Thursday, June 30, 2011

AREVA et IBERDROLA : accord de partenariat stratégique en vue de l’appel d'offres français


PARIS - (France ) - 01/07/2011 - 3B Conseils
Par Francis Rousseau
Dans un communiqué de presse du 29 juin 2011, la filiale à 100% d'AREVA, AREVA Wind, annonce avoir signé un protocole d’accord de partenariat stratégique avec le géant espagnol Iberdrola Renovables "dans le but de développer conjointement des projets éoliens en mer en France". Ce partenariat s’inscrit dans le cadre du programme annoncé par le gouvernement français, qui fixe un objectif de 6 GW de puissance à installer d'ici 2020. Avant même que la première phase du programme (3 GW pour cinq parcs éoliens au large des côtes françaises) n'ait été officiellement lancée par le gouvernement, même si cela est imminent, les partenaires ont annoncé se positionner sur deux des cinq zones offshore qui seront retenues dans cette première phase ; le nom d'Areva comme fournisseur de turbines avait déjà beaucoup circulé sur les projets de la zone de Fécamp, du projet dit des Deux Côtes et du projet dans la zone Calvados.
En mai 2011, AREVA Wind a signé avec GDF Suez et VINCI un accord de partenariat de même type portant principalement sur trois champs éoliens en mer : Dieppe-Le Tréport, Courseulles-sur-Mer et Fécamp. Les parcs éoliens seront développés par le consortium d’investisseurs associant GDF Suez et VINCI et équipés d’éoliennes fabriquées par AREVA Wind. Dans le cadre de l'accord signé ce 29 juin 2011, AREVA Wind s'engage à être le fournisseur exclusif des turbines M5000 de 5MW qui équiperont les parcs éoliens développés au large des côtes françaises par Iberdrola Renovables.


La M5000, d'une puissance de 5MW, installée en haut d'un mât de 130 mètres avec des rotors trois pales de 16, 5 tonnes chacune, fonctionne avec une ressource éolienne se situant dans la plage comprise entre 4 et 25 mètres/seconde. Le mât supporte la nacelle, le rotor et les 3 pales pour un poids total de 349 tonnes, ce qui en fait une éolienne particulièrement légère comparée à la capacité installée. La nacelle est assemblée sur le site puis montée en un seul bloc sur la tour, en pleine mer. Très compacte, la M 5000 héberge une technologie de pointe dans un espace restreint. Ce caractère compact est rendu possible par l’intégration intelligente du roulement du rotor, du multiplicateur et du générateur dans un seul et même carter. Ses dimensions réduites limitent la transmission de charge à la tête de la tour, idéal pour une éolienne de forte puissance. Une faible vitesse de rotation associée à un nombre limité de pièces en mouvement et à l’utilisation de paliers lisses minimise le risque d’usure du système d’entrainement. Un système de surveillance spécifique contrôle en permanence le fonctionnement des composants clés et signale toute irrégularité. Il facilite ainsi la planification des opérations de maintenance et assure un gain en efficacité. De surcroît, la M5000 est équipée d’un système spécial de traitement de l’air, destiné à protéger ses composants. L’air ambiant est aspiré et toutes les particules corrosives sont filtrées. Une surpression est créée au niveau de l’ensemble du système et permet de protéger l'éolienne des influences extérieures corrodantes. Avec un effectif de près de 300 personnes, le principal site de production de turbines éoliennes d'AREVA Wind se situe à Bremerhaven dans le nord de l'Allemagne (ex site de production de Multibrid). Cette usine se consacre à la production du moyeu et de la nacelle de l'éolienne M5000 avant leur livraison au port. AREVA Blades est chargé de la fabrication des pales sur le site de Stade, à proximité de Bremerhaven.
Concrètement 6 turbines M5000 équipent déjà le parc allemand en service d'Alpha Ventus ; les problèmes qui ont conduit l'an dernier à leur démontage afin de réparer les pièces défectueuses d'un sous-traitant puis à leur réinstallation ont coûté plusieurs millions d'euros à la compagnie (ICI), mais peuvent être considérés comme un risque technique probable lors de la première installation d'une technologie aussi innovante. Depuis l'an dernier, AREVA Wind a signé un contrat avec Wetfeet Offshore Windenergy pour la fourniture de 80 turbines M5000 d’une valeur de plus de 800 millions d’euros pour le parc éolien farshore (90 km des côtes) en Mer du Nord, Global Tech 1, ainsi que des services et opérations de maintenance. AREVA Wind a également signé un contrat avec Trianel, l'une des régies municipales les plus importantes d'Europe, pour la fourniture de 40 éoliennes M5000 destinées au parc éolien offshore de Borkum West II, (cf. notre article du 26/01/2009) en Mer du Nord. Borkum West II est le plus grand projet éolien jamais entrepris dans les eaux allemandes de la Mer du Nord. Situé à 45 km au large de la côte nord de l’île de Borkum, le projet se trouvera à proximité d’Alpha Ventus, le premier parc éolien d’Allemagne.

AREVA Wind figure parmi les 3 premiers acteurs européens de l'éolien en mer. D’ici fin 2013, la base installée devrait représenter plus de 120 éoliennes en fonctionnement en Europe.
Anil Srivastava, Président d’AREVA Renouvelables, a déclaré : "AREVA est pleinement impliqué dans le développement d’une filière industrielle en France en apportant son expérience dans la fabrication d’éoliennes de 5 MW. Le partenariat avec Iberdrola, un acteur majeur dans les énergies renouvelables, constitue une étape clé pour le développement de nos activités en Europe et une opportunité exceptionnelle de croissance économique et industrielle pour le groupe". En effet AREVA numéro 1 mondial du nucléaire avec 48000 collaborateurs, développe par ailleurs, de plus en plus, ses activités dans les énergies renouvelables (éolien, solaire, bioénergies, hydrogène et stockage) pour devenir d'ici 2012 l’un des trois leaders mondiaux de ce secteur.

Quant à Iberdrola Renovables : c'est actuellement le leader mondial du développement de parcs éoliens. La compagnie est présente dans plus de 20 pays dont les Etats-Unis, le Brésil, le Mexique, le Guatemala, l'Estonie, la Bulgarie, la Roumanie, Chypre, le Canada, la Chine... En Europe seule, elle compte environ 10 000 MW de projets en développement en Espagne, Grèce, France, Pologne, Allemagne, Portugal, Italie, Irlande et majoritairement au Royaume-Uni où la compagnie espagnole développe le projet Argyll Array (Écosse). En partenariat avec Vattenfall, Iberdrola Renovables développera également 7 200 MW pour le parc East Anglia, au large des côtes de Norfolk. A l'occasion de la signature de l'accord avec AREVA Wind, Keith Anderson, Président de l’activité Offshore d’Iberdrola, a déclaré : "Le développement des projets éoliens en mer est l’un des principaux axes de croissance d’Iberdrola Renewables. Nous bénéficions actuellement de projets de grande envergure au Royaume-Uni, en Allemagne et en France. Fortement implanté en Europe, AREVA est l’un des principaux développeurs d’éoliennes offshore et donc un partenaire idéal avec qui développer l’ensemble de ces projets."
Ce partenariat entre deux géants permet enfin d'envisager sérieusement l'avenir de l'éolien offshore en France.

Sources : Sites liés et cités. Photo 1 : Areva M5000 : turbine et nacelle © AREVA Wind. 2 : M5000 dessin technique © AREVA Wind. 3 M5000: générateurs © AREVA Wind. 4 : M5000 pales © AREVA Blades. 5 : Parc Alpha Ventus © Alpha Ventus . 6. Mât de M5000 © AREVA Wind

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Wednesday, June 29, 2011

FLUMILL ™ veut transformer les grands courants océaniques en électricité


STAVANGER - (Norvège) - 30/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau -
Continuant la revue les technologies de récupération des énergies des courants et des vagues dont certaines sont testées à l'EMEC que j'ai commencé voici quelques mois, je voudrais aujourd'hui faire mention d'un projet assez mystérieux mais très prometteur que l'on doit à la Norvège : le projet Flumill™. Il faut d'ailleurs signaler que la Norvège est très active dans le domaine de la recherche houlomotrice et hydrolienne où elle compte plusieurs projets en cours de développement.

Le projetFlumill™ a commencé à être conçu en 2002, et entamera les premiers tests de son prototype de 1,5 MW au troisième trimestre 2011, c'est à dire cet été. Les essais du prototype doivent s'achever à l'automne 2011, date à partir de laquelle un prototype commercial pour une utilisation nearshore sera développé par un consortium composé de Flucon BV (pas de site web), de SMI (pas de site web), conducteur du projet et de divers investisseurs privés : (Sorkomp, spécialiste des produits composites, Seagcar, SmartMotor, spécialisé dans les technologies motorisés sous marine d'une façon générale. Le but final est de développer une version offshore et farshore de Flumill™.

Ce qui frappe dans le système hydrolien Flumill™ c'est son absence d'hélices, contrairement à presque tous les autres systèmes testés aujourd'hui. L'unité Flumill™ se présente sous la forme de deux gigantesques vis de forage placées côte à côte, un système mis au point par Jan-Inge Eielse qui a commencé sa carrière comme ingénieur pétrolier pour le Norwegian Petroleum Directorate (NPD). Ce système, étonnant par sa robustesse et sa simplicité, se compose de la fondation (une fixation solide mais discrète sur le fond marin), de la machine elle-même qui se décompose en une turbine (les deux fameuses "vis de forage") et un générateur (placé au bas des "vis"). Le système peut-être fixé aussi bien dans un environnement nearshore exploitant des courants marins normaux qu'offshore ou farshore exploitant des grands courants océaniques de type Gulf Stream, Courant de Floride, Courant Atlantique-Nord, Courant Norvégien, Courant du Labrador, Courant des Canaries, Courant Nord équatorial, etc...
Les avantages mis en avant par le constructeur sont : aucune partie de la machine visible en surface, des coûts de fabrication, d'installation très bas et d'entretien très bas, un système qui continue à produire pendant sa maintenance, une intégration en douceur dans l'environnement, pas d'interférence avec le trafic maritime (1gt; 10m), pas de pales gênantes. D'autre part, la technologie fait appel à une ressource énergétique indépendante de la situation climatique mondiale et peut-être exploitée aussi en mer (près, loin ou très loin des côtes), qu'en milieu fluvial ou lacustre. Il possède un coût de démantèlement très bas à la fin de la durée de vie et un impact quasi nul sur le fond qui héberge le système.
Des estimations de coût /performances sont fournis par le constructeur sur la base d'une exploitation dans un courant marin de 2, 5 m/s pendant 1 an. Dans ces conditions : investissement/effet installé = $1, 9 millions
/ MWV ; investissement / production (répartis sur un an) = $ 0, 20 KWh dans un courant océanique ; investissement / production (répartis sur un an) = $ 0, 70 KWh dans un courant marin normal.

Actuellement Flumill™ recherche des sites d'implantation de sa technologie à l'échelle commerciale en coopération avec des partenaires internationaux (des distributeurs d'électricité pour ne pas les nommer. La compagnie se dit prête à former un consortium avec qui l'aidera à mettre au point le système, moyennant un investissement de $150 à $300 millions un montage permettant d'exploiter 50 à 100 machines pour obtenir une capacité de 75 à 100 MW et produire de 200 à 400 GWh/an, soit de quoi alimenter de 10 à 20.000 foyers et d''épargner les rejets dans l'atmosphère de 107 à 240.000 tonnes de CO2 par an. Le projet vise les marchés Norvégien, Britannique et Irlandais, Canadien et Russe.
Selon l'IEA (International Energy Agency), les capacités mondiales en énergie des courants se situeraient aux environs de 100.000TWh, sachant que la consommation mondiale d'électricité s'établit aujourd'hui autour de 16 000TWh. Selon les mêmes sources, l'Europe pourrait produire 100 TWh d'énergie à partir de l'hydrolien dont 50TWh pour le Royaume-Uni, 1 à 3 TWh pour la Norvège et 2 TWh pour la côte nord-ouest de la Russie.

Sources : sites liés et cités : Photos 1 : simulation d'artiste de la technologie Flumill™©Flumill™ . 2: Carte des grands courants marins. © Flumill.

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L'hydrolienne DHV affiche ses performances




BRISBANE - (Australie) - 29/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
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L'Australie, dont 86 % de la population a récemment plébiscité les énergies renouvelables, peut s'enorgueillir de posséder plusieurs prototypes de récupérateurs houlomoteurs ou hydroliens. Dans la première catégorie, je rends compte régulièrement sur ce blog des aventures du BioWave de Biopower Systems, du CETO de Carnegie Wave energy ou même du malheureux Ocean Lynx. Dans la seconde catégorie, je garde un oeil attentif sur le devenir de systèmes hydroliens comme le Bio Stream de Biopower System, de la turbine de Cetus Energy, du très discret projet australo-britannique Tidal Delay par Woodshed Technologies/CleanTechCom...

Je n'avais pas encore écrit sur la turbine DHV développée par Tidal Energy Pty Ltd basé dans le Queensland en Australie. La turbine DHV - acronyme de Davidson-Hill Venturi Turbine - est habillée d'un capot qui optimise ses performances en accélérant le flux d'eau. Contrairement à la plupart des autres turbines "venturi", la turbine DHV produit 3 fois plus d'énergie qu'un même modèle sans capot. Les performances de cette technologie, sur laquelle très peu d'informations circulent, auraient été cependant validées par plusieurs leaders mondiaux des systèmes hydrocinétiques. En bref, ce serait ce que l'on peut faire de mieux avec un seul rotor de turbine. La possibilité de réguler les performances en fonction de la rapidité du courant la rend d'autant plus candidate à une utilisation commerciale sur une grande variété de sites (eau douce et sites marins nearshore).

Les hydroliennes DHV sont largement évolutives, avec des puissances variant de 10 kW à 5 MW par turbine, dans des conditions de débit moyen du courant. Les performances sont aussi fonction du diamètre du rotor. Ainsi pour un rotor de 1,5 m, la capacité sera de 4,6 kW à 120 kW ; pour un rotor de 2,4 m la capacité sera de 10 kW à 300 kW ; pour un rotor de 5 m la capacité sera de 50 kW à 1,35 MW ; pour un rotor de 7 m la capacité sera de 100 kW
à 2,7 MW ; et enfin pour un rotor de 10 m, le plus grand prévu actuellement, la capacité sera de 200 kW à 5,5 MW. Les capacités de ces DHV, qui ont fait l'objet de vérifications et de validation pendant les essais, apparaissent comme étant de 60 % plus élevées (chiffres du constructeur) que celles d'une turbine venturi habituelle avec ou sans capot.
Les DHV peuvent être directement connectées au réseau ou utilisées de façon isolée pour fournir de l'énergie à des communautés éloignées de toute possibilité de raccordement au réseau comme les communautés insulaires.

Sources: Sites liés et cités. Photos : vue d'artiste de la turbine DHV ©DHV Essai de la turbine DHV ©DHV

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Monday, June 27, 2011

STATKRAFT et NITTO DENKO / HYDRANAUTICS : accord sur le projet de centrale osmotique



OSLO - (Norvège) - 28/06/2011 - 3B Conseils
Par Francis Rousseau
Le norvégien Statkraft a annoncé (ICI) la concrétisation de son projet de faire équipe avec l'entreprise japonaise Nitto Denko, leader mondial des membranes d'ultrafiltration pour le dessalement. Cette collaboration s'opère dans le but d'accélérer les progrès technologiques nécessaires au projet de centrale utilisant la technologie de l'osmose inverse pour produire de l'électricité.

Selon les termes de l'accord, c'est Hydranautics, filiale située à Oceanside (Etats-Unis) du groupe Nitto Denko basé à Osaka (Japon), qui développera des membranes spécialement conçues pour une utilisation à grande échelle dans les futures centrales osmotiques. Le but est de porter cette technologie encore expérimentale vers le stade commercial. Les membranes sont en effet une composante essentielle des générateurs d'énergie osmotique exploitant le processus naturel de l'osmose inverse. Rappel du principe : quand de l'eau salée se mélange à de l'eau contenant moins de sel, l'osmose provoque un écoulement naturel de la faible vers la forte salinité. Si les deux masses d'eau sont séparées par une membrane, celle-ci crée alors une résistance physique entre les deux masses d'eau, salée et non salée, laquelle génère une pression exploitée pour produire de l'énergie.
Statkraft, qui travaille sur l'énergie osmotique - également connue sous le nom de «énergie bleue» - depuis plus de 10 ans, a inauguré la première centrale osmotique pilote du monde en 2009 à Tofte dans la région d'Oslo. (cf. notre article du 9 octobre 2009).

Pour résumer je rappellerai que la centrale pilote de Tofte (photo ci- contre) bâtie à la fois au bord de la mer et à proximité d'un cours d'eau, utilise l'eau de mer et l'eau douce stockées dans deux chambres différentes, séparées par une membrane d'acétate de cellulose semi-perméable. L'augmentation de la pression exercée sur la chambre d'eau salée par la chambre d'eau non salée est utilisée pour entraîner une turbine Pelton qui va produire de l'électricité. A grande échelle, une centrale osmotique de 25 MW serait capable de traiter le passage de 50.000 litres d'eau de mer et de 25.000 litres d'eau douce à chaque seconde, produisant environ 166 GWh d'électricité par an - soit de quoi alimenter 30 000 foyers (chiffres et comparatifs Statkraft). La technologie de production d'énergie par osmose inverse est une technologie encore difficile à maîtriser, dans laquelle peu de pays en dehors de la Norvège ont osé se lancer jusqu'à aujourd'hui, car tout repose sur la membrane semi-perméable qui sépare les deux chambres aqueuses. La mise au point d'une membrane efficace, robuste et rendant les débits traités rentables, est maintenant expérimentée depuis de nombreuses années.

Yasushi Nakahira, directeur général de la division membrane mondiale de Nitto Denko et directeur général de Hydranautics, a insisté sur le fait que : "Développer certains éléments de la membrane pour la production de l'énergie osmotique correspondait tout à fait à la stratégie de Nitto Denko". Fondés en 1918, Nitto Denko et sa filiale Hydranautics comptent plus de 31.000 employés répartis dans 27 pays. Ce sont les spécialistes du dessalement d'eau mais aussi du retraitement des eaux usées.

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Docs : Sites liés et cités. Photos 1 : Schéma du principe de fonctionnement d'une d'usine osmotique ©Statkraft. 2 : La signature de l'accord entre Statkraft, Nitto Denko et Hydranautics ©Nitto Denko

Sunday, June 26, 2011

THORNTONBANK Phase II : SDI/DEME prépare la pose des premières 6MW


OSTENDE - (Belgique) - 27/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
L’installation des fondations de la phase II du parc C Power et SDI/DEME sur le Thorntonbank puis des premières éoliennes REpower 6M de 6,15 MW est une première mondiale qui a lieu en ce moment même à 30 km au large d'Ostende. Ce projet, qui est le plus grand actuellement en construction en Belgique, aura nécessité, lorsqu'il sera achevé en 2013, un investissement de €1,3 milliards pour 54 turbines posées sur fondations de type Jacket, fixées entre 15 et 30 mètres de fond. Ce chantier gigantesque qui aura employé jusqu'à 1000 personnes est une grande aventure qui est menée en 3 phases étalées de 2007 à 2013.

La Phase I, commencée en 2007 (cf. la fin de l'article du 18/12/2007) en collaboration avec EDF Energies nouvelles, a abouti à la mise en production, en 2009, de 6 éoliennes REpower 5M d’une puissance installée de 5,15 MW. Elles sont actuellement en production et l'on peut les voir fonctionner en téléchargeant au bas de cette page la vidéo (movie Thorntonbank) de la pose d'une équipe sur la nacelle.


Pour la Phase II, lancée en 2010 (cf. l'article du 2/12/2010) ainsi que pour les phases suivantes, C Power a choisi de travailler avec une nouvelle génération plus puissante d’éoliennes en l'occurrence la REpower 6M présentée par le constructeur comme "la turbine actuellement la plus puissante du monde". Cette capacité permet de réduire le nombre d'éoliennes présentes sur le parc de 60, prévues au départ, à 54, tout en augmentant la capacité totale installée qui passera des 300 MW initialement prévus en 2007 à 325 MW. Pour mener à bien cette phase II qui constitue, je le répète, une véritable première mondiale, 24 fondations Jacket vont être installées au cours de l’été 2011 par SDI/DEME, leader français des travaux maritimes spécialisés, fort de 10 années d'expérience dans l'éolien offshore européen. L’installation de fondations, aussi innovantes soient-elles (c'est le cas pour celles de la Phase I de Thorntonbank I) s’opère en trois étapes. Le sol marin est tout d’abord dragué et préparé à l’emplacement de chaque fondation. Ensuite quatre longs pieux, dont certains peuvent avoir une longueur de 50 mètres, sont enfoncés dans le sol par DEME. Enfin, la fondation en acier de type « Jacket » de plus de 500 tonnes est soulevée du ponton pour être immergée et déposée dans la partie supérieure des 4 pieux installés (photo ci-contre). Ces 4 points sont alors cimentés pour renforcer le tout. Ceci-dit les fondations d'éoliennes offshore ne sont pas toutes pareilles comme nous le rappelle Jan Vandenbroeck, DG de SDI/DEME : "C'est la grande différence entre l'offshore classique pétrolier ou gazier et l'éolien offshore. En offshore pétrolier, il s'agit d'installer une ou quelques unités tout au plus, alors que dans l'éolien offshore on parle de 50 ou 150 fondations différentes les unes des autres".La longueur des fondations "Jacket" varie de 43,9 à 54 mètres et leur poids de 513 à 575 tonnes. Sur site c'est un bateau du groupe belge DEME, le Rambiz, équipé d’une grue, qui prendra en charge l’installation en mer des fondations (voir photo). L'installation est réalisée par la joint-venture «Seawind», qui constitue un partenariat entre DEME et Fabricom GTI établi spécialement pour le projet du Thorntonbank, ces deux entreprises apportant leurs expertises respectives, en construction maritime et en installation électrique. Il faut savoir aussi qu'au titre du caractère innovant de ces fondations, C Power a reçu une aide de 10 M€ du programme européen EEPR (European Energy Program for Recovery) lancé par la Commission Européenne en 2009. Au tout début de ce mois de juin, C Power a annoncé le transbordement de la première fondation en acier de type « Jacket ». Le transport de chaque fondation depuis le site de production de la société Smulders Projects situé à Hoboken se fera à l’aide d’un ponton remorqué jusqu’au Thorntonbank. Enfin les connections électriques entre les fondations en cours de construction et la fondation du transformateur électrique (OTS) , situé en haute mer seront également établies au cours de cette saison estivale 2011.
Les cables de connection sont fabriqués par ABB


La Phase III qui se déroulera en 2012 et 2013 verra l'installation de 24 autres fondations pour les 24 dernières turbines éoliennes de 6 MW du projet. Ce projet C Power une fois terminé permettra de satisfaire la consommation annuelle de 600.000 habitants et évitera les rejets dans l'atmosphère de 450.000 tonnes/an de C02 (comparaison avec les centrales de gaz les moins polluantes) soit l'absorption de CO2 annuelle d'une zone forestière de 87 668 ha.

Du point de vue de l'impact environnemental du parc, C Power a voulu mandater un réseau d’experts capables de quantifier l’impact du projet sur les aspects environnementaux et humains et sur la navigation avant le début de la construction du parc éolien.
- L'INBO (Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek) a été chargé d'obtenir les informations les plus détaillées possible sur la présence sur le Thorntonbank de deux groupes d'animaux précis : les oiseaux de mer et les mammifères marins.
Le but est d'évaluer l'éventuelle influence du parc éolien sur ces deux groupes pendant et après la construction du parc.
- Onderzoek & Advies, bureau d'enquêtes et de conseils multidisciplinaires certifié ISO 9001, a mené une étude sur l'impact d'un parc éolien farshore comme Thorntonbank sur le paysage auprès de deux groupes cibles :
- un groupe de touristes d'un jour, de personnes séjournant à la côte et d'autres utilisateurs récréatifs de la mer.
- un groupe d'habitants et d'exploitants / commerçants des communes côtières.
- LE CLO (Centrum voor Landbouwkundig Onderzoek) mène une étude fondée sur l'importance du Thorntonbank pour la pêche hauturière, les parcs éoliens offshore exerçant une influence sur ce type de pêche en diminuant la superficie totale réservée à la pêche (le gouvernement belge interdit la pêche dans la zone du parc éolien au contraire d'autres gouvernements) mais en permettant la création de nouveaux habitats.
- Germanischer Lloyd Offshore, considéré comme l'expert européen le plus réputé en matière d'analyse des risques maritimes liés aux parcs éoliens offshore et à la sécurité maritime, est chargé d'évaluer le risque de collision de même que le risque d'une éventuelle marée noire consécutive à la collision. Et ceci bien que le parc de Thorntonbank soit situé sur un emplacement éloigné des principales voies navigables.
- Enfin, pour déterminer comment l'existence du parc éolien pourrait être intégrée dans le fonctionnement de la chaîne de radars côtiers et établir d'éventuelles mesures de sécurité supplémentaires, C-Power s'est assuré les services de la KU Leuven, département Electrotechniek (ESAT - Telemic) (Prof. Van Lil) qui a déjà mené bon nombre d'études de ce genre.

Dernière étape enfin extrêmement importante de la vie d'un parc éolien offshore, incluse dès la phase de construction : le démantèlement du parc à la fin de sa durée de vie (en moyenne de 25 à 30 ans). Jan Vandenbroeck, le DG de SDI/DEME, a confirmé au Blog Energies de la mer lors d'un entretien récent, que SDI/DEME se charge non seulement de la construction des fondations mais aussi de leur démantèlement en fin de vie : " Il est toujours prévu que la fondation en béton sera enlevée à la fin de la vie d'un parc. C'est un travail de démantèlement mais aussi de revalorisation des matériaux récupérés en mer. Dans tous les projets offshore que nous avons faits, nous provisionnons la phase de démantèlement des parcs et nous acquérons les technologies nécessaires pour mener à bien ce démantèlement et la revalorisation des matériaux récupérés. Ce métier est différent de celui d'une entreprise de construction habituelle, c'est un nouveau métier, qu'il est devenu indispensable de maîtriser lorsqu'il s'agit d'éolien en mer. Le démantèlement sera opéré par des équipes locales qui ont une connaissance spécifique des lieux. A titre d'essais, nous avons déjà mené ce type d'opération en Belgique en collaboration avec les turbiniers. Pour SDI/DEME il s'agit à peu près du même type d'opérations que celles que nous menons quand un bateau s'échoue sur une plage et qu'il faut en assurer l'enlèvement. Nous le faisons en ce moment même en France, pour une épave au large de l'ile de Ré."

Lorsque la phase III du parc éolien de Thorntonbank sera achevée en 2013, C-Power livrera à lui seul entre 7 et 10% (chiffre site C-Power) de la capacité d’énergie verte requise en Belgique pour atteindre l’objectif de 13% d’énergies renouvelable sen 2020 fixé par l'U.E.

Sources. Sites liés et cités. Photos 1 : Ingénieurs de SDI/DME sur le Thorntonbank ©DME 2 : les 6 éoliennes de 5MW de la phase 1 © C-Power. 3 : Fondation de type "jacket"©DME. 4: Installation de la fondation Jacket ©DME. 5 : Installation de jacket 2 ©DME. 6. Manipulation des pales en mer © C-Power. 7 : Pose des pales sur la turbine © C-Power

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Thursday, June 23, 2011

Energies marines : accord historique entre le Royaume-Uni et l'Irlande



LONDRES - (Royaume-Uni) - 24/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau -
Le DECC - Department of Energy & Climate Change (Ministère de l'Energie et du Changement climatique britannique) a annoncé le 20 juin 2011 ICI qu'un accord venait d'être signé entre les ministres des gouvernements du Royaume-Uni, d'Irlande, des Channel Islands (îles anglo-normandes) et de l'Ile de Man pour l'exploitation de l'ensemble des ressources d'énergies marines (incluant l'éolien offshore), dans la zone Mer d'Irlande et Manche. Les États signataires se sont engagés à coopérer pour concrétiser le plus vite possible cet accord, baptisé "All Islands Approach to energy". Selon les termes du communiqué du DECC, l'accord vise à permettre aux développeurs d'exploiter les opportunités commerciales de cogénération et de transfert d'électricité entre les pays, à en accroître l'intégration dans les marchés locaux et à améliorer la sécurité des d'approvisionnements.

A l'occasion de la signature de cet accord historique, Charles Hendry, ministre de l'Énergie britannique (qui a rang de ministre d'État), a déclaré : "Il y a un énorme potentiel pour les énergies vertes, propres et sûres qui demeure inexploité aussi bien en Mer d'Irlande que sur la terre irlandaise, de même que dans toutes les zones maritimes qui entourent les îles anglo-normandes. La demande énergétique de l'Irlande étant à peu près la même que celle des comtés du Yorkshire et d'Humberside explique qu'il y ait eu jusqu'alors peu de motivations pour exploiter cette ressource. Optimiser la ressource existante autour de nos îles ne peut qu'apporter un bénéfice à tout le monde. Il paraît beaucoup plus intelligent aujourd'hui de développer et de partager une énergie propre, verte et sûre avec nos voisins plutôt que d'importer massivement de l'énergie fossile de parties du monde éloignées". Le communiqué officiel conclut en expliquant que, dans la pratique, développer les connexions entre l'Irlande et le Royaume-Uni pourrait, par exemple, permettre d'exporter les surplus éoliens du Royaume-Uni vers l'Irlande et les autres pays d'Europe, les jours de grands vents sur le territoire du Royaume-Uni et vice-versa, selon la quantité de ressources disponibles dans tel ou tel pays. Cet accord constitue aussi en filigrane un plaidoyer pour le renforcement des échanges d'énergies renouvelables entre les pays d'Europe du Nord.

Je rappelle que l'Irlande compte 8 projets de parcs éoliens offshore : Codling Wind Park (1000 MW) et Codling Wind Park Extension (1100 MW), Arklow Bank Phase 1 (25 MW) et Arklow Bank Phase 2 (495 MW), Dublin Array (364 MW), Oriel Wind farm (330 MW), Sceirde Rocks (100 MW). Pour l'instant seul Arklow Bank Phase 1 (25MW) développé par GE (7 turbines 3,6MW), Acciona Energy et SSR Renewables /Airtricity fournit de l'électricité au réseau depuis juin 2004. Codling Wind Park qui a obtenu tous les permis en 2005 est toujours en construction. La globalité du projet éolien irlandais prévoit de déployer d'ici 2020 un peu plus de 3400 MW en mer (soit un peu plus de la moitié du projet français).

Sources : Sites liés et cités. Photos éoliennes GE 3,6s sur le site Arklow Bank Phase 1 (Irlande) © GE

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Wednesday, June 22, 2011

Eolien offshore aux Etats-Unis : une journée cruciale




WASHINGTON - (Etats-Unis) - 23/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
Il n'y a pas de doute : l'onde de choc de la tragique catastrophe de Fukushima et ses répercussions mondiales atteignent lentement mais sûrement les mentalités américaines. Le 14 juin 2011, une série de projets de lois destinées à accroître la production d'énergies renouvelables (une première dans le genre !) et à créer des emplois a été présentée pour être débattue en audience législative au Congrès, aujourd'hui, jeudi 23 juin 2011.

Ces projets de lois ont été présentés et défendus par Doc Hastings, président du Natural Resources Committee (Comité permanent des ressources naturelles), agissant en tant que membre du House Republicans’ American Energy Initiative, par Doug Lamborn, président du Energy and Minerals Subcommittee et par les représentants du parti Républicain Raúl Labrador, Kristi Noem et Rob Wittmans (communiqué ICI). Quatre projets de lois ont été élaborés qui devraient permettre de rationaliser les obstacles bureaucratiques au développement efficace de l'énergie solaire, éolienne, géothermique et des autres technologies d'énergies renouvelables aussi bien sur terre que dans les eaux fédérales.

L'un de ces projets de lois nous intéresse plus particulièrement ; il s'agit du " The Advancing Offshore Wind Production Act - (H.R. 2173) " (Loi sur la Promotion de la production d'énergie éolienne offshore) porté par le représentant de Virginie, Mr Wittman, par Mr. Hastings de Washington, par Mr. Lamborn et Mr. Broun de Georgie, et par Mr. Duncan du Tennessee (détail du projet de loi HR 2173). Cette loi HR 2173 pointe du doigt les principaux obstacles au bon déploiement de l'énergie éolienne offshore à grande échelle et à faible coût et des énergies marines en général et se propose d'y remédier.
Sont notamment désignés comme responsables :
- Les procédures et délais administratifs encore trop longs qui retardent considérablement la mise en place effective des parcs éoliens en mer,
- L'insuffisance du financement de la recherche et du développement et le déficit important qui existe et se creuse entre les sommes investies aux Etats-Unis et les sommes investies en Europe et en Chine. Ainsi, des 127 milliards de dollars investis dans les énergies renouvelables dans le monde en 2010, une minuscule part revient aux Etats-Unis,
- L'accès à des capitaux pour les démonstrateurs des nouvelles technologies renouvelables,
- L'accès à des financements pour faire passer les projets du stade de démonstrateur au stade de l'exploitation commerciale et les faire sortir de ce que les américains appellent la "Vallée de la Mort" des projets énergétiques,
- La compétitivité des coûts.

Dans un exposé volontairement alarmiste Dan Reicher du Steve Taylor Center for Energy Policy & Finance at Stanford University qui fut un temps pressenti pour devenir le Secrétaire d'Etat à l'Energie de l'administration Obama, très célèbre outre Atlantique pour son engagement dans le domaine des énergies renouvelables depuis plus de 25 ans, a mis en garde de façon on ne peut plus claire : "Si nous n'obtenons pas une action concertée entre notre gouvernement et le secteur privé, d'autres pays, comme la Chine et l'Allemagne, qui ont une vision énergétique à long terme quand il s'agit de technologies propres, seront les grands gagnants de ce marathon. Ce ne sont rien de moins que des milliards de dollars et des millions d'emplois qui sont en jeu sans parler de notre sécurité nationale et de l'avenir de la planète".

La loi Advancing Offshore Wind Production Act - HR 2173 permettrait de rationaliser le processus d'approbation d'infrastructures temporaires comme des tours ou des bouées de test, par le Bureau of Ocean Energy Management, Regulation and Enforcement (BOEMRE), et de développer les tests d'énergie éolienne offshore dans la zone externe du plateau continental.
Pour appuyer le projet de loi HR 2173, le représentant de Virginie, Mr Wittman, a ajouté : "La Virginie a la possibilité d'être un véritable chef de file dans le développement de l'éolien offshore. Forts de ressources offshore éoliennes exceptionnelles et d'une puissante industrie manufacturière maritime, les habitants de l'Etat de Virginie sont prêts à se mettre au travail pour produire de l'énergie de fabrication américaine".
Les élus des Etats-Unis votent ou non cette loi aujourd'hui même.

Sources : Sites liés et cités. Photos : Carte des sites propices à l'implantation de l'éolien offshore sur les cotes Est des Etats-Unis © BOEMRE

Tuesday, June 21, 2011

Grand Port Maritime de Bordeaux : appel à candidatures "éolien offshore" sur la zone du Verdon


BORDEAUX - (France) - 22/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau -
A défaut d'un terminal méthanier ou peut-être en plus du terminal, le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB) souhaite positionner la zone du Verdon sur le secteur de l'éolien, et notamment de l'éolien offshore. Un article récent paru dans Mer et marine.com (ICI) fait clairement état de la volonté du GPMB de développer son terminal portuaire du Verdon, avec l'implantation d'activités industrielles nécessitant la proximité immédiate d'infrastructures portuaires, ce qui sous-entend "à peine" la production d'éoliennes offshore. Le GPMB se dit "tout à fait en mesure d'accueillir l'ensemble de la chaîne de production d'éoliennes onshore ou offshore de dernière génération (construction, assemblage, exportation) " sur ses terrains et ajoute qu'il "peut également offrir une zone foncière particulièrement adaptée pour implanter les prototypes indispensables à la réalisation des tests et mesures diverses. La perspective de la création d'une Zone de Développement Eolien (ZDE) est un argument de poids, renforçant l'attractivité de la région pour l'émergence d'une nouvelle filière " . Le Grand Port Maritime de Bordeaux est, d'autre part, membre du Cluster Eolien Aquitain.

Qu'est ce que le Cluster Eolien Aquitain ? Créé en 2010 à l'instigation du président de Région Alain Rousset, il regroupe comme tout cluster, les entreprises et acteurs publics qui œuvrent pour le développement de la filière éolienne en Aquitaine et mobilise les compétences complémentaires des agences, des industriels et des collectivités aquitaines. Soutenu par la Région Aquitaine et la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux), le Cluster Eolien Aquitain (association Loi 1901) met en relation des entreprises de pointe dans le domaine du stockage énergétique, de l’aérospatial/défense ou des matériaux composites avec des laboratoires de R&D de renommée mondiale. Des entreprises leaders de l’éolien apportent, au sein du cluster, leur connaissance du marché et des besoins des clients. Effectivement, si l'on se penche sur le détail, il ne fait pas de doute que la concentration industrielle favorable existe bel et bien avec des sociétés comme Valorem, pionnier de l'éolien français depuis 1994 qui a développé et construit de nombreux projets éoliens onshore et se trouve bien placé dans le offshore, de Plastinov, spécialisé dans l'étude, le développement et la mise en œuvre d’ensemble en matériaux composites,comme Lectra, qui intervient dans la fabrication des pales d'éoliennes, et comme Epsilon Composite, première entreprise mondiale consacrée à la pultrusion de profilés en fibre de carbone et surtout du géant français de l'aéronautique et de l'espace EADS.

Dès 2008 (cf. ICI) EADS avait obtenu par le biais d'Eurocopter UK et de son EC135, le contrat des opérations de maintenance, de transport de personnel et de marchandises du parc éolien offshore britannique de Greater Gabbard, l'un des plus grands du monde dont la construction s'achèvera en 2012. Mais c'est surtout la branche EADS Astrium qui nous intéresse plus précisément. Car c'est avec EADS Astrium, No.1 européen et No.3 mondial de l’industrie spatiale, leader incontournable du transport spatial, des systèmes satellitaires et des services spatiaux, que EADS Astrium a fermement décidé de mettre les exigences de qualité du secteur aéronautique et son expérience de plus de 40 ans, au service de la fabrication de pales d'éoliennes. Fin 2010, Valérie Cazes, directrice des équipements et services d'Astrium, ne déclarait-elle pas dans un entretien publié par le Financial Times Deutschland (repris par Reuters ICI) : " Nous voulons être le numéro un de la construction des pales d'éoliennes en France et, pourquoi pas, aussi le numéro un en Europe... Nous pensons également à l'exportation et l'Allemagne, bien sûr, est comprise".

Depuis lors, EADS Astrium a déjà reçu des commandes d'AREVA Wind (visionner le film technique de l'éolienne offshore Areva M5000) et du Groupe Vergnet. Le Cluster Eolien Aquitain a donc largement les moyens industriels de ses ambitions. Se joignant à ce potentiel de compétences déjà impressionnant, de nouveaux projets de développement qui s’appuient sur des thématiques d’excellence sont actuellement en cours de développement local pour répondre aux besoins d’une filière en constante évolution. Aux côtés du MIB (Materials and Systems Institute of Bordeaux), labellisé Institut Carnot, et de l’INRIA Bordeaux-Sud-Ouest, plusieurs laboratoires développent une expertise reconnue depuis de longues années dans les domaines du génie civil, de l'acoustique, du génie mécanique et énergétique, de la modélisation et de l'élaboration des matériaux, des capteurs, des microsystèmes, du traitement du signal, des nanomatériaux, des polymères et composites, de la fiabilité des composants... Des sociétés telles que Rescoll, société indépendante spécialisée dans les innovations technologiques (notamment en matériaux polymères) et Nobatek (produits et procédés innovants dans la construction durable), ou encore la plateforme d’innovation Canoe (matériaux nanostructurés) apportent aux entreprises tout un ensemble de savoir-faire et de moyens techniques susceptibles de développer de nouvelles performances ou produits.

Fort de l'appui potentiel du puissant réseau industriel et scientifique du Cluster Eolien Aquitain, et des résultats d'une étude prospective pour l'implantation de nouvelles activités industrielles et logistiques sur le port de Bordeaux, étude commandée au cabinet Ersnt & Young, (remise le 5 mai 2011), le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB) a donc décidé de publier un appel à candidatures pour ses emprises foncières sur le site du Verdon. Cinq parcelles sont concernées, dont une située en zone franche douanière, pour les projets industriels d'un ou plusieurs opérateurs. Une zone de test de 100 ha dont 14 immédiatement utilisables pourrait également être mise à disposition pour l'installation de prototypes. Les représentants du port ont souligné dans leur déclaration que : "Le terminal en eau profonde du Verdon, équipé d'une rampe pour navires rouliers et disposant d'aires de pré-stockage et de stockage situées immédiatement à l'arrière de la zone de déchargement, représente in fine un emplacement portuaire performant, capable de répondre aux besoins logistiques des projets industriels éoliens, notamment offshore, prévus en France et en Europe. Des synergies industrielles sont possibles avec l'Eco-parc de Bordeaux Blanquefort, et le site portuaire de Grattequina, où le port investit 20 millions d'euros pour la création d'un nouveau terminal portuaire, permettant notamment le chargement de pièces de grandes dimensions".

Les candidats ont jusqu'au 15 septembre 2011 pour remettre leur dossier, la sélection étant prévue, au plus tard, le 15 novembre 2011. Le GPMB prévoit ensuite la signature, avec la ou les sociétés retenues, d'une convention de réservation de 3 ans, "pour un projet industriel capable de générer du trafic maritime et de valoriser la zone industrialo-portuaire du Verdon tout en intégrant les différents enjeux environnementaux du site". Un positionnement sur des projets éoliens offshore français (pour l'instant en devenir) et européens ou étrangers (en plein développement) qui semble être une excellente opportunité de développement à moyen et long terme pour ce grand port du Sud-Ouest de l'Europe !
Le nombre d'emplois potentiels directs et indirects créés sur site pourrait être compris entre 500 et 1000., voir dépasser ce chiffre.

NB : le Cluster éolien Aquitain créé en décembre 2010 est présidé par Jean-Yves Grandidier, PDG de Valorem

Sources : Sites liés et cités. Photos 1 : Site de Verdon © GPMB. 2. Plan sites © Cluster Eolien Aquitain 3 : Pales d'éoliennes © EADS Astrium . 4 Eolienne en mer © AREVA Wind 5. Schéma Zone du verdon © GPMB 6. Travailleur sur un site éolien offshore © AREVA Wind

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Monday, June 20, 2011

FERMENTALG : 14,6 M€ pour l’exploitation industrielle des microalgues



LIBOURNE - (France) - 21/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
La start-up française FERMENTALG, pionnier et leader de la recherche, du développement et de la production de microalgues vient de faire savoir qu'elle avait réuni, au début de ce mois, 14,6 M€ d’aides et d’investissements avec le soutien d’OSEO pour lancer le premier projet européen d’envergure autour de l’exploitation industrielle des microalgues (EIMA). Cet investissement intervient quelques mois seulement après une levée de fonds de 5,3 M€, réalisée en janvier 2011 auprès d'investisseurs d’envergure nationale comme la compagnie de capital risque Emertec, ACE Management, Demeter Partners, CEA Investissement (spécialisé dans l’amorçage d’entreprises technologiques), Aquitaine Création Investissement et le Groupe Picoty spécialisé dans le négoce et le stockage des produits pétroliers. Le projet, connu depuis quelques années maintenant, porte sur des souches et cultures de microalgues dites «hétérotrophes» ou «mixotrophes», nécessitant en l'occurrence pas ou peu de lumière pour leur croissance, ce qui permet d’obtenir des rendements de cinquante à cent fois supérieurs aux cultures traditionnelles «autotrophes».

A propos du programme européen EIMA (pas de site web et acronyme très répandu) d'exploitation industrielle des microalgues, Pierre Calléja, président et fondateur de FERMENTALG, biologiste qui a déjà travaillé sur les micro-organismes dans la branche aquacole pour Ceva Santé animale, précisait récemment dans un entretien avec le Journal Sud Ouest : "Avec EIMA nous entrons dans une réelle phase d'exploitation. Grâce à ce programme sur cinq ans, nous allons mettre en place une véritable usine et différentes productions. À commencer par les compléments alimentaires comme les omégas 3 dans l'année qui vient, les molécules destinées à l'industrie cosmétique dans les trois ans et, d'ici la fin du programme, la chimie verte pour les bioplastiques. La dernière carte à jouer sera celle des biocarburants. Il suffirait seulement de 1 000 mètres carrés de microalgues cultivées dans le noir pour produire autant de biodiésel que 500 hectares de colza. Un rendement 5 000 fois supérieur, assuré, qui plus est, sans produits chimiques, sans pesticides ni rejets polluants, et jouissant d'un bon bilan carbone".

C'est un discours que l'on a déjà entendu outre-Atlantique, où il a produit quelques résultats encourageants. En France, l'ambitieux projet EIMA rassemble un réseau de partenaires de premier plan structurant l’ensemble des filières en attente de matières premières issues des algues. C'est le cas de grands industriels dont Fermentalg a su faire des alliés de comme Lactalis, numéro 2 français de l'agroalimentaire, Pierre Guerin Technologies, spécialiste des cuves inoxydables, Sanders, nutrition animale, Rhodia, chimie et cosmétique et, selon le journal Sud Ouest, Diester (numéro 1 français des biocarburants). C'est aussi le cas d'institutions scientifiques comme le Commissariat à l'Energie Atomique et aux énergies alternatives (CEA), le CNRS, l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées de Lyon), l'ITERG (Institut National des Corps Gras) de Pessac. Ces associations entre privé et public pourraient finir par former un consortium de plus de 120 personnes. Le projet EIMA devrait entraîner une division par 10 des coûts de production de la biomasse issue des microalgues d’ici à 5 ans, permettant à terme son utilisation pour des applications telles que la production de biocarburants. "Cette phase d’industrialisation, qui est une première en Europe, permet de hisser Fermentalg au niveau des principaux compétiteurs mondiaux, basés aux Etats-Unis et en Chine, et nous ouvre de vastes perspectives de développement", se félicite Pierre Calléja.

Créé en 2009 à Libourne FERMENTALG emploie aujourd’hui 20 personnes et dispose d’un large portefeuille de propriété intellectuelle dans le domaine des microalgues et de leur exploitation.
Eu égard aux capitaux engagés et aux partenariats en cours, le projet FERMENTALG semble être pour l'heure l'un des projets français les plus sérieux dans le domaine de la production de biocarburants algaux sourcés.

Sources. Docs et sites liés. Photos ©Fermentalg

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Sunday, June 19, 2011

HYUNDIA HEAVY INDUSTRIES : développement d'un système hydrolien pour 2014


ULSAN - (Corée du Sud) - 20/06/2011 - 3B Conseils
Par Francis Rousseau
Le géant coréen de la construction navale Hyundai Heavy Industries (HHI) a révélé ICI avoir achevé le 10 juin 2011 la première phase d'essai d'une hydrolienne géante de 500 kW sur le site d'Uldolmok Passage à Jeollanam-do, dans le sud-ouest de la Corée.
La turbine-pilote utilisée pour le démonstrateur dans Uldolmok Passage a été élaborée à partir des concepts d'hélices de navire développés conjointement par la division "construction navale" de HHI et par la division "équipements électriques" du groupe pour ce qui concerne la technologie de production d'électricité. HHI précise que, grâce à sa conception particulière, l'hydrolienne peut s'orienter en fonction du sens des courants marins. Ceci dit, ce n'est pas uniquement la conception de la turbine hydrolienne que propose HHI mais un système complet qui comprend la turbine hydrolienne, un transformateur et un générateur.

Après avoir effectué dans la plus grande discrétion des tests en usine et en bassin clos, l'année dernière, HHI a commencé à produire de l'électricité à partir de son hydrolienne sur site dès le début du mois de mai 2011. Les résultats de ces premiers tests étant conformes aux espoirs, l'entreprise affirme qu'elle "entend poursuivre son projet de développement d'un parc hydrolien de grande ampleur en s'attachant désormais à multiplier la fabrication des générateurs".

HHI fait partie du programme gouvernemental Sud Coréen de développement d'un ou plusieurs parcs hydroliens dits "mégawatt-class", c'est-à-dire de relativement grande capacité, dont les travaux devraient être achevés en 2014. Ce programme doit se poursuivre avec "d'autres constructeurs Coréens" dont l'identité n'a pas été révélée plus en détail. D'une façon générale, c'est une grande discrétion, pour ne pas dire un secret absolu, qui entoure la mise au point de l'hydrolienne HHI, dont aucune image n'est disponible à ce jour ; la seule photo communiquée à la presse aussi bien que dans les dossiers, présentations et blog maison étant celle de la plate-forme d'essai en mer qui ne permet pas d'apercevoir l'engin lui-même, arrimé à la plate-forme sous la surface des flots et donc ...invisible. On peut s'interroger sur cette discrétion d'autant que HHI et sa division "Green Energy" nous ont habitués à être beaucoup plus généreux en images dès lors qu'il s'agit de communiquer sur les autres domaines des énergies renouvelables dans lequel le géant coréen s'est investi depuis quelques années, à savoir l'énergie solaire et l'énergie éolienne pour laquelle HHI va même jusqu'à fournir les plans détaillés de sa turbine éolienne (dans une de ces présentations).

Docs : sites liés et cités. Photo : Plate-forme d'essai en mer de l'hydrolienne HHI © Hyundai Heavy Industries

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Friday, June 17, 2011

Journée du Patrimoine de pays : Journée des Moulins



BRETAGNE - (France) - 18/06/2011 - 3B Conseils/BB
Par Francis Rousseau
C'est bien connu les moulins à vent sont les ancêtres des éoliennes terrestres ! ce que l'on sait moins c'est que les moulins à marées sont les ancêtres des usines marémotrices et dans une certaine mesure des hydroliennes !
La Journée du Patrimoine de pays du dimanche 19 juin 2011 qui est aussi pour sa 14e édition la " Journée des Moulins " me fournit l'opportunité de consacrer un article à ces vénérables ancêtres des énergies renouvelables marines que sont notamment les moulins à marées car selon la définition " Un moulin à marée utilise la force des marées comme énergie motrice ". Quelques joyaux sont visibles ouverts au publics ce week-end et souvent pendant tout l'été.

Petit rappel : les premiers moulins de ce type ont été construits au 12e siècle dans la région de Londres et en Bretagne notamment dans les régions du Golfe du Morbihan et en Bretagne Normandie aux confins de l'estuaire de la Rance, pour faire tourner des moulins à grain. C'est une batterie d'une trentaine de moulins qui ceinturent aujourd'hui encore le Golfe du Morbihan. Plus aucun n'est véritablement en fonction, mais beaucoup sont tout à fait en état de jouer les démonstrateurs ! La plupart des moulins à marées se sont arrêtés de fonctionner avec l'avènement du chemin de fer et des minoteries à vapeur puis électriques au début du 20e siècle ; en 1936, la loi limitant la production de farine de chaque moulin a donné le coup de grâce à la profession de minotiers de la mer. Une exception toutefois : le Moulin des Loges à Saint-Just-Luzac (Charente maritime) qui produit encore de la farine régulièrement alors que le moulin de Birlot ou le moulin de Berno, par exemple, fonctionnent plutôt à titre de démonstration pédagogique et/ou touristique.

Quand aux autres moulins à marées du territoire européen, quand ils ne sont pas complètement tombés en ruine, ils ont d'abord reconvertis en restaurant, en brocante ou en maisons particulières. Depuis le début des années 1980 cependant, des associations de bénévoles passionnés et de généreux donateurs ont commencé à racheter et à restaurer les moulins à marées, suivies en cela par certaines municipalités et quelques Conseils généraux, de plus en plus conscients qu'il s'agissait là d'un patrimoine maritime et industriel à préserver pour les générations futures ou qui pouvait générer un réel intérêt touristique.

Les moulins à marées sont toujours situés dans des sites aux caractéristiques particulières : généralement des petites anses qui creusent les bords des estuaires. Etablis à même l'estran, sur un emplacement abrité des vents et des vagues, les moulins tiraient profit d'un relief très particulier. Les meuniers érigeaient, entre deux rives rapprochées, une digue de granit sur laquelle ils accrochaient le moulin et créait un bassin de retenue conséquent. A marée haute, la mer pénétrait par une vanne et remplissait un bassin. Au jusant, c'est à dire à marée descendante, toute l'eau retournait à la mer, entraînant au passage la roue et la meule à moudre le grain. Calqués sur le rythme des marées, ces moulins pouvaient fonctionner dans la meilleure des configurations, 6 heures sur 12.
D'après l'ouvrage de W. E Minchinton " Early tide Mills, Some Problems " publié en 1979 , il y aurait eu jusqu'à 600 moulins à marée en fonctionnement sur les côtes atlantiques dont 100 en France (Bretagne), 200 au Royaume-Uni et 300 aux États-Unis. J'en ajouterai un au Portugal, le moulin à marée Moinho de Maré de Corroios à Seixal construit en 1403 et réhabilité par la municipalité dans les années 1980. La Maison du Littoral à Ploumanach (Perros-Guirec) a participé à l'inventaire des moulins à marées, disponible sur cd-rom et réalisé dans le cadre d'un projet européen.

En France, les plus remarquables sont :


Le Moulin de Pen-Castel, sur l'Ile d'Arz (commune d'Arzon). Au contraire des autres moulins, plutôt modestes et d'architecture rurale, celui ci présente des lucarnes ouvragées, une corniche à consoles, un appareillage soigné, des masques (Heloïse et Abelard selon la légende) sculptés sur les cheminées des pignons... autant de détails qui témoignent d'un raffinement inhabituel. Construit en 1190 pour le duc de Bretagne il devient en 1380 la propriété des moines de Saint-Gildas-de-Rhuys, puis fest transformé en restaurant pour devenir depuis 1995, la propriété du Conseil Général du Morbihan. Le bâtiment actuel date en réalité XVIIe siècle reconstruit sur les fondations du moulins du XIIe.

Le Moulin du Birlot sur l'Ile de Bréhat. C'est un moulin du XVIIe siècle construit entre 1633 et 1638 par le Duc de Penthièvre, seigneur de Bréhat. Il a produit de la farine jusqu'en 1920. Très abimé par la tempête de 1987, la Mairie de l'Ile de Bréhat rachète le moulin en 1990 et procède aux premiers travaux de sauvegarde des murs. L'Association du moulin du Birlot est créée en 1994 pour gérer la restauration. Le toit, les portes, fenêtres et planchers sont réalisés grâce au mécénat d'entreprise. Depuis lors le mécanisme a été reconstruit et mis en place de façon à ce que le moulin puisse moudre du blé noir régulièrement pour démonstration.



Moulin de Trégastel* : le 29 août 1375, le Roi Charles V accorda au seigneur Bryan de Lannion, le droit de faire édifier (le plus ancien droit dédifier) un moulin sur le bras de mer qui vient de Trov-Meur entre le lieu que l'on dit Toul Ar Carhent et Ploumanac'h. Le bâtiment actuel date de 1764 si l'on en croit la date gravée au-dessus de la porte. Il s'agit d'un moulin à blé connue sous le nom de le Moulin Bleu (Milin Glaz) à cause de son toit qui est maintenant en ardoise. Il est aussi connu sous le nom de " moulin à mer du Grand Traouiëro ". Construit au 14e siècle ce moulin fonctionnera jusqu'en 1932 à la mort de son dernier meunier Toussaint Le Brozec dont la maison est au coin de la chaussée. Il fut de nombreuses fois arrêté, mais à partir du 18e siècle, son importance va croissante. Il possédait deux roues latérales à aubes dont les vannes sont encore visibles aujourd´hui. En 1810, il produisait, à peu près 10 quintaux par jour. Pendant des siècles sa chaussée fut la seule route qui reliait Trégastel à Ploumanac'h.

Le Moulin de Ploumanac'h* se trouve au bas de la vallée du Petit Traouïero entre Trégastel et Perros- Guirec. D'après les textes, un premier moulin à marée aurait fonctionné à cet emplacement dès le 14 e siècle, bien qu'aucune trace n'en soit trouvée sur les cartes de Cassini. Selon les archives de l'Inventaire général des monuments-Côtes d'Armor, en 1839 un moulin neuf à deux roues le remplacesera utilisé pour moudre du grain jusqu'en 1898. En 1888, le bâtiment est agrandi et couvert d’un toit. A partir de 1892, le moulin est utilisé pour fabriquer de la glace selon le procédé de réfrigération à anhydride sulfurique du physicien suisse Raoul-Pierre Pictet. 450kg de glace à l´heure pouvait être ainsi produite pour la conservation du poisson ! En 1919-20, le moulin s'arrête de fonctionner. En 1986, après qu'il ait été question de le transformer en habitation privée, il est remis en état et offert par un généreux donateur à la commune de Perros-Guirec. Les premiers travaux de rénovation sont conduits par l'architecte des bâtiments de France, Bideau, avec un projet de musée, tout en conservant la toponymie originale. Cependant, les travaux ne furent pas poursuivis. La couverture, en chaume à l'origine, puis en tuiles rouges aux 19e et 20e siècle, est en ardoise depuis 1965. La Maison du Littoral accueille toute l'année des scolaire (Ici).

Le Moulin du Prat, dont les bâtiments et le mécanisme ont été restaurés en 2006 est situé sur le territoire de la commune de La Vicomté-sur-Rance (Côtes d'Armor) qui en a fait l'acquisition. C'est un des plus anciens moulins à marée de Bretagne puisque son existence est attestée dès 1181. Il a bien failli disparaître complètement à la fin du 20e siècle lorsqu'il n'en subsistait que quelques ruines dont la commune s'est portée acquéreur. C'est une association de passionnés qui a mené les travaux de réhabilitation in extremis. Désormais transformé en musée, le moulin tente d'apprendre au visiteur ce qu'il fut dans un passé lointain. Cette journée du patrimoine des moulins est une bonne occasion de refaire aussi une petite visite à celui-ci !

Le Moulin du Berno (XVIe siècle ) sur l' Ile d'Arz se visite chaque été. Abandonné au début du 20e siècle et tombé presque totalement en ruines, il est restauré à partir de 1994 par Jean Bulot, ancien patron de l'Abeille Flandres, aidé d'un groupe de bénévoles. La restauration dure 6 ans pendant lesquels ils construisent une imposante digue de 308 m, un étang de 13 hectares…Aujourd'hui il est en parfait état de marche et peut donc fabriquer de la farine ! C'est un lieu exceptionnel et très émouvant qui mérite largement la visite.





Le Moulin de Sainte Anne d'Indret à Indre dont l'histoire est pour le moins singulière. Elle commence lorsque Louis XVI décide en 1777 de construire une usine de canons : la " Manufacture royale de bouches à feu ". Dotée d’un moulin à marées pour l’alésage, elle devient le premier établissement industriel de la région. Situé à 40 km de l’océan, ce moulin est un des exemples les plus spectaculaires de l’utilisation de la force marémotrice en fond d’estuaire. Sa construction fut une prouesse technique, utilisant l’énergie des marées grâce à un moulin hydraulique et à deux digues formant une retenue d’eau de 34 hectares. Désaffectée à partir de 1828, il devient un atelier de forge et de serrurerie, et, en 1844... l'église paroissiale (jusqu’en 1976). Depuis 2001, l’édifice est propriété de la ville d’Indre qui l’ouvre souvent au public et qui avec l'aide de de l’Association Indre Histoire d’îles s’efforce de le faire connaître et de mobiliser un grand nombre d’acteurs pour sa sauvegarde.


La Journée du Patrimoine de Pays et Journée des Moulins est coordonnée par un comité de pilotage national réuni au sein d’une association, l’Association pour la Journée du Patrimoine de Pays. Elle est composée de cinq membres organisateurs que sont : la Fédération Patrimoine-Environnement, Maisons Paysannes de France, la Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins (FFAM), la Confédération de l’Artisanat des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) et les Architectes du Patrimoine.

A noter sur vos agendas :
Pour la 5è année, les 10 et 11 octobre, les entretiens Science et Ethique fondés par 3B Conseils avec le soutien du Conseil régional de Bretagne, les communes de Perros-Guirec, Pleumeur-Bodou et de l'Association APESTDD organisent deux journées découvertes qui font découvrir les Moulins à marées de Trégastel et de Ploumanac'h aux scolaires.Pour en savoir plus sur les moulins à marées, télécharger sur le site des entretiens Science et Ethique (science-ethique.org année 2009) le dossier documentaire réalisé avec La Maison du Littoral.
Jusqu'à demain vous pouvez également vous rendre à Saint-Quay-Portrieux pour voir l'exposition sur les énergies de la mer : L'Or bleu au centre des congrès qui se tient avec l'exposition de Yann-Arthus Bertrand "Home".


Sources : Docs et sites liés. Photos 1 : moulin du Berno ©Mairie de l'ile d'Arz. 2 : Moulin de Pen Castel. 3: Moulin de Birlot © Mairie de l'ile de Bréhat. 3 Moulin de Trégastel © Mairie de Tregastel 4. Moulin de Ploumanac'h © Mairie de Perros Guirec5. 5. Moulin du Prat© La Vicomté-sur-Rance 6. Moulin du Berno ©Mairie de l'ile d'Arz. 7. Moulin de Sainte anne D'Indret © Carte postale DP.

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