article : Francis ROUSSEAU

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