Wednesday, October 6, 2010

Eolien offshore au Danemark : bilan 2010/1



COPENHAGUE - (Danemark - U.E.) - 07/10/2010 - 3B Conseils - Bordé par la Mer Baltique et la Mer du Nord, le Danemark est constitué d’une péninsule, le Jutland (Jylland) et de 443 îles, dont 72 sont habitées. Les plus importantes sont les îles de Fyn et de Sjælland. Le Danemark, je l'ai suffisamment écrit dans ce blog, est un précurseur en Europe en matière d'éolien en mer puisque ce pays a mis en service le tout premier parc offshore du monde dès 1991 (Vindeby) et que 12 de ces parcs éoliens en mer produisent actuellement de l'électricité, sur les 47 proposés à ce jour. Sur ce nombre important de propositions, seules 3 ont reçu un permis de construire : Anholt (400MW) ; Nearshore LAB (36MW) ; Greena Havn (18 MW) ; 28 attendent leur permis de construire : Dan Tysk DK (1200MW) ; Ranne Bakke (70MW) ; Renland II et III ; Krieger Flak III (455MW) ; Renne Banke V (200MW) ; Renne Banke X (200MW) ; Krieger Flak U (200MW) ; Krieger Flak S (200MW) ; Krieger Flak T (200MW) ; Krieger Flak R (200MW) ; Store Middlegrund Q (200MW) ; Djursland Anholt O (200MW) ; Djursland Anholt P (200MW) ; Jammerbugten K (200 MW) ; Jammerbugten M (200 MW) ; Jammerbugten N (200 MW) ; Jammerbugten L (200 MW) ; Ringkebing F (200 MW) ; Ringkebing G (200 MW) ; Ringkebing H (200 MW) ; Ringkebing I (200 MW) ; Ringkebing J (200 MW) ; Horns Rev A (200 MW) ; Horns Rev B (200 MW) ; Horns Rev C (200 MW) ; Horns Rev D (200 MW) ; Horns Rev E (200MW). Enfin 3 propositions sur les 47 initiales ont été annulées (Gedser Rev, Omo Stalgrunde et Laeso)

Ce qui se dégage des choix du Danemark est une insistance à démarrer des parcs très vite, une décennie avant la fin du XXe siècle, quitte à faire les frais d'une technologie encore balbutiante. L'autre caractéristique qui se dégage aussi de ces parcs est leur taille : plutôt moyenne (200MW) ou petite, voire minuscule (moins de 20 MW), pour les tous premiers eu égard à la faible capacité des turbines d'alors. La comparaison avec les futurs "méga" projets britanniques de 9000 MW permet de mesurer le chemin parcouru en 20 ans par l'industrie éolienne en mer, même si cela s'est fait au prix d'investissements financiers que certains trouvent disproportionnés. Toujours est-il que la taille réduite des parcs offshore danois a facilité leur installation et leur mise en service rapide mais n'a pas permis de battre des records de production ; c'est pourquoi les 12 parcs construits à ce jour ne produisent guère plus de 813 MW.

Dans ce 1er épisode vous trouverez : le détail de 7 des 12 parcs actuellement en production, des parcs de taille moyenne et petite.
Dans le second à paraître demain : les autres parcs en production dits "mini-parcs" (moins de 20 MW) et les 3 parcs qui ont obtenu leur permis de construire.

- Rødsand 1 ou Nysted Havmøllepark 1. Copropriété d'un consortium formé de Dong Energy (50%) et de Pension Danmark, ce parc estimé à 248 millions d'euros a été développé par Energi E2 (filiale de Dong) en Mer Baltique au large de la région de Sidfalster, par 54.548° de latitude et 11.713° de longitude. Ce parc est en fonction depuis 7 ans, c'est-à-dire depuis Décembre 2003. Sa capacité est de 116 MW fournie par 72 éoliennes de 2,3 MW Bonus SWT 2.9.82, autrement dit Siemens, dont la hauteur maximum est de 110 m. Elles ont été transportées et installées sur site par le navire Sea Power de la compagnie A2 Sea. Les éoliennes couvrent une superficie de 26 km2 à 10,8 km des côtes par des fonds variant entre 6 et 9 m. Les fondations ont été fabriquées par Per Aarsleff, les mats des turbines par Carl C.
La sous station a été construite par Bladt industries. Le point de connexion au réseau terrestre se trouve à Nyborg relié par un câble de 132 kV fabriqué par ABB qui alimente désormais 92 595 foyers et évite les rejets dans l'atmosphère de 187 135 tonnes de CO2 et de 4352 tonnes de SO2. Le permis de construire a été déposé en 2000 et les travaux de construction ont débuté en 2002 ; ce parc a commencé à fournir de l'électricité de façon expérimentale dès 2003. Le câble, les turbines et le fondations ont été installés entre mai et décembre 2003 pour une entrée en fonction officielle le 9 janvier 2010. Nysted Havmøllepark dispose de sa propre page web sur le site de DONG .

- Rødsand 2, aussi appelé Nysted 2, est un parc estimé à 400 millions d'euros que E.ON a eu la charge de développer en Mer Baltique à peu de distance du précédent au large de la région de Holeby, par 54.558° de latitude et 11.547°de longitude. Ce parc est entré en fonction très récemment puisqu'il fournit de l'électricité au réseau danois depuis le 15 août 2010 (au lieu d'octobre 2010 initialement prévu). C'est le plus puissant des parcs danois actuellement en fonction, d'une capacité de 207 MW installés fournie par 90 éoliennes de 2,3 MW Siemens SWT 2.9.93 dont la hauteur maximum est de 115 m. Elles ont été transportées et installées sur site par le navire Sea Power de la compagnie A2 Sea. Les éoliennes couvrent une superficie de 33 Km2 à 8,8 km des côtes par des fonds variant entre 6 et 12 m. Les fondations ont été fabriquées par Per Aarsleff. La sous-station a été installée par le belge DEME. Le point de connexion au réseau terrestre se trouve à Nyborg relié par un câble de 145 kV fabriqué par ABB qui alimente désormais 115 744 foyers et évite les rejets dans l'atmosphère de 233 918 tonnes de CO2 et de 5 440 tonnes de SO2. Le permis de construire a été déposé en décembre 2007 et accordé le 28 avril 2008. Les travaux de construction ont commencé 1 an plus tard en avril 2009. Le câble a été installé en août 2009, les fondations de février à avril 2010 ; les turbines entre mars et juillet 2010 pour une entrée en fonction le 15 août 2010. Rødsand 2 dispose de sa propre page web sur le site de E.ON.

- Horns Rev 1. Copropriété de Vattenfall (60%) et Dong Energy (40%) ce parc, le plus photographié du Danemark (photo d'en-tête), a coûté 272 millions d'euros et a été développé en Mer du Nord au large de la région de Blàvandshuk, par 55.486° de latitude et 7.840° de longitude. Parmi les anciens du pays, il est en fonction depuis 8 ans, le 11 décembre 2002 à 14 heures précisément ! Sa capacité de 160 MW est fournie par 80 éoliennes de 2 MW Vestas V80-2.0 dont la hauteur maximum est de 110 m. Elles ont été transportées et installées sur site par le navire Sea Power de la compagnie A2 Sea. Ces turbines ont subi un traitement contre la corrosion marine, appliqué par DEME. Les éoliennes couvrent une superficie de 26 Km2 à 10,8 km des côtes par des fonds variant entre 6 et 9 m. Les fondations ont été fabriquées conjointement par MT Hojgaard, Smulders Projects et Sif Group puis transportées et installées par le Buzzard du belge Geo Sea. Les mâts des turbines ont été construits par Carl C. Le transformateur de la sous-station offshore a été fabriqué par Areva T&D (aujourd'hui Alstom/Schneider Electric) et la sous-station elle-même a été transportée par la barge Viking Barge 6 de la compagnie Niels Winthe et installée par le navire Asian Hercules II de la compagnie Asian Lift. Le câble a été fabriqué par Global Marines System et posé par le célèbre navire câblier Henry Lading de JD Contractor pour alimenter désormais 89 464 foyers et éviter les rejets dans l'atmosphère de 180 806 tonnes de CO2 et de 4 205 tonnes de SO2. Le 5 décembre 2001 une turbine prototype V80/2 était testée à Tjaereborg. En mars 2002 la première fondation était installée sur site. Le 7 avril 2002 la première turbine était montée, puis le premier câble le 19 mai rendant la turbine connectable dès le 29 juillet 2002. Entre juillet 2002 et décembre 2002 furent posés les 79 autres turbines et tout le câblage nécessaire à leur fonctionnement. Le 17 août 2009, sept ans après son entrée en fonction, ce parc, construit et rendu opérationnel en moins d'une année, a commencé à éveiller des soupçons de malfaçons dissimulées. Le 15 avril 2010 Vattenfall confirmait que des mises à jour allaient être nécessaires sur deux de ses parcs offshore. Le 4 juin 2010, une avarie forçait Horn Rev 1 à stopper sa production momentanément, créant un certain émoi dans le monde de l'éolien en mer. Horn Rev 1 dispose de son propre site web.

- Horns Rev 2. Entièrement développé par Dong Energy, ce parc estimé à 470 millions d'euros est installé en Mer du Nord au large de la région de Blàvandshuk, assez proche de Horn Rev 1 par 55.499° de latitude et 7.587° de longitude. Cette seconde tranche est en fonction depuis le 17 décembre 2009. Sa capacité de 209 MW est fournie par 91 éoliennes de 2,3 MW Siemens SWT-2.3-93 dont la hauteur maximum est de 114,5 m. Elles ont été transportées et installées sur site par le navire Sea Power de la compagnie A2 Sea et par le Matador 3 de Bonn & Mees. Les éoliennes couvrent une superficie de 39 km2 à 31,7 km des côtes par des fonds variant entre 9 et 17 m. Les fondations mono-piles ont été construites conjointement par Per Aarsleff et Bladt industries puis transportées et installées par le Sea Power de A2 Sea. Les mâts des turbines ont été faits par Carl C. Le câble a été fabriqué par Nexans France et posé par les navires cabliers Sovereign de Global Marine Systems et Pontra Maris de Stemat Marine Services pour alimenter désormais 117 030 foyers et éviter les rejets dans l'atmosphère de 236 517 tonnes de CO2 et de 5 500 tonnes de SO2. Le permis de construire de ce parc a été délivré en mars 2007 ; la première fondation a été installée en mai 2008 et la première turbine en mars 2009. Deux mois après la mise en service de ce parc en novembre 2009 des problèmes de fonctionnement étaient signalés. Horn Rev 2 n'a pas de site web.

- Middelgrunden aussi appelé Kobenhavn. Copropriété d'un consortium formé par Dong Energy (50%) et la coopérative éolienne Middelgrundens Vindmollelaug (50%), ce parc estimé à 47 millions d'euros est installé en Mer de Kattegat au large de la région de Kebenhavn, par 55.691° de latitude et 12.669° de longitude. Il a commencé à produire de l'électricité dès le début de l'an 2000 et était pleinement opérationnel en 2002. Sa capacité est de 40 MW fournie par 20 éoliennes de 2 MW Bonus (Siemens) dont la hauteur maximum est de 100 m. Elles ont été transportées et installées sur site comme l'ensemble des autres structures par le navire Voe Venture de la compagnie Delta Marine. Les éoliennes couvrent une superficie de moins de 1 km2 à 4,7 km des côtes par des fonds variant entre 3 et 6 m. Les fondations ont été construites et installées conjointement par MT Hojgaard et Monjberg & Thorsen. Le câble a été fabriqué par NKT cables et posé par JD Contractor pour alimenter désormais 22 366 foyers et éviter les rejets dans l'atmosphère de 45 202 tonnes de CO2 et de 1 051 tonnes de SO2. Le permis de construire de ce parc a été déposé en septembre 1996 et délivré en décembre 1999 ; les fondations, câbles et turbines ont été installés à partir du début de l'an 2000 pour s'achever en octobre 2002, mais le parc est entré en fonction dès le début de l'an 2000. En avril 2006 un incident intervenait sur les Siemens Geafol. Middelgrunden possède son propre site web (très belles photos !).

- Samsø est la copropriété d'un consortium formé par la Municipalité de Samsø (50%) et la compagnie d'investisseurs privés Difko (50%). Ce parc, développé par Samso havvind, estimé à 30 millions d'euros, est installé en Mer de Kattegat au large de la région de Samso, par 55.721° de latitude et 10.583° de longitude. Il a commencé à produire de l'électricité le 28 février 2003. Sa capacité est de 23 MW fournie par 10 éoliennes de 2,3 MW Bonus Siemens dont le diamètre de rotor est de 82 m. Elles ont été transportées et installées sur site comme l'ensemble des autres structures, fondations comprises, par le navire Vagant de la compagnie DEME. Les éoliennes couvrent une superficie de moins de 1 Km2 à 4 km des côtes par des fonds variant entre 10 et 13 m. Les fondations mono-piles ont été construites par Bladt industries. Le câble fabriqué et posé par ABB alimente désormais 12 860 foyers et évite les rejets dans l'atmosphère de 25 991 tonnes de CO2 et de 604 tonnes de SO2. Les fondations, câbles et turbines ont été installés entre octobre 2002 et février 2003. Samsø a son propre site web.

- Sprogo aussi appelé Storebaelt, développé par Sund & Baelt Holding, estimé à 30 millions d'euros, est installé en Mer de Kattegat au large de la région de Korsør, par 55.343° de latitude et 10.958° de longitude. Ce parc produit de l'électricité depuis décembre 2009. Sa capacité est de 21 MW fournie par 7 turbines de 3 MW Vestas V90-3.0 dont la hauteur maximale est de 115 m. Elles ont été transportées et rapidement installées sur site comme l'ensemble des autres structures, fondations comprises, par la compagnie A2 Sea. Les éoliennes couvrent une superficie de moins de 1 Km2 entre 9,3 et 10,6 km des côtes par des fonds variant entre 6 et 16 m. Les fondations mono-piles ont été construites par Per Aarlseff. Le câble a été fabriqué par NKT et posé par SSE pour alimenter désormais 11 742 foyers et éviter les rejets dans l'atmosphère de 23 731 tonnes de CO2 et de 552 tonnes de SO2. Les fondations, câbles et turbines ont été installés entre le 15 septembre et le 15 novembre 2009 pour une entrée en fonction dès le mois de décembre.

Article et synthèse : Francis ROUSSEAU

Docs Sites liés. Photos 1 : Vue Panoramique de Horn Rev 1 ; 2 : carte du Damemark ; 3 : le Buzzard installe une éolienne © Geosea 4 : Middlegrunden ; 5: Structure A2Sea ©A2 Sea


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Tuesday, October 5, 2010

OCEAN POWER TECHNOLOGIES alimente l'U.S. Navy pour la première fois


KAEOHE BAY - (Hawaii - Etats-Unis) - 06/10/2010- 3B Conseils - C'est une première : l'U.S. Navy a annoncé dans un communiqué du 27 septembre 2010 que le tout premier système produisant de l'électricité à partir de l'énergie des vagues a été relié au réseau et fournit désormais le Corps des Marines de la base d'Oahu à Hawaii. A cette occasion le Secrétaire d'Etat à la Marine, Ray Mabus, a déclaré : "Ce projet témoigne de la volonté de la Marine et du Corps des Marines à conduire le pays vers un nouvel avenir énergétique. Si nous voulons nous passer des énergies fossiles et assurer notre indépendance énergétique, il faut continuer d'investir et développer les énergies renouvelables de la mer." Ray Mabus n'a pas manqué d'insister sur le fait que c'est à grande vitesse que la Marine entend atteindre son objectif consistant à remplacer, d'ici 2020, 50% des énergies fossiles utilisées par des énergies renouvelables et cela dans tous les domaines, air, mer et ciel. On ne manquera pas de relever, comme plusieurs experts l'ont déjà fait, le contraste saisissant qui existe entre l'empressement de l'U.S. Navy et du Secrétaire à la Marine à réaliser cet objectif et la lenteur de la société civile américaine à emboîter le pas de l'engagement dans l'utilisation effective des énergies alternatives.
Dans le cas précis du dispositif d'énergie des vagues relié au réseau pour le Corps des Marines, il s'agit du Power Buoy PB40 (cf. photo), d' Ocean Power Technologies (OPT) d'une puissance modeste de 3-4 kW. Ce petit démonstrateur, dont j'ai déjà souvent fait état dans ce blog, d'une longueur de 16,7m de long (55 pieds) et d'un diamètre de 1,5 m (5 pieds) sous l'eau et de 3,6m (12 pieds) une fois en surface, a été installé à une trentaine de mètres de profondeur sur un site à un kilomètre du rivage (nearshore donc). Tous les détails sur l'implantation du Power Buoy PB40 sur ce site de la Navy peuvent être consultés ICI. Rien de très spectaculaire donc dans les performances fournies par ce démonstrateur à ceci près qu'il est bien, de tous les récupérateurs d'énergie des vagues testés ou en opération actuellement aux États-Unis, le tout premier à être connecté à un réseau, en l'occurrence celui qui alimente la Base des Marines d'Hawaii. Avec une performance comme celle qui est affichée, on aura vite compris que ce système est encore en cours d'évaluation mais, selon le commandant de la base, le colonel Robert Rice, l'objectif fixé est "d'atteindre l'autonomie complète en énergie en cinq ans". Aux yeux de beaucoup d'américains qui ne font pas partie de la Navy ni de l'armée en général, cet objectif semble bien ambitieux, d'autant que la société civile, elle, ne bénéficie pas de la facilité des budgets militaires pour parvenir aux mêmes fins. Sous la plume de certains commentateurs, cela sonne presque comme un reproche !
Les autres sites sur lesquels OPT teste ses PowerBuoy sont aux Etats-Unis ceux d'Atlantic City, de Coos Bay et de Reedsport ; au Royaume-Uni, Power Buoy est testé sur le site de l'EMEC aux Iles Orcades et sur le site du Wave Hub en Cornouailles ; en Espagne, Power Buoy est testé sur le site de Santoña pour lequel OPT a mis en ligne une vidéo de démonstration fort bien faite, disponible sur le lien cliquable que je viens de citer.

Article : Francis ROUSSEAU

Docs : Sites liés. Photos ©OPT

A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :

- L' US Navy s'intéresse à l'énergie des vagues (10 novembre 2008)
- OPT et Lockheed Martin signent un accord concernant l'énergie des vagues (30 janvier 2009)
- L'Espagne exploite à son tour les vagues (27 septembre 2008)

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Monday, October 4, 2010

CARNEGIE WAVE signe avec le gouvernement irlandais


SYDNEY - (Australie) - 05/10/2010- 3B Conseils- L'australien Carnegie Wave Power a annoncé sur son site ICI avoir signé un accord de collaboration formel avec la SEAI (Sustainable Energy Authority Ireland) pour développer en Irlande un projet d'exploitation d'énergie des vagues sur le site spécialement dédié à Belmullet mais aussi dans d'autres endroits au large des côtes irlandaises. Ce contrat de trois ans confirme Carnegie Wave comme un développeur international de technologie d'énergie des vagues et représente un jalon important dans le déploiement commercial de CETO. Cette technologie, jusqu'à présent testée uniquement au large de l'Australie, a fait l'objet d'un intérêt marqué de la Région Réunion (France) pour une exploitation à venir dans l'Océan Indien, mais aucun test sur site n'a été encore programmé.
A l'issue de la signature récente avec l'Irlande, Michael Ottaviano, PDG de Carnegie Wave, a exprimé sa satisfaction devant "les progrès faits sur le ciblage des sites les plus appropriés pour le projet Ceto." Par son geste, le gouvernement irlandais a clairement indiqué que l'énergie des vagues est un de ses points de mire et n'a pas hésité à accompagner cette intention d'incitations fiscales, de subventions et de facilités sur les droits de douane ...et de tarifs de rachat de l'électricité ainsi produite très préférentiels (on parle de € 220/ MWh). Le système houlomoteur CETO est de type near shore, c'est-à-dire exploitable à proximité du rivage, et utilise une série de bouées qui montent et descendent avec le mouvement des vagues, entraînant des pompes qui envoient l'eau sous pression à la côte par un pipeline de façon à faire tourner des turbines hydroélectriques. L'eau à haute pression peut également être utilisée pour approvisionner une usine de dessalement.
L'Irlande s'est fixé l'objectif de produire 33% de son énergie à partir de sources renouvelables d'ici 2020. Cet accord signé va dans le sens d'une concrétisation des réalisations à un moment où de nombreux acteurs internationaux du monde des énergies des vagues et des courants se plaignent de la lenteur des études et des consultations. Ce fut le cas récemment de Peter Fraenkel de Marine Current Turbines qui réclamait "de l'action" !

Article : Francis ROUSSEAU

DOCS: Sites Liés. Photos Projet CETO à la Réunion © Carnegie Wave.

Sunday, October 3, 2010

Polynésie : courantomètre dans la passe de Hao

TUAMOTU - (Polynésie Française- France- U.E.) - 04/10/2010 - 3B Conseils - Un article paru dans Tahiti Presse du 1er octobre 2010 a confirmé la volonté du ministre du gouvernement polynésien chargé de l'énergie de développer l'exploitation des énergies marines et en particulier l'énergie hydrolienne. Comme je l'avais déjà signalé dans un article ancien (cf. les énergies de la mer en Polynésie du 27 /11 /2007), les autorités polynésiennes manifestent de façon rémanente leur intérêt pour le thème des énergies renouvelables marines. Dans cet article par exemple, l'Assemblée territoriale de Polynésie Française s'était engagée à mettre en service fin 2008 une centrale houlomotrice...
Aujourd'hui, Tahiti Presse annonce qu'une nouvelle opération pilote a été lancée en juin dernier, consistant à réaliser une étude destinée à connaître le gisement hydrolien de l'atoll de Hao, les passes des atolls des Tuamotu étant connues pour présenter des gisements potentiellement exploitables de courants. Un courantomètre a donc été installé dans la passe "Kaki" de l'atoll de Hao, première phase indispensable à l'étude de faisabilité de tout parc hydrolien. Pour mener à bien cette opération, la Polynésie française s'est s'engagée dans un partenariat avec deux institutions d'importance, l'ADEME et Ifremer, avec pour objectif de susciter ultérieurement la mobilisation d'investisseurs susceptibles de concrétiser des solutions technologiques. La passe "Kaki ", dont les courants pourraient dépasser 15 nœuds, n'aurait jamais été étudiée de façon précise. Ne doutons pas que le Centre Ifremer du Pacifique y remédiera au terme de son étude spécifique qui devrait durer un an, répartie en 5 missions avec les concours et soutiens logistiques de la Marine Nationale, du GSMA (Groupement du service militaire adapté de Polynésie française), du détachement du Génie "REAB" de l’Armée de Terre, et de l’équipe communale. Le 27 septembre 2010, Ifremer a récupéré les premiers mois de données enregistrées (juin-septembre donc) par le premier courantomètre installé. Un deuxième courantomètre de type "ADCP RDI-WorkHorse- sentinel" devrait être déployé sur place afin d’apporter des connaissances complémentaires sur la répartition des courants dans la passe. Si les tests sont concluants, cette évaluation de potentiel hydrolien pourra être étendue à d’autres atolls et îles de Polynésie française. Pensant déjà au futur, l'idée que des investisseurs privés pourraient expérimenter un ou plusieurs prototypes d'hydroliennes a été avancée... mais ça c'est une autre histoire !

Article : Francis ROUSSEAU

A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- Projets polynésiens : semaine importante entre promesses et contradictions (1 octobre 2009)
- La Polynésie sera-t-elle un eldorado ? ( 11 mars 2008)
- E.T.M. en Polynésie : grand retour signé pour 2015 (15 Mars 2010)

Thursday, September 30, 2010

ETM : une maquette virtuelle pour DCNS


PARIS - (France- U.E.) - 01/10/2010 - 3B Conseils - Le groupe DCNS, partenaire de ce blog, a commandé récemment une maquette virtuelle interactive de présentation à l'agence Mgdesign concernant son projet Energie Thermique des Mers (ETM) à la Réunion. (cf. articles plus bas). L'application 3D réalisée permet de découvrir virtuellement la technologie ETM qui, je le rappelle, permet de produire de l'électricité grâce à l'exploitation du différentiel constant existant autour de la ceinture tropicale de notre planète entre la température de l'eau de surface (22 à 26°C) et celle des grandes profondeurs (3 à 5°C). La modélisation 3D porte sur deux maquettes :
- celle du prototype à terre, situé à proximité de l'université de la Réunion.

- celle du démonstrateur en mer qui sera situé au large de l'île d'ici 2014 2015.

Les deux maquettes sont consultables en "vision technique" avec animation des circuits et des échanges thermiques (photo de tête d'article), ainsi qu'en "mise en situation", intégrées à leur site d'exploitation.


Une vidéo extraite de l'application interactive est visible ICI ou en haute définition sur YOU TUBE ou dans la colonne de droite du blog "Les énergies de la mer".

Article : Francis ROUSSEAU

A LIRE AUSSI SUR LE SUJET
:
- DCNS et LA RÉUNION placeront la France en tête de l'ETM dès 2011 (01 Juillet 2010)
- Réunion : le prototype E.T.M . de DCNS en test en 2011 (01 Juillet 2009)
- E.T.M. : convention signée entre DCNS et l'Ile de La Réunion (01 Mai 2009)


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Wednesday, September 29, 2010

Eolien offshore en Allemagne : bilan 2010



BERLIN - (Allemagne - U.E.) - 30/09/2010 - 3B Conseils - Pays ayant une façade maritime à la fois sur la Mer du Nord et la Mer Baltique, l'Allemagne a de grands projets en matière d'éolien offshore. Rien de comparable cependant avec les objectifs britanniques, certes mais 2 parcs sont déjà entrés en production, 1 parc est en construction, 27 projets se sont vu accorder des permis de construire, 55 sont déposés et attendent les réponses, 21 sont en phase d'études, 2 sont gelés (Arkona Becken Sudost et Borkum West II Phase 2) et un seul annulé, celui de Pommersche bucht (1000MW). C'est donc en tout plus d'une centaine de projets qui sont proposés aujourd'hui.
Au contraire du Royaume-Uni, l'Allemagne semble avoir peu d'attrait pour les parcs gigantesques. A l'exclusion d'un projet qui frôle le gigawatt (Aiolos avec 985 MW), la moyenne des parcs futurs se situe aux alentours de 400 MW, même si ces 400 MW sont souvent multipliés par 5 ou 6 tranches (Gaia 1 à 5 par exemple qui totalisera 2000 MW et sera le plus grand parc allemand). Vous trouverez dans ce bilan synthétique la liste complète de ces parcs offshore et leur puissance, après le détail que je donne sur les deux projets qui sont déjà entrés en production (Alpha Ventus et Breitling) et le projet qui est actuellement en construction : BARD Offshore 1.

- ALPHA VENTUS aussi appelé Borkum West 1. Propriété d'un consortium formé par Vattenfall (26,25%), E.ON (26, 25%), et EWE (45,5%), ce projet, d'un coût de 250 millions d'euros, est la première phase d'un projet de développement ultérieur du site de Borkum. Situé en Mer du Nord au large de la région de Neidersachsen, par 54.014° de latitude et 6.605°de longitude, ce parc est entré en fonction depuis le 27 avril 2010. Il a une capacité de 60 MW installés fournie par 12 éoliennes de 5MW, soit 6 éoliennes MULTIBRID M5000 (aujourd'hui propriété d'Areva Wind) et 6 éoliennes REPower M5 dont la hauteur maximum est de 155 m. Elles ont été transportées sur site par les navires Goliath et Buzzard de la compagnie belge Geosea et installées grâce a la barge JB114 de la compagnie Jack up Barges. Les éoliennes reposent sur des fondations de type tripode et couvrent une superficie de 6 Km2 à 56 km des côtes par des fonds variant entre 28 et 30 m. Les fondations ont été fabriquées conjointement par SIF Group, Aker Solutions et BiFab. Elles ont été transportées sur site par le navire Odin de Hochtlief Construction et installées par le navire Thialf de Heerema Marine Contractors. La sous-station a été fabriquée par Areva T & D, aujourd'hui Alstom Grid, et installée par Bilfinger Berger et Hochtlief Construction. Le point de connexion au réseau terrestre se trouve à Diele pour une électricité acheminée par un câble de 110 kv long de 60 km fabriqué par Prysmian et installé par le câblier Oceanteam pour le câble réseau, et Stemat Marine Services pour les câbles reliant les éoliennes à la sous-station. Ce parc alimente désormais 33 549 foyers et évite les rejets dans l'atmosphère de 67802 tonnes de CO2 et de 1577 tonnes de SO2. Ce parc a connu deux avaries : l'une le 4 septembre 2008 où une très forte tempête a conduit à l'arrêt des travaux de construction et l'autre le 17 juin 2010 lorsqu'une éolienne est tombée en panne. Le permis de construire a été accordé à ce projet le 9 novembre 2001 mais les travaux de construction n'ont commencé que 7 ans plus tard le 25 juin 2008. Le câble a été installé entre juillet et décembre 2008, les fondations entre le 15 avril 2009 et le 8 juin 2009, les turbines entre le 30 septembre et le 16 Novembre 2009 pour une entrée en fonction le 27 avril 2010. Alphas Ventus dispose de son propre site web où une vidéo des principales étapes de l'installation du parc est visible.

- BREITLING aussi appelé Rostock . Développé par Nordex Energy, il s'agit en réalité du premier site démonstrateur éolien en mer construit en l'Allemagne par KGW et mis en service dès le 28 février 2006. Ce démonstrateur est situé dans la Mer de Breitling au large des côtes de Mecklenburg-Vorpommern par 54.151° de latitude et 12.131° de longitude. Ce démonstrateur qui est tantôt crédité d'une capacité de 4 MW ou de 3 MW selon les sources est composé d'une seule turbine Nordex N90 de 2,5 MW de capacité annoncée (!). Il n'en reste pas moins que cet antique moulin à vent culmine à 90 m et s'expose fièrement à 300 mètres de la côte, planté sur des fonds de 50 cm. Aucune information sur le point de connexion au réseau bien que cette turbine soit censée alimenter 1398 foyers et éviter les rejets dans l'atmosphère de 2825 tonnes de CO2 et 66 tonnes de SO2.

- BARD OFFSHORE 1. Il s'agit là du premier gros projet éolien offshore allemand actuellement en construction en Mer du Nord au large de la région de Niedersachsen par 54.355°de latitude et 5.980° de longitude. Co-propriété de la société luxembourgeoise ENOVOS et du fabricant de turbines éoliennes Bard Offshore, ce parc va développer 400 MW grâce à 80 aéro générateurs de 5 MW de modèle BARD 5.0, d'une hauteur maximale de 155 m avec un diamètre de rotor de 122 m, installées par le navire Wind Lift 1 de Bard Building. Les fondations, de type tripode, fabriquées par Cuxhaven Steel Construction, SIF Group et Smulders Projects, également installées par le navire Wind Lift1 sont réparties sur une superficie de 59 km2 sur une site situé farshore entre 101 et 111,9 km des côtes par des fonds variant de 39 à 41 m. Le point de connexion au réseau est à Diele par un (très long) câble de 155 kv d'une longueur de 100 km fabriqué par ABB High Voltage et installé avec le concours de Global Marine Systems. Ce parc alimentera 223 660 foyers et épargnera les rejets dans l'atmosphère de 452 016 tonnes de CO2 et de 10 512 tonnes de SO2. Il a obtenu son permis de construire le 11 avril 2007 et la première fondation a été installée le 8 avril 2010. Il a été soutenu par la Commission Européenne dans le cadre du programme EEPR à hauteur d'une subvention de 53,1 millions d'euros. On sait d'ores et déjà que le propriétaire n'attendra pas la fin de la construction pour générer de l'électricité puisqu'il a prévu de le faire dès la fin de cette année 2010. Aucune date d'achèvement n'est cependant précisée sur le site de ce parc ICI.

Voici maintenant pour terminer la liste des autres propositions allemandes par ordre d'achèvement sachant que les informations plus détaillées sont réservées pour une version payante de cet article :

Permis de construire accordés :
DanTysk (400 MW) ; Borkum Riffgrund ( 277 MW) ; Borkum Riffgrund West Phase 1 (400 MW) ; Borkum West II Phase 1 (200 MW) ; Amrumbank West (400 MW) ; Nordsee Ost (295 MW) ; Meerwind Ost (200 MW) ; Meerwind Süd (200 MW) ; Offshore-Bürgerpark Butendiek ( 288 MW) ; Global Tech I (400 MW) ; OWP Delta Nordsee 1 (240 MW) et OWP Delta Nordsee (160 MW) ; OWP Nordergründe (90 MW) ; OWP Riffgat (108 MW) ; Sandbank 24 (288 MW) ; Gode Wind I (400 MW) ; Nördlicher Grund (320 MW) ; EnBW He Dreiht (400 MW); Wikinger (400 MW) ; Deutsche Bucht ( 400MW) ; EnBW Baltic 2 ( 288 MW) ; EnBW He Dreiht (400 MW) ; MEG Offshore I ( 400 MW) ; Sandbank 24 (288 MW) ; He dreiht II (140MW) ; Veja Mate (400 MW) ; GEOFReE (German Offshore Field for Renewable Energy).
Permis déposés et en attente d'être délivrés:
- Uthland (400 MW) ; Weiße Bank (320 MW) ; Albatross (400 MW) ; KASKASI (320 MW) ; Hochsee testfedld Helgoland (95 MW) ; Notos (250 MW) ; Aiolos (985 MW) ; Kaikas (415 MW) ; Austerngrund (400 MW) ; ArkonaSee Sud (??MW) ; BalticEagle (480 MW) ; Adlergrund 500 (72 MW) ; Adlergrund GAP (155 MW) ; Beltsee (125 MW) ; Nordpassage (400 MW) ; Aquamarin (400 MW) ; Diamant (400 MW) ; Bernstein (400 MW) ; Citrin 400 MW) ; Meerwind West ; OWP West (400 MW) ; Sandbank 24 extension (200 MW) ; H2-20 ( 400 MW) ; Arcadis Ost 1 (350 MW) ; BalticPower East (400 MW) ; BalticPower West (400 MW) ; Innogy Nordsee 1 Phase 1 et 2 = 2 x 324 MW) ; Global Tech II (380 MW) ; Global Tech III (105 MW) ; Ventotec Nord 1 (150 MW) ; Ventotec Nord 2 (150 MW) : Bight Power I et Bight Power II (2 x 400 MW) ; Borkum Riffgrund II (480 MW) ; Borkum Riffgrund West 2 (400 MW) ; Area C I à III (3 x 400 MW) ; Sea Wind I (400MW) ; Sea Wind II (300 MW) ; Sea Storm I (400 MW) ; Horizont I (325 MW) ; Horizont II (380 MW) ; Horizont III (355 MW) ; Ventotec Nord 1 et Ventotec Nord 2 (2 x 150 MW) ; GAIA I à GAIA V (5 x 400MW) .
Parc éolien au stade de l'étude de faisabilité :
Arcadis Ost 2 (75 MW) ; Beta Baltic ( 150 MW) ; Petrel (400 MW) ; Seagull (400 MW) ; Heron (400 MW) ; Gannet (400 MW) ; Skua (400 MW) ; Witte Bank ; Sea Storm II (190 MW) ; Sea Wind III (400 MW) ; Sea Wind IV ; Euklas ; Jules Verne (480 MW) ; Nautilus (470 MW) ; Nemo ( 490 MW) ; ENOVA Offshore NSWP 4 (486 MW) ; ENOVA Offshore NSWP 5 (510 MW) ; ENOVA Offshore NSWP 6 (504 MW) ; ENOVA Offshore NSWP 7 ( 570 MW).

Article et synthèse : Francis ROUSSEAU

Docs Sites liés. Photos1 Alpha Ventus © Alpga Ventus . 2 Bard ©Bard Offshore


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Tuesday, September 28, 2010

AURORA BIOFUELS devient AURORA ALGAE


ALAMEDA - (Calif. - Etats-Unis) - 29/09/2010- 3B Conseils - Aurora Biofuels a annoncé récemment la modification de son nom en AURORA ALGAE, dans l'espoir de s'ouvrir à d'autres débouchés commerciaux (notamment ceux des nutriments) que les biocarburants encore expérimentaux. Ce changement d'appellation, d'abord signalé en catimini par Greentech Media le mois dernier, paraît logique pour une entreprise qui a consacré l'essentiel de ses forces et de ses capitaux jusqu'à aujourd'hui à développer dans ses installations de Alameda une souche d'algues particulièrement riches en acide gras omega. Il ne paraît donc pas aberrant qu'avant de transformer ces algues en biocarburant l'entreprise cherche à faire des profits avec des nutriments pharmaceutiques mais aussi des aliments pour la pisciculture, voire même des matières premières pour les cosmétiques. Toutefois certains experts estiment que ce changement d'appellation n'est pas un signe positif envoyé aux entreprises qui tentent de mettre au point (un peu partout dans le monde mais surtout aux Etats-Unis) des biocarburants à base d'algues à des prix compétitifs avec ceux des combustibles fossiles qu'ils sont censés remplacer à terme sur le marché. En changeant d'appellation Aurora semble avouer sa perte de confiance dans la rentabilité à court terme du biocarburant algal, d'autant qu'à l'intérieur même de l'entreprise on ne cache plus que de nombreuses années seront nécessaires avant de mettre au point un algocarburant compétitif. Ce changement de nom a d'ailleurs été suivi d'un changement de tête au sein de l'exécutif d'Aurora. Le nouveau PDG, Gregory L. Bafalis, vétéran de l'industrie des énergies fossiles mais aussi au démarrage de Green Earth Fuels, avertit dans un discours clair : "Je connais bien la problématique des biocarburants pour l'avoir abordée hors de tout contexte de subventions gouvernementales." Aurora n'en espère pas moins mettre en place sa première usine démonstratrice en Australie. Elle qui utilisera le CO2 issu des centrales au gaz naturel et de la culture des engrais pour cultiver des algues dans huit étangs d'environ 4000 m2. L'exploitation devrait entrer en service d'ici la fin de l'année 2010 avec une commercialisation des produits prévue pour le premier trimestre de 2013. Mais il faut savoir lire entre les lignes car, d'après Gregory Balfalis, les algocarburants ne sont pas pour le moment inclus dans les produits commercialisables de la marque, même si "la société espère voir un biocarburant fabriqué à partir de ses algues commercialisé dans l'avenir".
Cette valse-hésitation et les informations contradictoires émanant sans cesse de ce secteur des énergies marines peuvent effectivement finir par donner le bourdon à n'importe qui !

Article : Francis ROUSSEAU

Docs Sites liés. Photos © Aurora Algae


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